COMMUNIQUÉ DE PRESSE R.E.S.I.S.T. DU 21 JUILLET 2018

 

Vendredi 19 juillet 2018, le laboratoire Bayer a annoncé qu'il cesserait la vente de son implant contraceptif controversé Essure® d'ici la fin de l'année aux USA.

 

Depuis le 9 avril, les conditions de mise en vente de ces implants étaient restreintes aux États-Unis. La Food and Drug Administration – l’agence du médicament américaine – avait enjoint le laboratoire de mieux informer les femmes des risques liés à l’utilisation du produit sous peine de poursuites judiciaires. En somme, toutes les femmes qui souhaitaient se faire implanter ce dispositif devaient désormais lire et signer un document de vingt-deux pages. Ce livret informait de l’efficacité de l’implant ainsi que de ses potentiels effets indésirables.

 

Depuis maintenant 16 ans, dès lors que le dispositif Essure® a été mis sur le marché, de nombreux signalements d’effets indésirables ont été signalés par les femmes à travers le monde entier.

 

La Food Drug Administration a déclaré qu'à partir de 2002, date à laquelle Essure® a été approuvé, jusqu'à la fin de 2017, qu’elle avait reçu près de 27 000 rapports d'événements indésirables.

 

En France, un comité spécialisé scientifique temporaire (CSST), réuni à la demande de l’ANSM compte rendu de l’importance des signalements liés à ce produit concluait à titre temporaire, à l’issue d’une réunion tenue le 19 avril 2017 que les tableaux cliniques rapportés aussi bien dans les saignements à l’ANSM que par les femmes de l’association R.E.S.I.S.T. comportait des symptômes très divers (fatigue, douleurs musculaires et articulaires, perte de la mémoire, dépression, troubles ORL, allergies, etc…) parfois très intenses, souvent associés et apparus après la pose des implants Essure®.

 

La sécurité du dispositif a été mis sous surveillance renforcée en juillet 2015, encadrée par l’arrêté du 5 février 2016, puis réprouvée le 4 août 2017 par le retrait de son marquage CE.

 

La 18 septembre 2017, le laboratoire Bayer annonçait finalement le retrait du dispositif Essure® dans tous les pays, à l’exception des Etats-Unis. Nous restons convaincus que d’autres motifs ne sont pas étrangers à cette décision.

 

Le 8 mars 2018, l’association R.E.S.I.S.T., par l’intermédiaire de son avocat Me Charles Joseph-Oudin, a initié une action de groupe contre le Laboratoire Bayer Healthcare afin de démontrer la défectuosité du produit et le défaut d’information concernant les implants de stérilisation définitive Essure®.

 

R.E.S.I.S.T. salue le courage et la ténacité dont ont fait preuve les femmes américaines… Ensembles nous avons fait plier le laboratoire Bayer… La justice doit désormais faire son travail et faire toute la lumière sur ce scandale sanitaire mondial.

 

Désormais, Il est impératif que l’Etat confie à l’ONIAM une mission d’indemnisation en faveur de toutes les femmes victimes du dispositif Essure®.

 

Seule on va plus vite… Ensemble on va plus loin !

 

Marielle KLEIN

 

Présidente        


COMMUNIQUE DE PRESSE R.E.S.I.S.T.  24 mars 2018

 

Le 8 mars 2018, l’association R.E.S.I.S.T., par l’intermédiaire de son avocat Me Charles Joseph-Oudin, a assigné devant le tribunal de grande instance de Paris le Laboratoire Bayer Healthcare afin de démontrer la défectuosité du produit et le défaut d’information concernant les implants de stérilisation définitive Essure®.

 

Depuis 16 ans maintenant, dès lors que le dispositif Essure a été mis sur le marché, de nombreux effets indésirables ont été signalés par les femmes à travers le monde entier…

 

Il apparaît que le port de ces implants soit  à l’origine de multiples effets indésirables tels que des douleurs pelviennes, musculaires, articulaires, des saignements importants, des réactions allergiques et d’hypersensibilité, une fatigue écrasante chez les femmes porteuses d’Essure®.

 

Malgré l’alerte donnée par les femmes aux Etats-Unis puis en France, où le dispositif a largement été utilisé, à aucun moment ni le Laboratoire Bayer Healthcare, ni les Autorités de Santé, n’ont engagé les actions nécessaires pour maîtriser ces risques.

 

Dès l’apparition des premiers signaux, Bayer Healthcare aurait dû prendre toutes les mesures utiles afin notamment d’informer les utilisatrices de la réalité des risques auxquels elles s’exposaient, et de mettre en garde les professionnels de santé.

 

Le dispositif a été mis sous surveillance renforcée en juillet 2015 mais à cette époque, seules les problématiques liées à la pose de ces implants ont intéressé les autorités de santé, qui l’ont donc encadrée par l’arrêté du 5 février 2016. La sécurité du dispositif en tant que tel a pour sa part été réprouvée le 4 août 2017 par la suspension temporaire de son marquage CE par l’organisme notifié irlandais.

 

Tout laisse à penser que le Laboratoire Bayer Healthcare n’a pas été en mesure d’apporter à l’organisme notifié les éléments suffisants pour assurer la qualité et la sécurité du dispositif médical implantable ESSURE®.

 

Le 18 septembre 2017, le Laboratoire Bayer Healthcare annonce l’arrêt de la commercialisation dans tous les pays, à l’exception des Etats-Unis. Il invoque un retrait pour manque de rentabilité commerciale mais n’assume en aucun point la dangerosité de son produit et préfère mettre en cause les techniques de poses exercées et donc les compétences des gynécologues.

 

Nous restons convaincus que d’autres motifs ne sont pas étrangers à cette décision.

 

Parallèlement à cette action de groupe, R.E.S.I.S.T. travaille actuellement en étroite collaboration avec le Ministère des Solidarités et de la Santé et les autorités sanitaires françaises à la mise en place d’un protocole de retrait national et de centres de référence afin de permettre à toutes les femmes victimes du dispositif Essure de se faire explanter dans des conditions de sécurité optimales.

 

Il est important à ce jour que le statut de victime soit reconnu et accordé à toutes ces femmes et qu’elles soient traitées et considérées en tant que telles.                   

 

Marielle KLEIN

Présidente.


COMMUNIQUE DE PRESSE R.E.S.I.S.T. – 18 SEPTEMBRE 2017

 

Par un communiqué officiel de l’ANSM ce jour, nous venons d’apprendre que le Laboratoire Bayer met fin à la commercialisation du dispositif de contraception définitive Essure® dans tous les pays de l’Union Européenne, dispositif dont les multiples effets indésirables étaient pointés du doigt par l’association R.E.S.I.S.T. regroupant de nombreuses femmes s’estimant victimes de ces implants.

 

Ce retrait définitif sonne bien sur comme une victoire mais ne met certainement pas fin à notre action. Si le laboratoire Bayer invoque des raisons commerciales pour justifier l’arrêt de la commercialisation, nous restons convaincus que d’autres motifs, directement liés à la sécurité du produit, ne sont pas étrangers à cette décision.

 

               

Ce sont d’ailleurs ces motifs qui ont, ces derniers mois, entraîné une baisse générale des ventes dans tous les pays où les implants étaient commercialisés. Il est inacceptable que la santé des femmes passe après le profit d’un géant pharmaceutique.

               

R.E.S.I.S.T. se félicite de cette décision qui permettra enfin de limiter le nombre de nouvelles victimes à l’avenir.

 

R.E.S.I.S.T. regrette néanmoins que les autorités de Santé françaises ne se soient pas positionnées et n’aient pas jugé opportun d’appliquer le principe de précaution comme nous le demandions, alors même que des éléments troublants avaient pu être pointés du doigt par le CSST.

 

Notre priorité absolue à ce jour est la mise en place d’un protocole de retrait national commun à tous les gynécologues, dans le but de limiter les risques de casses et de ré-interventions. 

 

               

Notre position est par ailleurs inchangée concernant les femmes porteuses n’ayant pas d’effets indésirables, que nous appelons à ne pas se précipiter et à ne prendre aucun risque qui pourraient aggraver leur état de santé.

               

Les procédures judiciaires permettront de faire la lumière sur le défaut de sécurité lié à l’utilisation de ces implants. L’association R.E.S.I.S.T. demande la création d’un dispositif centralisé confié à l’ONIAM afin de permettre une gestion optimale et harmonisée de l’ensemble des dossiers et ainsi permettre aux victimes d’être indemnisées dans de bonnes conditions, tant au niveau du coût que de la rapidité de la procédure. La recherche de vérité quant à la dangerosité de ces implants demeure primordiale pour R.E.S.I.S.T.  et l’ensemble des femmes porteuses de ces implants.

               

A ce titre, R.E.S.I.S.T. par l’intermédiaire de sa Présidente, sollicitera rapidement une audience auprès de Madame La Ministre de la Santé.

 

Marielle KLEIN

 

Présidente de R.E.S.I.S.T.


 

1er Septembre 2017 : Arrêt prévu de la commercialisation du dispositif Essure® au Royaume Uni.

 

Arrêt  de la commercialisation du dispositif Essure® au Canada.

 

1er Juillet 2017 :  Arrêt de la commercialisation du dispositif Essure® en Hollande.

 

17 février 2017 : Arrêt de la distribution et de la commercialisation du dispositif Essure® au Brésil.

Depuis, l'ANVISA a annoncé la reprise de la commercialisation et la distribution du dispositif.


L’association R.E.S.I.S.T. a mandaté Me Charles JOSEPH-OUDIN pour le lancement d’une action de groupe contre le Laboratoire BAYER.

 

Petit retour en arrière…

 

Le dispositif Essure®  a été placé sous surveillance renforcée par le Ministère de la Santé en juillet 2015.

Suite à la médiatisation du 9 décembre 2016, R.E.S.I.S.T. a multiplié les rendez vous à l’ANSM, la Haute Autorité de la Santé et au Ministère de la Santé.

 

Le 19 avril 2017, R.E.S.I.S.T. intégrait un Comité Scientifique Spécialisé Temporaire (CSST) afin d’évaluer avec un groupe d’experts la balance bénéfices/risques des implants Essure®.

 

Le 1er juin 2017, le CSST a rendu ses conclusions définitives. Malgré de nombreuses zones d'ombre, malgré le manque de sécurité sanitaire et malgré les cris d'appel au secours de l'association R.E.S.I.S.T., les scientifiques ont émis un avis favorable à la continuité de la commercialisation des implants Essure®.

 

Le Brésil qui, après le refus du Comercial Commed Produtos Hospitalares de fournir les résultats des tests de biocompatibilité à l’agence du médicament brésilienne a, en l’absence de ces données, décidé d’appliquer le principe de précaution et de cesser la distribution et la commercialisation du dispositif Essure®.

 

Les autorités françaises, quant à elles, n’ont pas encore rendu public les résultats de ces tests et maintiennent l’autorisation des implantations.

 

Depuis le 25 juin 2016, nous savons que le laboratoire Bayer cessera la commercialisation des implants Essure en Finlande, au Pays Bas, au Royaume Uni et vraisemblablement au Canada.

 

En marche…

 

R.E.S.I.S.T. a décidé de lancer une action de groupe pour le mois de septembre contre le laboratoire Bayer afin de démontrer la défectuosité du produit et le défaut d’information concernant les implants Essure® du Laboratoire Bayer.

 

Une seule et unique association...

 

L’association R.E.S.I.S.T. a été créée avec pour objectif l’entraide, le soutien et l’information en faveur des femmes ayant des problèmes avec le dispositif Essure®.

 

A ce jour, l’association R.E.S.I.S.T. est la seule structure officielle agréée par le Ministère de la Solidarité et de la Santé pour accompagner les femmes victimes des implants Essure®. A ce titre, l’association R.E.S.I.S.T. est étroitement associée aux prises de décisions par les autorités de santé.

 

C’est d’ailleurs grâce à cet agrément que l’association R.E.S.I.S.T. est habilitée par la Loi à mettre en œuvre une action de groupe contre le Laboratoire BAYER.

 

R.E.S.I.S.T. appelle les femmes à la plus grande vigilance concernant la diffusion d’informations usurpées par le biais des réseaux sociaux.

 

Marielle KLEIN

Présidente.


IMPLANTS ESSURE® : Chronique d'une mort utérine annoncée

 

Le Comité Scientifique Spécialisé Temporaire (CSST) du 19 avril 2017 a rendu son verdict : les implants Essure® continueront d'empoisonner les femmes ! Malgré de nombreuses zones d'ombre, malgré le manque de sécurité sanitaire, et malgré les cris d'appel au secours de l'association R.E.S.I.S.T., les scientifiques ont émis un avis favorable à la continuité de la commercialisation des implants.

 

Les 18, 19 et 20 avril 2017, l’association R.E.S.I.S.T., représentée par Marielle KLEIN Présidente et Isabelle ELLIS Vice-présidente, a participé à la CNEDiMTS à la HAS, au CSST de l’ANSM et a été reçue par le Directeur Général de la Santé au Ministère des Affaires Sociales et de la Santé.

 

L’objectif de ces rencontres était une nouvelle fois d’alerter sur la dangerosité des implants Essure® du laboratoire Bayer. La méthode Essure® est une technique de stérilisation définitive consistant à introduire dans les trompes de Fallope, un ressort métallique de 6 cm de long lorsqu'il est déplié, composé d’un alliage de nickel et de titane, recouvert de fibres de PET, créant localement une réaction inflammatoire fibrinogène visant à boucher les trompes de manière définitive, empêchant toute grossesse.

On peut retenir de ces rencontres que le dispositif Essure®, malgré de nombreuses défaillances et un renforcement du cadre réglementaire, garde la confiance de l’ANSM et de la HAS quant à sa commercialisation.

 

Essure® : migration ? Perforation? Dégradation ? Corrosion ? Durée de vie illimitée ?

 

R.E.S.I.S.T. interpelle sur les conséquences délétères du dispositif et souligne que le laboratoire Bayer propose un dispositif médical de classe 3 (à haut risque), contenant des métaux lourds (nickel, titane, chrome, fer, étain, argent, platine, iridium) allergisants et des fibres de PET (polyéthylène téréphtalate) connues pour être hautement cancérigènes et perturbatrices endocriniennes. Le laboratoire Bayer n’a pas été en mesure de produire les résultats de l’étude sur la toxicité des implants et sur leur durée de vie dans le temps. L’étude épidémiologique « Succes II » menée par BAYER dont les résultats complets seront publiés prochainement, est antérieure à la médiatisation de l’affaire Essure® de décembre 2016 en France. Les femmes porteuses d'implants Eessure® étaient donc dans l'impossibilité d’établir un lien potentiel entre les implants et la dégradation de leur état de santé au moment où elles ont été interrogées par le laboratoire.

 

R.E.S.I.S.T. rappelle que la déclaration à l’ANSM des effets indésirables est à faire par tout professionnel de santé ou patient confrontés au dispositif Essure® et à ses conséquences sanitaires. Les signes qui doivent alerter les patientes sont : une fatigue extrême empêchant de réaliser les actes du quotidien, des douleurs musculaires et/ou articulaires, des troubles neurologiques, des douleurs abdominales, un syndrome pré-menstruel douloureux, des maux de tête, des vertiges, des essoufflements, des troubles du rythme cardiaque.

 

Que faire en cas d'intolérance ?

 

La réaction fibrinogène emprisonne les implants dans les trompes, rendant impossible leur explantation par voies naturelles. Le laboratoire Bayer n’a pas prévu de protocole de retrait en cas d’intolérance du dispositif obligeant les patientes à subir une chirurgie lourde d’extraction des implants (salpingectomie bilatérale et/ou hystérectomie totale ou subtotale). L’échec de certaines méthodes opératoires entraîne la persistance des risques chez les patientes par la présence de fragments d’implants laissés dans la cavité utérine ou abdominale nécessitant une intervention chirurgicale supplémentaire. Ces actes augmentent les risques pré, per et post-opératoires de part la répétition des anesthésies générales et des gestes chirurgicaux invasifs.

Pour réduire au maximum ces risques, l'association R.E.S.I.S.T. a demandé la mise en place de centres de référence Essure® et l'accès à une formation rigoureuse des chirurgiens obstétriciens à l’explantation, insistant sur la nécessité de ne pas couper, tirer ou casser les implants.

 

Avant qu'il ne soit trop tard...

 

R.E.S.I.S.T. demande à nouveau que le principe de précaution soit appliqué de manière urgente par les autorités compétentes ou, à défaut, par les femmes elles-mêmes, dans l’attente de résultats complémentaires des études scientifiques. Aux USA, les ventes du dispositif Essure® ont chuté de 80% entre 2015 et 2016. Le Brésil a, quant à lui, stoppé la commercialisation du dispositif Essure® en mars 2017 en réponse au refus de production du certificat de non toxicité des implants par le laboratoire Bayer. L’association R.E.S.I.S.T. ne saurait accepter les conclusions du CSST ne remettant pas en cause le bénéfice/risque du dispositif, sans insister sur la nécessité d’informer les patientes du risque opératoire final en cas d’intolérance du dispositif dans la mesure où il est impossible à l’heure actuelle de définir de manière rigoureuse les profils de patientes à risque.

 

Une justice pour tous ?

 

Trois femmes ont d’ores et déjà intenté une action en justice et ont obtenu la nomination d’un expert médical ainsi que la non-prise en compte du délai de prescription demandée par Bayer. Néanmoins le financement de ces expertises reste à la charge des demandeuses qui ne pourront, faute de moyens, donner suite et obtenir justice. Une telle situation est intolérable et condamnée par R.E.S.I.S.T. qui invoque le droit de chaque victime à obtenir réparation.   

 

Communiqué de l'association R.E.S.I.S.T.            


 

 

Le 23 janvier 2017, la Présidente de l'Association R.E.S.I.S.T. intervient en direct au Magazine de la Santé sur France 5 pour lancer un appel :

 

 

" L'association R.E.S.I.S.T. appelle toutes les femmes en interrogation sur le choix de la méthode Essure® comme moyen de contraception définitif, à appliquer elles-mêmes le principe de précaution en attendant que les résultats d'études soient rendus publiques."


L’association R.E.S.I.S.T. a été reçue le 19 janvier 2017 par l’ANSM à la suite de sa demande de mise en place de l’application du principe de précaution pour le dispositif ESSURE® du laboratoire Bayer. Sans toutefois accéder à la requête de l’association, la rencontre a tout de même permis la mise en place d’un certain nombre de mesures concrètes.

 

Le directeur de l’ANSM, Dominique MARTIN et sa délégation ont été particulièrement attentifs à la présentation de l’étude épidémiologique réalisée auprès des adhérentes par R.E.S.I.S.T. L’association a soulevé de nombreuses interrogations, notamment sur le manque d’accès à l’information pour les patientes lors de la première consultation préalable à l’intervention.  La pose des implants est réalisée sous anesthésie générale dans plus de la moitié des cas. Passé le contrôle post pose de trois mois, il serait indispensable de refaire un contrôle des implants à distance.

 

Concernant les effets indésirables, les symptômes gynécologiques n’arrivent qu’en sixième position, après les manifestations endocrinologiques, musculaires, articulaires, neurologiques et gastro-entérologiques, rendant difficilement identifiables les liens entre les effets ressentis et les implants.   Les incidents de pose, même s’ils sont dommageables, restent minoritaires au regard des effets secondaires créant un impact non négligeable sur la vie quotidienne des femmes.

 

La réponse du corps médical à l’interrogation des patientes face à la dégradation de leur état de santé et à la perte de leur autonomie quotidienne ne peut se limiter à la sphère psychologique.

Dans cette étude, il apparaît qu’après le retrait des implants, les effets indésirables ont cessé totalement ou en partie pour 99.5 % des patientes. L’association R.E.S.I.S.T. a cependant alerté sur les conditions d’ablations des implants réalisées par salpingectomie bilatérale ou par hystérectomie qui nécessiteraient la mise en place de centres de références et d’un protocole de retrait national.

 

L’ANSM, pour répondre à ces préoccupations majeures, propose la mise en place d’un CSST (Comité Scientifique Spécialisé Temporaire) piloté par l’agence en associant à titre de patient expert Marielle KLEIN et Isabelle ELLIS. Une première réunion se tiendra début avril 2017, à l’issue des résultats des deux études épidémiologiques en cours.


Le 20 janvier 2017, une délégation de R.E.S.I.S.T. est reçue par le chef de Cabinet de Madame la Ministre des Affaires Sociales et de la Santé à qui elles vont remettre une pétition de plus de 70 000 signatures pour le retrait de l'implant Essure®.  

Au Ministère des Affaires Sociales et de la Santé, l’association R.E.S.I.S.T.  a été reçue par le Directeur de la DGS, le Directeur du cabinet de Madame La Ministre Marisol Touraine. Outre les éléments évoqués à l’ANSM, la DGS a rappelé l’arrêté de février 2016 concernant la mise en place du dispositif Essure® sous surveillance renforcée, dans le but de réduire les  incidents liés à la pose des implants.

 

Le principe de précaution n’est pas à l’ordre du jour. L’association R.E.S.I.S.T. a tout de même maintenu sa demande de retrait du marché du dispositif Essure.

 

L’association a également alerté sur le manque de rigueur des médecins dans les déclarations d’incident à l’ANSM. Elle a évoqué l’absence de cotation de l’acte d’extraction des implants ainsi que la nécessité de contacter l’ensemble des patientes porteuses du dispositif Essure® pour recenser le nombre de patientes victimes d’effets indésirables.

   

Une demande d’agrément d’une association d’usagers du système de santé pour l’association R.E.S.I.S.T. sera envoyée dans les semaines à venir.

 

Le Ministère accède aux demandes de l’association et organisera prochainement en lien avec la Haute Autorité de Santé la mise en place de toutes ces propositions.

 

"En attendant, R.E.S.I.S.T appelle toutes les femmes en interrogation sur le choix de la méthode

Essure® comme moyen de contraception définitif, à appliquer elles-mêmes le principe de précaution en attendant que les résultats d'études soient rendus publiques."


Le tribunal de grande instance de Bobigny s’est réuni aujourd’hui pour trancher sur les éventuelles suites à donner à l’action intentée par trois utilisatrices du dispositif médical controversé. Elles espèrent notamment obtenir la désignation d’un expert médico-judiciaire aux frais du laboratoire pour faire la preuve du préjudice subi.

 

Le jugement sera rendu le 5 mai prochain... 

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Source BIOCONTACT N°276 - Février 2017



Alerte aux implants contraceptifs

Société|Marc Payet et Florence Méréo|09 décembre 2016, 4h14 | MAJ : 09 décembre 2016, 10h42

 

FAIT DU JOUR. Elles sont 120 000 femmes à avoir recours à cette contraception définitive. Mais, nous le révélons, les implants Essure font l'objet pour la première fois d'une action en justice.

 

Des femmes épuisées, en dépression ou avec des douleurs « terribles » au ventre. Derrière leurs maux, s'esquisse une nouvelle crise sanitaire. Il concerne les implants de contraception définitive Essure, fabriqués par le laboratoire pharmaceutique allemand Bayer. En France, 120 000 femmes y ont recours depuis leur mise sur le marché en 2002. Ces sortes de petits ressorts, implantés sans anesthésie générale dans les trompes, provoquent une obstruction rendant définitivement impossible la fécondation. Mais, pour certaines patientes, les effets secondaires se révèlent dramatiques.

 

Selon nos informations, l'avocat Charles Joseph-Oudin, le défenseur des victimes du médicament Mediator, lance ce vendredi la première action judiciaire en France contre le fabricant. « Je demande que des experts soient nommés, afin de chiffrer les préjudices dont sont victimes deux patientes que je représente. On n'est qu'au début d'un très gros dossier de santé publique. Une première audience devrait se tenir en janvier », nous explique-t-il.

 

Une pétition recueille plus de 45 000 signatures

 

L'une des deux plaignantes est Marielle Klein, une mère de famille lorraine, fer de lance de ce combat inédit. La pétition qu'elle a lancée est un énorme succès. Les plus de 45 000 signataires en appellent à Marisol Touraine et demandent à la ministre de la Santé « d'agir ». Vingt-huit autres dossiers sont examinés par l'avocat. Du côté de l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), on précise que ce dispositif médical, remboursé par la Sécurité sociale, est « sous surveillance renforcée ». Selon nos informations, le nombre de signalements augmente : 42 en 2012, 58 en 2013, 142 en 2014, 242 en 2015 et 162 entre janvier et octobre 2016.

 

Les gynécologues se veulent « vigilants ». Réunis à Montpellier (Hérault) pour leur congrès annuel, ils reçoivent ce matin quatre patientes ayant fait retirer leurs implants après de graves complications. « Certaines femmes ont recours à Essure parce qu'elles ont eu leur compte de grossesses et ne souhaitent pas une contraception hormonale. D'autres parce qu'elles ont eu des fausses couches à répétition qui nuisent à leur santé, ou parce qu'elles ont des contre-indications aux hormones », décrypte le professeur Israël Nisand. Devant les pontes de la gynécologie, les lanceuses d'alerte formuleront leur souhait : la nomination d'un comité scientifique chargé de mesurer les effets secondaires d'Essure. Et voir ainsi si un protocole national de retrait est nécessaire. En attendant, sur les réseaux sociaux, les femmes prennent la parole et cherchent à comprendre.

 

Ce que répond le laboratoire Bayer


Contacté par nos soins, le laboratoire Bayer a donné les précisions suivantes : « La sécurité des patients est la priorité première de Bayer. Le dispositif médical Essure est un moyen de contraception présentant un rapport bénéfice/risque positif, pour les femmes qui n'ont plus de désir de maternité et qui souhaitent une contraception définitive. Depuis 2002, la sécurité et l'efficacité de la méthode ont été confirmées par plus d'une décennie de recherches scientifiques. Comme pour toute procédure médicale, des effets secondaires peuvent apparaître : il s'agit principalement de crampes, de nausées, de vomissements, de vertiges, d'étourdissements et de saignements. Des douleurs dorsales, abdominales ou pendant les rapports peuvent survenir. »

 

Le laboratoire ajoute que « s'agissant de l'information des patientes, les documents d'information sont élaborés en étroite collaboration avec les autorités de santé ».


Vendredi 9 décembre 2016...  R.E.S.I.S.T. sort de l'ombre...

Une délégation de l'association R.E.S.I.S.T. est invitée par le CNGOF (Collège National des Gynécologues et Obstétriciens Français) à échanger lors d'un groupe de travail sur la méthode Essure lors de leurs 40èmes Rencontres Nationales de la Gynécologie de Montpellier.

 

A la sortie, les médias sont au rendez-vous et vont très vite relayer l'information... TF1, France 2, France 3, M6, iTélé, BFM TV,... et de nombreuses radios nationales informent la France entière.



Aux États-Unis, un millier de femmes ont porté plainte contre le laboratoire Bayer. En France, elles sont déjà plus de cent vingt à avoir rejoint une association de patientes. En cause ? Le dispositif médical de stérilisation Essure du géant allemand qui serait, selon elles, à l’origine de nombreux effets secondaires. Épuisement chronique, douleurs musculaires intenses, troubles neurologiques… Si l’Agence nationale de sécurité du médicament ne condamne pas le dispositif, elle a lancé en avril une étude visant à « évaluer la sécurité de l’implant Essure ».

 

Septembre 2016, nous recevons un appel : une certaine Isabelle Ellis souhaite « porter à [n]otre connaissance des éléments inquiétants sur la pose d’implants tubaires Essure. » Essure, c’est cette méthode de contraception définitive (ou stérilisation) qui consiste à insérer deux petits implants de 4 centimètres, essentiellement composés de nickel-titane et de fibres de PET1, dans les trompes de Fallope, sans incision ni anesthésie. Remboursée par la Sécurité sociale depuis 2005, la méthode a été conçue par le laboratoire américain Conceptus, devenu la propriété du géant allemand Bayer en 2013.

 

En France, c’est aujourd’hui la méthode de stérilisation tubaire2 la plus utilisée : sur 260 810 femmes stérilisées entre 2008 et 2014, plus de 140 000 y ont eu recours3. Parmi elles, Isabelle Ellis a sauté le pas en août 2008. Elle a alors 41 ans : « Je venais de faire une IVG dans un contexte un peu douloureux de séparation et j’étais décidée à faire une ligature des trompes. Celle-ci pouvait se faire, mais sous coelioscopie4. Mon gynécologue m’a présenté la méthode Essure, il m’a dit:

 “On place deux petits ressorts. Ça crée une réaction inflammatoire locale, qui génère une fibrose5. Au bout de trois mois, la trompe est bouchée, il n’y a plus de risque de grossesses. Ça se fait en ambulatoire.” J’ai trouvé ça assez fantastique », se souvient cette psychologue bretonne.

 

Trois mois plus tard, ses trompes sont bien obstruées et elle peut arrêter toute contraception. Étrangement, elle souffre de règles de plus en plus douloureuses et de bronchites à répétition. « Verdict du médecin : c’est la fatigue hivernale, il faut que je me repose », raconte-t-elle. Mais l’été suivant, sa santé se détériore : tachycardie, éruptions cutanées… Isabelle se sent anormalement épuisée : chez l’esthéticienne, elle a même « des difficultés à tenir [s]es bras en l’air pour l’épilation des aisselles ». Sans savoir pourquoi. Problèmes ORL, douleurs musculaires intenses, migraines… Au fil des mois, la quadragénaire a de plus en plus de mal à marcher et à réaliser les gestes du quotidien. En 2013, sur les conseils de son médecin, elle s’équipe d’un fauteuil roulant pour ses déplacements extérieurs. Pendant ce temps-là, elle se soumet à une batterie d’examens et va jusqu’à consulter un éminent neurologue parisien qui, comme ses confrères, ne trouve rien.

 

En 2014, elle est reconnue comme travailleuse handicapée à 80 %. « À 48 ans, je vivais comme une grand-mère », dépeint- elle. Ce qui lui laisse le loisir de se balader sur les réseaux sociaux et de tomber, par hasard, le 21 juin dernier, sur une publication Facebook où une femme raconte le calvaire qu’elle a subi après avoir opté pour ces implants : « Quand je suis allée consulter la page, les témoignages, les recherches, j’ai poussé un cri de révélation ! Je me suis dit : “Elle est comme moi, elle vit les mêmes douleurs.” C’était impressionnant. » Nombreuses sont celles à mettre des mois, voire des années, à s’interroger sur le lien entre la pose d’Essure et la dégradation de leur santé, faute d’avoir été informées par le corps médical de possibles effets secondaires. Ainsi de Marielle Klein, 39 ans, la femme à l’origine de la fameuse publication Facebook. Après cinq ans avec des Essure et des symptômes similaires à ceux d’Isabelle, elle a fini par se faire retirer ses implants, en octobre 2015. À un coût très élevé : cette méthode se voulant définitive, les femmes qui veulent retirer leurs Essure doivent passer par une salpingectomie (ablation des trompes), voire une hystérectomie (ablation de l’utérus). Une épreuve qui a poussé Marielle à créer l’association Resist (Réseau d’entraide, soutien et informations sur la stérilisation tubaire), en août dernier : « L’élément déclencheur, c’est le manque de considération du corps médical. J’ai effectué un véritable parcours du combattant pour faire reconnaître mes souffrances, trop souvent attribuées à des désordres psychologiques qui n’étaient pas fondés. » Comme beaucoup de femmes intolérantes à Essure, Marielle s’est vu rétorquer que ces symptômes étaient probablement dus à une dépression liée au deuil de sa fertilité. On ira jusqu’à lui proposer un séjour en hôpital psychiatrique. « Combien y a-t-il de femmes qui sont chez elles à avoir mal, et à qui on donne des antidépresseurs en disant : “C’est dans votre tête” ? » dénonce cette mère de cinq enfants. Le laboratoire a-t-il connaissance de ces effets indésirables ? « La sécurité des patients est la première priorité de Bayer », répond la firme, s’abritant derrière la responsabilité des autorités. « Bayer transmet à l’ANSM [l’Agence nationale de sécurité du médicament, ndlr] et aux autorités concernées les événements indésirables observés dans le cadre de l’usage de ses médicaments. Il en est de même pour le dispositif médical Essure. » Elle ajoute : « Aucune forme de contraception n’est sans risque et ne peut être considérée comme convenant à toutes les femmes. » Nous voilà prévenus.

 

Circulez, il n'y a rien à voir !

 

À l’heure actuelle, Resist rassemble 138 personnes, dont 123 porteuses d’Essure. Et Marielle Klein dit recevoir « tous les jours »des demandes d’information. Géraldine Peyroux, 42 ans, est l’une de ces membres. On lui a posé les implants en juillet 2015 et, selon elle, l’intolérance a été fulgurante : dès le lendemain, son ventre gonfle et lui fait mal. Comme d’autres, elle a des douleurs au dos, des acouphènes, un « masque de grossesse » – des rougeurs autour des yeux –, des symptômes névralgiques, son œil droit ne voit plus à certains moments de son cycle... Exactement la même myriade de symptômes que dépeignent des dizaines d’autres femmes au sein de Resist ou sur des forums Internet. Face à cette découverte, Géraldine retourne donc voir en septembre 2015 son gynécologue qui, suite à une échographie, affirme que ses problèmes ne peuvent venir des implants, puisqu’ils sont bien en place. Circulez, il n’y a rien à voir ! Même son de cloche chez une autre praticienne : si Géraldine a le ventre qui gonfle, c’est parce qu’elle cache une anorexie. Mais à ce stade, celle-ci souhaite retirer ses implants. Encore faut-il qu’un praticien accepte de l’écouter. Ce sont finalement deux femmes rencontrées sur un groupe Facebook dédié à cette question qui lui donnent l’adresse d’un gynécologue néerlandais, le même qui a accepté de leur enlever leurs Essure. Pour Géraldine comme pour les autres, même issue : une fois les implants – et donc leurs trompes, voire leur utérus – retirés, les symptômes disparaissent progressivement.

 

Essure serait-il la cause des problèmes de santé rencontrés par ces femmes ? C’est ce qu’affirme Resist, qui pointe les matériaux utilisés dans ce dispositif médical, où l’on retrouve notamment du nickel, un métal particulièrement allergène. Mais ce n’est pas l’avis du médiatique professeur Hervé Fernandez, chef de service en gynécologie à l’hôpital Bicêtre (Kremlin-Bicêtre, Val-de-Marne) et fervent défenseur de cette méthode : « La libération de nickel quotidienne par Essure est inférieure à ce que vous ingérez si vous mangez bio. D’ailleurs, les stents utilisés pour un infarctus du myocarde contiennent du nickel, et ces gens-là, comme par hasard, ils n’ont pas d’allergies ! » soutient ce ponte, par ailleurs membre du Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF). Et pour lui, tant pis si c’est écrit dans la notice noir sur blanc : « Les personnes allergiques au nickel-titane peuvent présenter une réaction allergique au micro-implant. » D’abord classé dans les « contre- indications » par le laboratoire Conceptus, cette mention figure aujourd’hui simplement dans les « avertissements ». Pourquoi ce changement ? Nous aurions aimé entendre Bayer sur ce sujet, mais la firme a préféré éluder cette question.

 

Des symptômes ésotériques. 

 

Hervé Fernandez, lui, ne croit tout bonnement pas à cette histoire d’allergie. Il ne prend donc pas la peine de demander à ses patientes si elles sont sensibles à ce métal. Pourtant, Bayer semble bien compter sur les médecins pour faire le job : « Si une femme a des questions sur une possible allergie au nickel, nous précise la firme, nous l’encourageons à en parler avec son médecin avant de programmer la procédure d’implantation. » Cependant, aucune des femmes que nous avons interrogées ne s’est vu poser la question. Et quand bien même les gynécos le feraient, quel poids donneraient-ils à l’information ? Bertrand de Rochambeau, président du Syndicat national des gynécologues obstétriciens de France (Syngof ), demande bien à ses patientes si elles sont allergiques... mais il n’en tient pas compte. Pourquoi donc leur pose-t-il la question ? « Parce que c’est dans la notice, ma petite dame ! » s’exclame-t-il au téléphone.

 

Alors, d’où pourraient bien venir ces symptômes inexpliqués, si ce n’est de l’implant ? « En France, on fait des contraceptions définitives chez des femmes qui ont 41 ans en moyenne. Or, entre 40 et 50 ans, plein de pathologies utérines apparaissent. Quand on met Essure, on arrête toute autre méthode contraceptive, ce qui peut faire ressurgir un certain nombre de problèmes – des règles plus abondantes, de l’adénomyose6, etc. – dont les symptômes étaient bloqués par les hormones contraceptives. Ce qui est imputé à Essure, ce sont tout simplement des pathologies qui surviennent à cet âge-là. Essure n’est responsable de rien, si ce n’est qu’on a été amené à stopper les autres traitements », nous soutient Hervé Fernandez. L’explication est surprenante, quand on sait que l’adénomyose, que ce gynécologue tient largement pour responsable, provoque essentiellement des douleurs menstruelles. Elle l’est peut-être moins quand on sait que ce praticien fut l’un des premiers formateurs à la pose d’Essure en France, et avoue donner « des conférences rémunérées par Bayer de temps à autre ».

 

Si certains gynécologues rechignent à prendre en considération le mal-être de ces femmes, les autorités de santé et les sociétés savantes, elles, se montrent plus prudentes. À commencer par le professeur Bernard Hédon, président du Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF). Lui reconnaît que le dispositif pourrait bel et bien provoquer ces effets secondaires. « J’ai rencontré des patientes ayant des douleurs importantes et évidentes, devenues invalidantes très rapidement après la pose d’Essure – sans aucun défaut de mise en place – et qui ont disparu immédiatement à l’ablation. Par la suite, des tests ont confirmé qu’il y avait une allergie au nickel », observe-t-il. Contrairement à ce qu’affirme son confrère Hervé Fernandez, les pathologies utérines des patientes ne seraient donc pas l’unique cause de tous leurs problèmes ? « Non, ça me paraît trop simplificateur. Certains symptômes peuvent être liés à une pathologie sous-jacente, mais il est évident qu’Essure peut engendrer des effets secondaires à cause de sa nature même. Il peut aussi y avoir un défaut de mise en place, lié au praticien. Je crois qu’il faut réfléchir sur ces trois causes », estime Bernard Hédon. Le 16 juin, face à la montée des critiques, le CNGOF a reçu plusieurs membres de l’association Resist, accompagnés de Charles Joseph-Oudin, l’avocat des victimes du Médiator et de la Dépakine. À cette occasion, celui-ci a pu observer le « mépris d’une partie du Collège » : l’appréciation « symptômes ésotériques » a même fusé au cours de cette rencontre. Depuis, le CNGOF a néanmoins lancé un petit groupe de travail – où l’on retrouve le Pr Hervé Fernandez –, entrepris la rédaction d’une fiche d’information à destination des patientes et ouvert un recueil de signalements auprès des praticiens.

 

En juillet 2015, l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) décidait, quant à elle, d’opérer une « surveillance renforcée » sur le dispositif, suite aux signalements d’incidents qu’elle avait reçus (652 déclarations ont été recensées entre 2012 et 2016). Dans ce cadre, elle a lancé en avril une étude épidémiologique visant notamment à « évaluer la sécurité de l’implant », dont les conclusions seront rendues début 2017. « À ce stade, ces investigations ne conduisent pas à revoir la balance “bénéfice/risque” d’Essure », insiste la docteure Brigitte Heuls, à la tête de la direction des dispositifs médicaux thérapeutiques et des cosmétiques à l’ANSM.

 

« On a conscience que le dispositif est moins serein qu’on aurait pu l’imaginer au départ », concède le professeur Bernard Hédon, du CNGOF, qui appelle à « rester vigilants ». Pour autant, estime-t-il, il serait « désastreux pour la santé des femmes » de le retirer du marché. Désastreux pour les femmes... mais aussi pour la Sécurité sociale ! Pose rapide, sans anesthésie générale et en ambulatoire : Essure est plus économique qu’une ligature classique. Un aspect non négligeable, quand on sait que le gouvernement exige que deux tiers des actes chirurgicaux soient réalisés en ambulatoire d’ici à 2020.

 

En attendant, l’association Resist a remis fin septembre une pétition de 45 000 signatures à la ministre de la Santé, Marisol Touraine, afin qu’Essure soit retiré du marché. Ce qui, aujourd’hui, semble peu probable. À défaut, certaines femmes souhaitent que les patientes soient, a minima, informées de la composition du produit et qu’elles passent un test préalable d’allergie au nickel, qui permettrait de prévenir certaines intolérances. Car, pour l’heure, la pose d’Essure se fait trop souvent au petit bonheur la chance, sans que les patientes ne trouvent une écoute suffisante.

 

Etats Unis contre Essure, l'union fait la force.

 

Aux États-unis, une bataille judiciaire contre Bayer fait rage. En reconnaissant que la méthode de contraception définitive pourrait être dangereuse, les autorités de santé américaines viennent de donner les moyens aux avocats des plaignantes d’aller jusqu’au procès.

 

Né au cœur de la Silicon Valley et mis sur le marché américain en 2002, Essure est dans la tourmente aux États-Unis, où les avocats des femmes qui s’estiment victimes du dispositif ne lui laissent pas de répit. Aux quatre coins du pays, des procédures judiciaires coordonnées ont vu le jour pour « faire bloc » face à Bayer. Le fabricant nie toujours tout problème avec son produit. 2016 est pourtant une fort mauvaise année pour lui, de ce côté de l’Atlantique. La Food and Drug Administration (FDA) a reconnu, en février, que quelque chose clochait avec Essure. « Suite à une audition, où toutes les parties ont été entendues, les autorités sanitaires américaines ont décidé d’appliquer le niveau d’alerte maximale au produit et de demander des études plus poussées », rapporte Fidelma Fitzpatrick, l’une des avocates des victimes. Le « coup de pression » de la FDA est censé alerter les médecins sur les effets indésirables d’Essure, et aussi exiger d’eux un recueil strict du consentement des patientes, trop souvent laissées dans l’ignorance des risques.

 

Cette prise de position ouvre une brèche pour les avocats des plaignantes. « Aux États-Unis, quand la FDA donne son accord pour un médicament ou un dispositif, attaquer le laboratoire est très difficile. Nous pouvons maintenant demander que justice soit faite pour ces femmes », se réjouit Elizabeth Graham, une autre avocate qui travaille sur le dossier.

 

C’est en Californie, sur la côte Ouest, que les poursuites sont les plus organisées et les plus avancées et où un juge a donné le feu vert pour la tenue d’un procès. « Bayer, qui commercialise Essure, et Conceptus, qui l’a développé initialement, sont deux entreprises implantées en Californie. Pour cette raison, toutes les femmes des États-Unis peuvent joindre leur dossier à la plainte californienne », explique Elizabeth Graham. « Nous coordonnons les plaintes de 750 femmes. La plupart d’entre elles n’ont même pas 40 ans », précise-t-elle.

 

À la procédure californienne, qui pèse le plus lourd s’ajoutent d’autres, dont une en Pennsylvanie et une dans le Missouri. « Au total, ce sont plus d’un millier de femmes américaines qui sont impliquées dans une bataille judiciaire contre Essure », ajoute Fidelma Fitzpatrick. Un nombre qui peut sembler mince pour les États-Unis, gigantesque pays où plus d’un million de femmes auraient opté pour cette méthode de contraception définitive. Mais qui a suffi à amener la FDA à se pencher sur cet épineux dossier, médiatisé dès 2013 par la militante Erin Brockovich (voir Causette #62).

 

Elizabeth Graham, Fidelma Fitzpatrick et leurs collègues affirment avoir la preuve que le fabricant a sciemment « mis sous le tapis » des plaintes de femmes et de médecins, dès le début des années 2000. « Il n’a pas fait remonter les accidents graves dont il avait connaissance à la FDA, une fois la mise sur le marché obtenue, alors même que la loi l’y obligeait. Nous le savons, car des femmes et des médecins ont témoigné. Ce sont des milliers de plaintes qui n’ont jamais été rapportées, explique Elizabeth Graham. Pire, Bayer a constamment misé sur un marketing mensonger et agressif, présentant Essure comme une option “sans danger” comparativement à la ligature des trompes. » C’est donc pour « manquement à ses obligations » et « marketing agressif et mensonger » que les avocats attaquent la firme. Questionnée sur ces accusations, la communication de Bayer en France botte en touche : « Nous ne souhaitons pas commenter les assertions d’avocats américains sur le territoire des États-Unis d’Amérique. » Quant aux plaignantes, que peuvent-elles raisonnablement espérer ? « Nous n’obtiendrons sûrement pas le retrait du marché, reconnaît Fidelma Fitzpatrick. Ce que nous voulons, c’est savoir ce qui s’est passé et obtenir de Bayer qu’il fasse son devoir de mise en garde. De toute façon, c’est déjà trop tard pour les femmes que nous représentons », note amèrement l’avocate.

Publié le 31 Octobre 2016

Auteur : Aurélia Blanc, Anna Cuxac et Héloïse Rambert | Photo : © P. Bastien/Divergence pour Causette                                            


VILLEQUIER : CONTRACEPTION DÉFINITIVE PAR IMPLANTS, UNE MÉTHODE À RISQUES ? 12h00 - 30 septembre 2016 - par A.G

Plusieurs femmes ayant eu recours à la méthode de stérilisation tubaire Essure prétendent en subir de graves effets secondaires. Elles ont lancé une pétition en ligne et créé une page Facebook. Corinne Charbonnel, habitante de Villequier, près de Caudebec-en-Caux, âgée de 47 ans, a rejoint leur association baptisée RESIST. Elle témoigne... 


DISPOSITIF MÉDICAL ESSURE : LA SANTÉ DES FEMMES VICTIMES DOIT PASSER AVANT LES INTÉRÊTS DU LABORATOIRE BAYER.

05 sept 2016 Communiqués, Medias

 

Communiqué de Michèle Rivasi, députée écologiste au Parlement européen.

 

« J’ai été très récemment alertée par l’association R.E.S.I.S.T concernant la dangerosité du dispositif médical Essure (implant de stérilisation tubaire) commercialisé par Bayer. De nombreuses patientes constatent des douleurs (douleurs pelviennes, musculaires, perforations d’organes, réactions allergiques, auto-immunes) et une fatigue chronique après la pose de cet implant. La présence de métaux lourds tels que le nickel dans ce dispositif inquiète les femmes qui y ont recours. Et comble de ce drame, Bayer n’a pas prévu de protocole de retrait de ce dispositif.

 

Selon les informations-mêmes publiées sur le site de l’Agence Nationale de sécurité du médicament (ANSM) au début de l’été, Essure fait l’objet d’une surveillance particulière. Qu’en est-il aujourd’hui de de l’investigation de l’ANSM qui n’a pas encore fournit ses réponses ?

 

J’ai demandé à l’ANSM que le rapport d’étude clinique de ce dispositif soit rendu public comme le prévoit la directive européenne 2012/0542. Toutes les évaluations cliniques détenues par Bayer devraient aussi être mises à la disposition du public pour faire toute la transparence. En outre, les effets indésirables décrits par l’association R.E.S.I.ST ont-ils été remontés par le laboratoire Bayer, comme c’est son devoir, auprès des autorités sanitaires?

 

Cette affaire révèle encore une fois de plus que les dispositifs médicaux à haut risque devraient être soumis à la même procédure d’autorisation de mise sur le marché que les médicaments comme c’est le cas aux États-Unis afin de les contrôler de manière plus drastique. Cette demande des Verts au Parlement européen n’a malheureusement pas été entendue par les autres groupes politiques dans la nouvelle législation qui entrera en vigueur en 2019.

 

Après le médicament anti-acné Diane 35 et les prothèses mammaires PIP, on ne peut plus tolérer que les femmes servent de cobayes à l’industrie pharmaceutique, dans l’opacité la plus totale. »


Une habitante de Spicheren mène la bataille contre Essure, un contraceptif controversé.

Publié le 28 juin 2016 - Stéphane MAZZUCOTELLI. - Source : www.republicain-lorrain.fr

 

 

Des femmes du monde entier réclament le retrait du marché du contraceptif Essure. Elles en dénoncent les effets secondaires. En France, Marielle Klein de Spicheren mène le combat. Une association nationale va voir le jour.

 

Douleurs, hémorragies, allergies, fatigue chronique… De plus en plus de femmes du monde entier estiment que le contraceptif définitif Essure provoque « des effets secondaires graves ». Ces femmes, aux Etats-Unis, aux Pays-Bas, en Espagne… réclament le retrait du marché de ce dispositif médical, consistant en l’introduction de micro-implants (petits ressorts) dans les trompes de Fallope. En mars dernier, Marielle Klein, 38 ans, de Spicheren, présentait, dans nos colonnes, un site internet dénommé Essure France : alerte.

 

Depuis, cette énergique maman de cinq enfants a continué à mener le combat en France. Une association nationale des déçues d’Essure doit voir le jour prochainement. Sur le web, la pétition lancée par Marielle a rassemblé près de 44 000 soutiens à ce jour. Sur Facebook, le groupe de Françaises contre Essure grandit toujours avec près 700 membres aujourd’hui.

 

Surtout, Marielle a multiplié les initiatives pour faire connaître le calvaire que vivent ces femmes qui n’ont pas supporté cet implant qui comporte notamment du nickel.

 

« Aux Pays-Bas, une étude a montré que 10 % des femmes implantées avaient de méchants effets secondaires. Dans mon cas, en 2014 et 2015, j’ai supporté des troubles visuels et auditifs, des douleurs au visage, des palpitations cardiaques. J’ai été victime de cycles hémorragiques sévères… », assure Marielle Klein.

 

Les gynécologues se disent attentifs.

 

Persévérante, la Mosellane a même réussi à obtenir une entrevue au collège nationale des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF), à Paris, il y aquelques jours.

 

A l’issue de l’entretien, le collège a publié un communiqué : « Nous attirons l’attention de l’ensemble de notre communauté professionnelle, à l’instar d’autres pays, sur la nécessité d’une vigilance accrue vis-à-vis de liens éventuels entre l’utilisation du procédé de stérilisation hystéroscopique Essure et un certain nombre de manifestations générales […] Le CNGOF va prendre dans les semaines qui viennent un certain nombre d’initiatives (groupe de travail, recueil de données) afin d’apporter sa contribution à une démarche scientifique qui doit être à la fois individuelle et collective ». Pour la Spicheroise, c’est une satisfaction car son objectif consiste notamment à convaincre les gynécologues de soutenir la cause des anti-Essure. Néanmoins, la bataille continue car tous les praticiens ne sont pas persuadés de la nocivité du produit. En attendant, Marielle Klein et les femmes françaises qui la suivent additionnent les contacts pour mettre en route une procédure contre Essure.

 

L’avocat du Mediator entre en jeu.

 

Ainsi, Charles-Joseph Oudin a accompagné Marielle Klein au collège des gynécologues de France. Il soutient sa cause. Cet avocat du barreau de Paris, spécialisé en santé publique, défend déjà des victimes du Mediator ou de la Dépakine. Forcément, ces problèmes qui se multiplient chez les patientes ayant opté pour Essure l’interpellent.

 

Chez nos confrères du Journal de la Santé sur France 5, le médiatique avocat a estimé qu’il y avait surtout un manque d’information envers les porteuses des implants : « Ces femmes n’ont pas été informées des risques potentiels liés à ce dispositif médical. C’est un argument pour engager la responsabilité du laboratoire ayant mis ces implants sur le marché ». Bref, la bataille contre Essure ne fait que commencer pour Marielle et ses amies.

 


Stérilisation Essure® : Bayer alerte sur les risques liés à l’ablation de l’endomètre

Aude Lecrubier, 16 mars 2016

 

Saint-Denis, France-- L’ANSM a reçu une notification urgente de sécurité de la part de la société Bayer Healthcare concernant la méthode de stérilisation féminine Essure® [1].

Selon le fabricant, « les femmes qui bénéficient à la fois de la pose d’Essure® et d’une ablation de l’endomètre pourraient être exposées à un risque accru de survenue de certains événements connus associés à chacune des procédures. »

Le laboratoire pharmaceutique a informé l’agence française de son intention de modifier la notice d’utilisation du produit.

Fréquemment pratiquée, l’ablation de l’endomètre ou endométrectomie consiste à détruire la muqueuse interne de l’utérus en cas de saignements utérins excessifs. Elle peut être réalisée par curetage, thermocoagulation au laser, par ballonet…

Une tempête venue des Etats-Unis

Fruit du hasard ? Début mars, la FDA a alerté les professionnels de santé et les patientes américaines d’un nombre important de signalements de pharmacovigilance concernant la méthode de stérilisation Essure. Dans ce contexte, l’agence de régulation n’a pas cédé à la pression des associations de patientes qui souhaitent le retrait du dispositif mais a exigé de Bayer un nouvel encadré de sécurité sur la notice du dispositif, une fiche d’information aux patientes et une étude post-marketing (voir notre article).

Parmi les effets secondaires cités : les risques de perforation de l’utérus ou des trompes de Fallope, de migration des micro-implants, de réactions d’hypersensibilité et de douleurs persistantes.

Les femmes qui bénéficient à la fois de la pose d’Essure® et d’une ablation de l’endomètre pourraient être exposées à un risque accru –Le fabricant

Risques et recommandations

Dans sa lettre à l’ANSM, Bayer précise les risques associés à la combinaison Essure®/ablation de l’endomètre.

Chez les femmes qui ont déjà réalisé une ablation de l’endomètre, le laboratoire signale un risque accru de perforation ou de migration en raison d’une localisation non satisfaisante du micro-implant.

Chez les femmes qui ont une ablation de l’endomètre après la pose d’Essure®, Bayer rapporte :

- des difficultés à réaliser une hystérosalpingographie et une gêne à la lecture,

- des blessures des tissus environnants et des risques accrus d’infection, de syndrome de stérilisation tubaire post-ablation, et d’étirement ou expulsion du micro-implant Essure® pouvant compromettre l’efficacité contraceptive.

Le laboratoire ajoute que « toute intervention intra-utérine, y compris l’ablation de l’endomètre pourrait avoir comme conséquence l’étirement ou l’expulsion du micro-implant Essure®, pouvant compromettre l’efficacité contraceptive d’Essure®. »

 

Bayer édite les précautions d’emploi suivantes : 
-Il est déconseillé de réaliser le même jour une ablation de l’endomètre et la pose d’Essure®.

-La pose d’Essure® chez une femme ayant bénéficié d’une ablation de l’endomètre ne doit être réalisée que si la visualisation et la localisation précise des ostia tubaires sont possibles.

-L’ablation de l’endomètre ne doit être effectuée qu’après un test de confirmation du bon positionnement des micro-implants Essure® (à 3 mois).


Article paru dans le Républicain Lorrain le 12/03/16...

Un grand MERCI à Monsieur Mazzucotelli pour son écoute et son implication et à toute la rédaction #lerepublicainlorrain.


Stérilisation ambulatoire Essure® : alerte de la FDA sur des effets indésirables graves

Silver Spring, Etats-Unis 

 

Sur son site, la Food and Drug Administration (FDA) alerte sur les risques d’effets secondaires associés de la méthode de contraception définitive Essure® (Healthcare Bayer Pharmaceuticals) utilisée par 750 000 femmes dans le monde, dont 35 000 françaises [1]. En France, comme dans le reste de l’Europe en effet, la contraception définitive ambulatoire reste peu pratiquée.

Elle exige du fabricant un encadré de sécurité sur la notice du dispositif, une fiche d’information aux patientes et une étude post-marketing.

Parmi les effets secondaires cités sur la fiche-patiente devraient figurer les risques de perforation de l’utérus ou des trompes de Fallope, de migration des micro-implants, de réactions d’hypersensibilité et de douleurs persistantes.

A ce jour, la FDA n’a pas cédé à la forte pression qu’elle subit pour retirer le dispositif du marché.

« La FDA continue de croire que le produit devrait rester disponible si les femmes sont bien informées des risques. Le dispositif est extrêmement efficace pour prévenir les grossesses lorsqu’il est utilisé correctement », a commenté le Pr William Maisel (Centre des dispositifs médicaux et de la radiologie médicale, FDA) lors d’une conférence de presse.

Plus de 4000 signalements depuis fin octobre 2013

La FDA a débuté son investigation sur le dispositif Essure® suite à une action de groupe impliquant des centaines de femmes accusant le dispositif de divers effets secondaires : migration dans les trompes, organes perforés, douleurs et autres…

Depuis son arrivée sur le marché américain en novembre 2002 et jusqu’à mai 2015, la FDA a reçu plus de 5000 signalements de pharmacovigilance. Mais, d’après une étude interne, 80% de ces plaintes (4150) ont été enregistrées après le 26 octobre 2013. La plupart émanant directement des patientes.

 

Précisions sur les plaintes

Sur les 5093 signalements rapportés, les effets indésirables les plus fréquemment cités étaient la douleur (3353), les menstruations importantes ou irrégulières (1408), les maux de tête (1383), la fatigue (966) et les variations de poids (936). La plupart des patientes rapportaient plusieurs symptômes à la fois.

Parmi les signalements directement associés au dispositif, le plus fréquent était l’incompatibilité patiente-dispositif : possible allergie au nickel (941), suivaient la migration des micro-implants ou d’un des composants du système (482), un dysfonctionnement du dispositif (301), une rupture du dispositif (259) et un mauvais positionnement (133). Certains signalements associaient plusieurs problèmes.

En tout, 17 signalements concernaient des décès :

- pour 6 d’entre eux, il s’agissait d’une erreur de codage.

-5 concernaient des morts fœtales survenues au cours d’une grossesse non désirée après qu’Essure® ait été mis en place.

-les 6 autres étaient associés, entre autre, à une infection post-procédure, une perforation utérine pendant la mise en place, une embolie gazeuse au cours d’une chirurgie pour retirer l’appareil et un suicide.

Une analyse indépendante de la base de données des signalements de pharmacovigilance de la FDA a estimé, pour sa part, que le nombre de morts fœtales était supérieur à 300. Cinq morts fœtales versus 300 ? La différence s’expliquerait par le fait que la nouvelle analyse a inclus plus de mots clés, notamment « fausse couche », « mort-né » ou « mort in-utéro ».

Pour certaines patientes, le dispositif a dû être retiré par voie chirurgicale.

 

Mesures concrètes

L’étude post-marketing demandée par la FDA devra débuter dans les 15 prochains mois et enrôler 2000 femmes pour un suivi d’au moins 3 ans. Elle aura pour objectif de comparer les effets indésirables d’utilisatrices d’Essure® par rapport à ceux de femmes ayant eu une ligature bilatérale des trompes par chirurgie classique.

Concernant l’encadré d’avertissement proposé pour figurer sur la notice, il devra rappeler aux professionnels de santé leur devoir d’information concernant les effets secondaires listés.

La discussion médecin-patiente devrait s’appuyer sur un document avertissant la patiente des alternatives à la méthode Essure®, du risque accru de grossesse ectopique, d’effets secondaires comme les douleurs pelviennes, la fatigue excessive et les réactions d’hypersensibilité et de la nécessité de faire un test de confirmation 3 mois après l’implantation du dispositif. La patiente devra signer le document.

Le Pr Maisel, souligne que l’absence de test de confirmation est à l’origine de la plupart des grossesses non désirées qui ont été rapportées.

 

Réactions

Le public a 90 jours pour commenter l’encadré d’avertissement et la fiche « patiente » proposés par la FDA.

Le Pr Maisel a également fait savoir que la FDA ne confirmait pas les allégations de falsification des données des essais cliniques. Il a indiqué que l’agence n’avait pas retrouvé de preuve d’une modification systématique ou intentionnelle des données.

De son côté, Bayer a annoncé dans un communiqué de presse qu’il coopérerait avec la FDA « pour assurer une utilisation sure, efficace et appropriée d’Essure® ».

 

Moins enthousiaste, le républicain Mike Fitzpatrick (membre du Congrès)à l’origine d’une action en justice pour le retrait d’Essure®juge incroyable qu’il ait fallu 5 mois à la FDA « pour faire juste deux recommandations sans autres mesures et qu’il soit demandé au laboratoire de réaliser une autre étude en laissant Essure® sur le marché. Franchement, j’aurais imaginé que les 25 000 femmes victimes d’Essure® seraient considérées comme l’étude post-marketing demandée par la FDA. Les preuves sont là : des dizaines de milliers de femmes affectées et des centaines de morts fœtales. »

Publié le 3 mars 2016


Entre-temps, aux Etats-Unis, Bayer voit aussi s'accumuler les plaintes contre Essure®, implant contraceptif accusé de provoquer douleurs et saignements chroniques.                                                    Cliquez sur le Parisien pour l'article complet.


Une étude jette le doute sur un implant contraceptif

L'implant Essure® serait associé à un risque plus élevé de se faire opérer après son installation, révèle une étude. Son propriétaire, l'Allemand Bayer, conteste l'interprétation des résultats

 

En vente depuis 2001, Essure® est un implant contraceptif définitif qui séduit de plus en plus de femmes ayant décidé de ne plus avoir d'enfant. Une étude américaine publiée la semaine dernière dans le British Medical Journal vient jeter un doute sur cet implant, apportant de l'eau au moulin de ses détracteurs. D'après ses conclusions, Essure® serait associé à un plus grand risque d'opération dans les années qui suivent, comparé à l'autre grande méthode, la ligature des trompes.

Essure® est un petit ressort métallique composé de nickel, d'acier inoxydable et de fibres de plastique. Inséré au niveau des trompes utérines, il se décompresse et finit par être colonisé par les tissus qui bouchent les conduits et empêchent donc les spermatozoïdes de remonter jusqu'aux ovules. Son point fort, c'est son installation facile. Un gynécologue le place par voie vaginale en moins de dix minutes, sans incision ni anesthésie, contrairement à la ligature. Cette simplicité lui vaut un franc succès: on estime que près de 750 000 implants ont été vendus depuis 2001 par la start-up californienne Conceptus, rachetée en 2013 par l'Allemand Bayer pour plus d'un milliard de dollars.

 

Plaintes américaines

Malgré cette réussite, Essure® est au centre d'une controverse depuis quelques années. Douleurs abdominales, saignements… de nombreuses femmes se plaignent d'effets indésirables, surtout aux Etats-Unis où plus de 5000 signalements ont été enregistrés par l'Agence américaine des produits alimentaires et médicamenteux. Rien de comparable en Suisse, au vu du très faible nombre d'Essure® implantés, note Chahin Achtari, gynécologue au Centre hospitalier universitaire vaudois à Lausanne.

Le petit ressort est-il vraiment à l'origine de ces effets indésirables? C'est ce que semblent indiquer les travaux de Jialin Mao, de la Faculté de médecine de l'Université Cornell, dans l'Etat de New York. Dans cette étude de grande envergure, les médecins ont épluché les dossiers de plus de 52 326 patientes de cet Etat ayant opté pour une stérilisation définitive entre 2005 et 2013 (8 048 avaient reçu l'Essure, tandis que 44 278 avaient choisi une ligature). Le verdict? Les deux méthodes ont beau assurer une contraception aussi efficace (respectivement 0,84% et 0,63% de grossesses non désirées), l'implant est associé à un risque dix fois supérieur de se faire réopérer par la suite.

 

Le laboratoire Bayer a relativisé ces conclusions, indiquant notamment que la pose d'Essure® est obligatoirement suivie d'un test de contrôle après trois mois, tandis qu'aucun test n'est imposé après une ligature des trompes, ce qui doit inciter à la prudence quant aux interprétations.

«Le test de suivi peut détecter un placement insatisfaisant des dispositifs, ce qui entraîne la nécessité d’une 'ré-intervention' pour les retirer et effectuer une ligature des trompes (...)», précise Bayer dans un communiqué.

Autre critique formulée: «Il est difficile de savoir si les données concernent des patientes ayant subi la pose d'Essure® au sein de cabinets médicaux appropriés ». Autrement dit, ce ne serait pas les implants qui seraient en cause, mais leur introduction aléatoire par des médecins peu regardants ou mal formés.

 

Médecins mal formés

Cet avis est partagé par Philippe Mironneau, coordinateur du Syndicat national des gynécologues obstétriciens de France. «Au départ, le laboratoire Conceptus a démarché les gynécologues via une campagne de communication axée sur la facilité d'installation de l'Essure®, raconte le médecin. On se disait qu'il fallait vraiment être un imbécile pour rater la pose!» Les DVD de démonstration montraient des installations chez des patientes jeunes et en bonne santé, rappelle le médecin. «Dans la réalité, c'est évidemment plus compliqué, il y a sans doute des précautions et des contre-indications qui n'ont pas toujours été respectées.»

L'hypothèse est plausible, d'autant qu'elle expliquerait pourquoi aucune plainte n'a été enregistrée en France, où les visites de contrôle sont systématiques alors qu'aux Etats-Unis, précise Le Quotidien du Médecin, «cet examen coûte cher, seules 16% des patientes s'y présentent».

Face à ce constat, le nouveau propriétaire d'Essure® a pris des mesures. «Nous ne fournissons les implants qu'aux médecins dûment entraînés par notre programme de formation, mais nous ne pouvons pas empêcher certains médecins de se fournir par d'autres moyens», explique au Temps Astrid Kranz, l'une des porte-parole de Bayer.

 

Jialin Mao estime pour conclure que «les risques et les bénéfices des deux méthodes devraient être discutés avec les patientes pour leur permettre de prendre la meilleure décision.» Sage conseil qui devrait s'appliquer à tous les secteurs médicaux.

Publication le mardi 20 octobre 2015 à 10:38

Fabien Goubet (letemps.ch)


Stérilisation définitive par méthode Essure® : la sécurité de l’approche américaine mise en doute dans le « British Medical Journal » 

Publié le 14/10/2015

D'après une étude américaine de grande envergure, menée à partir des données de registre sur environ 52 000 patientes dans l’Etat de New York, les femmes procédant à une stérilisation définitive par voie hystéroscopique à l’aide du dispositif Essure® sont 10 fois plus à risque de complications nécessitant une intervention chirurgicale, comparé aux femmes ayant choisi une ligature des trompes.

Ces résultats, publiés ce mardi 13 octobre dans le « British Medical Journal », viennent alourdir les suspicions qui planent aux États-Unis autour de l’approche par hystéroscopie qui – contrairement à la procédure française – peut être réalisée en ambulatoire.

Plus de 5 000 effets indésirables signalés à la FDA

Depuis l’autorisation de mise sur le marché américain d’Essure en 2002 (un an après l’AMM européenne), plus de 5 000 effets indésirables ont été signalés à la Food and Drug Administration (FDA) – allergies au nickel présent dans l’implant, douleurs pelviennes, nécessité de réopérer les patientes pour stabiliser ou retirer le dispositif qui ne tenait pas en place... En 2014, des plaintes ont été portées contre le laboratoire Bayer, qui commercialise Essure® aux États-Unis. Le mois dernier, la FDA a donc décidé de mettre en place un comité consultatif pour creuser la question de la sécurité de l’approche Essure®, pour déterminer si le dispositif doit éventuellement être soumis à certaines restrictions ou des changements d’étiquetage.

Une étude restreinte aux New-Yorkaises...

Pour compléter les études examinées par la FDA, une équipe de l’université de Cornell, à New York, a donc comparé les données sur plus de 8 000 femmes ayant choisi la méthode Essure®, et plus de 44 000 la ligature des trompes, comme moyen de contraception définitive. Toutes avaient réalisé la procédure en ambulatoire, précisent les auteurs. Selon eux, les risques associés à Essure® étaient indépendants de l’âge et du passé en matière de maladies inflammatoires pelviennes des patientes. Les deux méthodes se sont par contre révélées comparables dans leur efficacité contraceptive (1 % de risque de grossesse non désirée).

Selon les médias américains, le laboratoire Bayer, qui commercialise Essure® aux États-Unis, a réagi en critiquant la méthodologie de l’étude, « basée sur une seule base de donnée, dans un seul État américain » et soulignant que l’étude ne précise pas si les patientes ayant reçu leur dispositif avaient bien été prises en charge dans un cabinet médical.

En France, une approche très encadrée

Pour le Dr Sergine Heckel, gynécologue au centre hospitalier Saint-Joseph - Saint-Luc, à Lyon, ces préoccupations ne concernent pas la France, où « la prise en charge des patientes Essure® est complètement différente ; c’est fait en milieu hospitalier et les contrôles à trois mois sont extrêmement bien respectés, notamment l’hystérographie. Aux États-Unis, cet examen coûte cher et ils ont moins de 16 % de contrôle. Là-bas, la méthode Essure® peut être réalisée entièrement en ambulatoire, sans certificat, sans délai de réflexion, sans la traçabilité à l’hôpital. De plus, en Europe, tous les chirurgiens sont formés au préalable, ce qui n’est pas le cas aux États-Unis, donc ceci explique cela », confie le Dr Heckel, qui précise qu’il n’y a eu aucune plainte portée en France, où la procédure, remboursée depuis 2005, peut être proposée en première intention. « Actuellement, nous sommes à 60 % d’Essure® et 40 % de ligatures », indique la praticienne.

Clémentine Wallace

 

Source : Lequotidiendumedecin.fr


Publié le 24/06/2014 à 20:49

 

Erin Brockovich veut faire bannir le contraceptif Essure®

 

La militante américaine Erin Brockovich se lance dans un nouveau combat. Elle s’élève maintenant contre Essure®, une méthode de contraception pour les femmes qu’elle juge dangereuse.

 

Distribué par la pharmaceutique Bayer, Essure® est un moyen contraceptif permanent, rapide et peu dispendieux. Il consiste à implanter des micro-implants sur les trompes de Fallope pour empêcher le sperme d’atteindre les ovules.

Or, selon Mme Brockovich, Essure® provoque des blessures internes chez les femmes, notamment parce que l’implant ne tient pas toujours.

« Certaines femmes doivent passer une échographie de leur corps au complet. Elles ne savent pas où il est, parce qu’il flotte librement dans leur corps. Il peut perforer un utérus, un colon, la paroi de l’estomac »,a expliqué Mme Brockovich à la BBC.

Une seule femme blessée serait de trop. 8000 femmes? On ne peut les ignorer. Le produit est défectueux.

Une femme, qui serait tombée enceinte alors qu'elle était sous Essure®, aurait perdu son bébé parce que l’implant aurait perforé le liquide amniotique.

Une page Facebook nommée « Essure® problems » compte maintenant plus de 8000 membres (en juin 2014.... plus de 27000 membres au 29 février 2016. ndlr)

 

Un produit sécuritaire ?

 

Bayer affirme toutefois que son produit demeure sécuritaire. « Il y a beaucoup d’émotivité. La science doit guider notre compréhension. La science nous démontre que le produit est sécuritaire et efficace », a plaidé Dr Edio Zampaglione, qui travaille pour Bayer.

Il y aurait près de 750 000 femmes au monde qui utiliseraient cette méthode de contraception, selon Bayer. Les complications sont rares et le produit ne sera pas retiré, tranche le Dr Zampaglione.  

La Federal Drug Administration (FDA), organisme américain chargé d’approuver les médicaments aux États-Unis, assure que la procédure est efficace 99,83 % du temps. De 2002 [l’année où le produit a été admis] à 2013, la FDA a reçu 943 plaintes, la plupart étant des douleurs après la procédure.

 

Essure® est approuvé par Santé Canada depuis 2001. L'agence fédérale n'a pas pu nous informer sur le nombre de femmes qui utilisent le contraceptif au pays ni sur les plaintes qui auraient pu être formulées contre le produit. 


Essure®, une méthode de contraception irréversible qui fait débat

Cette méthode de contraception féminine est non invasive, rapide et efficace. Parfaite ? Pas vraiment, selon une étude qui s'appuie sur la nécessité de se faire réopérer et les complications liées à son implantation.

 

Vices cachés

La méthode de contraception définitive Essure® a pendant longtemps convaincu et même conquis. Pas d'anesthésie générale pour l'installer, pas d'incision, d'allergies puisque composée de métaux inertes...

La solution semblait parfaite.

Pourtant, depuis quelques années, la colère de ses utilisatrices gronde

En cause les effets indésirables du dispositif : douleurs, hémorragie, migration incontrôlable, perforation des organes, allergies, ...

Des chercheurs américains se sont intéressés à l'objet de la discorde car jusqu'ici, les seules études portant sur la fiabilité et l'efficacité d'Essure® proviennent d'études financées par... son fabricant, Bayer.

 

Une seconde opération souvent nécessaire

 

Les chercheurs ont comparé la performance et la fiabilité des deux dispositifs. Pour cela, ils ont travaillé à partir d'informations médicales provenant de la base de données SPARCS (New York State Department of Health Statewide Planning and Research Cooperative System), base rassemblant les dossiers des patients de l'Etat de New York. L'échantillon final se composait de 52.326 femmes s'étant faites stérilisées pour la première fois entre 2005 et 2013 (8.048 via la pose d'Essure®, 44.278 via la ligature des trompes). Les scientifiques ont alors dénombré les complications et troubles apparus pendant les 30 jours suivant l'opération ainsi que la pratique ou non d'une seconde (ou plus) opération dans la première année post-opératoire. La survenue d'une grossesse était également notée. Sur l'ensemble des femmes étudiées, 19,7% développaient des troubles des suites de la pose d'Essure® (anémie, dépression, problèmes cardiaques et rénaux, hypertension...) contre 13% des suites d'une ligature. Surtout, c'est le risque de devoir réopérer qui était particulièrement élevé pour ces utilisatrices du dispositif : il était 10 fois plus grand chez elles. Soit 21 patientes sur 1.000 qui repasseraient par la case opération. Un chiffre que les auteurs estiment significatif et qui représente "une sérieuse menace  pour la sécurité".

 

Le scandale se cantonne pour l'instant aux Etats-Unis... S'exportera-t-il en France, où Essure® sert de contraceptif définitif depuis 2001 ?

 

 

 

 

 

 

 

N'hésitez pas à soutenir les victimes américaines en signant la pétition d'E. Brockovich -------->

Ligature VS Essure®

 

En théorie, placer Essure® dans les trompes de Fallope est simple. A l'aide d'une caméra, on dispose un de ces "ressorts" longs de 4 cm environ dans chacune des trompes. Là, ils vont induire une prolifération des tissus qui boucheront le tube en 3 mois et empêcheront donc les ovocytes matures de descendre dans l'utérus en vue d'une fécondation. L'équipe de Jialin Mao a confronté les résultats de cette méthode à une autre : la ligature des trompes. Elle consiste à couper les trompes de Fallope via une incision pratiquée dans l'abdomen, et à les obturer à l'aide de bagues, de colliers ou de bandelettes. Cela sous anesthésie générale. Une méthode décriée car invasive et nécessitant 3-4 jours de repos, ce qui n'est pas le cas de l'implant Essure®, posé sans anesthésie ou sous anesthésie locale.

La bataille Essure®
Autorisé à la vente par l'Europe en 2001, puis par la Food and Drug Association (FDA) américaine un an plus tard, Essure® a été adopté par nombre de femmes. 750.000 d'entre-elles environ le portent, presque partout dans le monde : Amériques, Europe, Australie et Moyen-Orient. Aux USA cependant, de nombreuses plaintes le concernant ont été reçues par la FDA, et une assignation en justice a même été entamée par Michelle Garcia en 2014. Celle-ci, comme la très médiatique Erin Brockovich ont créé des sites qui rassemblent les témoignages de victimes de problèmes causés par Essure®, dont elles font d'ailleurs partie. 

Le seul site d'E. Brockovich rassemble plus de 1000 témoignages.

Source : Sciences et Avenir - Louise Horvath www.sciencesetavenir.fr