PORTEUSES D'ESSURE® - Témoignages

FAQ Essure®

Si, vous aussi, vous souhaitez témoigner de votre expérience avec Essure®,
contactez-nous par courriel à correspondance.resist@gmail.com

Témoignage d'Aurélie (juin 2023)
Parents de 3 enfants nous avons décidé que c’était suffisant ! Notre dernier est né en 2015.
J’ai donc demandé à ma gynécologue quelque chose de définitif sans hormones. Je pensais me faire ligaturer les trompes. Elle m’a parlé des implants Essure, selon elle une solution facile, rapide et efficace. Elle nous a informés comme il se doit. Les implants ont été posés en février 2016, et c’est vrai que ça a été rapide et efficace (mais interdit en France en 2017).
J’ai commencé à avoir des règles très abondantes quelques temps après, mais selon elle rien à voir, c’est parce que j’avais oublié ce que c’était quand j’étais ado ! Il a fallu attendre que je voie une remplaçante fin août 2016, qui m’a diagnostiqué un kyste ovarien. J’avais des règles hémorragiques mais la gynéco ne s’était pas inquiétée plus que ça. Bref, surveillance, suspicion d’endométriome, j’ai été opérée par un spécialiste sous coelioscopie en juin 2017, finalement c’était un kyste
hémorragique, ouf. Toujours pas de lien avec les implants.
J’ai pris du poids, j’étais toujours fatiguée, des migraines de plus en plus fréquentes (en particulier lors des règles mais pas que), des difficultés de digestion et reflux (colopathie selon le gastro-entérologue), puis douleurs articulaires aux mains, bruxisme…
Finalement on ne fait pas toujours le lien car ce n’est pas grand-chose. Je prends sur moi.
J’ai été opérée d’un fibrome utérin en février 2020, j’ai encore demandé s’il y avait un lien, mais non ça n’a rien à voir ! (par embolisation, si j’avais accepté l’hystérectomie on aurait pu m’enlever les implants…)
Il a fallu un article dans la presse locale, en septembre 2022 pour que je comprenne enfin que tout était probablement lié aux Essure. J’ai donc contacté et adhéré à RESIST qui m’a accompagnée dans la décision d’être explantée. Je ne me suis pas vraiment retrouvée dans les différents témoignages car j’avais de petits symptômes difficilement identifiables, j’ai pu continuer à vivre normalement contrairement à certaines. Mais j’ai été mise en relation avec d’autres adhérentes de mon département, les échanges ont été très intéressants et réconfortants.
Je me suis fait explanter à l’hôpital fin avril 2023. Je n’ai pas eu trop mal, le plus désagréable a été le fait d’être ballonnée. Cela fait 6 semaines et je me sens très bien ! Très vite je me suis sentie en forme, beaucoup moins de reflux, de douleurs aux mains, et surtout pas une seule migraine depuis.
Même le gynéco qui m’a opérée a été surpris de la rapidité, il pensait que cela avait un effet uniquement sur les articulations, j’ai donc insisté sur le fait que je n’avais plus de migraine ni de fatigue. Je ne l’ai pas trouvé très à l’écoute encore une fois, je me ferai suivre par une sage-femme désormais ! Je suis soulagée mais aussi en colère du manque d’écoute des spécialistes, ma médecin généraliste a été beaucoup plus compréhensive.
Merci pour votre soutien et votre écoute !
Témoignage de Johanne (mai 2023)
Le 31 mai 2023, cela a fait un an que je me suis fait retirer mes Essures. L'occasion pour moi de témoigner, auprès de mes compagnes de galère.
 
Un an qui m'a permis de commencer à réapprendre à vivre. Car avant cette opération, mon état s'était tellement dégradé que je ne pouvais plus travailler, que je n'avais quasiment plus de vie sociale, que mon entourage, le plus proche et le plus cher, s'épuisait de me soutenir depuis plusieurs années et commençait à s'éloigner pour se préserver (même mon fils avait pris la décision d'aller vivre chez son père, tellement vivre avec une mère malade était devenu difficile...).
Ces Essures avaient en effet aggravé tous mes symptômes préexistants et en avaient fait apparaître de nouveaux.
La liste en est tellement longue que je vous en fait grâce (je m'étais amusée à imprimer la liste des symptômes identifiés par l'association R.E.S.I.S.T. pour surligner ceux dont j'étais victime, résultat : la moitié des symptômes étaient passés au jaune sur cette liste).
 
Aujourd'hui, je retravaille à nouveau à temps plein, avec une efficacité remarquée par ma hiérarchie, je n'ai plus eu d'arrêt de travail depuis un an (à part pour un COVID).
Je peux de nouveau marcher plus deux heures, en montagne, sans m'asseoir alors que juste avant mon opération, je n'arrivais même plus à faire mes courses au centre ville (situé à 10min de chez moi, à sans m'arrêter sur le retour au moins une fois), ma tendinite à la hanche est de moins en moins douloureuse, mon énorme plaque d'eczéma (15 cm de diamètre) a disparue, ma fatigue chronique est de moins en moins importante, mon teint n'est plus gris ou diaphane, je recommence à sortir le soir et à inviter du monde chez moi, il m'est de moins en moins pénible de réaliser mes tâches ménagères, j'ai de nouveau la force de cuisiner... je peux à nouveau lire et écrire, me concentrer, j'ai pu arrêter de prendre l'essentiel de mes médicaments qui avaient des effets secondaires importants....
Ce n'est pas encore la forme, celle que j'avais il y a 10 ans, mais c'est indéniablement beaucoup beaucoup mieux.
J'ai repris goût à la vie, je peux à nouveau profiter de moments de qualité avec les gens que j'aime... Reste encore à retrouver un système digestif équilibré, à reprendre une activité sportive plus régulière... mais je revis et ma famille aussi.
C'est aujourd'hui que je réalise à quel point ma famille a souffert de mon état de santé, et en premier lieu mes deux fils, qui ont pris beaucoup sur eux pour me ménager, mais qui ont vraiment beaucoup souffert.
Ces Essures nous ont volé beaucoup de moments précieux de bonheur pendant ces 9 années d'errance médicale.
Heureusement, dans la tempête, mon roc de compagnon, Gilles, a tenu bon, a cru en moi, jusqu'au bout, malgré les diagnostics successifs et le plus souvent erronés des médecins, même quand mes propres optimisme et volonté me lâchaient... Sans lui, je ne sais pas où je serais aujourd'hui. J'aurais sans doute abandonné le combat, abandonné le peu de vie qui me restait.
Je n'en veux pas aux médecins de m'avoir posé ces implants, rien à ce moment là ne pouvait laisser présager que les conséquences en seraient si morbides mais je leur en veux de ne pas avoir écouté ma souffrance, de ne pas m'avoir prise au sérieux et de ne pas avoir essayé de m'aider, de me soulager davantage.
Assis confortablement dans leur océan de certitudes, certains d'entre eux ont trop facilement cédé à la facilité de mettre mes symptômes dans la case "psychosomatiques".
Écoutez vos patients et surtout écoutez vos patientes. Elles connaissent leur corps, vous seriez surpris de ce qu'elles ont à vous apprendre...
La confiance et l'écoute réciproques sont importantes dans une relation médecin/patient.
C'est ensemble qu'on cherche et c'est ensemble qu'on trouve.
 
Encore un dernier mot d'encouragement à mes compagnes de galère qui sont encore en parcours de guérison et à leurs proches.
Battez-vous, la vie est au bout du tunnel, même si ce n'est pas la vie d'avant, car des séquelles peuvent persister, la vie est au bout, plus savoureuse encore, car on en mesure davantage davantage la valeur.
 
Fraternellement, Johanne.
Témoignage de Christèle (mars 2023)
Après ce parcours du combattant je désirais apporter mon témoignage. 
Implantée en 2015 en Bretagne,  j' avais 41 ans, 3 enfants et je souhaitais une contraception définitive. Je consulte donc mon gynécologue qui me propose les Essure en minimisant les risques en comparaison de la ligature des trompes. Je réfléchis pendant 3 mois et j' avoue être en colère contre moi même car je n' ai pas cherché de renseignements très approfondis sur internet. Je faisais confiance à mon gynécologue comme toutes les adhérentes.
Avril 2015, c' est parti en ambulatoire je reste la journée, anesthésie générale... j'ai donc laissé mon insouciance, ma santé et ma quiétude dans ce bloc... mais je ne m' en apercevrai que plus tard.
Au réveil le gynécologue me dit qu'il a eu quelques difficultés à poser le droit en raison de contractions utérines (mon corps devait dire non à cette cochonnerie qu' on lui imposait). Bref il me dit que tout est OK, que j' aurai quelques saignements pendant 1 semaine et que tout rentrerait dans l' ordre... 
Visite 1 mois après pour vérification il me dit que les essure sont en place...
A cet instant,  je ne pense même pas à vérifier le compte rendu opératoire (que je n' ai jamais eu et qu' on ne m'a pas fourni).
Les ennuis débutent juste après l'opération. Je saigne plus longuement que la semaine post-op prévue mais on me dit que c'est normal... J'ai des crampes abdominales, douleurs lombaires, je perds beaucoup de poids, je cumule cystite après cystite, fatigue chronique, anémie...
Vu que je suis quelqu'un d'actif, sportif, je fais un métier exigeant avec des responsabilités je ne peux me permettre de m'apitoyer sur mon sort. J'ai eu un accident de cheval 3 ans auparavant donc j'ai mis mes douleurs sur les séquelles de l'accident.  
Mon médecin  me dit que je suis épuisée et me prescrit de l'ostéopathie, kiné... mes analyses sanguines montrent une anémie chronique pas étonnant mes règles sont hémorragiques depuis la pose des essure. 
Sans compter que dans la vie intime ça se complique...entre les règles hémorragiques, les douleurs après chaque rapport... 
On fait avec.
Je n' ai à aucun moment fait le lien. Après x déménagements et mutations...nous nous installons dans le Var. 
Et puis en octobre 2022,  j'ai 48 ans après quelques mois sans règles (depuis août ), quelques bouffées de chaleur... Je me dis que la ménopause se présente peut-être.
J'ai cependant une douleur pelvienne à droite assez intense je consulte donc un gynécologue pris sur doctolib à G. Vu que je viens d'arriver dans le sud, pas de gynécologue attitré… Bref après un entretien approfondi il me dit vous portez des essure... vous savez qu'on n'en pose plus? ... qu' il y a eu beaucoup de problèmes avec certaines patientes ? On fait le point de mes douleurs : règles hémorragiques avec un arrêt de celles-ci  depuis août... Il me dit vous êtes jeune pour une ménopause mais il y a des cas de ménopause précoce.
Il me fait une échographie pour cette douleur à droite et là il me demande : combien d"essure vous a-t-on posé? Avez-vous votre compte rendu opératoire ? 
Et là tout s' effondre, il en manque un, le droit est absent... le gauche mal placé... et plusieurs fibromes. Le gynéco me prescrit une radio ASP pour vérifier où peut être le droit... à ce jour introuvable .
Ce gynécologue a été très attentif mais il n'opère pas, il faudra voir une de ses collègues. 
Je repars donc avec une radio à faire, une IRM et des analyses sanguines. 
Et là on commence à remonter le temps avec mon mari... pas de compte-rendu opératoire...  J'avais fait des clichés tous les 2 ans  pour mon dos suite à mon accident du coup on voit les essure en place mis jusqu' en juin  2020... où là n'est présent que le gauche... focalisés sur mon dos nous ne nous sommes même pas attardés sur les essure ni le radiologue ni mon médecin traitant non plus... 
Bref la conclusion après plusieurs radios et une IRM il a dû être évacué lors d'un épisode de règles hémorragiques.
Je demande donc à l' hôpital qui m'a implantée mon dossier médical. Ils ont mis 1 mois avant de me l'adresser et là stupeur et colère...
Pose approximative c'est écrit noir sur blanc... Me droit dépasse largement dans la cavité utérine et le gauche est perméable mal posé et dépasse jusqu'à la corne.
J'aurais pu tomber enceinte... et le gynécologue savait qu'ils étaient mal posés.. 
Il n'exerce plus donc inutile de faire 1400 km pour un entretien que je n'obtiendrai pas. Je décide donc de consulter à nouveau et je me rapproche de l'association. En lisant tous ces témoignages je me reconnais comme vous toutes...
Je remercie R.E.S.I.S.T. pour m' avoir transmis les coordonnées d'adhérentes avec qui j' ai pu échanger et j' ai pris le temps de décider de ce que je devais faire. 
Mon gynécologue m avait conseillé d'aller voir une collègue ce que j ai fait entre temps avant d'avoir mon compte-rendu d'implantation et là déception totale : elle me traite limite de menteuse que pour elle, les essure ne sont responsables de rien que si ça se trouve on m'en a mis un seul et que de toute façon elle m'aurait juste ligaturé les trompes sans enlever celui qui restait... en me disant vous avez pris la décision de porter des essure c'est définitif maintenant pas de retour possible en arrière...bref une femme que je ne reverrai jamais en consultation. Je suis sortie en pleurant. J' ai d'ailleurs dit à mon gynécologue que sa consœur était ignoble.
Sur conseil des adhérentes, un praticien sur Nice procède à l'explantation. Je prends rdv, j'appelle un lundi je précise que je suis porteuse d'essure la secrétaire me répond je vois c'est urgent et important, je vous cale un rdv vendredi.
Il m' a écoutée : on a posé les risques, entre temps j' avais reçu mon compte-rendu d'implantation, il a bien regardé tous mes résultats. Il me propose une hystérectomie totale (utérus trompes ovaires) avec ablation du col de l'utérus vu qu'il y a des antécédents de cancers dans ma famille proche. 
J'ai été explantée le 13 février en ambulatoire. Je suis encore en convalescence.
Depuis l'explantation, les 2 premières semaines sont fatigantes mais j'ai la pêche, je n'ai plus cette épée de Damoclès au-dessus de la tête, plus de douleurs lombaires...
Le chirurgien m'a appelée le lendemain chez moi pour voir comment j'allais. Une analyse des organes prélevés va être effectuée, je le revois la semaine prochaine pour vérifier les cicatrices. Et il reste disponible pour toutes les questions. J'ai appelé 2 fois et il m'a rappelé dans la foulée.
Merci à  l' association pour tout ce que vous nous apportez en soutien et en procédures pour la suite. 
Mon témoignage est un peu long désolée. 
Bon courage à toutes et tous (car il est vrai que le soutien de nos conjoints est très important).
Merci encore.
Témoignage de B. (janvier 2023)
Bonjour à tous et toutes
Implantée Essure® depuis 2015 et fibromyalgie, migraineuse en plus, de nombreux problèmes sont apparus.
Frissons a répétitions, fatigue excessive, difficultés a faire des efforts, perte de mémoire, j ai toujours travaillé.
Il y a un an une amie me raconte l'histoire des problématiques d Essure®, elle-même étant implantée. Suite à cela, un combat de quasi 1 an à se battre pour trouver un gynéco qui veuille m'explanter. Le gynéco qui me les a mis ne le fait pas. Et enfin je trouve quelqu'un. Une gynéco super. Attentive, super agréable qui elle me dit "aucun soucis". Et c est parti : le 26 décembre 2022 c'est le grand jour. À 47 ans, ne voulant plus d'enfants cela ne me posait aucun problème s'il fallait tout enlever et effectivement les implants Essure® avaient migré en moitié dans l'utérus.
Commence alors la convalescence. Déjà, beaucoup moins de fatigue et mes frissons ont disparu. Quant aux migraines à voir dans le temps... je me suis retrouvée à nouveau aux urgences 1 semaine après l'explantation pour soulager celles-ci. Mais on tient le bon bout. Je remercie l'association car grâce a elle j'ai appris beaucoup et je regrette que chaque gynéco n'appelle pas ses patientes pour leur dire les problèmes.
Heureusement que vous êtes là. MERCI A VOUS DE VOUS BATTRE POUR NOUS
Témoignage de L. (décembre 2022)
En ce mois de décembre 2022 je viens de me faire opérer - hystérectomie totale en conservant les ovaires, la raison : les ESSURE®. Utérus en bonne santé.
 
Il était important pour moi maintenant d’adhérer à l'association.
Mes douleurs pendant ces années :
- Perte de cheveux
- Douleurs musculaires
- Douleurs de hanches, sacrum
- Perte des mots
- Usure du moral
 
Et ce que j'ai pu traverser en détail ci-dessous.
Dès les 1ers mois je ressens des symptômes, j'en parle au gynéco qui me dit "non rien à voir", douleurs pelviennes puis s'en suit pertes de cheveux et surtout contractures musculaires.
 
J'ai pu donc remonter toutes mes problématiques dans les années qui ont suivi pour me suivre, comprendre, fouiner...
2015/03 & 04 voyant mes symptômes ne pas s'arranger et qu'à la pratique du sport cela était compliqué (que je faisais quand même), mon médecin généraliste me fait passer un écho doppler qui me donne une conclue que je suis trop musclé (la blague !) et puis un rdv avec un médecin du sport (cabinet de ville). Puis mon médecin généraliste m’envoie pour un rdv plus poussé à Paris clinique M** qui conclut que comme je suis petite (de taille), que je porte trop de talons et que je passe des talons au sport poussé que cela confectionne le tout, il me donne une rééducation quotidienne à faire pendant 6 mois et j'avoue que cela me soulage bien un temps. Je ne trouve pas sa réflexion si « déconnante » et il me dit de vraiment faire des étirements (ce médecin avait écrit un livre sur les bienfaits des étirements pour les sportifs).
2016/ 09 & 10 : douleurs au niveau du dos et des fesses, mon médecin me prescrit des séances de Kiné, comme j'ai fait une chute de cheval, petite et une chute dans les escaliers, je ne trouve pas ça si anormal.
2017/03 : Kyste fonctionnel 4.5 cm parti seul, violente douleur à en finir aux urgences, retard de règles 10 jours.
2018/09 : Plaques rouge au coude / sous poitrine et un peu épaule gauche comme un coup de soleil qui va me pousser à prendre rdv avec un allergologue
2018/11 : Rdv allergologue, je lui parle des ESSURE, il me dit que ce n'est pas de son ressort et qu'il faut aller à l’hôpital T***
Les années passent, je baisse les bras à la non aide des médecins, je perds du temps, je fatigue, me laisse emporter par "de toute façon personne trouve rien alors pourquoi prendre rdv à Paris et m'y déplacer". Je sais que ce sont les ESSURE mais je laisse faire.
 
Je suis donc avec des douleurs aux mollets dès que je fais du sport et je continue tout de même à demander à mon corps d'avancer et de se taire, pour que cela passe je fais des pauses plus régulières dans mes pratiques sportives. Je souffre du dos souvent, je perds mes cheveux mais par chance j'ai du volume (mon médecin généraliste me dit vous ne pouvez pas dire que vous perdez vos cheveux !!!) C'est vrai qu'il peut s'y connaître mieux que moi et il me parle de pré ménopause etc. ...
j'oublie pendant ces années aussi je prends des rdv dermato pour savoir ce que mes cheveux ont.
2019/07 : Naturopathe Iridologue, technique par les yeux qui me confirme que je suis un terrain allergique, intoxication aux métaux lourds. Ça me bouscule, me soulage mais je n’en ferai rien encore.
Dans le même mois Rdv d'urgence chez mon médecin généraliste car des douleurs un peu de partout + poitrine = RAS
2020/07 : Allergologue hôpital T*** qui m’envoie balader car suite à un test oral me dit "mais non moi je vous dis que vous n'êtes pas allergique je n’ai pas besoin de vérifier". Les bras m'en tombent, je décide une nouvelle fois de subir et de me dire tu finiras comme ça avec tes douleurs.
 
2020/11 : Douleur au genou à ne plus pouvoir faire de sport, ne plus marcher normalement, le moral dans les chaussettes, IRM du genou, signe de Chondropathie fémoro-patellaire latérale au niveau de la partie inférieure de l'articulation Trochléo-patellaire. Grâce à ça, je dois prendre des séances de kiné avec une personne exceptionnelle qui me dit "vous savez j'avais une patiente qui était porteuse d'ESSURE et que je ne pouvais absolument pas toucher car elle était en pleur à chaque fois, depuis son opération, elle ne vient plus". La bénédiction de mon parcours, enfin on avait du répondant en face, elle m'a permis de reprendre confiance en moi et de repousser les portes des gynécologues.
Mais il y a le COVID !!!
Je prends connaissance de l'association RESIST mais je ne vais pas plus loin.
 
2021 : J'ai 80 ans le matin, des douleurs m'envahissent les hanches toute la journée, tous les jours, pas de répit, repos ou non.
Mon Ostéopathe qui me suis depuis 2013 me dit "vous êtes trop en inflammation, vous devez en parler à votre médecin"
2021/05 : je prends rdv à l’hôpital S*** V**, ce rdv ne me plait pas, je décide de chercher encore, il voulait enlever que les trompes sans aucune vérification avec une simplicité pour lui. Je lui demande de faire au moins une écho qui me fait sur place, et me confirme que ça sera une opération très simple.
2021/10 : Pelade - carence B9
 
2022/02 : douleur pendant 3 semaines de coup d’électricité toutes les minutes partant de la zone de l'oreille, de la nuque. Suspicion de névralgie du glosso-pharyngien mais pas d'anomalie à l'IRM
2022/03 : Calcul Rénal de 4 mm
2022/06 : je prends RDV à Reims avec le professeur G*** suite à des échanges avec des femmes qui sont de la région, 3 rdv avec le respect de l'humain et du protocole et qui lui me dit " vu la position de vos ESSURE, je ne prends pas de risque, il faut enlever l'utérus".
Voilà mon histoire, sans compter les nombreuses prises de sang pendant ces années et les recherches de tous horizons pour supporter mon corps. Malheureusement j'ai poussé mon corps jusqu'au bout, je n'ai pas d'arrêts maladies qui pourrait m'aider à prouver tout ça, ou peut-être 1 ou 2 de 3 jours max. Je travaille dans les bureaux, j'ai tenu.
Je suis actuellement en convalescence, j'ai été opéré le 5/12/2022 et à ce jour ça va. J’ai eu le droit à un répit de 15 jours concernant mes douleurs aux hanches mais une fois un peu plus en mouvement c'est de nouveau présent même si moins fort. Je n'ai plus mal aux épaules, cou. Je me lève plus facilement, le matin je n'ai plus 80 ans pour le moment. Je suis tombée dans le piège de la constipation les premiers 10 jours qui ont été plus douloureux, comme les gaz que l’opération en elle-même.
 
J'ai fait la déclaration d'effets indésirables dans la semaine qui a suivi mon opération.
Et j'oubliais : je suis suivie par une psychologue depuis Septembre 2022. Car une fois qu'on est enfin écouté, tout retombe. J'ai pleuré tout le mois de Novembre avant l'opération.
Témoignage d'Anne-Cécile (novembre 2022)
En guise d’introduction et afin de bien comprendre en quoi les symptômes que j'ai rencontrés ces trois dernières années sont inhabituels, je tiens à préciser que j’ai une excellente hygiène de vie. Cela me semble important, car la plupart des femmes qui témoignent évoquent le mépris avec lequel leur témoignage est accueilli, l'argument revenant invariablement étant qu'elles devaient avoir un fond dépressif antérieur.
Je ne fume pas, je fais du sport très régulièrement, je n’ai jamais pris d’antidépresseurs. Mère de deux garçons, divorcée en 2010, je suis épanouie dans mon travail et dans ma vie personnelle.
En temps normal, je suis dotée d’une énergie hors du commun, ce que pourront confirmer à la fois mes proches et mes collègues.
Professeur de cinéma dans un lycée, chargée de mission et formatrice, entre 2006 et 2022, je n’ai été arrêtée que trois jours en tout et pour tout.
Revenons maintenant sur les raisons qui m'ont amenée à choisir la pose des implants ESSURE.
Après un deuxième accouchement difficile, j'avais très mal réagi à la pose de deux types de stérilets différents, et je souhaitais interrompre la prise d’hormones, ayant pris la pilule de manière ininterrompue depuis l’âge de 16 ans. Du fait d'un handicap cognitif dépisté très tôt, l'accompagnement du développement de mon deuxième enfant avait mobilisé beaucoup de mon temps et de mon énergie. Mon couple n'allait pas très fort non plus. Ce contexte a très probablement dû avoir un impact psychologique non négligeable dans cette décision de stérilisation définitive.
Une amie, qui exerçait à l'époque dans mon établissement scolaire m'avait dit combien elle était satisfaite de ce dispositif indolore selon elle.
Je ne souhaitais plus avoir d’enfants, et la perspective d'une opération aussi rapide, sans anesthésie générale me semblait idéale. Je n'ai pas vraiment enquêté sur la nature des implants, ni sur leur composition, ni sur leur retrait.
Essure est un dispositif de contraception définitive, non réversible, reposant sur la pose d'un implant métallique, Essure ESS505, dans les trompes de Fallope, afin de déclencher la production d'une gaine naturelle par fibrose.
Aussi loin que je remonte, j'ai toujours eu des réactions allergiques à tous les bijoux en métaux non précieux, montres, bracelets, boucles d'oreilles, et ce depuis l'enfance. Ma peau rougit, j'ai des démangeaisons violentes et même des inflammations purulentes si j'ai le malheur de porter des boucles d'oreille de pacotille.
Personne ne m'a posé la question d'une éventuelle allergie aux métaux avant de me poser les implants.
La pose a été réalisée le 26 mai 2008, en chirurgie ambulatoire, par le docteur M. à l’hôpital de V*, auquel mon gynécologue, le docteur L, m'avait adressée, dans le service dirigé par **.
L'opération a effectivement été rapide, mais extrêmement douloureuse, sans anesthésie.
Dans les années qui ont suivi, j’ai eu de très nombreux épisodes de douleurs abdominales que j’ai mis sur le compte soit d’une sensibilité intestinale, soit d'une potentielle endométriose.
En 2017, le docteur L., auquel j’avais confié ces douleurs de fond, m’a fourni un modèle de courrier proposé par le collège national des gynécologues obstétriciens français à l’intention des patientes porteuses d’implants ESSURE et m'a invitée à rester vigilante si les symptômes persistaient.
N’ayant pas d'autres symptômes à cette époque en dehors de douleurs abdominales diffuses et récurrentes, je n’ai pas pensé qu'il était nécessaire de les faire retirer.
À partir de l’année 2019, les douleurs se sont nettement accentuées. Nuit et jour, j’avais l’impression d’avoir l’abdomen transpercé par un clou du côté droit. Ces douleurs m'empêchaient de dormir, d'avoir une vie sexuelle normale. Parfois, un simple effleurement dans le dos m'était insupportable. Mon compagnon a eu beaucoup de mérite, car ces trois années ont été bien difficiles !
Le docteur L. étant parti à la retraite, j’ai consulté un autre gynécologue, le docteur D.
Le 12 mars 2019, une radio de bassin de contrôle a montré que l’implant droit s’était très nettement déplacé.
En regardant ce cliché aujourd'hui, je constate que l'implant se trouvait précisément à l'endroit où je ressentais cette douleur permanente, contre le colon droit.
Cette année-là, j’ai été sujette à de violents maux de tête, tellement forts que je me suis rendue aux urgences. Ils ont mis la douleur sur le compte d'une névralgie d’Arnold, partant de l'œil et remontant du côté droit du crâne. Ils m'ont prescrit des antidouleurs et des anti-inflammatoires.
En plus des douleurs abdominales, je me suis mise à avoir une inflammation progressive de la hanche droite du côté où la sensation d'avoir un clou planté dans le ventre était la plus violente. J’ai ainsi eu une tendinite du côté droit de la hanche dans un premier temps, soignée par des ondes de choc, puis une chondropathie visible lors d’un arthroscanner de hanche passé le 29 mars 2021.
J’ai dû réaliser plusieurs infiltrations coûteuses pour pouvoir calmer un peu la douleur et l’inflammation.
En février 2020, j'ai perdu l'odorat, à la suite d'un deuxième épisode de COVID. Je ne l'ai jamais complètement recouvré, ce qui constitue un fort handicap. Je ne sens plus quand la cuisine brûle par exemple. Perdre un de ses sens n'est pas anodin, cela retire au monde une de ses dimensions importantes. Je sens à peine ma propre odeur ! Beaucoup des parfums qui contribuent au plaisir de vivre me parviennent désormais de manière complètement insipide et dénaturée.
Courant 2020, je suis entrée en ménopause, à l’âge de 46 ans, alors que toutes les femmes de ma famille l’ont été dix ans plus tard. Paradoxalement, alors que j’étais ménopausée, et que les analyses hormonales confirmaient ce diagnostic, je me suis mise à vivre plusieurs épisodes hémorragiques impromptus, après des rapports, ou sans raison claire, jusqu’en 2022. Ma libido s'est mise à décliner fortement en parallèle.
Le 28 avril 2021, la douleur abdominale étant permanente, j’ai passé une échographie pelvienne qui n’a pas permis d’identifier la cause, l’examen étant normal.
Durant l’été 2021, j’ai de nouveau été victime d’un épisode de céphalées très violent qui a nécessité le fait de consulter un ophtalmologue en urgence. J’ai de nouveau été calmée par des anti-inflammatoires et des antalgiques, le médecin diagnostiquant de nouveau une possible névralgie d’Arnold du côté droit.
En plus des épisodes de céphalées, des douleurs abdominales permanentes, de l’altération significative du sommeil, je me suis mise à ressentir des accès de fatigue totalement invalidants. Ces épisodes de fatigue se sont produits régulièrement en fin d’après midi avec des vertiges, une baisse de la vue et la sensation que j’allais m’évanouir.
Durant les années 2021 et 2022, mon médecin traitant, le docteur ***, m’a fait réaliser plusieurs prises de sang, pensant à une anémie. Mais les prises de sang étaient normales.
Le 15 mai 2021, le seul taux un peu bas était celui des leucocytes.
Entre janvier 2022 et juin 2022, j'ai perdu 5 kilos. La fatigue était particulièrement intense.
Sans explication, je me mettais à avoir simultanément des maux de ventre, de la diarrhée et des maux de tête tellement envahissants que ma pensée devenait alors confuse et que j'avais le plus grand mal à concentrer mon attention. La lecture des articles scientifiques, que je devais effectuer dans le cadre de mes missions, est devenue de plus en plus complexe. Alors que jusqu'à présent j'avais une bonne vue, lors de ces épisodes de céphalées, ma vue s'est mise à se troubler dans le même temps.
Après un épisode hémorragique plus violent que les précédents, qui avait complètement transpercé mon matelas, je suis retournée consulter mon gynécologue le 03 juin 2022.
Comme par les différents examens réalisés, nous avions écarté à peu près tous les autres diagnostics possibles, le docteur D a de nouveau évoqué la piste des implants ESSURE et m’a envoyée consulter le docteur LT à la clinique des * pour avoir son avis et pour voir s’il était possible de les retirer. Il m'a également prescrit une échographie pelvienne pour vérifier la position des implants, mais également s'assurer qu'il n'y avait pas d'autre cause possible.
Le 01 juillet 2022, alors que j'accompagnais mon fils à sa séance d'équitation, j'ai de nouveau été victime d'une crise violente combinant maux de ventre, maux de tête et confusion mentale brutale. Ma vue était altérée également.
Le service des fraudes de ma banque, la caisse d'épargne m'a appelée. Comme je venais de faire changer ma carte bancaire pour une suspicion de fraude sur internet la semaine qui précédait, je ne me suis pas méfiée. Un faux conseiller bancaire s'est connecté sur mon compte avec les informations piratées. Il m'a demandé de me connecter en parallèle et de valider l'annulation de différentes opérations frauduleuses. Du fait du trouble physique dans lequel je me trouvais, je n'ai pas été en mesure de faire preuve de discernement et j'ai validé des opérations qu'il réalisait sur mon compte, qui étaient en fait des ajouts de bénéficiaires et des virements, ce qui lui a permis de vider en 30 minutes toutes mes économies.
Malgré mes démarches ultérieures auprès de la banque, sans invoquer du tout la situation dans laquelle je me trouvais au moment de l'appel, une partie des sommes ne m'a pas toujours pas été remboursée, pour un montant de 14 000 €
.
Le 10 juillet 2022, j'ai rencontré le docteur L. à la clinique des *. Il m’a expliqué que pour retirer les implants, une hystérectomie allait être nécessaire, avec une salpingectomie bilatérale. J’ai été sidérée par la gravité du geste opératoire nécessaire et dans un premier temps, j’ai voulu voir s’il existait une alternative. Il m’a prescrit plusieurs examens et proposé d’arrêter la prise d’hormones pour voir si les saignements et les douleurs s’arrêtaient.
J'ai laissé passer l'été, durant lequel j'ai été sujette à des suées nocturnes sans précédent. Je me réveillais trempée plusieurs fois par nuit. Même sans traitement hormonal par le passé, je n'avais jamais vécu des suées nocturnes d'une telle ampleur.
Pendant l'été, j'ai été victime à plusieurs reprises d'épisodes de céphalées combinant maux de ventre et baisse de la vue.
Le 30 août 2022, j’ai réalisé une échographie pelvienne et une radio du bassin. L’implant droit n’étant pas nettement visible, un scanner a été réalisé en complément.
Les examens ont montré que les deux implants avaient migré, le droit "dans la portion ampullaire", c'est-à-dire en partie à l'intérieur de l'utérus, le gauche dans la portion" interstielle et infudibulaire", c'est-à-dire à l'extrémité de la trompe.
La piste de l’endométriose profonde a en revanche été écartée par cet examen.
Le 31 août 2022, j’ai décidé de réaliser un signalement de matériovigilance à l’ANSM, enregistré sous la référence 20220831083347715.
J’ai également pris contact avec l’association RESIST pour avoir de l’aide quant à la décision difficile de l’hystérectomie. Le 1er septembre, j’ai décidé de prendre une adhésion, et j'ai été enregistrée sous le numéro** 4057, **ce qui correspond probablement au nombre de femmes qui ont rejoint RESIST à cette date.
Cette adhésion m’a permis de rentrer en contact avec plusieurs femmes qui ont subi cette intervention et de pouvoir échanger sur les différents désagréments rencontrés.
J’ai ainsi découvert que les symptômes dont je souffrais sont partagés par un grand nombre de femmes qui se plaignent des effets indésirables des implants.
L'accompagnement sans faille par les bénévoles de cette association, qui ont régulièrement répondu à mes courriels, avec lesquels j'ai pu avoir des échanges téléphoniques, a constitué un soutien moral absolument indispensable pour tenir bon, pour se sentir moins seule et pour effectuer les bons choix.
C'est sur leurs conseils que j’ai fait effectuer une recherche d’intoxication aux métaux lourds.
Le 09 septembre 2022, j’ai réalisé un prélèvement de cheveux que j’ai envoyé au laboratoire ToxSeek.
Les résultats partiels me sont parvenus le 04 octobre 2022, accompagnés d’un mail d’explication dont voici un extrait : « Après observation des premiers résultats d’analyses dans le cadre de l’étude Research-DMI, il apparaît que plus de 70% des résultats présentent un profil d’intoxication chronique par les métaux positifs (présence de 2 à 21 métaux dans les classifications métaux lourds, potentiellement toxiques et/ou terres rares). Ces profils d’intoxication différents en fonction de plusieurs critères (implantation/explantation, symptomatologie…). Ces profils pourront attester d’une intoxication chronique ou d’une hypersensibilité aux métaux.»
D’après cette étude, quatre métaux se trouvent en quantité importante dans mon organisme et pourraient participer à une perturbation endocrinienne : l’argent, le tellure, le mercure et l’étain.
En poursuivant mes recherches sur la composition des implants, j'ai découvert que les soudures étaient composées d'un alliage d'argent et d'étain, les deux métaux qui se trouvaient en quantité préoccupante dans mon échantillon de cheveux. En raison de la migration des deux implants, une "corrosion galvanique" pourrait parfaitement s'être produite, provoquant les symptômes en cascade, à partir du moment où les métaux se sont dispersés dans mes organes et dans mon corps.
Ana Maria Trunfio Sfarghiu, chargée de recherche CNRS au laboratoire LaMCoS précise d'ailleurs que l'organoétain est un neurotoxique qui se retrouve dans le cerveau des femmes implantées se plaignant d'effets indésirables variés. (voir le site)
Comme l’arrêt des hormones n’a rien changé aux douleurs, à la fatigue chronique et aux épisodes de saignements, et en craignant que je puisse moi aussi être victime d’une intoxication à l’organoétain, j’ai décidé de réaliser l’opération proposée par le docteur L.
Le dernier mois d'attente m'a semblé interminable.
Les suées nocturnes ont pris des proportions invraisemblables. Plusieurs fois par nuit, je me réveillais complètement trempée de sueur, au niveau de la poitrine et dans le dos.
Les dernières semaines, les vertiges ont augmenté en intensité. Un jour j'ai été prise de nausées au lycée en descendant les escaliers après avoir échangé avec une amie qui fumait une cigarette. Je suis rentrée chez moi tant bien que mal et arrivée à la maison, j'ai vomi.
Le 09 novembre 2002, j’ai enfin pu avoir recours à une hystérectomie subtotale avec salpingectomie bilatérale par cœlioscopie, assortie d'un arrêt de travail d'un mois et de deux mois d'arrêt de sport.
Cette intervention, ainsi que les nombreux examens réalisés au cours des deux dernières années, ont occasionné des frais importants.
Par exemple, les dépassements d'honoraires de mon chirurgien s'élevaient à 1000 €, ceux de l'anesthésiste après négociation à 250 €. Manque de chance, je suis professeur et ma mutuelle, la MGEN, rembourse très mal les dépassements d'honoraires. J'aurais pu tenter de trouver un autre chirurgien, mais il m'avait été recommandé par mon gynécologue et par plusieurs autres victimes.
En effet, l'opération s'est très bien déroulée, même si elle reste lourde de conséquences sur le plan moral. Ce n'est pas pour rien que certaines victimes la considèrent comme une véritable mutilation.
Pour celles qui hésitent, voici ce que je peux dire pour les rassurer malgré tout.
La douleur est vive pendant quelques jours. Les mouvements sont difficiles, il faut se faire aider. La fatigue est importante. J'ai l'impression de me traîner encore quinze jours après, et le mois d'arrêt ne sera pas de trop.
Par contre, en ce qui me concerne, il y a eu un petit miracle. La douleur principale, cette sensation permanente d’avoir un clou qui me transperçait l’abdomen a totalement disparu alors que je la ressentais jour et nuit depuis trois ans.
Les suées nocturnes qui étaient apparues depuis un mois et dont je me réveillais hagarde et trempée se sont également dissipées du jour au lendemain.
J'ai également la sensation étrange d'un voile qui aurait été enlevé au niveau du crâne. Mes maux de tête ont cessé, ma vue ne devient plus floue quand je consulte mon téléphone.
Mon calvaire de trois ans au moins serait peut-être terminé ?
J’ignore aujourd’hui si tous les symptômes vont disparaître ainsi. Qu'en sera-t-il de l’intoxication à l'organoétain et des différents organes dans lesquels les métaux lourds se sont répandus ?
J'ai écrit au service de protection juridique de la MAIF qui m'a engagée à porter cette situation devant la justice.
Or, lorsque j'ai contacté le cabinet dante-avocats, qui soutient les victimes des implants ESSURE, j'ai eu la surprise d'apprendre que mon dossier allait être mis en attente.
Figurez-vous qu'actuellement, les experts de Bayer sont parvenus à établir une absence totale de lien entre les implants et les symptômes vécus par les victimes.
Les preuves ne seraient pas suffisantes !
Les centaines de femmes qui relatent invariablement des récits similaires ne sont ainsi pas prises au sérieux.
Alors, ne nous décourageons pas, montrons-leur au contraire que nous sommes chaque jour un peu plus nombreuses à faire entendre notre voix pour faire reconnaître nos préjudices et faire plier cette odieuse entreprise.
Témoignage de Lili (novembre 2022)
Et voilà, hier je fêtais mon 1 an de retrait des Essure !
Donc après 11 ans de désert de diagnostics face :
  • aux  plaques de gratouilles,
  • aux batteries à 0% nécessitant de se coucher à même le plancher, la pelouse ou le béton suivant le moment où ça se produisait et ce, sans notification pour prévoir le coussin ;-),
  • aux saignements vampiriques,
  • à l'effet Dory ou total Reset qui a été mon plus sévère symptôme,
  • à une paresthésie au visage,
  • aux FirePic,
  • à l'effet de fatigue type " je tracte 3 immeubles" ou  "j'ai 99 ans !",
  • à l'humeur digne d'un Dr Jekyll et M. Hyde,
  • à l'usine intestinale révoltée,
  • à une vue qui ne veut pas faire la mise au point et qui chute tout les 6/8 mois…
Et bien après la découverte du cadeau Essure® suite à un bouche à oreille des plus improbables, la chute face à la fuite du soutien médical pour mettre en œuvre, les recherches sur la toile, les lectures des témoignages, des pistes, des pour, des contre… Après avoir pleuré, hurlé, réfléchi, compris, accepté, trouvé, programmé et sauté le pas…
Voilà, 1 an est passé et depuis il ne me reste en symptômes que : la vue, la mémoire qui est quand même en évolution positive (je suis partie d'un désert à un paysage flouté ou comme j'aime à dire un bol d'eau à un bouillon avec une boulette de viande et une pâte qui se promène :-), au fil du temps ça reprend place avec des remontées de souvenirs qui chamboulent un peu la bestiole, car les émotions sont livrées avec et surtout ça remonte d'un vide et revient à la conscience !), le cher Raynaud* n'avait pas donné signe en début d'année et là il vient à nouveau, paresthésie au visage.
Je peux dire que le retrait m'a permis de stopper la chute, de souffler, de retrouver des moments de vie normaux. Le présent et le futur est teinté de l'attente des recherches, des découvertes sur l'incidence de la présence de ces métaux lourds sur le long terme. 
Le chemin a été coloré de hauts et de bas car on est bousculée entre nos attentes, nos prises de consciences, ce que nous avons supporté, le non-soutien, les incidences, la non prise en compte, mais au final on sort d'une ornière et même si nos pieds sont encore alourdis ils avancent plus légers et éveillés sur le respect que l'on se doit à nous-même. Donc plus de "c'est votre âge, vous êtes une femme/mère/employée/sportive/accidentée/etc." et autres excuses pour finalement ne pas avoir de diagnostic. 
 
Voilà, pour moi retrait positif. Bon chemin à vous toutes. ;-)
* Phénomène de Raynaud : trouble de la circulation du sang se manifestant surtout au niveau des doigts
Témoignage de Y.
(novembre 2022)
  
Bonsoir, je vais mettre exactement ce qui m'est arrivé… 
Pour moi c'est difficile à croire que ce soit ses implants la cause de mes soucis pour le simple fait que l'âge la fatigue et le mental nous pousse à dire que c'est la vieillesse et le fait d'avoir abusé jeune d'alcool ou cigarette, ne pas avoir fait attention à son corps… 
Quelque part je refuse au fond de moi que cette soit disant ligature de trompe puisse être a l'origine de mes problèmes de santé qui au fil du temps se détériore.. 
Rien que de savoir qu'une essure est dans mon utérus au lieu d'être dans ma trompe gauche me rend nerveuse…
Mon histoire : 
Depuis décembre 2014 je suis porteuse d'essures, aujourd'hui je viens de découvrir qu'un des essure se trouve dans la cavité utérine et je ne sais pas depuis combien de temps celui de gauche, et je ne sais pas comment celui-ci a pu partir de la trompe.
Et je viens finalement de comprendre pourquoi depuis quelques années ma santé s'aggravent, j'ai des vertiges, une très grande fatigue, des problèmes de conduite sur plus de 5 kilomètres, ou je suis incapable de me concentrer ou même de gérer physiologiquement et psychologiquement, la concentration se perd comme ci j'étais inapte à la conduite, mon coté gauche se fige, des céphalées se produisent, des troubles du sommeil, des nevralgies cervicales (IRM hernie discale) tout mon bras gauche se fige ensuite le nerf qui passe tout le long jusque mon petit doigt (les deux derniers doigts) se comprime se qui rend mon bras faible des fourmillements dans le bout des doigts, tout mon coté gauche devient faible, des douleurs articulaires et musculaires, des pertes de sang qui persistent dans le temps, des céphalées à répétitions, des vertiges qui apparaissent à n'importe quel moment de la journée… Pendant plus d'un an j'ai cherché pourquoi j'avais tous ces symptômes…
J'ai consulté une orthoptiste pendant plusieurs mois, passé un IRM cérébral (rien) et cervical (hernie discale cervicale gauche), radio de la colonne vertébrale (colonne trop droite), consulté une neurologue (électromyogramme parfait), consulter une chirurgien spécialiste du rachis (infiltration de corticoïde réalisée mais rien n'a changé), plusieurs sciatiques, problème de lombaires bloqués (quand ce n'est pas la cervicale se sont les lombaires difficile de faire du renforcement), kinésithérapeute que je consulte toutes les semaines pour ma cervicale et mes lombaires, j'ai un un problème parodontal que je n'avais pas avant, j'ai eu une extraction de 8 dents le 10 octobre 2022, j'ai un rendez vous prévu en décembre pour un deuxième avis médical sur une éventuelle opération de ma hernie discale à la cervicale… je suis tributaire de mon mari pour m'emmener à mes rendez-vous…  J'ai vraiment tout fait, je n'ai rien lâché pour comprendre pourquoi tous ces symptômes persistent…
 
Sans résultats… En aparté : "Ah si un résultat : me faire passer pour une folle en essayant de me donner des antidépresseurs en me disant que c'était psychologique… Et pourtant j'ai des preuves médicales dont des examens, et des séances de kiné toutes les semaines... C'est beaucoup plus facile de coller ce genre de médicament qui empire l'état d'une personne que de trouver les réelles raisons de tous ces faits qui n'ont fait que s'empirer, j'ai résisté et lutté (combien en sont capable ?).
Je viens d'être licenciée pour inaptitude physique du à tous ces faits depuis plus d'un an, interdiction de porter des charges lourdes, les gestes répétitifs, la manutention… Mais rien ne change, je suis toujours fatiguée, j'ai toujours des vertiges et toujours les mêmes problèmes physiques et physiologiques…
Aujourd'hui j'ai envie de pleurer, car enfin je vais pouvoir mettre un 'mot' a tout ce qui m'est arrivé, les essures... Ça m'a pourri ma vie… 
Voilà…

Bernard, mari de Lola, témoigne

(Novembre 2022)

 

Bonjour 

Où sont les femmes ? Patrick Juvet 1977

Contraception ESSURE en 2022, Où sont les hommes ?

 

Je lis pratiquement tous les jours depuis 2 ans des témoignages, souvent les mêmes, de toutes ces femmes, nos femmes qui en toute confiance ont laissé la technologie et la médecine prendre en charge leurs corps pour quelques minutes.

 

Leurs vies, nos vies, ne seront plus jamais comme avant pour longtemps. 

 

Je ne vais pas énumérer toutes vos souffrances, vous le faites avec tant de dignité, de courage.

 

Je suis un homme, un mari, un couple, une équipe.

Voilà, on va pouvoir s’aimer et faire l’amour à volonté en toute sérénité, au départ c’était le deal.

 

A l’arrivée, vous seules les femmes en payaient le prix cher et pourtant on dit que la santé ça n’a pas de prix.

Pire, pour certaines, elles ont tout perdu, leur famille, leur couple, leur travail…

 

Elles n’avaient rien demandé de tout ça, pire elles se retrouvent devant une errance médicale où personne ne les écoute et peine à les croire.

 

Je suis admiratif devant toute cette énergie de toutes ces femmes pour faire bouger les choses.

 

Après avoir lu, «au mépris du corps des femmes le scandale des implants Essure», le maître mot pour progresser, avancer tous les jours, c’est, trouver la « causalité »

 

Avec ce témoignage, mon objectif les filles, ce n’est pas de recevoir des cœurs  ou des j’aime   mais de partager un maximum avec vos bons hommes !! Et plus si affinités !! pour qu’ils se manifestent aussi par leurs témoignages sur cette page.

 

J’ai pu constater, à mon premier café rencontre, qu’une présence masculine était importante.

 

 

Comme dirait quelqu’un «LES MECS ON COMPTE SUR VOUS»

 

Bernard

Sandrine adresse un courrier au Ministre de la Santé

(mai 2022)

 

Bonjour Monsieur Le Ministre,

 

Je me permets de vous écrire afin de vous faire part d’une situation qui me pose question.

 

En janvier 2016, je me suis fait implanter un dispositif de contraception "Essure".

 

L’année dernière j’ai fait des recherches sur internet pour en savoir un peu plus sur ceux-ci car depuis 5/6 ans je ne me reconnais plus. Cela pourrait donner à sourire mais quoiqu’il en soit depuis cette période je suis de plus en plus fatiguée, énervée et ayant des troubles du langage et de la concentration et bien d’autres soucis.

 

Suite à ses recherches je découvre que ce dispositif de contraception a été sorti du marché et interdit de commercialisation en 2018. Un décret a même été publié pour réglementer l’explantation de ce dispositif. Une fiche d’information aux patientes a même été éditée.

 

Porteuse de ce dispositif, je déplore que nous n’ayons pas été informées directement. Mon médecin traitant n’était même pas informé que j’en étais porteuse !

 

À la lecture des effets indésirables, j’ai pu ENFIN mettre des MOTS SUR MES MAUX.

 

Loin de moi d’incriminer ce dispositif sans un minimum de vérification. J’ai donc décidé d’en parler à mon médecin. Sa réponse m’a laissé pantoise ! En gros, vous êtes régulièrement fatiguée, c’est dans ma tête ! En gros je suis folle.

 

Direction ma gynécologue ! Et de 2 ! La solution proposée : Ablation totale de l’utérus !

 

Je suis restée sans voix, outrée ! Je demande juste une radio de mon utérus afin de vérifier qu’ils sont toujours au même endroit et je demandais aussi un test cutanée d’allergie aux métaux.

 

Je ne comprends pas la manière dont nous sommes traitées. Juste un "morceau de bidoche" trop vieille et juste à jeter à la poubelle ! Je suis indignée !

 

Voilà je tenais à vous signaler ce fait. Si vous avez pris la décision de l’arrêt de commercialisation de ce dispositif, c’est que vous avez considéré qu’il existait, peut-être des causes à effets ! Je vous en remercie par ailleurs.

 

Mais malheureusement je considère que la façon dont nous sommes traitées n’est pas digne de notre société civilisée. La France a tout de même un système de santé avant-gardiste et de qualité. Mais malheureusement la bienveillance à l’égard de la Femme et de son corps, n’est pas encore un sujet d’équité.

 

Vous remerciant de l’attention que vous porterez à mon courrier, je vous prie d’agréer Monsieur Le Ministre, mes salutations distinguées.

 

Cordialement

Mme Sandrine X

Témoignage de Nadine
(mai 2022)
  
Je souhaite faire un témoignage de mon expérience, avant pendant et après explantation de mes ESSURES. J'ai, en effet été implantée en 2015,après la naissance de mon 4eme. Selon ma gynéco, les ESSURES c'était mieux, plus pratique, que la ligature des trompes. Je ne me suis pas posée la moindre question à ce sujet.
 
J'ai à partir de là eu diverses pathologies, d'ordre ORL, neurologique, articulaire, fatigue, essoufflement, photosensibilité, souvent fatiguée etc... A chaque fois des examens étaient effectués, et jamais rien n'était diagnostiqué. J'ai toujours entendu dire " Madame, vous êtes dépressive, surmenée, ou en pré ménopause". Mon médecin traitant, n'a JAMAIS fait le moindre lien de cause à effet. Pourtant il me suis depuis 2009. Des discours décourageants. C'est vrai, je ne pensais pas qu'à partir de 43 ans j'étais déjà, vieille.
  
C'est en janvier 2021 que je me tourne vers un médecin du sport, ne pouvant plus pratiquer de manière raisonnable course à pied, vélo et équitation (je suis par ailleurs monitrice EQUI handi, et porter des personnes invalides est devenu un calvaire). Ce médecin me fait faire des batteries d'examens sanguins, densitométrie, radio du bassin etc... Puis il me dit " mais Madame, vous avez des ESSURES, qu'allez vous faire ? "
  
J'apprenais donc que peut-être ces ESSURES étaient à l'origine de quelques uns de mes maux. Dès lors, j'ai contacté le chirurgien qui me les avait posé, puis d'autres gynécos... on m'a toujours répondu " on peut les enlever, c'est votre choix, peut être ça ira mieux, peut être pas ". Jamais la moindre bienveillance ni réelle écoute. Enfin, j'ai pris mon courage à deux mains, et, avec mon mari, nous avons consulté ma gynéco. Elle était étonnée que nous n'ayons pas reçu un courrier soit disant envoyé à toutes les porteuses d'ESSURES avertissant que des symptômes liés peuvent apparaître et, qu'il était conseillé d'en parler à un médecin. Mon discours, je le vois est chaotique, un peu comme mon parcours, nos parcours à nous toutes. 
  
Bref, un RDV a été pris à l'HFME, avec un Professeur qui, lui, nous a entendu, écouté, conseillé. Cela a été une première libération. Puis le 28 mars 2022, explantation par cœlioscopie, retrait trompes utérus et col. Bon certes j'ai eu le droit à une complication, plaie à la vessie et donc 2e intervention sous anesthésie générale encore le 31 mars 2022. Dur. Mais bon. Dès le retour à la maison, je me suis sentie mieux. Il est probablement trop tôt pour s'en réjouir, et pourtant, à priori déjà pas de sensibilité au soleil, pas de douleurs sous les pieds au levé, pas de problème d'élocution. Coïncidence ou pas, je me sens libérée d'un bout de fardeau. En espérant que le mal ayant été fait ne continue pas de s'étendre, voir qu'il se résorbe petit à petit. L'avenir nous le dira.
  
Je suis heureuse de les avoir enlevé, et, ne regrette pas mon choix. Merci de m'avoir lu. Cela fait du bien de s'adresser à des femmes qui ,malheureusement, savent de quoi je parle.
  
PS : il faut savoir aussi que mon mari a dû prendre des jours de congés pour que je puisse aller aux différentes consultations et pour m'y accompagner car les transports ne sont pas pris en charge ! même pour le retrait de la sonde. Moi, je n'ai pas pu travailler à plusieurs reprises, vertiges etc... Pendant ma semaine à l’hôpital la gestion de la vie de famille de la maison a été exténuante. Donc " merci BAYER " de nous avoir volé notre santé, notre temps et notre budget !

Témoignage de Nadine (La Réunion)

(février 2022)

 

Bonjour,

je suis d'origine Réunionnaise j'ai 5 enfants et j'ai décidé de me ligaturer après 2 fausses couches.

 

Le gynécologue m'a proposé le méthode ESSURE, bon j'ai accepté car je ne voulais plus d'enfants j'étais fatiguée d'être sur un lit d'hôpital, après 1 aspiration et 1 curetage.

Cela s'est fait même pas en 1 mois voilà je suis ligaturée ESSURE c'était en 2010.

 

Bref contente car j'étais persuadée que tout sera fini plus d'inquiétudes. Un poids en moins au lieu de continuer prendre la pilule et dès fois il y a des oublis.

 

Depuis longtemps avant j'avais mes règles je n'ai jamais senti de douleurs, mais après cette pose D'ESSURE les problèmes ont commencé.

J'avais de grosses douleurs pendant mes règles, ça coulait comme une rivière, mes jambes étaient lourdes, je ne pouvais plus lever mes pieds pour marcher cela devenaient handicapant pour se déplacer et surtout je travaillais, mon fondement ou cette descente vaginale je le sentais en moi vers le bas si je restais debout longtemps et si je me deplaçais. C'était infernal mais j'avais bien pensé que ce petit truc que j'ai mis ESSURE me faisait ça car j'ai retourné chez mon gynéco et il m'a dit que c'était normal.

Pour moi non, cela à duré 2 ans puis un jour je n'en pouvais plus j'ai contacté un autre gynécologue une femme qui a pris le problème au sérieux car mes règles ne s'arrêtaient plus même avec les médicaments qu'elle m'a donnés n'a pas pu les arrêter. Elle m'a donné un courrier pour voir un autre gynécologue qui a accepté d'enlever ESSURE et bien sûr mon utérus les trompes etc.... Ben j'ai accepté j'avais pas le choix.

Et cela fait 10 ans. J'ai aussi eu d'autres symptômes avec ESSURE: j'ai beaucoup mal à parler je bégaye, je réfléchis avant parler, j'entends très mal même de près je fais répéter plusieurs fois, mes dents se sont déchaussées je porte un dentier, j'ai dû porter des lunettes j'ai beaucoup douleurs dos surtout lombaire, j'ai pris beaucoup du poids et surtout au niveau du ventre qui reste gonflée depuis on dirait une femme enceinte et bien d'autres encore...

Témoignage de Tania

(mai 2021)

 

Tout a démarré début 2014. Je ne tolérais plus aucun contraceptif et ne souhaitais plus avoir d'enfant. 38 ans à ce moment-là et trop jeune selon mon gynéco pour une ligature des trompes, j'ai néanmoins réussi à le convaincre, il devait m'opérer juste avant de prendre sa retraite. Il m'a parlé d'un nouveau dispositif qui selon lui était mieux qu'une ligature classique, après avoir entendu ses arguments j'ai été d'accord pour qu'il me pose les implants Essure. Je ne me suis pas plus renseignée que ça sur ces implants car je faisais totalement confiance à mon médecin qui me suivait depuis près de 20 ans, cela a été ma première erreur... 

 

Au départ tout allait bien, la pose s'est très bien passée, le suivi aussi, aucun problème. Puis environ 6 mois après j'ai commencé à avoir des règles de plus en plus douloureuses et à la limite de l'hémorragie, les cycles se sont bientôt dégradés aussi au niveau de la durée. Cela me surprenait car auparavant j'avais des règles "normales" sans douleurs, qui ne duraient que quelques jours mais j'ai mis ça sur le fait d'avoir fait nécroser mes trompes. J'ai fini par m'y faire en pensant que c'était "normal" mais je redoutais cette période tous les mois. Ensuite ont suivi progressivement d'autres choses bizarres inexpliquées médicalement comme des douleurs pendant les rapports, des douleurs dans les seins, des douleurs musculaires et articulaires (légères au départ) il n'y avait pas de raisons a priori. Pour les TMS (Troubles musculo-squelettiques) je pensais que c'était lié à mon travail puisque je suis devant un ordinateur toute la journée. J'allais régulièrement chez mon ostéopathe qui arrivait à me soulager mais de moins en moins longtemps. 

 

Mon mari m'a demandé un jour si je ne pensais pas que ces problèmes étaient liés aux implants mais je ne voyais pas pourquoi ce serait le cas. J'en avais discuté avec mon gynéco et pour lui il ne pouvait y avoir aucun lien, puis il a pris sa retraite. Fin 2017 j'ai dû aller voir une sage-femme pour un souci de périnée, et c'est elle qui m'a mis la puce à l'oreille concernant les Essure, elle en avait entendu parler. Et là je suis tombée de haut, je découvrais l'existence de l'association RESIST et surtout le carnage (il n'y a pas d'autre mot pour moi) que ces implants ont causé.  

 

J'ai donc essayé de trouver un gynéco qui pourrait m'aider, mais en trouver un bon n'est pas si simple !! J'en ai vu plusieurs qui m'ont raconté n'importe quoi, on a même voulu me brûler l'endomètre alors que c'est contre-indiqué quand on porte des Essure, heureusement que j'ai dit non. On m'a parlé de préménopause et j'en passe, on m'a prescrit des traitements hormonaux qui n'ont servi à rien du tout. J'ai donc décidé d'arrêter de chercher car j'en avais assez et je ne trouvais aucun médecin efficace. La vie a suivi son cours et insidieusement au fil des années j'ai eu de plus en plus de symptômes, et je ne savais plus quoi penser, était-ce vraiment lié à ces implants ou non ? 

 

En 2019 j'ai quand même voulu avoir l'avis d'un médecin spécialisé dans les Essure mais je n'étais pas prête psychologiquement à ce qu'il me proposait, l'hystérectomie + salpingectomie, et j'avais tellement l'habitude de tous mes maux au final que je suis restée comme ça en voyant mon état continuer à se dégrader et en me demandant s'il était vraiment possible que ces ressorts soient responsables de mon état. 

 

Tout cela impactait ma vie de couple aussi, car je me sentais comme une femme de 80 ans, j'avais des sautes d'humeur incroyables par moments, sans aucune raison je passais du rire aux larmes et vice-versa, ma libido devenait de plus en plus capricieuse aussi, bref on se retrouve seule et incomprise, même si l'entourage proche fait tout ce qu'il peut pour nous, psychologiquement c'est très dur de supporter tout ça.  

 

Début 2020 je trouve enfin un gynéco à l'écoute et qui me paraît savoir de quoi il parle, je reste donc chez lui. Il m'avait parlé aussi de l'hystérectomie pour me soulager et avait entendu d'autres femmes implantées avec des symptômes similaires aux miens, mais lui aussi me disait que médicalement on ne pouvait pas faire le rapprochement. 

 

Mon bilan fin 2020 était le suivant (je ne peux pas détailler tous mes effets secondaires car il y en avait trop, je vais juste citer les plus handicapants pour moi à ce moment-là : pesanteur pelvienne constante, règles de plus en plus douloureuses et hémorragiques, douleurs pendant les rapports (hors rapports aussi d'ailleurs) de plus en plus fréquentes, très fortes douleurs musculaires et articulaires, perte de la mémoire et de la concentration, et surtout une fatigue chronique que je traînais en fait depuis plusieurs années et que même des nuits de 9h ne réglaient pas, une vraie larve au quotidien. Le déclic a été en novembre 2020, je pensais avoir une infection urinaire car je ressentais des brûlures vaginales internes mais une fois de plus aucune raison médicale à ça. J'ai passé 2 mois à tester des traitements qui ne servaient à rien et en plus je commençais à avoir des palpitations cardiaques de plus en plus fréquentes ainsi qu'un essoufflement persistant même sans aucun effort, là je commençais vraiment à m'inquiéter... En février 2021 mon gynéco me dit que j'ai une adénomyose, et après en avoir longuement discuté ensemble nous programmons l'intervention, il m'a juste laissé les ovaires pour que je ne sois pas ménopausée. 

 

Mon opération a eu lieu le 30/04/21 par coelioscopie et je regrette de ne pas avoir franchi le cap plus tôt, car j'ai ressenti du changement dès la salle de réveil, et je n'exagère pas. La pesanteur pelvienne constante a disparu d'un coup, ainsi que les douleurs au dos et aux lombaires et cervicales que j'avais en permanence depuis des mois et des mois. La fatigue aussi a disparu instantanément et je ne me suis plus sentie autant en forme depuis belle lurette, je ne sais même plus quand était la dernière fois à vrai dire ! Quant à mon essoufflement et mes palpitations c'est fini aussi, je ne sais pas comment l'expliquer mais je sens que mon cœur va bien. Je suis rentrée le soir même et aucune complication pendant l'opération. Depuis je me sens de mieux en mieux chaque jour, j'ai l'impression de revivre et ça fait un bien fou ! Les douleurs post-opératoires sont minimes par rapport à ce à quoi je m'attendais, tout à fait gérables.

 

A toutes celles qui ne savent pas trop quoi en penser et qui ont peur de franchir ce cap, je ne dirais qu'une chose, arrêtez d'avoir peur et faites-vous explanter, vous ne pourrez que vous sentir mieux après. Avec le recul, je me demande comment j'ai fait pour supporter tout ça pendant si longtemps (7 ans), maintenant je reste confiante et j'espère que c'est vraiment fini mais je sens que je vais beaucoup mieux, je vous dirai ça d'ici quelques mois 

 

Courage à toutes, ensemble nous sommes plus fortes face à ce marasme médical...

Témoignage de Séverine (Ain)

(février 2021) 

 

Je lis vos témoignages et mon cœur s’emballe…  Vos combats relèvent de l’irréel…  J’admire votre force, votre courage. 

 

20 juin 2013 : le jour où tout a changé…  Pourtant, ces implants ESSURES®, on me les a vendus comme du rêve ! 

 

Les ligatures de trompes étaient un acte chirurgical trop lourd et trop coûteux donc la seule option que l’on m’ait proposée était ces implants révolutionnaires.  Après quatre enfants, un stérilet M+++ que j’ai difficilement supporté, j’ai accepté cette solution miracle.

 

Le temps de la libération était venu.

La pose des implants s’est faite sans problème.  J’ai pu assister à l’acte par écran interposé.  J’étais sereine et confiante.

 

Les premiers temps, ma vie n’a pas changé…  

 

Puis les premiers signes « bizarres » sont apparus avec notamment un épisode acnéique purulent sur le dos…  J’ai mis 6 mois à m’en débarrasser.  Puis mes cycles se sont raccourcis et devenu plus douloureux.  15 jours avant mes lunes, mon ventre était tendu, mes seins turgescents, douloureux et intouchables.  Mes règles sont devenues plus abondantes

 

J’ai commencé à souffrir de plus en plus du dos et de sciatiques sur une pathologie ancienne…  Mais tout s’est dégradé rapidement.  Une bursite à la hanche d’abord, des douleurs aux genoux ensuite…  Ma descente aux enfers était uniquement tournée vers mon dos.  En 2019, j’ai subi une arthrodèse qui m’a permis de garder mes jambes (ouf, le fauteuil, ce n’est pas port tout de suite…) 

 

Un an après cette épreuve, je retrouvais enfin un semblant de vie mais très vite de nouvelles douleurs sont apparues : épines calcanéennes aux deux pieds, douleurs articulaires au niveau des chevilles, genoux et hanches…  Rage de dents…  Et le dos, bien sûr.  Je ne parle pas de cette fatigue constante que je mettais sur le dos,  ainsi que mon incapacité à travailler à temps complet.  Bref, au sortir du lit ou du canapé, on dirait une mamy…  Une jeune mamy de 45 ans ! 

 

J’ai décidé d’arrêter de faire l ‘autruche et ce n’est pas sans le soutien et les alertes d’une amie si précieuse et récemment explantée… (mais ça, c’est une autre histoire). 

 

Mon rendez-vous chez le chirurgien est pris, j’attends les résultats de ma prise de sang dans laquelle on recherche la présence de nickel et étain…

 

Mais depuis mes dernières règles (hémorragiques), des ganglions douloureux sont apparus dans l’aine…  Depuis quelques jours la fièvre m’envahit la nuit…  J’attends mardi pour passer une échographie abdominale et surtout j’attends impatiemment le jour où on va me libérer de cette « douce empoisonneuse ».

 

Merci à R.E.S.I.S.T. d’être là !

Témoignage de Virginie (Aude)
(janvier 2021)

 

Le 15 janvier 2021, ça fait un an...

 

Une ablation de l'utérus et des trompes m'a enfin débarrassée de ces maudits implants Essure qui m'ont volé 3 ans de ma vie !

A 39 ans, j'étais à la recherche d'une contraception sans hormone. J'avais opté pour une ligature des trompes... Quelques jours avant mon rendez-vous avec ma gynéco, j'ai entendu parlé des implants Essure. J'ai donc posé des questions à ce sujet, cette contraception m'a semblé idéale, plus d'hormones, pas de chirurgie... Restait à régler le problème de l'allergie au nickel : ma gynéco me conseille de faire le test « du bouton de jean » : porter un jean à même la peau et contrôler qu'aucune rougeur n’apparaît à l'endroit où la peau est en contact avec le bouton... Verdict pour moi, aucune rougeur, j'opte donc pour cette solution.

 

Le rendez-vous est pris, ma gynéco me posera les Essure sous anesthésie générale en ambulatoire en novembre 2014.

 

Je suis juste ravie de ma nouvelle contraception, j'en parle à toutes mes amies et présente cela comme La contraception idéale.

 

En janvier 2015, j'ai une tension élevée, je fais un bilan cardio mais rien...

 

En janvier 2016, j'ai d'importantes douleurs dans la nuque et l'épaule. Je passe une radio et un arthroscanner, mais rien…

 

En juin 2017, je ressens de multiples douleurs au niveau du ventre (constipation, cystites …), je passe une échographie, une endoscopie et une coloscopie, mais rien de spéciale, le gastroentérologue commence à me parler de syndrome du côlon irritable...

 

Les douleurs et l'inconfort digestif s'installent de manière chronique : digestion lente et douloureuse, ventre très gonflé, impression d'avoir une pierre dans le bas ventre, constipation, crises hémorroïdaires et même thrombose.

 

Je ne peux plus boire d'alcool, au-delà de 2 verres je vomis pendant des heures, j'ai des vertiges, des migraines atroces, je ne tiens pas sur mes jambes...

 

Quelquefois les douleurs digestives sont si fortes que je suis obligée de rester coucher, les douleurs envahissent la cage thoracique et irradient dans le bras gauche...

 

En 2018, je cherche une alimentation qui irrite le moins possible mon colon, je pers 6 kg en 2 ans...

 

Les « crises » s'accélèrent, elles surviennent toujours de manière aléatoires mais sont de plus en plus rapprochées. Les infections urinaires et autres réjouissances gynécologiques ne me quittent plus, je suis épuisée le matin dès le réveil. J'ai toujours froid (pieds et mains gelées), je suis prise de crise de tremblements.

 

Des saignements entre mes règles apparaissent de façon totalement anarchique, des saignements surviennent pendant les rapports... « Rien de grave madame, sûrement la pré ménopause... »

 

Des douleurs articulaires s'installent également (hanches, genoux, doigts), des douleurs lombaires me réveillent le nuit. Je dors de plus en plus mais ne récupère plus.

 

Quand je vais consulter pour mes cystites je fais part de tous mes autres symptômes et surtout de cette abominable fatigue mais je ne suis pas entendue, je repars avec un énième antibiotique mais le médecin ne se penche jamais sur mon état général.

 

Tous ces symptômes sont de plus en plus handicapants au quotidien. Je suis enseignante, ma fatigue hors norme et nuit à mon travail, j'appréhende la moindre journée de travail et ne parlons pas des sorties scolaires !!!

 

Ma vie privée s'en ressent également, l'idée de réserver la moindre sortie au resto, un week-end, des vacances, m'angoisse car j'ai toujours peur qu'une crise survienne. Mon état général est difficile à comprendre pour mon entourage, je perds totalement ma joie de vivre, je m’éteins un peu plus chaque jour...

 

Je commence à avoir peur, j'ai peut-être quelque chose de grave... Je décide de changer de médecin traitant pour tout reprendre à zéro. Je vois entre temps une sage-femme qui m'écoute, je suis désespérée, j'ai pris rendez-vous avec une gynéco mais il me faut attendre 6 mois, je ne tiendrai pas, je n'en peux plus... Je lui dis cette phrase : « j'ai l'impression d’être empoisonnée... ». Consulter une personne à l'écoute m'a fait du bien et me redonne un peu de force...

 

Je cherche sur internet, je tape tous mes symptômes dans Google (et il y en a beaucoup!!!!) et je tombe sur le site de l'association RESIST, tout s'éclaire, mes maux viennent des implants Essure.

 

J'en parle à mon nouveau médecin traitant qui ne connaît pas ce type d'implants mais qui prend le temps de s'y intéresser.

 

Je suis enfin en arrêt de travail !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

 

Au bout du rouleau et dans un état d'angoisse permanent, je passe 4 jours en médecine interne pour faire un bilan complet, mais comme d'habitude, rien !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!...

 

J'ai envie de hurler, je ne supporte plus d'entendre des médecins me dire que je n'ai rien, pire que je suis peut-être déprimée et que je devrais consulter un psychologue....

Je décide de me faire explanter, je suis désormais convaincue que mes maux viennent de là...

 

J'arrive avec mon très très épais dossier médical qui dit qu'après tous les examens médicaux subis je n'ai rien...

 

Ma gynéco m'entend, elle est d'accord avec ma décision, me comprend mais me dit que l'intervention ne servira peut-être à rien...

Rendez-vous avec la chirurgienne qui doit m'opérer, je viens pour discuter d'une salpingectomie et elle me parle hystérectomie... Je suis un peu sonnée, je demande à réfléchir...

 

L'association RESIST me met en contact avec des femmes ayant subi l'opération. Je ne suis plus seule !!!!!!

 

Je me reconnais mot pour mot dans les parcours du combattant de ces femmes...

 

Plus d'hésitation, j'accepte l’hystérectomie et la salpingectomie bilatérale.

 

J'insiste pour avoir une radio ASP avant l'intervention jusqu'à mon arrivée au bloc... J'attends de voir le visage de la chirurgienne qui doit m'opérer, mais je n'aurais pas cette chance car l'anesthésiste trop pressé m'endormira sans me prévenir avant...

 

1ère nuit sans trop de douleurs je m'attendais à pire... Le matin la douleur se réveille...On me met debout, une aide-soignante me demande si j'ai besoin d'aide pour prendre une douche, je dis oui mais sa collègue moins délicate répond qu'il s'agit « juste d 'une hystérectomie » et que je pourrais sonner en cas de problème...

 

Je suis sensée faire 1H30 de route de montagne pour repartir chez moi mais on me fait comprendre que je peux rentrer sans problème... Heureusement pour moi mes parents habitent à 10 minutes de l’hôpital, je vais pouvoir rester chez eux quelques jours... Jamais je n'aurais supporté 1H30 de route, c'est juste du délire !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

 

Malgré les douleurs post-opératoires, je sais que je vais déjà mieux !!!!!!!!!!!!!!!!

J'ai l'impression d'avoir les yeux grands ouverts sans fatigue, je n'ai plus mal sous le pied...

 

Un an après l’explantation, je peux parler du jour de cette intervention comme d'une renaissance ! Je n'étais donc pas folle !

 

Et oui, j'étais bien empoisonnée par les implants Essure du laboratoire BAYER !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! Elle a bon dos la dépression, elle a bon dos la préménopause, il a bon dos le syndrome du côlon irritable !!!!

 

Les symptômes ressentis par les porteuses d'Essure sont tellement multiples et variés, comment faire pour établir un diagnostic ?

 

Écoutez les patientes !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

 

Avant d'aller mal, une patiente va bien, elle sent, elle sait si son état s'altère. Nous ne sommes pas folles, nous sommes VICTIMES ! Ces implants nous bousillent le corps et la vie !!!!

  

Aujourd'hui, même si ma vie est redevenue normale, j'ai encore des journées difficiles, avec des symptômes qui reviennent, de la fatigue mais les crises s'espacent.

 

Je ne remercierai jamais assez l'association RESIST et toutes ces magnifiques bénévoles !

 

Je ne remercierai jamais assez tous mes proches de m'avoir supportée alors que j'ai vécu comme un fantôme pendant trois ans ! 

Mon souhait pour 2021 ? Que toutes les femmes porteuses soient contactées et alertées, qu'on informe les médecins traitants de ce scandale afin qu'ils puissent venir en aide à leurs patientes et les ECOUTER...

 

Si vous avez pris le temps de me lire jusqu'au bout, merci de partager ...

Témoignage de Virginie (Bouches-du-Rhône)
55 ans. Implantée en décembre 2005 et explantée en janvier 2017 

(janvier 2021)

  

Voici de mes nouvelles 10 ans sous Essure et 4 ans après retrait...

  

Sous Essure, les problèmes sont allés crescendo. Les premières années, j'ai eu pleins de soucis que je n'avais jamais eu auparavant mais gérables malgré tout : malaises, vertiges, allergies en tout genre, nerf d’Arnold, tennis elbow, grosse entorse à la cheville qui s’est transformée en algodystrophie, 2 hernies discales aux cervicales...etc. 

Par contre, au bout de la septième année, mes soucis ont pris de l'ampleur car je n’avais plus une vie normale.

 

J’avais des douleurs articulaires et musculaires insupportables qui étaient devenues handicapantes puisqu'elles ne m’ont pas permis de continuer la randonnée que je pratiquais depuis plusieurs années, le ski et l'aquagym. Une fatigue ingérable m'obligeait à m’allonger plusieurs fois par jour, j'avais des allergies de plus en plus envahissantes, des otites séreuses avec perte d'audition, une capsulite à l'épaule droite, des sinusites impossibles à enrayer, une perte inquiétante de cheveux, un gros problème pour m'alimenter avec selles noires tous les matins au lever à jeun, et surtout, des démangeaisons anales très désagréables !

 

Ce sont d'ailleurs ces dernières qui m'ont permises de faire la relation avec Essure, surtout lorsque j’ai vu sur internet que ces implants étaient à base de nickel alors que je suis allergique, et qu'il était justement préconisé de ne pas en mettre aux personnes comme moi.

 

Je suis donc retournée voir le gynécologue qui m'avait placé les Essure 7 ans auparavant à 130 km de chez moi (car j’avais déménagé entre temps). Ce Monsieur a été dans la compassion mais obtus dès qu'on parlait de son produit Essure. Me disant que cela ne pouvait pas venir de là et que je faisais forcément un candida albican avec les symptômes que je décrivais. 

 

Mais il m’a vu tellement dépitée ce jour-là, qu’il m’a proposé d’enlever les Essure si je le souhaitais car il savait faire (formé aux Pays Bas) et qu'il n'était pas là pour m'obliger à les garder. Par contre, lorsqu’il m’a informé que les Essure ne sont pas prévus pour être enlevés et qu'il fallait faire une hystérectomie, j’ai pris peur et j'ai préféré m'en tenir à son premier discours. J'ai aussi pensé à ce moment-là à mon entourage qui ne comprendrait sans doute pas que j'aille à l'encontre du diagnostic d'un spécialiste, préférant à la place une opération lourde avec hospitalisation loin de la maison. 

 

Mes analyses au candida Albican se sont révélées négatives. Je me suis alors beaucoup documentée pour essayer de comprendre par moi-même ce qu'il m'arrivait. Et c'est le livre du Docteur Michel Lallement qui m'a sauvé : "Les Clés de l'alimentation santé" car j'ai suivi tous ses bons conseils... 

 

Pour mes intolérances alimentaires, j’ai fait un test pendant une semaine en enlevant le lait et le gluten de mon alimentation pour me rendre compte que ça allait mieux. N’étant pas capable de continuer au-delà car trop contraignant pour moi, je me suis tournée vers un laboratoire spécialisé à Metz pour faire des analyses de sang pour repérer mes intolérances, me permettant ainsi d’exclure de mon alimentation tous les produits incriminés. Et petit à petit, j’ai réussi à refaire ma flore intestinale (sur plusieurs mois) à l'aide de pré et probiotiques et de Glutamine (acide aminé que prennent les sportifs contre la porosité intestinale). J'ai revu mon alimentation et je me suis tournée vers des produits non transformés et de préférence frais et bio (panier AMAP). 

 

Je me suis aussi “attaquée” aux métaux lourds et cochonneries en tout genre. J'ai entrepris un gros chantier chez mon dentiste pour enlever tous les métaux en bouche. J'avais 17 amalgames au mercure, 1 amalgame blanc à base de bisphénol A et des couronnes à base de Nickel/chrome. No comment ! 

 

J’ai fait la dépose de tous les amalgames au mercure suivant un protocole très précis pour éviter de m’intoxiquer un peu plus. Et j'ai tout remplacé par de la céramique. Le chantier a duré 3 ans, cela et m'a coûté une blinde ! Mais je n'ai jamais regretté ce choix car il m'a permis de commencer à voir le bout du tunnel. Et au passage, j'ai informé ma dentiste qui utilise depuis ce protocole.

 

Pour mes douleurs articulaires et musculaires, je suis allée consulter un rhumatologue sur les conseils de mon médecin cette fois. Il m'a fait faire une scintigraphie osseuse et il en est ressorti une piste inattendue : Un foyer infectieux au niveau de la mâchoire supérieure alors que mon dentiste n’avait rien vu sur ses radios classiques ! J'ai donc fini chez un Edodontiste qui a réussi à me rattraper 2 dents que j'allais perdre. 

 

Et mes 1ères analyses de sang ont révélé un facteur rhumatoïde bien positif fin 2012, que j'ai toujours depuis. 

 

Et puis est arrivé le 9 décembre 2016... Comme tous les matins, me voilà sur internet en train de lire les infos et j’ai vu la photo de Marielle KLEIN et le combat qu'elle menait contre les Essure. 

 

GROS TILT dans ma tête !!!! J'ai sauté sur mon téléphone et j'ai pris un premier RDV avec un chirurgien près de chez moi pour enlever ces poisons. Pour moi, cela ne faisait aucun doute, les Essure était la source de tous mes problèmes. Mais je me suis vite heurtée à un discours d'un autre siècle que je préfère taire au risque d'être grossière. J'ai donc très vite rappelé le gynécologue qui m'avait placé les Essure, qui a tout de suite été "OK" pour me les enlever puisque nous avions déjà eu la discussion quelques années auparavant. 

 

J’ai subi une salpingectomie bilatérale + hystérectomie subtotale sous coelio mais par ouverture laparotomie (sur mon ancienne césarienne). Les suites opératoires ont été très bonnes. Le travail a été fait proprement. Les ressorts ont été sortis entier sans les sortir des trompes de Fallope qui ont été sorties elles-mêmes entières. 

Sous Essure, j’ai été traité pendant un an au Plaquenil pour un Gougeront Sjorgen (que je n'avais finalement pas). 

 

Mon rhumato m’a ensuite parlé d’Arthrite Rhumatoïde car il était certain qu’elle allait pointer le bout de son nez. Et sept ans plus tard, juste avant de partir à la retraite, il m'a avoué que j’étais un mystère pour lui car rien ne se déclarait franchement et qu’il ne savait pas ce que j’avais ! Entre temps, j'avais quand même enlevé les métaux en bouche et les Essure. Et si au début il ne l'entendait pas, à force de discussion, il a fini par admettre qu'il y avait sans doute un lien. Surtout lorsqu'il a trouvé une autre patiente "mystère" comme moi dans sa patientèle qui avait Essure. Il l'a donc informée. 

 

J’ai aussi consulté un pneumologue à plusieurs reprises car j’avais des problèmes de souffle. J’ai consulté aussi un gastro-entérologue pour des problèmes de transit énormes et de reflux, les échographies revenaient RAS, j’ai aussi fait des échographies de la thyroïde durant toutes ces années et toujours RAS et je ne compte plus le nombre de scanner, IRM et radios pour mon squelette. 

 

Mon rhumato m'a envoyé en dernier recours chez deux grands spécialistes au CHU de Marseille. D'abord chez "The" spécialiste en médecine interne (Le docteur House de Marseille m'a t'il dit) qui m'a simplement dit après avoir écouté mon parcours : "je ne sais pas ce que vous attendez de moi car vous vous êtes soignée toute seule" ?!... J'ai cru à une mauvaise plaisanterie, mais mon mari qui m'accompagnait m'a remise sur les rails. Et après analyses, la conclusion reçue par courrier a été : "Vous n'avez pas de maladie auto-immune à ce jour".

 

Puis chez une grande spécialiste en rhumatologie qui m'a ouvertement dit qu'avoir gardé Essure aussi longtemps n'a pas joué en ma faveur et m'a suggéré de continuer le sport pour éviter de "manger" des anti-inflammatoires ou anti-douleurs car j'ai toujours refusé de le faire pour éviter de retomber dans les problèmes intestinaux.

 

J'ai été déclarée travailleur handicapé (à cause de mes problèmes de concentration et de douleurs) et j'ai fait le "choix" d'arrêter de travailler pour me soigner et profiter du reste de ma vie pour pouvoir m'occuper de ma famille.

 

Aujourd'hui cela fait 4 ans que j'ai enlevé ces poisons d'Essure et je peux affirmer que j'ai évolué dans le bon sens. Seuls mes problèmes rhumato persistent car j'ai basculé dans le problème auto-immun irréversible (facteur rhumatoïde positif), mais j'ai décidé de vivre sereinement et accepter mes douleurs pour les dompter. Et cela marche assez bien car le moral est un bon moteur.

 

Des séquelles j’en ai c’est sûr en ayant gardé ces poisons pendant 10 ans, c’est pour cela que je conseille aux filles indécises pour enlever ces poisons de ne pas attendre le gros bug !

 

Je tiens à préciser que sans RESIST, les informations et le soutien dont j'ai pu disposer, je n'aurais jamais pu aller aussi vite dans mes démarches. J'ai adhéré en décembre 2016 dès que j'ai vu l'alerte de Marielle Klein.

 

Et 4 ans après je suis toujours dans cette association formidable qui aide les victimes des Essure au quotidien sans relâche. La nouvelle équipe d'Émilie est tout aussi impliquée. Bravo !

 

Bon courage à toutes.

Témoignage de Clara (Rhône)

(septembre 2020)

 

Après 2 grossesses loin d’être épanouissantes comme le clame la plupart des femmes, deux accouchements difficiles, une fausse couche, des contraceptifs hormonaux qui ne me convenaient pas, je demande à ma gynécologue une ligature des trompes mais elle refuse. « 35 ans c’est trop jeune ! Vous pourriez avoir un autre désir de grossesse en cas de changement de situation familiale. On ne sait jamais… un autre conjoint, un décès d’enfant ». Bref un discours choquant à mes yeux, m’empêchant de disposer de mon corps comme je l’entendais.

 

Je me suis tournée vers une autre gynécologue recommandée par le Planning familial. C’est le début des galères ! Cette gynécologue a certes accepté ma demande de stérilisation définitive mais m’a orientée vers les implants Essure®, « technique rapide, moins invasive que la ligature des trompes et rétablissement plus rapide ». J’ai donc fait confiance et accepté la pose en juin 2016. Je l’ignorais à ce moment-là mais il y avait déjà beaucoup de controverses et beaucoup de femmes venaient se faire retirer ces implants. La gynécologue n’a donc pas respecté mon choix au départ et a pratiqué sur moi une technique remise en question.

 

Mon état de santé s’est dégradé au fil des mois et des années. Je consultais de plus en plus souvent mon médecin traitant alors que je ne la voyais qu’une fois par an auparavant pour me délivrer des certificats d’aptitude pour le sport. Une grosse fatigue s’est d’abord installés puis des douleurs articulaires, enflement du genou qui apparaissaient pendant plusieurs mois, s’arrêtaient quelques temps et reprenaient. Se sont manifestées ensuite les douleurs musculaires, dorsales, thoraciques, pelviennes, les douleurs cervicales accompagnées de maux de tête et de fourmillements le long des bras jusqu’aux doigts. J’ai fini par relier mes problèmes de santé à ces implants Essure®. Mon médecin traitant était sceptique mais me suivait dans mes demandes de bilans sanguins, scanners et IRM qui ne décelaient aucune pathologie.  Aucun traitement médicamenteux ne me soulageait, pas même la kinésithérapie. Les troubles du sommeil m’ont menée vers une dépression. Mon médecin traitant les expliquait par mes problèmes familiaux et professionnels. Je n’y croyais pas connaissant mon tempérament de combattante. La dernière année fut la pire de toutes, je ne ressentais plus que douleurs et fatigue au quotidien. Plus aucune énergie au point de renoncer au sport. Je me sentais dans le corps d’une personne âgée. Enfin des troubles d’élocution et de la vue ainsi que des pertes de mémoire à court terme sont arrivés. Toutes ces souffrances m’handicapaient mais je dirais que c’était la dimension psychologique qui était la plus difficile à supporter, faire comprendre à mes proches dépassés dans quel état je me trouvais, convaincre le corps médical qu’il y avait un réel problème.

 

Je suis retournée voir la gynécologue qui m’avait posé les implants. Elle nie le lien cause effet malgré les publications scientifiques qui incriminent la rupture de la soudure à l'étain des Essure® provoquant une diffusion des métaux lourds et causant de graves troubles au niveau du corps. J'ai dû insister pour qu'elle me les retire. Elle m'a dit connaître le protocole d'explantation, mais c'était faux ! En procédant à la salpingectomie en janvier 2020, la radio post-opératoire a montré qu’elle a cassé les implants. Mon état empirait… C’est en faisant des recherches que je suis tombée sur l’association RESIST à laquelle j’ai adhéré. Emilie, la présidente ainsi que les différentes adhérentes que j’ai pu contacter m’ont été d’une aide précieuse pour discuter, être épaulée et trouver un autre gynécologue. 

 

J’ai donc consulté un gynécologue qui n’a jamais consenti à poser des implants pressentant que leur structure pouvait causer à terme des problèmes de santé. Mais il a pratiqué, sur la région lyonnaise, le plus d’explantations en une seule opération ou de rattrapage d’explantations ratées comme dans mon cas. Il participe également aux travaux de recherche pour incriminer les Essure®. Enfin un médecin compétent et à l’écoute ! L’échographie a montré une adénomyose et le scanner abdomino-pelvien qu’il m’a prescrit a révélé des fragments d’implants au niveau de l’utérus et au niveau de ma rate. Etant donné le risque non négligeable de perforation de celle-ci, j’ai eu recours à une opération à 4 mains d’urgence en Avril 2020, en plein confinement : hystérectomie conservatrice par laparotomie et chirurgie viscérale par coelioscopie.  L’intervention au niveau de la rate étant risquée, le chirurgien viscéral a dû laisser en place un fragment microscopique, ce qui me vaudra un suivi régulier par scanner. Mon séjour à l’hôpital a duré 5 jours mais j’y suis rapidement retournée pour traiter une infection par 2 germes au niveau de la cicatrice. Cela a été très éprouvant et douloureux. J’ai eu un lourd traitement antibiotique pendant 15 jours.

 

Aujourd’hui, il me reste encore un peu de fatigue et de douleurs liées à la cicatrisation. Mais je revis complétement ! Plus aucun autre symptôme à l’heure actuelle. Je profite de ma convalescence pour constituer mon dossier médical et porter cette scandaleuse affaire en justice moi aussi. 

Témoignage de Laurence (Lot-et-Garonne)

(juillet 2020)

 

Bonjour à vous les courageuses, 

 

Je n’ai jamais pris ma plume pour écrire les souffrances que j’endurais, mais maintenant que ces Saloperies ne sont plus en moi je peux m’exprimer.

 

Le jour où mon mari et moi nous sommes allés voir un gynécologue pour me faire ligaturer les trompes, nous ne pensions pas que notre vie allée être chamboulée. 

 

C’était il y a 10 ans, j’avais 40 ans, marié avec 3 enfants, le gynécologue nous a dit « je préfère que vous ne subissiez pas une ligatures des trompes », « j’ai la solution idéale, c’est récent, des petits ressorts, ça dure 15 minutes c’est en ambulatoire, vous verrez c’est bien », sans m’informer que c’était IRRÉVERSIBLE

 

Ça y est c’est fait et ma vie n’a plus été la même.  

 

Je n’ai pas souffert dés le départ, je reconnais, au bout d’une année j’ai mon épaule qui me fait souffrir, du coup mon bras qui perd de sa motricité et les nuits qui deviennent de plus en plus horribles. Rhumatologue, IRM, Scanner etc.. Vous devez avoir une névralgie cervico-brachiale, de l’acouphène qu’on met sur le dos d’une otite, ensuite des pertes de plus en plus fréquentes, abondantes, douloureuses, « c’est normal madame c’est la pré-ménopause », elle a beau dos celle là, je les crois après tout, ce sont des médecins, j’ai mal à l’intérieur de moi.  

 

J’ai pris 20 kilos, ça aide pas pour l’estime de soi. Je vais de plus en plus mal, j’ai mal dans mon corps, dans mes muscles, dans ma chair, jusqu’au jour où tout bascule, je pleure pour rien, alors que ma vie est belle, il n’y a pas de raison, à part la santé tout va bien. Je vais voir mon médecin qui me dit que je fais un Burn Out. C’est normal au boulot, c’est pas ça donc il m’envoie voir un Psy qui me donne des antidépresseurs.

 

Rien n'y fait, je suis toujours aussi fatiguée et déprimée. 

 

Je pars aux urgences avec 22 de tension, ils me gardent une semaine pour faire une batterie de test, je crie haut et fort : « j’ai des Essures renseignez vous !» mais non rien n’est fait, pourquoi 2 petits trucs me ferait souffrir comme ça ?

 

Résultat hypertension, donc un cachet en plus à prendre tous les jours, je suis plus à ça prêt. 

 

Je quitte mon boulot, on trouve une superbe maison dans le Lot et Garonne, une autre vie va commencer. Je retrouve un travail à 10 minutes dans une ambiance sympa, tout va pour le mieux sauf ma santé qui ne fait qu’empirer. 

 

Dès que je marche un peu, j’ai bien dit un peu, mes pieds et mes mains double de volume. Quand je me lève du lit, du canapé ou d’une chaise, j’ai 80 ans, je n’en peux plus, les vertiges arrivent, je suis arrêtée et hop encore un cachet à prendre.

 

Si je récapitule mes maux, mon épaule, mes cervicales, mon bras, mes ménorragies, mes douleurs pelviennes, mes mains et pieds qui gonflent, mes vertiges, mon acouphène. J’oubliais mes dents, et oui, 2 en moins sans rien faire et ce mal qui te ronge. Je songe à des choses négatives, mais j’ai un mari adorable qui me croit et me soutient, des enfants qui sont supers, donc non plus de pensées négatives, mais je pleure pour rien, je pars dans la salle de bain pour sortir ce trop plein de « je ne sais quoi ».  

 

Un jour de février 2020, le journal télévisé qui parle de femmes qui se battent contre Bayer elles ont ou avaient des Essures. 

 

Mais c’est moi ça! 

 

J’appelle mon nouveau médecin traitant pour qu’elle m’aide, comment elle peut m’aider elle ne connaît pas Essure. Heureusement j’ai un mari tenace, il cherche, et là il trouve une thèse sur l’explantation des Essures, le nom d’une chirurgienne qui l’a déjà fait plus d’une centaine de fois.

 

Youpi ! Enfin on va voir le bout, elle est sur Toulouse, j’appelle et j’ai un rendez-vous rapidement. En février, on y va, pendant le rendez vous elle n’est étonnée de rien, vu le nombre de femmes qu’elle a vu souffrir, donc rendez vous début mars pour une date pour m’enlever les ressorts. Elle m’annonce qu’elle va m’opérer rapidement, enfin on y arrive. L’intervention doit être courant du mois de mars, mais le COVID-19 est là, ce n’est pas grave, il y a des gens qui souffrent plus que moi je peux encore attendre. Le confinement est levé, entre temps visio conférence avec ma chirurgienne pour voir si je ne m’affaiblis pas trop. Ça y est le déconfinement est là, la date du 21 Mai est actée pour mon opération. 

 

Pas évident car beaucoup d’examens à faire en urgence dont le test du COVID. 

 

Le 21 au matin je pars avec mon mari, direction Toulouse, il me laisse, et oui le COVID est encore présent, je me prépare car mon opération est prévue à 13h. 

 

Ça y est je suis réveillée, ma chirurgienne vient et me dit « ça y est tout s’est bien passé, regardez » elle me tend les images de la radio ASP, il faut dire qu’à part les ovaires je n’ai plus rien. 

 

Je m’étais préparée pendant le confinement au fait qu’elle allait me retirer mon utérus et mes trompes. 

 

Quand je suis allée me faire poser ses trucs je n’avais pas « signé » pour une mutilation, mais c’est comme ça, elle n’a pas le choix. 

 

Je ressors de la clinique, direction la maison. Le premier jour est difficile mais je vais de mieux en mieux. Pendant deux semaines, des infirmières viennent tous les jours pour me faire mes piqûres, elles savent que j’ai subi une hystérectomie totale avec salpingectomie bilatérale, mais pourquoi ?

 

Des Essures c’est quoi ?

 

Elles ne connaissent pas. Alors qu’elles sont dans le milieu médical… mais qui connaît les Essures ? 

En tout cas que ce soit mon médecin traitant, mon pharmacien, mon Kiné, personne ne sait ce que sont des ressorts Essures. 

 

Au bout de 5 jours, j’ai eu des sueurs en pleine nuit, froid chaud, j’ai du mal à uriner. C’est pas grave je vais la voir dans 2 jours pour me dire si je cicatrise bien. Je lui parle de mes sueurs nocturnes, elle a toujours été à mon écoute. Du coup, prise de sang pour vérifier si je n’ai pas une infection. 

 

Sur la route du retour, j’habite dans les environs d’Agen, donc presque 2 heures de route, mon portable sonne, ma chirurgienne qui m’annonce que j’ai une infection et que je dois me rendre aux urgences d’Agen pour passer un scanner ; on est à 5 minutes et c’est parti pour l’attente. Le scan confirme mon infection. Antibiotiques à forte dose par intraveineuse. Je ressors avec une semaine d’antibiotiques. Prise de sang pour voir si mon infection part, rendez-vous chez ma chirurgienne qui me rajoute une semaine d’antibiotiques pour finir mon infection est encore deux semaines d’arrêt.  

 

Je vais mieux, j’ai plus mon acouphène depuis le réveil de mon opération, mes mains ont arrêté de gonfler quand je marche, je revis et je souris à nouveau. 

 

Maintenant il faut que mon corps évacue, ce je ne sais quoi qui a bousillé ma vie. 

Etre patiente, je le suis depuis tellement longtemps que je ne suis pas à une année de plus.  

 

J’ai repris mon travail, ça fait 2 mois que j’ai été opérée, je vais beaucoup mieux, je rentre chez moi le soir sans être fatiguée et déprimée, je me lève sans avoir l’impression d’avoir 80 ans ou plus et surtout je vois la vie à nouveau en rose. 

 

J’ai eu une chance énorme d’avoir un mari qui ne m’a jamais dit « arrête de te plaindre, c’est rien bla bla bla » des enfants qui ont été aux petits soins pour moi et un patron qui n’a jamais douté de mes symptômes.  

 

Je voulais et je peux témoigner, pour dire à toutes les victimes des Essures, cela vaut la peine de se les faire enlever, car vous allez 100 fois mieux dès qu’on vous les retire.  

 

Après 10 ans de souffrance, de galère médicale, j’ai enfin la possibilité de dire que OUI les Essures sont la causes de mes problèmes de santé, même si la science ne peut pas l’expliquer, nous les explantées, nous sommes là pour le prouver. 

 

Pourquoi, nous Les Femmes devons nous battre, nous justifier ??

 

Quand les Essure ont été retirés du marché, pourquoi n’avons nous pas été prévenues que si nous avions des symptômes cela pouvait venir de là ?? 

 

Je leur en veux car j’ai eu l’impression qu’on ne m’a jamais prise au sérieux, à cause d’eux j’ai douté de ma capacité à penser. 

 

Le milieu de la médecine a fait l’autruche et nous a fait toutes passer pour des « folles », j’ai vécu ce calvaire aussi longtemps parce que personne n’a voulu prendre ses responsabilités, et même encore les femmes se battent pour se faire entendre, c’est une honte. 

 

Merci à toutes les femmes, c’est grâce à elles qu’enfin on nous écoute et que notre vie de douleurs s’est arrêtée. 

 

Il faudrait que toutes les femmes implantées sachent que l’association RESIST existe, mais par quel moyen ?

Témoignage de Anne (Indre-et-Loire)

(juillet 2020)

 

Je me suis fait poser les implants Essure en avril 2007. J’avais 45 ans.

J’ai opté pour les implants car je ne supportais pas le stérilet M*** qui me donnait des douleurs pelviennes et rénales insupportables et je ne pouvais pas prendre la pilule. 

Après la pose des implants le chirurgien a déclaré que tout était parfait. 

Juste après la pose j’ai eu des pyélonéphrites à répétition. J’ai failli perdre un rein.  (J’ai été longtemps en insuffisance rénale modérée)

J’ai fait un contrôle 3 mois après la pose des implants, une radio que le chirurgien a conservé : tout était parfait selon lui.

Au fil du temps, j’ai enchaîné diverses et nombreuses pathologies : 

AVC, surdité, perte des cheveux, tendinites à répétition, fatigue extrême et intense, allergies, urticaire, eczéma, angio œdème, œdème de Quincke, douleurs articulaires et musculaires, dépression, anxiété, difficultés de concentration, perte de mémoire, palpitations et sensations d’étouffement, problèmes digestifs, sensation de brouillard, insomnie, chute du système immunitaire : lymphocyte à moins de 400....

Moi qui étais une grande sportive, je faisais 30 kilomètres de course à pied par semaine, je suis devenue une mamie de 90 ans. Souvent je restais couchée des journées entières avec l’impossibilité de me lever tellement je souffrais.

J’ai consulté de nombreux médecins et spécialistes.

Certains m’ont prise pour une hystérique et m’ont conseillée d’aller me faire psychanalyser. J’ai été hospitalisée à Paris, à l’hôpital T*** en 2016. Ils ne m’ont rien trouvé. 

En 2017, j’étais en arrêt de travail depuis avril 2015 et déclarée inapte au travail depuis mars 2017.

Grâce à la pression médiatique, j’ai fait le lien entre mes pathologies et les implants Essure.

J’ai adhéré à l’association Resist qui défend les victimes des implants Essure.

 

J’ai demandé à ma gynécologue de faire le retrait de mes implants. Elle a été réticente au début. J’ai insisté et je me suis fait retirer les implants le 30 mai 2017. Elle n’a pas effectué de radio ou écho pré opératoire. Elle a retiré les trompes et l’utérus.

Dès le lendemain de l’opération j’ai ressenti un mieux-être : je n’étais plus constipée, je n’avais plus cette sensation de brouillard. Au fil des jours je me suis sentie de mieux en mieux.

Un mois après la pose, je demande une radio de contrôle sur les conseils et l’insistance de l’association RESIST.

Là encore ma gynécologue ne veut pas me faire l’ordonnance pour le contrôle car elle me dit : " j’ai assez galère pour retirer vos implants, c’est parfaitement inutile "

J’insiste en lui disant que J’ai besoin de cette radio pour tourner la page et être sûre qu’il ne reste rien. Je fais la radio, puis un scanner. 

Le radiologue découvre un fragment d'implant de 3 millimètres et un implant entier fiché dans l’intestin... J’ai cru devenir folle.

Ma gynécologue me soutenait qu’elle avait retiré 2 implants et J’avais une radio et un scanner qui prouvaient le contraire. 

Finalement ma gynécologue a mis la main sur la radio faite juste après la pose des implants et qui avait été conservée par le chirurgien qui m’avait posé les implants, et une radio qui avait été faite par les urgences où je m’étais rendue en 2012 pour des douleurs abdominales atroces.

Sur ces radios, on voit nettement 3 implants dans mon abdomen : 2 implants dans les trompes et un implant perdu qui a fini par migrer dans l’intestin. Ni le chirurgien qui m’a posé les implants et ni le médecin urgentiste n’a fait état de ce troisième implant.

 

Je monte deux dossiers de demande d’indemnisation : un pour l’avocat mandaté par RESIST et un dossier à destination de l’Oniam. J’ai perdu 10 années de ma vie à souffrir, j’ai perdu mon travail (directrice d’agence bancaire), mes enfants n’ont pas accepté d’avoir une maman malade, amoindrie et dépressive. 

 

Il était prévu que je me fasse opérer par 2 chirurgiens le 6 décembre 2017.  Un chirurgien gynéco et un chirurgien viscéral du CHU. Ils prévoyaient une laparotomie. Ils ne m’ont pas caché que l’opération allait être difficile et délicate. Le chirurgien gynécologue m’a dit qu'il n’a jamais vu un travail aussi lamentable de la part de ses confrères. 

 

La semaine avant le 6 décembre 2017, j’apprends par la secrétaire du chirurgien que l’intervention n’aura pas lieu. Je demande des explications, je n’obtiens aucune réponse.

Entre temps j’avais reçu des menaces téléphoniques du chirurgien qui m’avait posé les implants... Je fais le forcing et finis par voir le gynécologue qui doit m’opérer. Une entrevue qui dépasse l’entendement... Je lui ai dit qu’il soutenait son copain, il n’a pas nié...

Au bout de 2 heures de " négociation ", il accepte de m’opérer. 

 

Je me suis sentie tout de suite mieux après l’opération. Il était prévu 10 jours d’hospitalisation, je suis sorti après 4 jours...

 

Mais le cauchemar n’était pas fini...moins de 2 mois après, on me diagnostique un lymphome du médiastin, tumeur de 6×7. 8 séances de chimio. Rémission au bout de la 3eme séance.

 

Aujourd'hui je suis en pleine forme

 

Pour l’oncologue il n’y a pas de doute que le lymphome est dû aux implants.

 

Merci à l'association Resist

Témoignage d'Édith

(mai 2020) 

 

En 2012, mon gynécologue me propose une stérilisation. Je recherche sur internet toutes les méthodes existantes. Je découvre Essure qui évite une intervention chirurgicale. Je revois mon gynécologue et lui en parle. Il m'envoie auprès d'une de ses consœurs qui pose cet implant. 

 

Plusieurs mois plus tard, début 2013, je me retrouve à l'hôpital pour la pose en question.

Tout se passe bien, aucune douleur lors de l'intervention, ni immédiatement après. 

 

Peu après, j'ai ressenti une gêne dans le bas ventre, puis rapidement, je commence à ressentir des douleurs musculaires, fatigue importante, entre autre.

 

Et les effets secondaires multiples débarquent, tels que spasmes, crampes bas ventre, crampes mollets tout en buvant pourtant beaucoup d'eau quotidiennement, régulièrement mal au foie et estomac, malgré alimentation équilibrée, froid en permanence avec frissons, douleurs importantes 24h/24 musculaires et articulaires (fibromyalgie paraît-il), céphalées quasi quotidiennes, fourmillements permanents dans les extrémités, mains qui tremblent par moments, syndrome de Raynaud, tremblements du visage, des lèvres, occasionnellement, fatigue chronique avec peu de récupération la nuit, perte importante de mémoire avec impression de perdre la tête, difficulté de concentration, libido zéro, douleurs pendant les relations sexuelles, mobilité quotidienne difficile, marcher comme une vieille, douleurs plante des pieds, troubles du transit, vertiges fréquents, prise de poids, tressautements quotidien du cœur, sensation d'étouffement, palpitations fréquentes, sans angoisses pour autant, ménopausée 2 ans après la pose, très jeune donc (d'après mon gynécologue, c'est possible, mais assez rare), nausées, sensations de brûlures dans les muscles en plus des douleurs, décharges électriques vives et soudaines dans les muscles du bas ventre, acouphènes,

 

Et tant d'autres.

 

Tous ces symptômes sont probablement une coïncidence, pour certains, mais pour la plupart, ils ressemblent à tous ceux des femmes ayant fait retirer leurs implants, car je n'avais aucun d'eux avant la pose d'Essure, à part les céphalées qui ont augmentées après l'opération. 

 

Début 2014, l'homéopathe/acupuncteur pense que je souffre de fibromyalgie. Je ne parle pas d'Essure, je ne pense pas une seule seconde que cet implant peut générer de telles souffrances, et pourquoi surtout puisqu'on le prescrit simplement et sans effets secondaires soit disant. On ne parle pas encore à la télé des problèmes liés à Essure. Je n'en veux pas aux professionnels, les gynécologues qui ne produisent pas l'implant et qui ne font que le poser. Le manque d’information par Bayer est mis en évidence. 

 

Les années passent et tout ce qui soulage la pathologie, bien que trop peu, ne fonctionne pas pour moi. 

 

On me prescrit des anti dépresseurs comme pour tous les fibromyalgiques car rien d'autre n'existe pour soulager la maladie. Ça ne fonctionne pas, malgré la diversité de prescriptions afin de savoir lequel me fera enfin effet. Par contre, les effets secondaires fonctionnent très bien ! Je ne prends plus rien désormais. 

 

Mes analyses de sang sont toujours parfaites, côté psy, après consultation demandée par le centre anti douleurs, on me dit que je suis équilibrée et que j'ai une approche de la maladie, de la douleur avec sagesse, sans colère ni angoisse. 

 

Je reste positive, je ne suis jamais dépressive, même s’il m’arrive de flancher parfois tant je souffre. Malgré tout je vois toujours le verre à moitié plein, je vais de l'avant, je recherche toujours la solution car il y en a forcément toujours une à quelque situation que ce soit, je suis membre d'une association de fibromyalgie où j'apprends énormément de choses et sur la maladie et sur de potentiels améliorations. Rien ne fonctionne sur moi, sur d'autres oui, sur moi, jamais rien, en gardant espoir malgré tout. A force de recherches, la solution arrivera forcément. 

 

Je vais voir des kiné pour la fibromyalgie. Si ça me soulage sur le moment, ça n'agit pas dans le temps.

 

Mes maux amplifient d'années en années et il m'arrive de vouloir arrêter de vivre non pas pour ne plus continuer mon chemin, mais juste pour ne plus souffrir. Toutes les personnes qui souffrent ont ce type de discours. Je le constate à travers les réunions fibromyalgie.

 

 

 

Depuis 2018, j'entends que le procédé Essure provoque de terribles douleurs à de nombreuses femmes après l'implantation des implants. Et quand je lis les témoignages, je me retrouve à tout point de vue. 

 

Je suis persuadée que ces implants sont à la source de mes douleurs et ma difficulté de vivre ma vie au quotidien même si je ne montre rien, ne dis rien.

 

Toutefois, ne rien montrer ne veut pas dire vivre au mieux une vie simple comme tout le monde, un simple quotidien, dormir sereinement sans se retourner toute la nuit, se lever d'un coup et bien, sans avoir mal partout et être rouillée et épuisée, me laver comme tout le monde sans dire aïe, manger sans se demander si tout va passer, malgré la maigre quantité, sans envie, avec le foie ou l'estomac qui ne veut rien, se vider un peu plus tard, aller travailler et ne rien montrer à ses collègues, au boss, au public, faire ses courses, voire les reporter à un autre jour, aider les amis alors que moi-même je souffre sans rien montrer... et j'en passe. 

 

Je souhaite tenter le retrait de ces implants et espérer ne plus souffrir. Si je souffre réellement de fibromyalgie, je ne le saurai qu'après le retrait. Je reste persuadée que la fibromyalgie n'a rien à voir dans mes maux, ou peu, car ils ont commencé après la pose d'Essure et sont trop nombreux. Je doute que ce soit une coïncidence. Certains maux resteront peut-être, mais la majorité disparaîtra ou sera atténuée.

 

J'en parle donc à mon gynécologue qui est certain que les implants n'ont pas de rapport avec les douleurs. Je vais devoir chercher par moi même quelqu'un qui accepte de m'opérer.

 

En début 2019, je décide d'écrire à la gynécologue qui m'a posé les implants afin de solliciter son aide en me disant que je n'ai rien à perdre Je lui raconte mes maux, en précisant bien à cette dame que je ne l'assimile nullement à mes problèmes. Elle n'y est pour rien. Elle aussi a cru à la méthode. Ma lettre est courtoise et c'est plus un appel au secours qu'une simple demande,

 

Quelques jours à peine après avoir envoyé ma lettre, j'ai reçu un retour de courrier de sa part me précisant qu'elle ne sait pas enlever les implants, et que ma demande sera confiée à l'un de ses confrères chirurgien gynécologue. Je la remercie grandement par une réponse postale. Nos échanges sont amicaux et d'un grand réconfort. 

 

Peu après, je reçois le courrier du dit confrère afin de prendre rendez-vous avec lui. La bataille est en partie gagnée. Pas de soucis de crédibilité comme beaucoup trop de femmes vivent lors de la recherche de praticiens qui enfin croiront à leur supplice, tel un parcours du combattant. 

 

Mon rendez-vous a lieu au début de l'été 2019. Au même moment j'adhère à l'association R.E.S.I.S.T.

 

Nous vérifions l'emplacement de mes implants par une échographie 3D. L'un d'eux se trouve à l'entrée de l'utérus et le gynécologue me précise qu'il ne sait pas s'il pourra pratiquer uniquement la salpingectomie du fait de l'implant mal placé. L'hystérectomie sera peut-être nécessaire. Il me programme la première opération dans l'immédiat. L'autre opération aura lieu si uniquement l'implant reste en partie à l'entrée de l'utérus. J'ai entièrement confiance en ce gynécologue très humain et à l'écoute.

 

Rendez-vous est pris mi-octobre afin de m'opérer. 

Je revis car un praticien m'a cru et accepte de m'opérer sans discuter. 

 

Étant impatiente et heureuse de savoir qu'enfin je vais être débarrassée des implants, je ne prends aucun relaxant avant l'opération. Je me sens sereine et confiante.

 

Arrive le jour de l'opération. J'arrive la veille au soir. Obligation de se laver entièrement, même les cheveux, avec un savon doux acheté en pharmacie. J'ai droit à une soupe et un petit fromage blanc. Ma nuit est sereine. Le lendemain, on me rase entièrement  le pubis et je vais me laver au savon doux, pas les cheveux comme la veille. Je suis à jeûn. 

 

Je suis opérée en fin de matinée par cœlioscopie. Je remonte dans ma chambre en début d'après-midi. Je me sens bien, très fatiguée bien sur. Je dors un peu dans l'après midi, mais peu. Je lis beaucoup. 

 

Je reçois régulièrement la visite des infirmières afin de prendre ma tension et ce, jusqu'à ce que je quitte l'hôpital. Je suis raccordée à une sonde urinaire qui sera enlevée peu avant mon départ.

 

Le soir on m'apporte une soupe et du fromage blanc, mais je peine à manger, la nausée me prend après quelques cuillères de soupe. Trop tôt pour moi de manger. 

 

Le lendemain matin, le chirurgien gynécologue vient me voir afin de me montrer les images suite à l'opération. La salpingectomie a été suffisante. L'implant qui était à l'entrée de l'utérus est bien entier, nullement cassé et sur la prochaine radio de l'utérus, il n'y aura plus aucune trace d'implant. Je suis libérée de toute autre opération.

 

Je garde le lit à cause de ma sonde urinaire et il m'est interdit de marcher seule. Ma nuit se passe bien malgré la prise régulière de ma tension.

 

On m'enlève la sonde urinaire en fin de matinée et on me fait lever en présence d'une infirmière. La tête me tourne, c'est normal. Je vais me laver.

 

On m'apporte à manger. Le plateau repas est plus conséquent que les précédents. Je mange de tout. 

Avant de partir, une infirmière de fait une piqûre d'anti coagulants. Cette prescription se répétera durant 10 jours à domicile avec une infirmière. 

 

Je rentre chez moi l'après midi. Je me sens fébrile et très fatiguée.

Durant ces presque 2 jours à l'hôpital, le personnel a été très à l'écoute et d'une grande gentillesse, très professionnel.

J'ai apprécié et très bien vécu ce séjour. Je suis désormais libérée de ces implants avec 4 petites cicatrices sur l'abdomen. 

 

Mon arrêt maladie a été de 2 semaines avec une semaine supplémentaire car j'ai contracté une bronchite au cours de ma convalescence. La toux permanente a empêché la cicatrisation interne de se réaliser correctement.

 

Pour une telle opération, on reste fragile et fatigué pendant environ 4 mois. 

 

Mes douleurs ne sont pas moindres pendant 4 mois fatigue. Il me faut d'abord me remettre de l'opération. Au moment de me sentir mieux, moins fatiguée, je commence à ressentir les effets du retrait des implants.

 

Mes douleurs s'atténuent peu à peu. Je pense que je serai toujours fibromyalgique, mais je peux revivre presque comme avant sans toutes ces infâmes douleurs puissantes. De plus, j'ai démarré un protocole Allyane. 

 

Nos implants nous enterrent petit à petit comme dans une prison. Nous vivons un confinement intérieur, en permanence. Nous sommes prisonnières de notre corps et nous devons pour autant faire comme si de rien n'était afin de vivre normalement ou du moins, en apparence, avec de fortes charges mentales en plus de celle infligée par ce poison en nous.

 

Le retrait de ces implants est réellement libérateur physiquement, car il est question de mutilation, mais l'esprit est libéré plus encore.

 

Mon corps a appris à se sentir moins contraint, les douleurs ne se sont pas évanouies, mais sont bien moindres. Et cette différence est importante pour vivre normalement

 

Si on veut voir les choses positivement, ces implants m'ont rendu plus forte, pas seulement face à ce qu'ils m'ont infligé, mais par rapport à tout ce qui m'est arrivé ensuite dans la vie. Pour moi, il y a du positif dans toute situation, à condition qu'elle ait un aboutissement. Nous nous serions toutes passées de l'impact de ce que nous pensions nous libérer, ce que la formule a de plus néfaste et a libéré au creux de notre corps. Nous avons vécu avec, nous nous sommes battues pour se les faire retirer, et je ne me plains pas j'ai eu de la chance, je n'ai pas eu beaucoup à me battre, aujourd'hui, nous sommes encore plus fortes. Dans la vie, plus nous rencontrons de problèmes, plus la résilience s'impose. 

 

Même si j'avoue ne pas avoir ressenti le besoin de solliciter l'association R.E.S.I.S.T., je tiens à remercier toute l'équipe qui au fur et à mesure de mon parcours, m'a écrit afin de prendre de mes nouvelles.

 

Merci Émilie pour nos échanges encore aujourd'hui.

Témoignage d'Emmanuelle 

(avril 2020) 

 

Après 5 fausses couches et 2 enfants à 40 ans la décision était prise de ne plus avoir d'enfants. Je demande donc à mon gynéco une ligature des trompes, il me répond qu'une méthode beaucoup plus simple existe "les essures".....après 4 mois de réflexions en 2016, je me lance avec une anesthésie générale à ma grande surprise.

  

Deux mois plus tard les premiers effets se font sentir, palpitations cardiaques, fatigue, énervement.....au fil des mois des énormes douleurs au niveau de chaque côtés des hanches avec une douleur pouvant atteindre 9/10 qui m'empêche de dormir la nuit, mon médecin traitant disant que c'était nerveux me traite sous anxiolytiques, 3 mois plus tard il me fait faire un IRM pour détecter une spondylarthrite ankylosante, qui révèle rien....les douleurs s'accentuent, je ne supporte plus personne, je deviens agressive car aucun soutien de qui que ce soit (amies, mari,tout le monde me prend pour une folle), je sens mon corps qui ne supporte plus et je n'ai plus envie de vieillir dans ces conditions et pense à mettre fin à ces souffrances. 

 

Puis un jour, un cousin m'apprend que sa femme se fait retirer ses essures, il me décrit ces symptômes comparables aux miens... Je commence à me poser des questions donc j'appelle RESIST et là tout s'éclaircit mais aussi m'anéantit de savoir que j'avais raison. 

 

Je prend RDV chez mon médecin traitant (une de ses patientes avait les effets secondaires que moi) mais il ne me prend pas au sérieux, il téléphone devant moi à un confrère gynéco pour me prouver que je fabule ; sauf que cette personne lui dit que les essures sont un énorme souci et qu'elle refuse de me voir, que je dois retourner voir le gynéco qui me les avait posé, (ne sachant pas que j'écoutais cette personne explique que dans la plupart des cas la salpingectomie ne suffit pas, il faut une hystérectomie et qu'une de ses patientes était rester sur la table d'opération !!!) je m’effondre puis il m'envoie me faire retirer d'urgence ces essures.

 

Premier RDV chez mon Gynéco qui me fait la leçon de morale que c'est parce que j'écoute trop les informations et que si ça m'amuse de me faire opérer !!!! RDV pris 15 jours plus tard.

 

J'arrive sur la table d'opération dans un état d'anxiété terrible que j'ai envie de vomir, ce qui a agacé l’anesthésiste qui m'a injecté le produit pour être tranquille, au réveil le gynéco m'annonce qu'il me garde j'ai perdu trop de sang....en remontant dans ma chambre j'ai fais de la tachycardie, j'ai cru mourir... puis le lendemain visite du gynéco me disant que ça été mais qu'un morceau est rester dans l'utérus (je me décompose)...il me dit de ne pas s’inquiéter ce n'est pas pathogène.....je rentre ,la tachycardie repart de plus belle jusqu'à ce que je sois mis sous Beta bloquants. 

 

Trois mois plus tard de grosses douleurs type appendicite me prends, je fais 2 jours d'urgence et on me demande de me faire retirer le reste des essures, le gynéco ne me réponds pas à plusieurs reprises.... J'arrive à avoir un RDV avec un autre gynéco qui par chance à bien voulu s'occuper de moi, j'ai eu une hystérectomie, le morceau laissé était en train de sortir de l'utérus. Depuis ce jour, plus de 2 ans, je me soigne pour le coeur, plus aucune douleurs, je peine à remonter la pente que ce soit psychologiquement que physiquement mais j'y arrive et je vais y arriver encore plus !!!! 

 

Juste un mot à toutes les femmes qui vivent des douleurs, des symptômes qu'elles ne connaissent pas, croyez en la connaissance de votre corps, mon mari ne me croyait pas jusqu'à ce qu'il ait la preuve, mes amies me disaient que j'étais hypocondriaque... 

 

Croyez en vous et que en vous !!!! car vous seule peut savoir ce dont vous avez besoin .

 

Merci de votre écoute et bon courage à toutes.

Témoignage de Christa

(avril 2020)

 

J'ai parcouru votre site, les documents et lu de nombreux témoignages. Ce qui me frappe c'est que, en ce qui me concerne, rien ne s'est passé comme ce que j'ai pu lire.

 

A la suite d'une intervention orthopédique en 2014, j'ai fait une phlébite. Après la phlébite, les médecins m'ont vivement conseillé d'arrêter de prendre une contraception orale et déconseillé toute forme de contraception hormonale. Naturellement, ma gynécologue m'a orienté vers les implants ESSURE, moins invasifs, plus rapides, plus simples. Il est vrai que çà paraissait être une solution "facile" et procurant beaucoup de liberté. J'ai donc était implanté en octobre 2015. L'intervention s'est très bien passée et les implants étaient parfaitement positionnés sur la radio de contrôle en février 2016.

 

Jusqu'en 2018, tout va bien. J'ai des cycles un peu plus douloureux mais rien d'extraordinaire. Puis j'ai commencé à avoir des douleurs (modérées mais anormales selon moi) en dehors des cycles. Là encore, la gynécologue n'y voit rien d'anormale. Début 2019, mes cycles deviennent très abondants à tel point que je suis littéralement épuisée les 3 ou 4 premiers jours de mes cycles. C'est insupportable, je n'arrive plus à gérer mes cycles. La gynécologue me propose de réduire l'endomètre en le retirant. Chose faite en juillet 2019 par le même chirurgien qui a posé les implants. L'endomètre a été retiré par petits copeaux. Il n'a pas été brûlé. Je vais mieux dès le cycle suivant puisque je n'ai plus de règles. Je pense alors que tout va bien maintenant. Mon calvaire va commencer 4 mois plus tard. 

 

Ça commence par des douleurs atroces dans la fosse iliaque droite début novembre 2019. Je travaille sur Paris la semaine, je me rends donc aux urgences dans un hôpital parisien. Je passe analyses sanguines, urinaires, échographie + endo-vaginale, scanner. Rien, je n'ai absolument rien (pas d'appendicite entre autre). On me fait sortir en pleine crise en me disant que c'est probablement d'ordre gynécologique. Il a quand même fallu de la morphine pour me calmer mais on me prescrit du paracétamol.

Début décembre, nouvel épisode douloureux. Du même coté et au même endroit. Je suis sur Nantes, je me rends donc aux urgences à Nantes. On me dit que c'est gynécologique et j'attends plus de 5 heures avant de voir un interne qui va me donner du paracétamol et me dire que ce n'est rien, c'est dans ma tête. Au pire des règles douloureuses, et ma place n'est pas aux urgences. On me met dehors à 1h30 du matin avec du tram#dol.

Je suis pliée en deux et çà ne choque absolument personne. J'ai 44 ans, je crois que je suis encore capable de faire la différence entre des règles douloureuses et quelque chose d'anormal. 

Mais non !

 

Le pire est à venir. Trois semaines plus tard, c'est Noël ! Nouvelle crise (toujours au moment des cycles). Je vis l'enfer éveillée. Je me roule par terre et je hurle. Le tram#dol ne me calme pas. J'ai supplié mon époux d'en finir. Le tout chez moi, le soir du réveillon, devant ma fille de 10 ans et nos invités. Refusant de me rendre aux urgences, mon époux appel le 15 et un médecin se déplace à 3h du matin. Il va rester à mes côtés pour injecter 3 fois 10 mg de morphine par les poignées. Je suis enfin soulagée à 6h30 du matin après une crise de 6h. Je suis ne suis plus qu'un déchet humain incapable de me lever et je vais rendre la morphine toute la journée du 25 décembre. Le médecin rédige sur un papier les injections qu'il a faite et insiste pour qu'une IRM soit programmée.

 

Le 15 janvier de cette année, début du 4ème épisode. Les crises vont commencer et s’enchaîner au rythme de 3 par jour. J'avale les médicaments dans le désordre ; paracétamol, anti-inflammatoire, tram#dol. Seule la morphine me calme après 2 comprimés. Notre médecin de famille va faire pression sur le service urologie pour vérifier qu'il n'y a pas de lithiase puisque l'IRM pelvien ne révèle absolument rien. Les implants sont bien visibles. Pas d'infection urinaires, et des analyses sanguines normales. Je rentre en urologie et pour la première fois, les médecins vont s'inquiéter de voir la douleurs résister à tous les traitements. L'Uro scanner ne montrera aucun calcul urinaire. On contacte le chirurgien qui a posé les implants, et réaliser l'hystérorésection, pour l'informer de la situation et il arrive immédiatement dans ma chambre. En moins d'1h, il me dit qu'il va pratiquer une cœlioscopie parce que ce n'est pas normal.

 

On est le 21 janvier 2020.

Enfin, quelqu'un se rend compte... et non je ne suis pas folle !

A partir de là, tout va très vite, je rentre au bloc et quand je me réveille le lendemain, le chirurgien m'annonce qu'il n'a pas eu d'autre choix que de pratiquer une salpingectomie et de retirer les implants. En effet la trompe utérine droite autour de l'implant était très infectée et plusieurs abcès couronnaient l'infection. Dans le doute, il a également retiré la trompe gauche.

A ce jour, je n'ai pas encore le CR opératoire que je devrais récupérer au mois de mars pour ma visite de contrôle. Je sais simplement qu'il m'a dit qu'il était tant d'opérer et que je n'étais pas passée loin de la catastrophe.

Il a envoyé les implants au laboratoire, il ne sait pas ce qui c'est passé, ni pourquoi l'implant s'est infecté comme çà. Etait-il cassé ?, y avait-il une réaction allergie ? Un frottement prolongé ?

 

Aujourd'hui, je lui suis très reconnaissante d'être intervenu. Je lui dois peut-être plus que je ne le pense. Il est le seul à avoir réagi très vite quand il a vu mon état général. Il n'a pas hésité.

Depuis, je n'ai plus aucune douleur. Peut être encore quelques tiraillements liés à la cœlioscopie mais rien de comparable. Et surtout, plus aucun antalgique.

J'espère juste retrouver une vie normale. Lundi matin, je reprends le travail après 4 semaines d'arrêt et 4 mois de douleurs insupportables.

 

C'est en cela que mon histoire est un peu différente des autres témoignages. Je n'ai pas vraiment eu de symptômes mise à part ces crises douloureuses, qui étaient toujours plus rapprochées, plus intenses et violentes et surtout plus longues, jusqu'à ne plus s'arrêter entre le 15 et le 21 janvier 2020.

 

Voilà, j'ai été un peu longue mais c'est mon parcours pour le moment.

Je reste prudente pour l'avenir, j'ai encore très peur de revivre les crises.

Témoignage de Céline

(mars 2020) 

 

Le Dr B. à Strasbourg m'a fait une salpingectomie en août 2018 et tout s'est bien passé. Depuis, je retrouve une vie normale ! J'ai quand même eu besoin d'une rééducation périnéale assez longue (35 séances) parce que mes muscles avaient perdu beaucoup de leur tonus. Il faut dire que les gynécos me l'avaient refusée après ma césarienne en 2008, et la pose des Essure a ensuite aggravé cette perte de tonus...L'hiver dernier, après l'ablation, je souffrais de fuites urinaires massives à l'effort, très handicapantes dans la vie courante (impossible de me moucher debout par exemple !). 

 

C'était donc l'occasion de me refaire une santé à ce niveau-là aussi ! C'est un généraliste qui me suit à présent sur le plan gynécologique et il a été très solidaire de ma volonté de m'en sortir. La kiné qui fait la rééducation est aussi compréhensive et m'a proposé un truc génial : la rééducation "i****" qui permet de réparer tous les tissus abîmés en profondeur, grâce à un courant électrique. En quelques séances, j'ai retrouvé des cycles menstruels très réguliers, alors qu'après l'ablation c'était encore un peu anarchique. Et surtout elle m'apporte par cette "técarthérapie", associée à des exercices classiques avec une sonde "**** p****", un bien-être, une confiance que j'avais oubliés ! 

 

Un des cinq gynécologues que j'ai consultés dans mon parcours lamentable m'avait assuré que les métaux des implants ne présentent aucune innocuité. Son argument était qu'ils sont présents dans les "stents" cardiaques, et que personne ne s'en est jamais senti mal. Ne serait-ce pas la tige de plastique qui pose problème ? Ou bien la forme de spirale qui irriterait vraiment trop les trompes et le haut de l'utérus ? Ou bien des réactions hormonales inconnues, liées à ce corps étranger à un endroit qui ne réagit pas du tout comme le muscle cardiaque ?

 

Au travail, ça va beaucoup mieux. Mais j'ai dû changer de poste et je peine à retrouver la confiance de mes supérieurs et de mes collègues, après les deux ans où on m'a vue très "speed", hypersensible. J'ai subi du harcèlement de la part de collègues et c'est dur de se sortir de ce genre de spirale : le regard des gens pèse lourd. J'ai parlé d'Essure et de la salpingectomie à ma nouvelle équipe, mais on m'a envoyé une lettre très froide, signée par 6 femmes, me demandant de ne plus évoquer ma vie personnelle au travail. Bizarrement, le seul homme de l'équipe m'a soutenue !

 

Rupture avec mes parents aussi, qui ne m'ont pas soutenue, là aussi, surtout ma mère. Les paroles blessantes ne sont pas digérées, deux ans après. Je ne les ai pas revus depuis 2018. 

 

Ce qui me réconforte, c'est que j'ai toujours gardé la confiance de mes deux filles, celle de mon ex-mari, de mes voisins et de mes amis les plus proches.

 

Du côté des élèves aussi je n'ai jamais eu de problème (je suis professeur de *****), alors qu'on pourrait imaginer que ce serait là que j'aurais eu le plus de mal. En fait, alors même que j'avais un mal fou à accommoder ma vision pour faire l'appel, alors que j'avais du mal à reconnaître leurs visages à cause de troubles visuels de type "fatigue intense", mes classes m'ont toujours fait confiance (Ce n'est pas seulement parce que je voyais flou. C'était ce phénomène qu'on appelle "prosopagnosie"Je ne retenais plus les noms, non plus. Vous imaginez un peu le problème pour un professeur ! ) Les jeunes doivent avoir une sorte de feeling pour ces choses-là. Contrairement à mon ophtalmo, pour eux c'était évident que ma vue trouble n'était pas due à une dépression ou à un autre problème psy, mais à mes mauvaises lunettes, comme ils disaient.  Ce genre d'épreuve permet finalement de bien connaître son entourage et de voir qui vous aime vraiment. 

 

J'ai vu qu'il y avait des avancées du côté du milieu médical, puisqu'il me semble que l'ANSM a publié une mise en garde destinée à la fois aux médecins et aux patientes porteuses des implants, il me semble, pour la première fois.  

 

Personnellement, c'est grâce à un petit article dans les D.N.A. que je m'en suis sortie : jamais je n'aurais pu faire le lien entre mes problèmes très diffus et les Essure sans cet entrefilet de mars 2018. Je ne disais même pas toujours que j'étais porteuse d'Essure aux médecins que j'étais amenée à consulter. On ne peut donc même pas leur en vouloir ! Ceux à qui j'en parlais par hasard, en passant, ne connaissaient pas ce procédé. Je crois que j'aurais mis fin à mes jours à force de me traîner comme une très vieille femme, à 45 ans, et c'est pour cela que j'aimerais connaître le taux de suicide des porteuses d'Essure : je suis persuadée qu'il est énorme par rapport à la moyenne. 

 

D'autant plus qu'on propose aux femmes qui ont des troubles sous Essure un traitement d'antidépresseurs, qui n'est pas utile dans ce cas-là. Pire encore, les antidépresseurs favorisent parfois le passage à l'acte des gens qui pensent au suicide. J'en ai pris trois semaines en Février 2018, il a fallu arrêter tout de suite.  

 

Je planifiais en effet une excursion sur une ligne de T.G.V., enroulée dans une couverture que j'avais déjà préparée dans mon coffre. J'en avais parlé vaguement à mes parents qui s'en fichaient complètement. C'est vraiment une tragédie de A à Z. Combien de mamans sont passées par là ? Combien de familles détruites, endeuillées ?

Témoignage de Marie-Christine

(mars 2020)

 

Bonjour chères victimes des ESSURE.

 

Je me présente : Marie-Christine et j’ai 48 ans.

11 ans, 11 ans que j'étais en sommeil, en léthargie complète à cause de ces maudits implants...

Tout a commencé en 2008, année au cours de laquelle je me suis décidée (ne supportant pas la pilule, ni le stérilet et deux avortements à cause de préservatifs qui n'ont pas assurés leurs fonctions) à me faire "stérilisée". 

Le concept était alléchant : pas de risque de grossesse, tout en gardant un cycle normal, pas d'hormone..

Mais au fil du temps je sentais bien que quelque chose ne tournait pas "rond" dans mon corps : le boulot et son stress, la vie, les années qui passent... j'essaye de justifier mes états physiques sans me douter un seul instant que ces implants sont en train de m'empoisonner..

 

J'ai 37 ans quand on me les pose : un implant droit tout bien mais un implant gauche dont la gynécologue a du mal à l’installer (faute à mon utérus retroversé soit disant..pfff foutaise!).

L'idéal ! je rentre le matin et ressort en début d'après midi et je retravaille le lendemain ! 

Mais les deux premières années passent ... Tout va bien. Je vis ma vie de femme sans arrière pensée de grossesse et j'ai un cycle bien, voir avec des règles raccourcies (5 jours au lieu de 8 ! le top).

 

Puis les 9 années suivantes ne seront plus du tout le monde des bisounours !!!! 

Fatigue avec un grand F, donc, traitement pour dépression, difficulté de concentration, irritabilité au stade maximum, des réveils nocturnes, des sommeils irréparateurs, des cernes sous les yeux que même un panda ne m’envierait pas, une peau du visage qui adopte une couperose aux joues, des doigts qui ne tiennent plus un objet, 3 injections à chaque bras par un rhumatologue pour cause d'epécondilite en l'espace de 2 ans, douleurs aux cervicales, douleurs types fibromyalgie, douleurs aux seins, changement d'humeur, plus aucun goût pour aller au sport (j'en faisais 8 heures par semaine), deux fois à me retrouver aux urgences car je me bloque le haut du dos en éternuant !? des IRM pour migraine à vomir avant et pendant mes cycles, des règles qui durent 10 à 11 jours avec des pertes brunâtres, des "catons" et non un écoulement,  des seins douloureux avec des nodules, des douleurs aux intestins donc à nouveau des IRM, des scanners, douleurs au ventre n'importe quand : mais bon, on vieillit, c'est l'âge, on va bientôt être en pré-ménopause , c'est dans votre tète, il faut aller au delà de la douleur... Et cerise sur le gâteau, en mars 2019 opération du ligament croisé du genou gauche (à la salle de sport, lors d'un cours de step débutant, mon genou lâche en descendant du step lors de l'étirement : mes muscles ne veulent plus) non mais ALLO !! faut réagir... !!!

 

Depuis 2016 je veux me faire retirer ces implants, je lis, je me documente sur les "victimes de cette DAUBE" mais le chirurgien qui accepte est à Montpellier, donc  on patiente car les docteurs me disent "non ce n'est pas çà, il ne faut pas écouter et croire tout ce que l'on raconte sur ESSURE"... et puis "après toutes ces années cela serait dommage!"??? QUOI? DOMMAGE ?? Non mais c'est mon corps quand même !!!!! 

 

Et en 2019 je vois à la télévision un reportage sur la clinique Natecia et un docteur avec un grand D du moins devrais-je dire un SAUVEUR !!! qui accepte de les retirer !!! 

RDV est pris ! Et là je suis prise au sérieux : ENFIN ! Nous faisons tous les examens (analyse de sang pour démontrer le taux de métaux lourds puis IRM qui notifie clairement que l'adenomyose et l'endrometriose sont installées et une radio qui démontre que le ressort gauche fait un Y c'est à dire qu'il a cassé!)

 

Mon cauchemar a cessé le 15 octobre 2019 ! JE REVIS ! 

Je suis comme le papillon qui s'échappe de sa chrysalide, sauf que la mienne a mis 11 ans pour déchirer son enveloppe ! Je dis OUI à la VIE ! J'ai la patate, et pour la première fois depuis 11 ans je suis contente de passer à une nouvelle année!!!!! 

Alors, à vous toutes, porteuses de ces implants : écoutez votre corps, insistez auprès de médecins, docteurs, vous n’êtes pas folles ni vieilles et votre corps vous crie au secours ! Mentalement, en ayant fait le choix de cette méthode vous êtes prêtes à ne plus avoir de grossesse donc mentalement vous serez prêtes à ce qu'on vous retire l'utérus et les trompes.

 

Je suis une victime légère d'ESSURE par rapport aux autres témoignages de l'association mais qui sait dans le temps ce que sera aurait donné? 

Merci à cette association RESIST qui porte les vies de nous autres, victimes, de l'ombre à la lumière pour que ENFIN notre parole ait un poids et que nous ne soyons pas enfermées et prisonnières de notre corps et de ces lobbies pharmaceutiques ! 

 

A toutes celles qui me liront, mes meilleures pensées positives à vous pour cette nouvelle année ! 

Témoignage de Gilda

(décembre 2019)

 

Bonjour, je m'appelle Gilda, j'ai 49 ans, je me suis fais explanter le 13 janvier 2020 et voici mon témoignage car j'ai évité le pire : 

Après mes 2 grossesses, mon corps n'a plus voulu de contraception. J'ai 41 ans, ne désirant plus d'enfant, je demande en 2011 une ligature des trompes.

Mon gynécologue insiste en me prescrivant une pilule (Lutén#l) qui m'a rendu complètement malade pendant plus d'un an (hémorragies, étourdissement, poitrine gonflée et douloureuse ...)

Je stoppe cette pilule en redemandant à mon gynéco une ligature des trompes et il me conseille plutôt le stérilet MIREN# et me le pose en Avril 2012. 

Je souffre alors de douleurs pelviennes et hémorragies... Je demande le retrait du stérilet en Février 2013 et demande encore une ligature des trompes ne pouvant rester sans contraception....

 

Mon gynécologue m'explique alors qu'il n'est pas pour une ligature des trompes et il me parle alors des implants ESSURE. 

D'après lui, c'est le meilleur moyen pour moi et surtout la pose est très simple, en ambulatoire, sans anesthésie... 

Je reste septique car je lui demande si mon corps a refusé le stérilet, va-t-il accepté les implants ? il me répond que ça n'a rien à voir et que je serai tranquille sans effets secondaires...

 

Je demande un temps de réflexion mais le problème est que je ne suis plus protégée, je ne suis plus sous contraception... Je décide donc, le temps de réfléchir, de ne rien prendre et de faire attention mais le  pire moment de ma vie pour moi arrive.... je tombe enceinte en 2014 l'année de mes 45 ans !!! 

J'ai demandé une IVG et mon gynécologue m'a carrément dirigé vers une autre gynécologue car il ne s'occupait pas des IVG m'indiquant que lui, il n'enlevait pas les bébés ! 

Je suis effondrée et lui fais remarquer que j'ai demandé à 3 reprises une ligature des trompes !!! 

Il m'a alors demandé de le revoir après l'IVG pour la pose des implants ESSURE, ce que j'ai fait le 20 Octobre 2014. 

La pose s'est déroulée sans anesthésie mais il a dû forcer pour insérer un implant et je l'ai senti passer... ! 

 

Cela fait donc 5 ans que je suis implantée et mes symptômes ont commencé le 20 Juin 2015 par des règles plus abondantes voire hémorragiques et des douleurs pelviennes et rapports douloureux.  L'échographie a révélé un gros col inflammatoire et hémorragique. Mes consultations pour douleurs pelviennes étaient répétées et du spasfon et anti douleur m'étaient prescrits. 

Des douleurs lancinantes dans les jambes et les chevilles m'empêchent de m'endormir le soir. 

 

Lorsque j'ai consulté pour ces symptômes, mon médecin traitant ne voyait pas ce que c'était, il m'a prescrit des anti douleurs.... 

Puis, j'ai commencé à perdre mes cheveux de façon anormale avec cuir chevelu irrité, squameux et douloureux. J'ai consulté un dermatologue à 2 reprises, les traitements n'y ont rien fait ! 

Puis, un après-midi j'ai été prise d'un vertige en me levant du canapé. J'ai cru que je m'étais levée trop vite comme cela peut arriver quelquefois. 

 

Seulement, mes vertiges se sont répétés même sans bouger avec une sensation d'ébriété. J'ai alors consulté un ORL car mes vertiges devenaient inquiétant, cela me prenaient dans la rue, au travail...

Une IRM du cerveau n'a rien révélé d'anormal et des examens de l'oreille interne n'ont plus.... 

Je ressens ensuite une fatigue qui ne m'a pas tout de suite inquiétée mais qui s'est aggravée au fil du temps... j'ai sans cesse envie de dormir et suis vite épuisée lorsque je fais des choses minimes de la vie courante ou juste après un vertige.

Une nuit, je me suis sentie tellement mal que j'ai dû appeler le SAMU. J'ai cru que je faisais un AVC et en fait, je faisais une belle crise d'angoisse. L'ambulance est venue me chercher et direction les urgences.

 

Le premier frottis après la pose des implants est réalisé en 2017 et revient mauvais donc je subis des biopsies dont le résultat est bon mais à surveiller.

Mon deuxième frottis cette année est également revenu mauvais et les biopsies révèlent des cellules précancéreuses de niveau CN1 (bas grade). 

Avant la pose des implants, mes frottis étaient bons et mon col de l'utérus était sain... Mon gynéco prévoit une séance au laser pour brûler mes mauvaises cellules du col de l'utérus.

C'est à ce moment là que je me suis posée plein de question... Que m'arrive-t-il ? Pourquoi tant de symptômes ? Et surtout pourquoi on ne me guérit pas ? 

Avant la pose des implants je n'étais pas malade comme ça ! 

 

J'ai donc commencé à faire le rapprochement et à en parler avec mes médecins et spécialistes. Tous m'ont dit "NON" ça ne peut pas être ça ! Pourtant, quand j'ai vu que les implants ESSURE faisaient parler  d'eux au journal télévisé, je n'ai eu plus aucun doute.

Je me suis donc renseignée sur Internet et suis tombée sur l'association R.E.S.I.S.T.  à laquelle j'ai adhéré.

J'ai vite compris qu'il fallait que je me fasse enlever les implants et j'ai donc vu mon gynécologue en présence de mon mari.

Mon gynécologue nous a dit qu'il allait procéder au retrait, qu'il suffisait d'enlever les trompes et qu'il me brûlerait les cellules précancéreuses en même temps le jour de l'opération en ambulatoire.

 

J'étais soulagée car l'intervention était prévue 8 jours après mais pas confiante ...seulement, voilà, étant adhérente de l'association R.E.S.I.S.T. je tenais à les informer par mail de mon suivi de RDV.

 

Une des bénévole de l’association m'a contactée un soir 48 heures avant mon intervention car elle s'est aperçue que le protocole de retrait des implants n'étaient pas du tout respecté par mon gynécologue ! 

Tout d'abord, il ne m'a pas prescrit une radio ASP qui permet de savoir si les implants sont bien positionnés et en bon état (non cassés). 

De plus, selon la position des implants l'intervention n'est pas la même.

Très important : on ne doit pas chauffer les implants !

Enfin, ne pas accepter l'ambulatoire.

 

J'ai annulé mon intervention 24 h avant ! 

 

Grâce à cette bénévole de l’association j'ai été mise en relation avec d'autres personnes dans mon cas et j'ai pu trouver un gynécologue qui respecte le protocole de retrait des implants.

Ce gynécologue m'a vivement conseillé l'hystérectomie totale et salpingectomie bilatérale (ablation de l'utérus, col et trompes) avec une hospitalisation de 3 jours minimum.

Il m'a prescrit une radio ASP et il m'a dit qu'il en demandera une autre après l'intervention pour être certain qu'il ne reste pas des éclats d'implants.

 

Ce chirurgien a pris le temps de tout nous expliquer et il a déjà explanté selon le protocole.

Il m'a même prescrit des séances de rééducation du périnée car il s'est aperçu que j'avais un début de descente d'organes certainement dû à la pose des implants (je n'ai jamais subi d'opération à ce jour).

Mon opération est prévue le 13 janvier 2020. Je rentre le 12 au soir et ressortirai le 14 si tout va bien.

Quand je pense que je demandais une ligature depuis 2011 ! cela m'aurait évité une douloureuse épreuve qu'est l'IVG...

 

Pour finir, je dirai simplement qu'il ne faut pas se précipiter pour être explantée et bien expliquer par mail à l'association R.E.S.I.S.T votre parcours de soin qui même à l'explantation.

 

Je n'ose imaginer ce que j'aurai subi si je m'étais fait opérer le 21 novembre comme c'était prévu la première fois !

 

MERCI à l'association R.E.S.I.S.T. 

Témoignage de Christelle

(février 2020) 

 

J’ai été implantée en 2015. Il n’y a eu aucun protocole, aucun échange sur des possibles effets secondaires, aucun numéro de série (donc pas de traçabilité). J’avais 42 ans.

 

Très rapidement j’ai eu des règles hémorragiques très importantes voir même handicapantes.

 

2018 : J’ai commencé à avoir des douleurs aux jambes et un état de fatigue de plus en plus prononcé jour après jour. J’ai évoqué ces problèmes avec mon gynécologue qui m’a juste dit que tout était dans ma tête.

J’ai préféré le croire. Je suis chef d’entreprise, j’ai un travail intense, je ne m’arrête pas facilement sur des douleurs. J’aime la vie qui me gâte... tous les feux étaient au vert pour être bien. J’ai effectué plusieurs examens par le biais de mon médecin généraliste mais rien n’a été trouvé. J’ai donc « accepté » que ces douleurs viennent d’un surmenage probable de par mon travail.

 

2019 : tout à été très insidieux. Perte importante des cheveux, plaques de boutons sur le visage, douleurs dorsales, règles hémorragiques, palpitations cardiaques, pertes de mémoire... aujourd’hui, je commence à avoir des problèmes à monter les escaliers, j’ai également des petites douleurs au bas ventre. Je tombe en burn out en juin. Je prends des vacances pour me reposer. Je vais mieux. Mais deux semaines après, je retombe dans ce cercle infernal. Pertes de mémoires, perte des mots, de façon occasionnelle j’ai du mal à serrer la main ou tenir un stylo.

 

J’aime la vie, j’ai un entourage exceptionnel, un métier passionnant et malgré tout je ne peux plus lutter. Aujourd’hui, je suis en arrêt depuis 5 jours en état d’épuisement intense.  Je ne me reconnais plus, j’ai des signes de grande dépression (alors que la vie est belle !!!!!)

 

Novembre 2019 : grâce à Resist qui fait un travail incroyable, je découvre ces mêmes symptômes chez d’autres patientes implantées avec le dispositif Essure. Je m’entoure de nouveaux médecins avec le protocole remis par Resist. On me croit. Une explantation est prévue pour le 14 janvier 2020. La chirurgienne qui va m’opérer est très compréhensive et a déjà opéré d’autres patientes qui témoignent aujourd’hui d’un grand mieux être depuis qu’elles ont enlevé ce dispositif.

Je ne suis pas allergique aux métaux. Je pense que mon surmenage de travail (j’ai monté mon entreprise en 2019) a eu un effet levier sur mes symptômes.

 

Tout est si troublant. Et il est si difficile de comprendre que ces implants empoisonnent le corps de cette façon là. Je pense à toutes ces femmes qu’on envoie voir des psychiatres alors que les causes sont purement physiques.

C’est très dur physiquement ET psychologiquement. Mon corps me lâche. Et ce parcours du combattant pour être entendue, écoutée, comprise a été affreux.

 

Il me semble important de souligner que pendant mes vacances d’été, je suis allée une semaine dans un centre "X" pour Détox du corps suivi par des naturopathes. Les jours qui ont suivi ont été incroyables ! Je vivais sans aucune douleurs, je revivais ! Mais cela n’a pas duré. Conclusion de cet épisode, en détoxifiant le corps les douleurs peuvent très nettement s’atténuer... preuve qu’il y avait du toxique dans mon corps.

 

J’espère que ce témoignage sera utile pour aider toutes les femmes qui vivent aussi cet enfer.

L’opération prévue en janvier 2020 ne me fait pas peur mais je déteste l’idée de me faire enlever des organes et de vivre ce moment alors que j’étais en parfaite santé avant Essure. Je veux redevenir la personne que j’étais : battante, positive, optimiste, gaie.

 

Je porterai plainte par principe. Je suis en colère. Et si le post-opération enlève tous ces symptômes, la preuve de cette intoxication, je témoignerai haut et fort pour que les femmes qui vivent cet enfer sans savoir qu’il s’agit de leurs implants, en soient averties par mesure de précaution.

Témoignage de Véronique 

(janvier 2020) 

 

J’aimerais apporter un témoignage sur mon expérience par rapport à Essure. 

 

J’ai porté ces implants à partir de 2011 jusqu'en 2019. 

Progressivement, au bout de 2/3 ans après la pose, j’ai souffert de fatigue impossible à éliminer, de douleurs handicapantes et d’un mauvais état d’esprit. 

 

Je m’explique : je n’avais plus la capacité de raisonner sainement, je ne voyais que le mauvais côté des choses, je déprimais, j’étais sans arrêt à fleur de peau et en plus je ne me reconnaissais plus : moi qui avais toujours été une battante, je ne pouvais plus faire face aux problèmes de la vie. 

 

Bref,  j’en étais venue à me croire irrémédiablement folle et définitivement perdue. Ceci d’autant plus que pour la plupart des médecins, tous ces symptômes étaient fictifs et n’existaient que dans mon imagination. Pourtant, je ne me sentais pas vraiment dépressive dans le sens où j’avais envie de faire des choses, mais ne pouvais pas trouver assez de ressources en moi pour les réaliser. 

 

Pour tout dire, j’ai été chef d’entreprise, alors s’écouter et se laisser aller, ce n’était pas dans mon tempérament avant Essure !

 

J’ai donc eu beaucoup de mal à me décider pour le retrait des implants : peur de la chirurgie consistant en une hystérectomie totale, peur surtout de ne pas aller mieux ensuite et de confirmer tous ces diagnostics de médecins qui me voyaient comme une dépressive en train de plonger. 

 

Entre-temps, j’avais perdu mon entreprise à cause des symptômes dus à Essure, notamment une perte de sensibilité fine du bout des doigts. Cela n’aurait pas été grave pour beaucoup de gens, mais cela m’a fait perdre la capacité de faire des chirurgies correctement (le toucher fin est une caractéristique d’un bon chirurgien), et quand on est vétérinaire, si on ne peut plus opérer, autant fermer boutique… 

 

J’ai finalement trouvé un bon gynécologue qui ne m’a pas traitée d’affabulatrice, qui disait simplement que même s’il ne comprenait pas comment c’était possible au niveau scientifique, il n’avait aucune raison de mettre la parole des femmes qui se plaignaient d’Essure en doute. J’ai alors compris qu’il ne pourrait pas risquer de rater une intervention juste parce qu’il ne croyait pas à son utilité. 

 

Mes implants ont été extraits en avril 2019. 

 

Les derniers temps, j’étais tellement coincée cou et épaules que conduire devenait difficile et presque impossible (je ne pouvais plus tourner la tête pour les manœuvres ou voir sur les côtés tout à fait bien ; je compensais encore en contorsionnant le corps, mais heureusement que je vis à la campagne et qu’il ne faut pas être trop réactif pour conduire). 

 

Croyez-moi si vous voulez mais 3 à 4 semaines après, je pouvais de nouveau tourner la tête, mon épaule n’était plus douloureuse, je ne geignais plus en dormant (ça c’est mon mari qui le constatait au quotidien). 

 

Au fil des mois, je me retrouve, au point que j’ai l’impression d’avoir eu une cure de jouvence… Je retrouve la possibilité de faire des choix, de m’y tenir, et de me battre pour obtenir ce dont j’ai besoin. Je suis beaucoup moins irritable, je me retrouve dans ma capacité de compréhension des autres, ma tolérance. Mes douleurs ont presque disparu (je parle là des douleurs musculaires diffuses, incapables à expliquer), je ne garde que les douleurs « normales » dues à l’arthrose que j’ai développée. Là encore je revis et n’ai plus l’impression pernicieuse de vieillir avant l’âge (les médecins qui m’accusaient de ne pas vouloir vieillir ne comprenaient pas : avoir mon âge je l’assume, me sentir 40 ans de plus, c’était dur à vivre). 

 

Voilà j’espère que ce témoignage pourra apporter un peu d’espoir à celles qui souffrent avec ces choses étrangères à leurs corps encore en elles.

Témoignage de C. (Paris) 

(Décembre 2019)

 

Je me suis fait implanter en décembre 2006.

Suite à un remariage,  j'ai déménagé et j'ai changé de médecin de famille et de gynécologue. Ce fut une période très dure et compliquée dans ma vie personnelle et je ne crois pas avoir eu beaucoup de discernement pendant les années qui ont suivi.

 

Ayant du mal à supporter les méthodes contraceptives et comme mon mari plus âgé ne souhaitait pas d'autres enfants, la gynécologue qui me connaissait à peine, m'a parlé de Essure et m'a dirigée vers le CHU de Versailles.

 

Tout a été très rapide, et j'ai été très confiante. Comme j'avais aussi un lipome (sans gravité) dans l'aine et de fibromes à retirer, il a été convenu d'une anesthésie générale car j'avais peur de la péridurale. Mon séjour à l'Hôpital et l'opération ont été traumatisants pour moi (entrée à 7h00 descendue à 13h30 totalement déshydratée car on ne m'a pas mis de "perf" avec du sérum. Je suis descendue au bloc avec une douleur à la tête terrible, je l'ai signalée à l'infirmière qui a mis quelque chose dans la" perf", on m'a mis un masque sur le visage alors que je demandais de ne pas le faire (terriblement violent), résultat, chute de tension pendant l'opération. J'ai été intubée et j'ai mis du temps à me réveiller alors que j'avais expliqué que l’anesthésie a beaucoup de prise sur moi, mais ce n'était pas l'anesthésiste avec qui j'avais fait ma consultation. Et déjà en rentrant en voiture le même soir, j'ai regretté.

 

Dans les mois qui ont suivi, j'ai commencé à avoir des symptômes sans que je fasse le lien avec Essure, des douleurs qui me paralysaient et qui m'ont conduites aux urgences ou chez mon médecin plusieurs fois, la hanche, le dos etc... le ventre terriblement enflée et douloureux et  la cicatrice d'une césarienne qui a changé d'aspect sur un coté (là, j'en ai quand même parlé à la gynécologue qui s'est tout de suite défendu en disant "aucun lien, allez voir un chirurgien pour votre cicatrice"... sans commentaire.

 

J'ai subi une coloscopie car je me plaignais énormément du ventre, tout était ok, et personne ne faisait le lien...

 

Mon nouveau médecin de famille est une femme formidable que j’apprécie énormément, mais qui ne savait rien de Essure. Quand j'ai commencé à lui en parler, car depuis quelques années j'ai compris d'où venaient beaucoup de mes problèmes, elle s'est renseignée après quoi, elle disait comme la plupart des médecins que les enlever était peut être pire, que ça ne pouvait pas être aussi mauvais. Nous avons décidé ensemble de nous renseigner et d'en parler régulièrement, c'est moi qui lui apportait des infos d'Espagne, etc...

 

Aujourd'hui elle comprend ma démarche, c'est déjà ça... 

 

Quand j'ai appris par internet qu'ils avaient été interdits, j'ai été prise de peur. Je tentais de ne pas y réfléchir car avec les années mon corps a réussi à stopper certains symptômes. Je vis seule maintenant, mon entourage ne comprends pas trop ce que je vis. La plupart de gens n'ont jamais entendu parler des implants, et quand je commencer à chercher des informations cela équivalait à une nuit blanche d’angoisse. 

 

Mais au mois d'avril j'ai décidé d'adhérer à l'association R.E.S.I.S.T., cela m'a fait un grand bien de prendre contact avec d'autres femmes qui ont vécu ou qui vivent la même chose. Savoir que nous ne sommes pas seules. Je pense que la sécurité sociale devrait écrire à chaque victime et non seulement proposer, mais organiser et gérer les retraits pour nous faciliter la vie, car les victimes c'est nous.

Témoignage de Sylvie (Vendée)

(décembre 2019) 

 

Bonjour mes Chères Sisters !

Quelques nouvelles ... 

De BONNES NOUVELLES !! 

 

Je commence par un rappel de ma situation : Il y a 7 mois (avril 2019), je venais de subir à Lyon ma 3ème intervention (à 4 mains) pour explanter l’ESSURE  qui avait migré dans mon intestin grêle ainsi qu’un fragment... 

J’avais auparavant été opérée 2 fois à St Herblain (44). Trois interventions en 5 mois (hystérectomie totale etc ...)  

 

Bref, j’étais très affaiblie par ces épisodes et surtout par ces poisons qui ont ruiné mon corps et mon esprit pendant plus de douze ans !! 

 

En prime, +18 kilos : grosse fatigue, épuisement, souffrance physique, morale... 

Vous savez hélas vous aussi ce qu’il en est...  

 

J’en arrive aux BONNES NOUVELLES !

Enfin, je me sens mieux !

Enfin, je REVIS ! 

Enfin, cela s’inscrit dans la durée !  

 

Un jour par ci, par là pour commencer depuis un mois et à présent : je ressens ce regain de vitalité quotidiennement !

LA FORCE DE VIE est à nouveau en moi et je savoure ce retour à la Vie comme une Renaissance, une quasi résurrection !!! 

 

J’ai perdu 8 kilos aussi (et je ne vais pas les chercher ! ) et je suis confiante pour la suite car je sens que mon métabolisme s’est remis à fonctionner normalement.  

J’ai pris la décision de reprendre la course à pieds au sein d’une association (Électrocardiogramme OK).

 

1er entraînement mardi 19 novembre ! 

 

Tout ceci pour vous dire une fois encore que je vous encourage vivement à vous LIBÉRER de ces IMPLANTS, si toutefois vous êtes en période de réflexion, d’hésitation... 

 

Oui, c’est difficile !

Oui, c’est dur et pénible d’en passer par les hospitalisations, les actes chirurgicaux, les anesthésies...

Oui, c’est long la convalescence !

Mais ÇA EN VAUT LA PEINE !! 

 

C’EST SI BON DE SE SENTIR À NOUVEAU VIVANTE !! 

 

J’en suis moi aussi la preuve par l’expérience de ce que j’ai vécu et je tenais vraiment à vous  témoigner à TOUTES,  à TOUS ma profonde GRATITUDE pour vos ENCOURAGEMENTS, votre SOUTIEN, votre PRÉSENCE et VOS ACTIONS !!! 

 

ENSEMBLE ON VA PLUS LOIN ! C’est certain !!

 

MERCI

Je vous demande de PRENDRE BIEN SOIN DE VOUS pour retrouver LA JOIE DE VIVRE !!

Témoignage de Sandrine

(novembre 2018 et novembre 2019) 

 

J’ai adhéré à votre association suite au retrait de mes implants. J'ai mis du temps à témoigner, mais je voulais transmettre un message d'espoir. Il me fallait pour ça vivre 3 mois sans mes implants qui m'ont pourri, la vie...

Votre site et les témoignages m'ont aidé à comprendre le mal dont je souffrais.

Si à mon tour je peux aider une femme dont les symptômes peuvent se rapprocher des miens, il est de mon devoir de témoigner même si cela m'est difficile. 

 

Je me suis fait poser les implants essure en septembre 2016 suite à 1 accouchement difficile en 2015. J'approchais de la quarantaine et je ne souhaitais plus d'enfant suite à cet événement traumatisant (même si je suis ravie d'avoir mon fils aujourd'hui).

Je pensais donc que cette opération serait bénéfique. Si j'avais su ce que je sais aujourd'hui, mon choix aurait été différent car il m'aurait évité de nombreuses souffrances !!!! 

 

Suite à la pose de ces implants, j'ai eu des règles douloureuses et hémorragiques.

Mais pendant 1 an, les symptômes ressentis ont été "discrets" et je trouvais à chaque fois une explication à chaque nouvelle douleur ou chaque nouveau désagrément.

 

Pendant cette année, j’ai ressenti une extrême fatigue mais je mettais ça sur le compte de ma grossesse, de mon âge.... Etant d'une nature optimiste, j'allais de l'avant en me disant que ça passerait. 

 

Mais à l'été 2017, les douleurs ont commencé à être de plus en plus nombreuses.

Alors que nous partions en vacances, j'ai ressenti une forte douleur dans les reins, direction le médecin puis les urgences pour suspicion infection urinaire pour que l'on me dise au final que c'était une lombalgie.

Puis j'ai eu de plus en plus mal dans le genou gauche, dans le bras droit...

J'ai fait une batterie d’examens, où rien de particulier ne ressortait pour expliquer mes douleurs, puis de séances de kiné que je n'ai pas faites jusqu'au bout car la kiné n'arrivait pas à me soulager... 

 

Puis début 2018 les symptômes se sont accentués. Des symptômes atypiques comme m'ont dit la plupart des spécialistes que j'ai consulté pendant 1 an. En gros pas de vrais symptômes concrets pour poser un diagnostic. Donc on m'a souvent fait comprendre que c’était sûrement dans ma tête.

J'ai eu des problèmes de déglutition : quand je mangeais j'avais l’impression que la nourriture restait "coincée" dans ma gorge pendant 2-3h après les repas. 

 

Plus les mois avançaient et moins je me sentais la force d'accomplir les gestes de la vie quotidienne et pire de m'occuper de mes enfants.

La grande avait 16 ans à l'époque mais le petit avait seulement 2 ans et demi.

Certains matins je me levais et retournais me recoucher directement car je n'avais pas de force.

Mon mari était obligé de prendre des congés au pied levé ou j'appelais mes amies pour qu’elles viennent s'occuper de mon fils. 

 

Et fin mars début avril 2018, les pires douleurs sont arrivées. J'ai commencé par avoir de fortes douleurs dentaires puis une insensibilité au niveau de la mâchoire supérieure gauche. Les radios et l'examen dentaire n'ont rien donné.

Puis, j'ai commencé à avoir de fortes douleurs dans la tempe coté gauche puis des décharges électriques régulières au début puis sans arrêt. Imaginez un Taser posé en permanence sur votre tête. Je n'ai jamais connu de douleurs aussi atroces. 

 

Après 72h sans dormir, j'ai fini par me rendre aux urgences car je me donnais des coups de poings dans la tête tellement la douleur était intense et insupportable.

Après un IRM et une journée aux urgences le résultat tombe : névralgie des trijumeaux… ATYPIQUE... !!!

Je vous passe les détails de mon intolérance à la morphine et des 10 jours suivants à souffrir... 

 

Après 3 nouvelles consultations chez le généraliste, j’ai fini hospitalisée en neurologie avec des prises de médicaments qui me font perdre mes mots, je n’étais plus moi-même...

 

Et ça c'est ma souffrance à moi mais que dire de mon fils d'à peine 3 ans qui n'a vu sa maman qu'1h par jour, dehors, avec mes perfusions car le service était interdit aux enfants de moins de 16 ans. Depuis, dès que je sors il me demande chez quel docteur je vais . Et dès que l'on passe devant l'hôpital il me dit :"c'est ton hôpital maman".

 

Et ma grande passait son bac l'an dernier. Année charnière pour elle. Le soir elle devait m'aider pour les repas, le ménage et s'occuper de son frère quand j'étais trop fatiguée pour le faire. Ce n'était pas son rôle ni le bon moment. De plus, elle fait ses études à Paris aujourd'hui et nous avons "perdu" cette année ensemble...

 

Et mon mari qui a dû poser de nombreux jours sans solde, pour s'occuper de notre fils et de moi-même, qui a vu sa femme dépérir et diminuer de jour en jour!!!!! 

 

Je vous passerai le nombre de spécialistes que j'ai consultés, les frais engagés pour espérer aller mieux...

 

Je savais que ce n'était pas dans ma tête, je savais que c'était dans mon corps. Mon corps avait 80 ans mais moi dans ma tête j'en avais 40.

 

Après de nombreuses recherches sur internet j'ai fini par aller voir un allergologue qui a bien voulu m'écouter et prendre mon mal être au sérieux en me faisant les tests qui ont révélés que  OUI, j’étais allergique +++ au nickel. 

 

J'ai donc vu 2 spécialistes et 1 à bien voulu me retirer mes implants le 25 juillet 2018 qui sera 1 anniversaire à fêter : le 1er jour du reste de ma vie !

 

Depuis, je vais beaucoup mieux, il me reste du chemin à faire mais une grosse partie de mes douleurs a disparu, ou du moins s'est atténuée. 

 

Et aujourd'hui, je ne me lève plus fatiguée, j'ai retrouvé mon corps de 40 ans et ce n'est pas encore totalement le bonheur mais ça y ressemble fortement.

Avant, je ne pouvais pas marcher plus de 15mn, plus courir après mon fils. Aujourd'hui, je refais du vélo, j'ai pu faire une rando de 2h (tranquillement mais je l'ai fait sans courbature le lendemain)

 

Ca paraît banal mais quand on a été privé de tout ça, je peux vous dire qu'on apprécie chaque petit moment, chaque victoire, chaque jour sans trop de douleur !

 

Voilà, alors courage à toutes et il faut y croire, la vie est belle SANS Essure !!

 

PS :  à 40 ans, j'ai fait ma première mammographie et on m'a découvert 1 grosseur bénigne au sein droit.

 

On m'a dit que ça n'était rien mais depuis je suis surveillée tous les 6 mois. Et en septembre 2018, on s'est aperçu que ça avait grossi donc je refais 1 écho dans 1 semaine... 

 

Suite en novembre 2019

 

1 an et 3 mois après le retrait de mes implants, je vais beaucoup mieux, merci. J'ai toujours quelques douleurs parfois, de grosses fatigues inexpliquées, mais dans l'ensemble je revis et je profite.

 

J'ai été suivie par un psychologue spécialisé dans les traumatismes violents qui pratique la méthode EMDR. C'est une thérapie préconisée pour les gens victimes d’attentats ou de terribles traumatismes. Cette thérapie a fait ses preuves et m'a permise d'avancer et de me libérer de cette peur de souffrir à nouveau et j'ai réalisé que mon corps guérit et se purge de cet empoisonnement aux métaux. La psychologue m'a aussi permise de ne pas me sentir coupable, ni responsable de ce que j'avais subi. Je ne suis plus à guetter la moindre anomalie ni le moindre dysfonctionnement de mon corps car c'était devenu phobique. 

 

Cela a été libérateur et me permet d'être heureuse aujourd'hui même si je n'oublie pas les 2 années de souffrance pour ma famille et moi-même.

 

J'espère que pour vous aussi le chemin est bénéfique et je le souhaite à toutes les victimes. 

 

Après je pense qu’une thérapie est nécessaire et peut nous aider à avancer. 

Mais comme toujours, c'est encore des frais que nous n'aurions pas dû avoir à supporter.

 

Je vous remercie de la publication de mon témoignage et encore merci pour aux bénévoles votre implication.

Témoignage de Cécile (Oise)

(novembre 2019) 

 

Cela fait maintenant plus de deux ans et demi que je suis opérée, depuis le 23 février 2017. Et je ne suis plus vieille – enfin si mais non….(rires…)

 

J’avais témoigné une première fois le 11 avril 2017 en expliquant que toutes mes douleurs étaient quasiment parties ainsi que  de nombreux symptômes également et aujourd’hui je confirme. Donc, en effet toutes ces douleurs décrites dans mon 1er témoignage ont disparu : tendinites, douleurs cervicales et j’en passe …

 

Bon, malgré tout, j’ai eu quelques soucis derrière l’opération. Forcément on me retire l’utérus donc mon corps n’a pas accepté et du coup il a réagi avec des bouffées de chaleur avec des suées dégoulinantes. Ce qui n’a pas été facile à gérer alors j’ai consulté un homéopathe et acupuncteur qui m’a bien expliqué le pourquoi du comment. Bref, tout doucement, ces symptômes se sont allégés et ont disparus aujourd’hui. Entre temps, en partageant avec d’autres femmes ménopausées (pas forcément en lien avec les essure), je constate aussi que certains aliments et alcools amplifient les symptômes de la ménopause.

 

Bah oui, je peux enfin boire quelques verres d’alcool et manger à nouveau quelques aliments que je ne supportais plus à cause de mon foie surchargé de travail par l’élimination des métaux lourds (ça je l’ai su seulement après l’opération).

 

Au bout d’un an, je décide de faire une analyse sanguine complète dont la TSH pour vérifier si je suis réellement ménopausée. Et je découvre que je fais de l’hyperthyroïdie (ce qui affole mon médecin traitant et que je rassure, étonnant mais vrai) que je déclare à l’ANSM comme effet secondaire dû aux implants. Personne dans ma famille n’a de problème de thyroïde donc pour moi c’est lié aux implants (sachant que de nombreuses femmes sous essure et à cause des essure ont déclaré des problèmes de thyroïde). 

 

Quelle belle claque je prends mais je ne baisse pas les bras ! Je décide de consulter cet homéopathe et acupuncteur à qui j’explique la situation, c'est-à-dire, que je refuse de prendre un traitement lourd, je veux tenter la médecine douce et si cela ne fonctionne pas et bien j’aviserais. J’avoue que j’ai eu peur quand même, parce que ma TSH était vraiment très très basse ; mais au bout de 6 mois, elle est redevenue normale et j’ai stoppé le traitement homéopathique comme conseillé par mon médecin.

 

Une fois ou deux, j’ai eu des douleurs au bras (comme une douleur de fracture) mais d’une force qui m’empêchait de m’habiller ou de bouger mon bras. Mais j’ai compris avec le temps qu’en fonction de certains aliments, mon corps relarguait les métaux lourds.

 

Mais aussi à cause de l’amalgame dentaire (plombage), le seul que j’avais et que je venais de faire retirer. Bah oui, le dentiste ne me l’a pas fait dans les meilleures conditions, il faut être honnête et, je l’ai payé avec des douleurs importantes dans le mois qui a suivi. Du coup j’ai modifié mon alimentation pendant quelques temps de façon à alléger le travail de mon foie. 

 

Mais ces 10 ans sont bien inscrits dans mon corps et je continue à garder quelques habitudes (bon j’avoue j’en profite un peu aussi).

 

Depuis janvier 2019, j’ai recommencé le sport et je n’ai plus aucune douleur intense. Cela n’a pas été facile mais j’avoue que je pourrais presque faire un petit marathon de quelques km.

 

Je consulte un psychologue professionnel aussi parce que j’étais très en colère après le corps médical qui m’a empoisonnée : mon médecin traitant qui me traitait de folle, mon gynéco qui a fui et contre certaines personnes qui n’avaient pas lieu de la recevoir afin de retrouver ma place dans cette société avec laquelle j’avais pris beaucoup de distance à cause de cette fatigue anormale. Je n’avais plus aucune activité, ni sortie, je me coupais du monde, j’étais épuisée en permanence. J’ai redécouvert la nature humaine avec ces défauts et ses qualités. J’ai rencontré des personnes formidables grâce à RESIST et certaines avec qui j’ai eu de belles discussions, d’autres avec qui je n’ai pas gardé contact à cause de leur colère enfouie qui me gênait.

 

Grâce à l’association RESIST j’ai été entendue et cela été le 1er pas vers la guérison. 

Pouvoir partager avec d’autres femmes les mêmes problèmes à travers toute la France et ensuite dans le monde entier. J’ai compris que chacune de nous avait eu un parcours différent et que chacune n’appréhendait pas le post-opératoire de la même façon.  

J’ai découvert une équipe formidable, bienveillante et je ne cesse de penser à toutes ces femmes qui sont encore en errance médicale, à qui on dit encore que « c’est dans leur tête », qu’elles sont atteintes de douleurs chroniques liées à leur âge ; j’ai eu envie de m’investir dans la tâche pas facile qui est celle d’informer toutes ces femmes qui le souhaitent.

 

Mais grâce à l’association RESIST, je sais que nous avançons doucement et gentiment auprès de celles qui ne savent pas encore.

Témoignage de Claudine (51)
(Novembre 2019)

  

Je suis Claudine, j’ai 51 ans et j’ai porté les Essure pendant 5 ans. J’ai eu des douleurs, de la fatigue, des troubles de la vue... Et j’ai fait un Burn-out. J’ai subi une salpingectomie et cornuectomie (ablation des trompes de Fallope et de la corne utérine) et depuis j’ai retrouvé ma vie, bien qu’il y a toujours des petites douleurs parfois et ma vue que je ne retrouverai certainement jamais.

 

Mais je ne vais pas parler de moi. J’ai ma meilleure amie, Suzanne, qui a les Essure depuis 6 ans, qui m’a connue au plus mal, qui m’a vue sombrer, et qui me dit qu’elle n’est pas victime des Essure. J’ai du mal à la croire. Suzanne est comme moi : dynamique, souriante, toujours partante pour une virée en ville entre copines ou pour un week-end entre amis.

 

Je m’inquiète pour elle. Elle n’a pas de symptômes évidents comme moi j’ai eu. Mais il y a quand même des choses inhabituelles chez elle : elle oublie des rendez-vous ; elle croit avoir dit ceci ou cela mais ne l’a pas dit et soutient fermement qu’elle l’a dit ; elle a du mal à récupérer d’une semaine de vacances ; a du mal à récupérer de ses journées de travail alors qu’elle est à 80 % et à des jours de repos entre ses journées de travail ; elle fait du sport et a des courbatures tenaces alors qu’elle fait du sport depuis toujours ; son sommeil est perturbé, elle se réveille au moindre bruit ou quand son chéri bouge, mais elle me dit que c’est à cause du changement d’horaires de son travail et des soucis personnels qu’elle a et elle fait maintenant des siestes de 1h ; elle a changé de lunettes 2 fois en 1 an mais l’ophtalmo lui dit que c’est normal à son âge ; après les rapports intimes, elle a des saignements mais cela ne l’inquiète pas même si je lui fais remarquer qu’elle n’en n’avait pas avant la pose ; dernièrement, elle a eue une douleur tellement forte dans le dos qu’elle ne pouvait pas dormir, et pendant 3 jours elle a eue tellement mal que même debout c’était insupportable. Elle finit par prendre des anti-inflammatoires et la douleur est partie. Son médecin n’a pas d’explication.

 

Je suis inquiète pour elle et aussi pour une autre amie que j’ai revu dernièrement et qui porte aussi les Essure. Faut vraiment être vigilante et continuer à informer et c’est ce que je fais à mon niveau.

 

Combien de temps encore vont-elles supporter les petits trucs qui semblent insignifiants pour elles, mais tellement évidents pour moi qui étais au plus mal à cause de ça ?

 

Bon courage et merci Resist.

Témoignage d'Annabelle (Haute-Garonne)
(octobre 2019)

 

L’EMPOISONNEMENT

Le 11 septembre 2019 est un jour particulier, un jour où les larmes coulent car le diagnostic est tombé !

 

En 2015, mon gynécologue me conseille la méthode ESSURE comme contraceptif définitif, que j’accepte. Au départ de l’aventure, le médecin me dit qu’il faut un temps d’adaptation, ce que je trouve plus au moins normal. J’ai exprimé avoir des règles douloureuses et abondantes mais je me persuade que c’est normal «je retrouve un corps de jeune fille avec tous les désagréments», de toute femme. Ce genre de douleurs n’est pas souvent entendu ou compris.

 

De la douleur et de la fatigue permanente en me répétant sans cesse que c’est le prix à payer car je suis une femme !

 

J’ai envie de dire NON ! La douleur n’est pas une fatalité, ni un état de dépression, comme souvent entendu à demi-mots, la douleur est le résultat d’un MAL ! 

Les symptômes se sont installés petit-à-petit avec une fatigue générale, mal au ventre, mal au dos, céphalées, ménorragies, métrorragies…

 

Mais voilà, que depuis dix-huit mois (mars 2018), cela s’accélère et j’ai une réaction allergique sur tout le corps avec des démangeaisons. Mon médecin me conseille de prendre les traitements pour la gale. Évidement cela ne marche pas puisque ce n’est pas ça…

 

Je finis par voir un dermatologue qui me diagnostic un «lichen de peau». Malgré les traitements, toujours pas de guérison, et des démangeaisons sous les pieds, dans la paume de la main, le nombril, sans compter des douleurs pelviennes qui sont majorées lors de la miction.

 

J’ai l’impression qu’on m’arrache les « tripes ».J’ai des ballonnements accompagnés de diarrhées fulgurantes ou une constipation importante, je perds mes cheveux.

 

Ma libido qui s’est mise complètement en veille.Sans compter que les rapports sexuels sont douloureux voire insupportables pendant et après l’acte.

 

Professionnellement, j’ai des arrêts de travail à répétition qui ne sont pas compris par mon employeur.J’ai du mal à comprendre que mon corps s’affaiblit.

 

Il y a un an, je change de travail. J’essaye de me « rebooster », mais rien n’y fait, mon corps ne veut rien entendre et je les symptômes sont de plus en plus importants et difficiles à supporter. JE LUTTE contre eux sans relâche !!

 

Les vacances d’hiver approchent à grand pas et je me dis que je vais me reposer et que mon corps va reprendre le dessus… je m’en persuade !!

 

En janvier 2019, je reprends le travail et là, la descente en enfer s’amorce !

 

Mon état se dégrade de jour en jour, mon champ visuel s’altère. Je suis dans le brouillard j’ai les yeux qui sont larmoyants, je force pour voir. Mon visage se met à gonfler et je ne me reconnais plus dans le miroir.

 

Février 2019, mon médecin s’inquiète et me prescrit une batterie de tests, les résultats tombent : une infection important qui frôle la septicémie. Il s’en suit un traitement par piqûres d’antibiotiques à domicile réalisées par une infirmière.Mon médecin pense à une pyélonéphrite. Mais, j’ai une perte de concentration avec perte de mémoire et on met ça sur le compte de la fièvre.Après trois semaines, je reprends difficilement mes activités car je suis très fatiguée mais l’infection toujours présente recule.

 

Je reprends le cours de la vie marquée et très fatiguée. Les symptômes ne me quittent plus, avec une envie de dormir à chaque instant, des douleurs pelviennes, des douleurs à la miction, des ballonnements, des diarrhées, des sueurs. La pensée d’un éventuel rapport sexuel me donne des douleurs et provoque des contractions équivalentes à un accouchement. J’ai toujours du brouillard dans les yeux et une raideur dans la nuque.J’ai très mal à la tête, je suis prise de malaises, des douleurs musculaires et articulaires intenses et je n’ai plus de force.Ma tension artérielle proche de la limite sans dépasser le dix. Des douleurs au niveau des ovaires intenses (j’ai une impression qu’un petit singe se balade de branche en branche). 

JE SUIS ÉPUISÉE !

 

Mars 2019, voilà que rien ne vas plus ! Je ne peux plus me lever, je suis en burnout.

 

Mon médecin me prescrit des tests sanguins, urine, une IRM des poumons, des seins, des reins. La prise de sang est formelle : « taux de globules blanc trop élevé », donc infection et on repart sur un traitement antibiotique par piqûres.

 

Mon médecin me demande de prendre rendez-vous avec mon gynécologue ainsi qu’un rendez-vous en médecine interne pour élucider le mystère médical qui plane. En attendant tous les rendez-vous, je reprends le boulot encore une fois, mais je me sens vite dépassée car je perds la mémoire, je cherche mes mots, je me sens inefficace et évidemment incomprise de mon patron. 

 

Cela me perturbe tellement je me dis simplement qu’il faut que je m’occupe de moi, je me sens mourir à petit feu ! 

 

Je demande un entretien avec mon patron, je lui explique mon ressenti, ma fatigue générale, je comprends que cela le dépasse et que pour son chiffre d’affaire, mes arrêts de travail sont néfastes.

Je suis dévastée. Je lui demande de me faire une rupture conventionnelle qu’il accepte sans hésiter et, surtout, sans prendre en considération tout mon malaise.

 

Mi-juillet 2019, rechute avec arrêt de travail. Je m’enferme chez moi et demande de l’aide pour la garde de mes deux garçons. Je reste au repos total quinze jours. Mon corps est une loque en errance. Je passe mon temps à attendre les prochains rendez-vous médicaux prévu le 11/09/2019 avec mon gynécologue et le 13/09/2019 avec un médecin en médecine interne. Les symptômes qui ne me quittent plus.

 

J’explique mes symptômes à mon gynécologue immédiatement et il ouvre mon dossier et il m’annonce que je suis porteuse de la méthode ESSURE et que tout le mal vient de là. 

 

11/09/2019 enfin un mot sur mon empoisonnement, sur ce mal qui me ronge : les Essure. 

 

Il faut les retirer au plus vite ! Il me demande de prendre rendez-vous avec le gynécologue qui me les a posés.Aussitôt sortie du cabinet, je m’exécute et prends rendez-vous avec la secrétaire qui me donne la date du 11/10/2019.

 

Je rentre chez moi dans un état vaseux de ce que je venais d’entendre. Je me mets à fouiller sur internet et là, la STUPEUR de voir que la polémique est grande ; plus je parcours ma lecture et plus ce sentiment d’incompréhension né en moi.

 

Pourquoi un courrier ne m’est pas parvenu pour me mettre en garde, m’expliquer les risques et toutes les douleurs qui sont apparues depuis l’implantation ? 

 

Tout au long des témoignages qui se présentent sous mes yeux mes larmes coulent. Je me reconnais dans chacune de toutes ces femmes.

Je suis abasourdie de voir qu’une association de victimes a vu le jour « l’association R.E.S.I.S.T ».

A ce jour, je ne sais pas ce qui va m’arriver et je ne connais pas la prise en charge.

Je ne sais pas encore ce que je vais perdre, la reconnaissance de mes douleurs est un grand pas.J’espère que je serai accompagnée du mieux possible dans le parcours d’explantation de mes ESSURE.

 

Je compte sur le soutien de ma famille ainsi que de mes amies.Merci à toutes et tous d’avoir pris un moment pour me lire.

 

LE COMBAT NE FAIT QUE COMMENCER. 

 

MERCI RESIST

Témoignage de Carole (Yvelines)

(octobre 2019) 

 

Lors d'un rendez-vous chez ma gynécologue, je lui ai parlé de mon souhait de ne plus avoir d'enfant et de peut-être me faire ligaturer les trompes. C'est là qu'elle m'a parlé de Essure et qu'elle m'a vanté l'intérêt de cette pose d'implants tubaire par voie basse, donc sans passer par la coelioscopie. 

 

Elle m'a envoyée consulter à l'hôpital de Versailles un gynécologue qui était le spécialiste dans ce domaine et qui en posait régulièrement. Lors de la consultation à l'hôpital, j'ai reçu une information qui était essentiellement dirigée vers la stérilité irréversible de cette technique.

 

Lors de l'interrogatoire sur mes antécédents médicaux, j'avais signalé avoir eu une infection au chlamydia mais je n'ai eu aucun examen particulier avant la pose.

 

Je me souviens avoir posé la question si cela était possible de faire des IRM malgré les implants et la réponse était positive. 

 

La pose des implants a eu lieu le 13 novembre 2007 (j'avais 43 ans) au bloc opératoire sans anesthésie (cela faisait partie des avantages). J'ai eu un comprimé d'Atarax le matin.

 

La pose de l'implant côté gauche s’est plutôt bien passée, mais par contre à droite le chirurgien n'arrivait pas « à passer ». Il a dû énormément forcer car ma trompe était bouchée et la douleur était au maximum. Je lui ai demandé d'arrêter mais il m'a dit qu'il était obligé de mettre les deux, que j'aurais dû le prévenir que j'avais eu une salpingite (je ne le savais pas).

 

Il a réussi à introduire  une partie de l'implant dans la trompe et l'autre partie se trouve toujours dans l'utérus. 

 

Après, je suis retournée le voir le mois suivant car j'avais toujours des douleurs et il m'a donné un anti-inflammatoire. Puis j'ai consulté à 3 mois avec une hystérographie de contrôle pour s'assurer de l'efficacité du dispositif. 

 

Je lui ai mentionné mes douleurs régulières à droite et il m'a mis sous Vibramycine pendant 3 semaines en me disant que je devais encore avoir Chlamydia. 

 

Je suis retournée le voir encore une autre fois en 2010 et je lui ai demandé de me retirer l'implant car il ne servait à rien vu que la trompe était bouchée. Mais la discussion était assez tendue entre nous, notamment il a émis le fait que la sécurité sociale ne prendrait pas à sa charge cette intervention. 

 

Donc, depuis 12 ans, je vis avec des douleurs. Cependant, je ne ressens pas d'autres effets secondaires notoires. Il est vrai que je suis toujours fatiguée (je dors 10h/nuit) et que j'oublie beaucoup de choses, mais est-ce l'âge ? Est-ce la ménopause? Est-ce le travail de plus en plus stressant ? C'est difficile de faire la part des choses… 

 

Je suis retournée faire une échographie récemment et il semblerait que les implants aient encore bougés (à droite mais aussi à gauche maintenant).Je crains aussi la perforation utérine avec les implants qui se baladent dans mon utérus.

 

Je suis adhérente à RESIST depuis 2016 et j'ai attendu la publication du protocole de retrait avec impatience car je ne veux pas faire n'importe quoi (une fois c'est suffisant!) 

 

Aujourd'hui, je suis décidée  et j'ai pris des contacts par l’intermédiaire de RESIST lors d’un café rencontre pour me faire retirer ces implants.

Témoignage de Jocelyne

(octobre 2019) 

 

J'ai été implantée en décembre 2006 et explantée en novembre 2018 (un des implants a été cassé), et je souffrais depuis de beaucoup de douleurs articulaires, abdominales, de gêne respiratoire et de poussées inflammatoires.  

 

Je voudrais partager avec vous les nouvelles habitudes de vie que j'ai expérimenté depuis bientôt 1 mois et qui paraissent porter leurs fruits :

 

J'ai éliminé de mon quotidien un maximum de contact avec quelques métaux : plus aucun bijou (même en métal précieux), plus de bouton, plus de fermetures éclair ou décoration métallique sur mes vêtements, plus de baleines dans le soutien-gorge (j'ai même enlevé les éléments de réglages de bretelles en les cousant à la bonne taille).

J'utilise des couverts en plastique, un couteau en céramique, des chaises et table en bois, un lit sans métal, etc…

 

 

Une très grande amélioration de mon état s'est rapidement fait sentir : presque plus de douleurs, quasiment plus d'inflammation, plus de gêne respiratoire et beaucoup moins de fatigue!!! J'ai même pu reprendre le sport le week-end dernier avec 2 jours de stage de danse ! 

 

La seule zone névralgique et inflammatoire qui me reste est au niveau du visage due, je pense, à la présence d'un implant en titane dans la mâchoire et d'amalgames dentaires. Mais c'est plus facilement supportable depuis qu'il n'y a plus toutes les autres douleurs ! 

 

Je mène aujourd'hui une vie quasi normale, je retravaille au même rythme qu'il y a quelques années, je supporte à nouveau les longs trajets en voiture, j'ai la sensation de me réapproprier petit à petit mon corps, bref, je me sens revivre enfin ! 

 

Voilà, je vous fais part de mon témoignage en espérant qu'il pourra aider quelques femmes à améliorer leur quotidien. 

 

Courage à toutes.

Témoignage de Doris
(août 2019)

Je ne me suis jamais laissé le temps d'écrire mon témoignage….

Je vais le faire aujourd'hui, il est temps.

Un été, j'ai fini par tout arrêter. Plus de pilule, pas de stérilet, ça avait été à chaque fois désastreux, pas d'anneau contraceptif (idem au bout de 24h), bref tout. Ça faisait 5 ans que je galère, entre divers problématiques et que je voyais bien que mon corps n'aimait pas ce que je devais prendre.

J'ai passé 2 bonnes années à me sentir bien,à ne plus être fatiguée, irritable, énervée, en bonne santé, plus de douleurs, plus de mycoses, rien… Ouf !

 

Mais … on a fait attention pourtant… et puis, 5 ans avant, on m'avait dit en me donnant une mini dosée « à votre âge, ça ira bien »… j'avais 40 ans.

 

Et là, entre le noël et le jour de l'an, à 45 ans, le test de grossesse m'a appris que si je me sentais si mal depuis 3 semaines, si patraque… c'était parce que quelque chose de très important se passait. 

 

À ce moment-là de mon histoire, ma cadette à 11 ans et mon aîné 16 ans. Mon chéri est au chômage depuis peu. Je ne me suis pas dit « Yes ! » en voyant le résultat. Mais  « oups ».

 

Aussi lorsque nous avons décidé entre époux de prendre la décision, on a pesé le pour et le contre, et c'est le contre qui la emporté. Je ne pouvais pas mettre en péril ma vie professionnelle et ma santé et prendre le risque en plus que dans quelques mois, on me dise qu'il pouvait y avoir un problème pour cet enfant. Ça fait mal de l'écrire. D'écrire qu'il s'agit d'un enfant. Une personne m'a dit « ce n'est qu'un amas de cellules pour l'instant… ». Et je m'y suis accrochée à cette phrase. Je n'aime pas être la méchante, celle qui abandonne quelqu'un derrière elle. Mais là je ne me sentais pas de taille, ni la force et l'énergie pour mener à bien cette aventure imprévue. 

 

Des fois, je me dis que la vie m'a rattrapé… ce que je n'ai pas cru pouvoir mener à bien, il a fallu que je l'affronte plus tard… mais qui sait ce qu'il se serait passé ? Parce que mon problème de contraception n'a pas été résolu pour autant par la suite... 

 

Commence alors le dur parcours pour rencontrer des professionnels de santé pour avoir droit à une IVG. Je défie quiconque de venir me dire qu'il y a des IVG de complaisance. Ce n'est jamais facile d'affronter ça. Et si vous rencontrez des personnes sympathiques et compatissantes, ça permet de surmonter un peu tout cela. Ça a été mon cas, heureusement ! Sauf que, je ne savais que les anesthésies locales ne marchaient pas pour moi. En plus de la « honte », de la peine engendrée par cette décision réfléchie, mais difficile… j'ai eu droit à la douleur qui va avec. 

J'ai même eu droit à 1 mois et demi plus tard à un départ de chez moi en fanfare avec les pompiers pour une hémorragie. Le contrôle bâclé de L’IVG 3 semaines après l'intervention n'a pas permis de voir que si j'avais si mal au ventre et aux jambes… c'est parce qu'il restait du placenta. Deuxième curetage. Fin de l'expérience traumatisante. 

 

Enfin c'est ce que je croyais. Je pensais que suite à cela, et à ma prise de rendez-vous chez un spécialiste pour trouver une solution de contraception à long terme je serais enfin à l'abri. J'ai eu la pose des Essures le vendredi 5 juin 2015. Contrairement à ce pourquoi j'avais choisi cette méthode car on m'avait décrit comme facile à vivre… je n'ai pas pu reprendre mon travail le lundi suivant. J'ai été en arrêt pendant 1 mois, et la seule personne qui a pu me soulager un peu, c'était l'ostéopathe. Ni les cachets, ni la visite en urgence chez le médecin ayant effectué la pose, rien ne me soulageait, de ces douleurs irradiants dans les jambes, et de cette fatigue incommensurable.

Au bout de 2 séances d'ostéopathie, j'ai pu reprendre mon travail. 

 

Les mois qui ont suivi ont été très toniques, vu que ma mère a eue un gros souci de santé, et qu'il m'a fallu faire énormément d'allers et retours entre chez elle, chez nous et là où elle était hospitalisée, tout ça en préparant un déménagement à 800 km de là. Donc à chaque fois que j'étais anxieuse, j'avais une bonne raison. À chaque fois que j'étais fatiguée, j'avais une bonne raison… dans ces cas-là on se dit toujours « ça ira mieux demain »… quand j'aurais fini mon tri, quand les enfants seront disponibles, quand j'aurais repris le sport, quand j'aurais commencé les cartons, bref… ça devait toujours aller mieux mais plus tard. Et entre deux séances d'ostéopathie quand même… environ une fois tous les 2 mois. 

Le déménagement fait, le soufflé est retombé. Normal d'être fatiguée lorsqu'on aménage une maison en travaux. Mais c'était toujours présent. Stress ? Stressée de quoi ? Enfin j'ai mené à bien un projet sur 5 ans… je suis où je voulais être avec mes enfants, ils vont bien, et avec mon chéri, tout va bien… donc no stress. Progressivement pourtant mon état se dégrade, toujours plus de fatigue, toujours plus de douleurs, toujours plus de plein de petits soucis qui partent dans tous les sens. 

 

Le 9 Décembre 2016, je suis devant la télé. Elle me regarde plus que moi je la regarde. Elle est restée allumée en fait, parce que ma fille la regardait, et qu'elle est sortie de table en la laissant branchée. Je suis là, je dois débarrasser la table, faire la vaisselle… mais plus tard, plus tard quand je serais moins fatiguée… là je pique du nez, je vais m’asseoir courageusement dans le fauteuil. J'ai entendu qu'un sujet parlait d'implants mais je n'ai pas compris de quoi il s'agissait c'est le fouillis dans ma tête ou le brouillard…

Puis le sujet commence, j'entends « placés dans les trompes » et là je comprends. Je vois 2 femmes, une se déplace avec une canne, l'autre est douce, ça se voit à son expression, elle semble souriante malgré tout. Et ce que j'entends me parle ! J'ai l'impression que c'est moi dont il s'agit. Les larmes coulent toutes seules. Ma fille arrive, pour que je l'emmène en cours, alors j'essuie mes pleurs discrètement, mais je retiens le nom Resist.

 

Jours difficiles ensuite. Préparer le Noël, le Jour de l'An, les anniversaires… avec pendant ce temps en sourdine dans ma tête « ok, c'est pas top, mais au moins, je n'étais pas entrain de devenir folle »…. Il faut dire que ma mère qui avait une sacrée dépendance aux anti-dépresseurs s'est plainte toute sa vie de douleurs diverses et variées, et de la plupart des gens de son entourage… qu'elle avait un beau jour un délire de persécution… l'a écrit… je l'ai lu… c'est assez effrayant… et que depuis elle est déconnectée en partie du monde réel… donc, pourquoi pas moi ? Vu que ma mère n'a pour ainsi dire pas toute sa tête…

 

A chaque fois que je vais sur le site Resist-France.org ce que je lis me fait peur et à la fois me rassure : je lis mes mots, mes sensations… Seul bémol… pour en finir avec tout ça, il faut être opérée.

 

Or, rien que l'idée me révulse. À un moment, je mets ma phobie de côté et j'accepte, décider à en finir avec cet état de léthargie quasi permanente et douloureuse… et part à la recherche ; armée de mon adhésion ; du nom du chirurgien qui pourra me sauver de là…

 

Je n'ai pour ainsi pas galéré, en comparaison avec certaines. J'ai vu 3 gynécologues, la 3ème était la bonne. Je m'estime chanceuse. C'est une femme respectueuse de ses engagements, de ses patientes, du bien être des personnes qu'elle croise, passionnée par son travail, compétente. Pour autant, je sais que je ne suis pas à l'abri que les implants aient cassés avant d'être extraits. Car je ne les ai pas vus, donc je ne sais pas. Je sais juste qu'ils sont présents sur une radio, à l'exacte place où ils étaient 15 jours puis 3 mois après la pose… et que début mai, ils n'y sont plus.

 

Il y a des risques de casses avérées lors du retrait. Soit que les implants ne soient pas là où le médecin pensait qu'ils seraient, soit par un geste pas avisé (il ne faut pas casser, pas couper, pas tirer), soit ils sont fragilisés, soit même ils ont été cassés lors de la pose… tout ceci est la réalité. Je fais avec. Je sais que je vais mieux, que mon état n'a rien à voir avec l'état dans lequel j'étais. Mais…

 

Tout de suite après l'opération… je suis super mal. Mal physiquement, à cause des gaz de la cœlioscopie, à cause du stress qui faisait que j’étais tout contractée, à cause de la mémoire de la douleur, et parce qu'il faut du temps à nos organes pour retrouver leur place. Mal moralement parce que si je croyais avoir accepté pleinement l'opération, je me suis trompée. Je ne supportais plus l'idée d'avoir à être piquée ou prélevée. Ça se passait bien avec ma généraliste et la chirurgienne qui m'a opérée, mais c'était tout. Pendant un moment, à chaque fois que je devais affronter un autre membre du corps médical, c'était stress, voir pleurs suivant la façon d'être de la personne. Paradoxalement, je me sentais vraiment bien. Il y avait quelques petites douleurs, mais elles se sont estompées. Ça m'a fait sourire au départ de voir que je pelais d'un peu de partout, mais quand ça s'est installé, j'ai trouvé ça moins drôle. J'ai été donc un temps dans un état d'euphorie, de bien être, qui était très agréable. J'avais des coups de fatigue parfois, mais un pep's, une énergie retrouvée, ce qui m'a fait beaucoup de bien… bien sûr, cela ne dure pas. À un moment donné, il faut revenir dans le quotidien, le train-train de la vie « normale ».

Dès que j'ai repris le travail, le rythme a changé, et c'est là que j'ai constaté à quel point j'étais fragilisée. J'ai d'abord été malade quasi tout le 1er mois. Rien de grave, mais ça traînait, j'étais d'autant plus fatiguée. Après j'ai compris que l'ensemble de ma flore ne se remettait pas. Ma peau s'effrite par endroits, est asséchée par d'autres… lorsque j'ai fini par consulter la personne ne savait rien sur les métaux lourds, mais a diagnostiqué une dermatite séborrhéique. Ça va donc mieux, mais on a rien trouvé pour soulager mes yeux pour l'instant. Ils sont souvent gonflés, et je ne supporte quasi plus aucun maquillage. Ça c'est le constat pour la flore externe et pour ce qui est de l'interne, je fais des cures depuis des mois, un coup pour la flore vaginale, un coup pour la flore intestinale. Et je stresse. C'est un état latent. Je me décourage moi-même. Je me dis que c'est paradoxal d'avoir pu trouver comment échapper au pire… parce que je ne sais pas dans quel état je serais si je n'avais pas été opérée… et donc, je suis en vie, youpi ! Et en même temps, tout me fait peur, tout le temps. C'est fatiguant, exténuant. J'ai l'impression de vivre sur des montagnes russes.

 

Il y un autre aspect aussi, dont on parle peu. C'est les changements dans nos vies. Au début on ne sait pas ce qu'on a, alors il est difficile d'en parler, alors on préfère ne pas parler. Du coup, c'est super facile de s'isoler. J'ai eu la chance de garder le contact avec les amies qui m'ont écoutée et entendue à cette période. Par contre, des fois on a des surprises : on en parle et on dérange. Super ! J'ai fait le tri. Non pas que j'en veux à ces personnes. Mais pour me protéger. C'est l'instinct de survie ça. J'avais besoin non pas d'en parler à tout bout de champ, mais de ne pas être en contact avec des personnes qui pourraient me renvoyer une image négative de moi. Et puis voir la vie fun et légère des autres qui vont bien et bien ça va à petite dose pour le moral. Quand on se sent mal… c'est tellement culpabilisant. Surtout quand après on sait. On se dit qu'on aurait pu éviter de se retrouver là. Mais quelle idée aussi, quand on a le choix, d'avoir choisi cette option-là ? Hein ? Pourquoi ne pas m’être mieux renseigner ? Pourquoi ne pas avoir posé plus de questions ? Bon, ok, je n'ai rien trouvé sur le net à l'époque… mais pourquoi est-ce que j'ai fini par vouloir croire un médecin qui à la base ne m'inspirait pas confiance ? Pourquoi est-ce que je n'ai pas pris le temps de prendre un 2ème avis… et puis… c'est ma décision, et maintenant, les répercussions sont pour toute la famille… on se sent incomprise, désorientée, perdue… c'est une grosse remise en question de soi, de qui on est, de nos convictions, de nos attentes sur la vie, de qui on veut être… de ce qu'on attend des autres, de notre regard sur le monde. On s'en veut, mais on en veut aux autres aussi. Ceux qui vont bien, ceux qui ne nous écoutent pas, ceux qui n'entendent pas les mots qu'on n’arrive pas à dire, ceux qui banalisent ce qui nous arrive, ceux qui ne nous croient pas

 

Je me suis beaucoup isolée et je continue à le faire. Peut-être que des gens que j'ai perdu en cours de route reviendront dans ma vie plus tard ? Peut-être pas ? Certains sont partis de leur propre chef, des fois que je sois contagieuse ? D'autres je les ai laissés m'échapper petit à petit. Je supporte beaucoup mieux les inconnu(e)s maintenant. C'est plus facile : ils ne m'ont pas connue avant. Alors c'est facile d'être aimable et souriante. Y a des personnes qui me manquent, mais leur parler ça sera revenir sur ce qui s'est passé, sur ce qui se passe encore, et je ne m'en sens pas le courage pour l'instant. Je me dis que ce qui survivra à tout ça, ça sera le meilleur.

 

Au milieu de tout ce fracas, j'ai fait de belles rencontres. Je ne les attendais pas. Elles me sont venues sans prévenir. Et j'apprécie vraiment, comme si la vie me faisait des cadeaux.

 

Je suis quelqu’un de positif même si j'ai des coups de blues parfois. J'essaye de voir le meilleur dans chaque situation, même si des fois la pilule est un peu dure à avaler. Alors je sais que je ne suis pas dépressive. Juste dans le constat. Je constate que je ne vais pas encore assez bien pour me sentir complètement sortie d'affaire. Et j'ai identifié les problèmes, j'essaye d'agir pour les contrer. Juste des fois, je n'ai pas l'énergie. Mais ça va revenir, petit à petit. Je trouve le temps long, mais il faut dire qu'à la base, je ne suis pas très patiente. Ça au moins, ça n'a pas changé ! :-)

Témoignage de Marilyn (Nord)

(juillet 2019) 

 

J’ai 52 ans et il y a 9 ans (2010) je suis allée voir mon gynécologue, j'avais un stérilet aux hormones et je prenais du poids, il m'a donc conseillé ESSURE me disant qu'avec ça « plus de soucis ! » 

 

Contente, je pense même que je n'ai pas attendu le délai de rétractation. De toute façon pas envie de changer d'avis, pas eu non plus de question sur une réelle allergie possible. Tout se passait bien jusqu'au jour où j'ai commencé à courir et ressentir des contractures dans les mollets, je dirais même des brûlures. Après un passage chez le médecin, il m'a diagnostiqué un genre de périostite.Malgré tout, j'ai continué mon footing du dimanche matin sachant que ce n'était pas le seul sport que je faisais : le reste souvent en piscine pour tout ce qui est Aqua (bike, trempo, step...). 

 

Puis les douleurs sont apparues dans le haut du dos, comme un poing de fatigue, mon visage tirait, mes yeux changeaient de couleur

 

Alors après un traitement anti-inflammatoire et décontractant musculaire, des soins avec un kinésithérapeute pendant plusieurs semaines ça se calmait ; les mois passaient, puis les douleurs revenaient. 

 

J'y ajoutais en plus de l'homéopathie, de l'acupuncture, de la sophrologie, de la réflexologie plantaire...  On me disait "vous êtes nerveuse" le moindre des soucis familiaux qui vous entourent contractent vos muscles... 

 

Puis à toutes ces douleurs, des douleurs lombaires se sont ajoutées. Je n'ai jamais voulu me mettre en arrêt de travail, je bosse en grande surface au stand fromage à la coupe ; c'est un métier difficile où l'on porte des charges lourdes avec de mauvaises positions. Malgré tout,19 ans de boite je ne m'étais jamais plainte et je continue à travailler. 

 

Au mois de mai 2019, tout mon corps s'est contracté, les cervicales, les lombaires, les mollets, les chevilles, les mains. Les talons me brûlaient tellement que je marchais sur la pointe des pieds et j'ai dû me mettre en arrêt de travail. 

 

Je ne pouvais plus marcher, je m'accrochais aux meubles pour me déplacer et pourtant je ne suis pas "doudouche".

 

Neuf semaines à être allongée, des douleurs atroces... 

 

Un jour, en faisant des recherches sur le site Ameli.fr, je découvre un encadré disant de consulter son médecin ou gynécologue en cas de douleurs et contractures musculaires pour les porteuses de Essure. Etonnée, j'en parle à ma collègue de travail qui porte aussi ESSURE. Elle se renseigne autour d'elle et personne ne semble au courant. 

 

Avide de recherche, je tape « Essure » sur Internet. Je découvre l'association RESIST... Je recherche donc sur Facebook, là je découvre des témoignages de personnes souffrantes.

 

Je me mets à pleurer. Enfin je pense que j'ai découvert ce qui me torture depuis des années tous les jours. Je voulais savoir comment m'en sortir, j'envoie donc en MP des messages à certaines, jusqu'au jour où l'une d’entres elles me donne son numéro de téléphone, on s'appelle et elle me parle de l'association RESIST et de son parcours. Je m'inscris donc sur celle-ci très vite. Une bénévole prend contact avec moi, par mail et par téléphone, ce qui m'a rassurée. 

 

Je suis opérée le 16 juillet 2019 par salpingectomie et cornuectomie. La chirurgienne a eu beaucoup de mal à retirer les implants, elle a gratté profondément dans la corne utérine et elle n'est pas sûr d'avoir tout enlevé. Mais le soir de l'opération mes contractures avaient disparue. 

 

A ce jour je vais beaucoup mieux. Reste encore quelques micro-douleurs dans les mains et un peu dans les mollets. Je dois refaire une radio ASP de contrôle, mais je ne regrette pas l'intervention. Je regrette simplement que j'aurai dû être avertie par mon gynécologue qui me les a posés, qu'il y avait un doute sur ESSURE. 

 

Je n'aurais pas attendu aussi longtemps et je n'aurais pas perdu autant d'argent en essayant toutes sortes de traitements pour me soulager.

 

Les mois ont passé et j'ai toujours eu des contacts avec les bénévoles de RESIST, des réponses à toutes mes questions…

Témoignage de Claire G. (Bourges, Cher)
(juillet 2019)

 

Quand, le 9 décembre 2016, je lis le témoignage de Marielle KLEIN, je me dis « Tiens moi aussi, j’ai les Essure ! Mais, je n’ai pas tous les maux qu’elle décrit, je suis juste en Burn-out, très fatiguée avec des douleurs mais rien de grave d’après mon médecin. Je ne vais pas rentrer dans une polémique médicale, car c’est encore pour réclamer de l’argent et cela ne me concerne pas. »

 

Mais voilà, le doute s’est installé et j’ai commencé par observer l’évolution de mon état de santé et il n’y en avait pas. Et pourtant, je faisais attention à moi, à manger sainement, à faire du yoga, à marcher, à masser mes tendons d’Achille douloureux tous les matins et tous les soirs, à faire de la méditation pour avoir les idées claires, mais aucune amélioration significative.

Pendant 2 mois, j’ai réfléchi et je me suis refait le film de ma vie depuis la pose de Essure et indéniablement, c’est à partir de là que tous mes problèmes de fatigue, de règles hémorragiques, de douleurs aux tendons, de perte de mémoire, de concentration,…..ont commencé.

 

Voici mon témoignage :

 

Début 2014, j’ai 44 ans quand je décide d’arrêter le stérilet Mirén#, non pas parce que je ne le supporte pas, mais juste parce que je ne veux plus de contraception hormonale. Je précise à ma gynécologue le souhait d’une ligature des trompes. Elle me dit que cela ne se fait plus et me parle d’un nouveau dispositif qui ne nécessite pas d’anesthésie et surtout sans hormone. Je prends rendez-vous avec le chirurgien qui m’explique le fonctionnement du dispositif Essure, son installation et les précautions à prendre après l’intervention, comme avoir une contraception pendant 3 mois Le jour de la pose, je m’en souviendrai toute ma vie. La pose ne nécessite pas d’anesthésie, mais si vraiment je le souhaite, je peux la demander. Je fais confiance, parce que si cela peut se faire sans anesthésie, c’est que la douleur doit être supportable.

En mai 2014, le premier implant est posé avec une douleur supportable et le chirurgien est expérimenté, il maîtrise bien le geste. Par contre pour le deuxième, il semble que c’est plus compliqué. J’ai eu une douleur extrêmement forte. Je voulais qu’il arrête mais apparemment ce n’était plus possible. L’infirmière qui l’assiste, me tient la main. J’ai tellement mal, que je lui broie littéralement la main avec une force que je ne me connaissais pas. Je m’excuse de lui avoir serrée la main si fort.

Je remonte dans ma chambre, j’ai mal. On me donne un D#liprane et on me dit que je peux partir quand je le veux. Ma voisine de chambre a énormément souffert lors de la pose, plus que moi et regrette de ne pas avoir demandé une anesthésie générale.

 

Dès le lendemain, je reprends le travail. Je me sens un peu bizarre mais je mets ça sur le compte des douleurs de l’intervention. 3 mois après je fais la visite post-opératoire avec la radio ASP de contrôle qui atteste que les implants sont correctement posés. L’implant est en titane et donc pas de risque d’allergie et je peux voyager, passer les contrôles au aéroport sans problème. Tout va bien. Je me sens rassurée avec une contraception sans hormone et qui correspond à ce que je souhaitais et sans contrainte.

 

Mais sans le savoir, les effets indésirables commencent à s’installer insidieusement. D’abord, un léger ralentissement physique et psychique. Presque imperceptible, comme quand on est fatigué d’une grosse journée de travail, je commençais à ne plus avoir envie de m’occuper de mes projets. Par exemple, avant la pose, j’avais entrepris de fêter mes 45 ans et après la pose, j’avais moins envie de continuer à préparer cette petite fête. Tout me semblait insurmontable, comme aller chez le traiteur, prendre le téléphone pour réserver la salle…

Je me disais cela doit être la suite de l’intervention, mais ça passera. Donc, j’ai fêté mon anniversaire en juillet 2014 mais j’étais très contente que la salle devait être libérée à 2h du matin, car je n’en pouvais plus. Mais comme je suis une battante et que je ne suis pas du genre à m’écouter, je me suis dit « Allez, secoue-toi !! ».

 

Lors des rapports intimes, ma libido est comme endormie, comme si mon désir était anesthésié. Je trouve ça étrange, mais je me dis c’est peut-être l’âge. Mais tout de même, je ne ressens plus de désir et je n’ai aucun plaisir. Et bizarrement, j’ai des hémorragies de suite aux rapports, ce qui ne m’était jamais arrivé auparavant. Mais je ne fais pas le lien avec les implants, car pour moi, cela ne peut pas être possible, vu que les implants sont en titane et que le titane est le métal le plus utilisé en chirurgie et donc cela ne peut pas être ça.

 

L’été 2014, je pars en vacances au bord de la mer, mais je n’arrive pas à me reposer, à dormir vraiment alors que je n’ai jamais eu de problèmes de sommeil et que je n’ai pas de soucis personnel ou professionnel qui pourrait provoquer cette perturbation de mon sommeil. Fin de l’été, une dent (n°46) se casse sans raison. Mes dents sont en bonne santé et je ne comprends pourquoi elle s’est cassée toute seule alors que je n’exerçais aucune pression sur mes dents, j’entends encore le bruit quand elle s’est cassée, j’étais assise en train de lire. Mes dents ne cesseront pas de bouger par la suite, vers l’avant, vers l’arrière, une sensation étrange et très dérangeante, car c’est comme si les dents allaient tombées.Et puis, j’ai toujours envie d’aller aux toilettes. Une impériosité s’installe et devient de plus en plus difficile à gérer. Jusqu’à 12 fois par jour au lieu de 5/6. Je dois prévoir d’aller aux toilettes avant de partir, en arrivant et même en cours de route je dois de m’arrêter. Par exemple, cela fait 25 ans que je fais 250 km pour aller chez mes parents. Je connais bien la route, et souvent je fais les 3 heures de route sans m’arrêter. Et bien, je dois m’arrêter impérativement à la moitié du chemin. En septembre 2014, j’en parle à mon médecin et je commence des séances de rééducation périnéale qui permettent de réduire le nombre de miction, mais ne résout pas les souillures anales que j’ai aussi.

 

J’ai aussi des selles qui se sont modifiées, elles sont plus liquides ou alors c’est l’inverse, une constipation s’installe. Elles ont une odeur acide. J’ai des flatulences et je n’arrive plus à les retenir tellement j’en ai. Mon ventre se gonfle. Je prends un peu du poids. Je commence un régime un peu strict et en même temps je fais de moins en moins de sport.

 

Début 2015, je n’ai plus envie de faire du sport alors que cela fait 7 ans que je pratique de la marche rapide et de la marche nordique une à 2 fois par semaine entre 1h et 1h30. J’ai qu’une envie c’est de ne rien faire. Je travaille à 15 minutes à pied de chez moi. Et à cause de la fatigue que je ressens et que je ne comprends pas, je prends ma voiture pour aller au travail. Cette fatigue ne m’inquiète pas plus que ça, car il y a beaucoup de changement au niveau professionnel : nouvelle organisation, nouveau logiciel… donc, je pense que je n’accepte pas tous les changements. Toutefois, je n’arrive pas à comprendre pourquoi ma logique informatique ne me permet pas d’appréhender le nouveau logiciel. J’ai beau noter et essayer de me souvenir ce qui a été vu et dit lors des formations, je n’arrive pas à retenir et à mettre en pratique. Je me dis que vraiment, je n’en peux plus et qu’il est temps que je change de travail. En septembre 2015, je commence à préparer des lettres de motivation et à les envoyer.

 

Je ressens une fatigue de plus en plus forte. Mon sommeil est mauvais. Je me réveille plusieurs fois. Je mange mais ne ressens plus le goût. J’ai des douleurs au niveau des rotateurs de la coiffe et aussi aux talons d’Achille. Ça m’empêche de faire du sport. La fatigue, les douleurs musculaires, articulaires et tendineuses se sont installées insidieusement. Je les supporte de moins en moins. Elles sont de plus en plus fortes. Je masse mes tendons tous les matins, tous les soirs pour me soulager. Au levé, je marche comme si j’étais entravé. C’est difficile. Et les migraines aussi sont là. Moi qui n’est jamais été migraineuse de ma vie, j’ai des douleurs terribles dans la tête sur le côté gauche. Les antalgiques ne font rien et n’ont aucun effet sur mes douleurs. Je fais des séances de kiné pour les rotateurs et mes tendons d’Achille. Mais je les arrête car il n’y a aucune amélioration.

 

Noël 2015, c’est compliqué car extrêmement fatiguée et j’ai du mal à m’en souvenir. J’étais très amaigri et très fatiguée. Je me sentais bizarre. Je ne dormais qu’en pointillé. Le 31 décembre 2015, je suis avec des amis et j’ai bu 2 coupes de champagne dans la soirée. Après minuit, je vais m’allonger quelques instants car je ne me sens pas bien. Une fois allongée, je suis consciente mais je suis incapable de bouger, de parler, de faire quoique ce soit. Mes amis viennent me voir à tour de rôle pour constater que je respire toujours. J’ai l’impression que mon corps est dans le coma alors que j’ai conscience de ce qui se passe autour de moi. J’arrive à dormir un peu. La faim me réveille. Cette sensation de faim, je dirai même d’affamement ne me quitte pas. Je suis affamée, je dois manger plus et plus souvent et une nourriture riche en nutriments. A partir de là, je commence à prendre du poids.

 

Le 6 février 2016, ma mère fête ses 70 ans. Extrêmement fatiguée, je ne fais pas comme d’habitude, j’arrive le samedi midi au lieu du vendredi soir. J’ai faim mais j’évite de me jeter sur la nourriture. Je sors de table avec la faim. Vers 16 h, je vais voir une amie et je lui demande à manger tellement j’ai faim alors que j’ai rendez-vous au restaurant à 19h. Je vois que ma mère a plus d’énergie que moi, je ne comprends pas ce qui m’arrive.

 

Je suis de plus en plus fatiguée. Je me traîne. Je me dis que j’en fais trop, je sors de trop, que l’ambiance au travail et les changements d’organisation m’insupportent et la moindre petite chose à faire m’est insurmontable. Ma personnalité change car je ne suis plus aussi pragmatique et je me laisse aller dans des pensées qui ne me ressemblent pas, je vois le mal partout. Je deviens paranoïaque, suspicieuse car des objets ont changé de place ou bien je suis sûr de moi sur tel ou tel sujet alors que tout est faux.

Et puis, il y a toujours les douleurs, les migraines qui ne s’arrêtent pas. C’est insupportable, tout devient insupportable. Tout ce qui m’entoure ne tourne pas rond. Je suis tellement fatiguée que j’ai du mal à marcher normalement. Je bute dans les portes, je n’arrive plus à évoluer dans l’espace. J’ai peur des voitures, des gens qui passent près de moi car je ne vois plus très bien. Mon champ de vison est réduit.

 

Le 20 février 2016, impossible de me lever. Sortir de mon lit m’est impossible, comme paralysée. Mon cerveau ne commande plus. Mon corps ne répond plus. Je suis dans mon lit et je pleure. Quoi faire ? Que m’arrive-t-il ? Je ne comprends pas. Le médecin déclare que je fais un Burn-out. Difficilement, j’accepte le diagnostic. J’entame le long parcours pour revenir à un état normal. Je consulte Internet pour en savoir plus sur le Burn out. Je me reconnais partiellement dans la description. Mais bon… J’essaie de me reposer, je dors mais c’est très compliqué. Je suis dans un brouillard intellectuel permanent. Physiquement, je n’ai plus de force. Je ne sais même pas comment je fais pour tenir debout. Ma famille et mes amis m’entourent beaucoup. Mais malgré tous les efforts pour aller mieux, je ne sens pas une amélioration satisfaisante. Je me force à faire bonne figure devant les amis. Je sors un peu, mais beaucoup moins qu’avant. Je ne m’occupe plus de ma maison. C’est la déchéance.

 

En septembre 2016, je reprends le travail à mi-temps thérapeutique le matin car l’après-midi je dors. Jusqu’à fin décembre, je travaille à mon rythme et je n’ai pas de pression de ma hiérarchie. Mais, c’est difficile et compliqué à gérer.

 

Décembre 2016 que je lis le témoignage de Marielle KLEIN. Elle explique ses douleurs, ses hémorragies. Je me dis « Tiens moi aussi, j’ai les Essure ». Mais je suis sceptique car je me méfie des polémiques sur Internet. Je lis plusieurs fois son témoignage car j’ai du mal à le retenir et à comprendre et aussi à y croire. Elle a créé une association et je consulte le site Internet de l’association RESIST. Et je lis les témoignages, les descriptions des symptômes, des douleurs et je me dis, que moi, ce n’est pas si grave que pour toutes ces femmes. Que je fais vraiment un Burn out. Que ce n’est pas les implants qui me font tout ça.

 

Je laisse de côté mais je me pose tout de même des questions. Depuis quand suis-je si mal ? Est-ce qu’avant la pose des Essure, j’avais des douleurs, des problèmes de sommeil, des dents qui bougent, des problèmes de focus visuel, une peau sèche, des cheveux qui tombent, des urines et selles acides et irritantes, des intestins douloureux….. ??? Finalement, la liste des désagréments est longue et surtout anormalement longue.

 

Après 2 mois de réflexions et d’observation de mon état de santé qui ne s’améliore pas du tout, en février 2017, je compose le numéro de téléphone de l’association et c’est Marielle qui me répond. Je lui explique mon parcours et pose des questions qui font que cela confirme mes propres constats, que ce que j’ai c’est depuis la pose.

 

J’adhère à l’association, j’ai les renseignements nécessaires pour faire les démarches d’explantation. Je prends rendez-vous avec le chirurgien qui me les a posés car il les enlève aussi.

 

Je choisi l’hystérectomie et la salpingectomie car j’étais dans la démarche ne plus vouloir d’enfant et je ne voulais surtout pas garder le moindre fragment dans mon corps. Je voulais m’en débarrasser. Le chirurgien est à l’écoute et malgré la situation, il doit enlever ce qu’il a posé, il reste un bon professionnel et je suis rassurée sur l’intervention.

 

Le 14 juin 2017 sera le deuxième anniversaire de ma vie. C’est le jour où à débuté ma renaissance. Dès le lendemain, j’ai senti un mieux. Mon esprit était plus clair. Les douleurs toujours là. Mais bon, cela fait 2 ans que j’ai mal.

 

Petit à petit, les douleurs, les migraines disparaissent. Mes cheveux ont arrêté de tomber. Mais il m’a fallut de la patience. J’ai porté les implants pendant 3 ans et il m’a fallu 18 mois pour retrouver mon dynamisme, ma dextérité, ma vivacité d’esprit et de corps et que les effets indésirables disparaissent. Mais certains ne partiront pas, comme la baisse de la vue et une légère fatigue.

 

En avril 2019, je reprends enfin le sport. J’ai à nouveau du plaisir à marcher, à faire de la marche nordique, à faire du vélo et surtout le plaisir de vouloir en refaire encore et encore. J’ai pris plus de 10 kg et la perte de poids s’annonce difficile, mais je suis en vie !

J’ai la chance de pouvoir revivre normalement, ce qui n’est pas le cas de toutes, malheureusement.

Et j’ai repris ma vie là où je l’ai laissé il y a 5 ans.

 

Aujourd’hui, je suis en reconversion professionnelle comme si il s’agissait d’une seconde chance de réaliser un rêve, je fonce et mets tout en œuvre pour réussir.

Je souhaite à la même chose à toutes mes sœurs d’Essure : que le meilleur reste à venir et à construire !

 

 

Je ne remercierai jamais assez Marielle KLEIN d’avoir osé alerter, car il faut du courage et de l’altruisme pour le faire. Elle m’a sauvée la vie !

Témoignage de Nathalie L.

(septembre 2018)

 

Bonjour,

 

Je vous écris aujourd’hui afin de vous faire part de ma malheureuse expérience après la pose de cette technique.

On m’a posé ces implants en mars 2011. J’avais alors 42 ans. La pose se fit sous anesthésie locale... très douloureux. cette douleur a persisté pendant 3 jours.

 

A partir de septembre, plus de règles ! Elles reviennent en mai 2012 ouf!

 

Puis plus rien jusqu’en septembre. Et à partir de ce mois de septembre je n’ai plus jamais été indisposée ! Ma gynécologue me parle de ménopause précoce bien qu’elle soit étonnée car pour elle, mon col et mes seins semblent être toujours imprégnés d’hormones! 2 ans plus tard cette réflexion sera également faite par la gynécologue qui me fit la mammographie : «des seins très denses pour mon âge ! »!

 

Un an et demi après la pose des implants je remarque que je perds mes sourcils ! Des petits trous apparaissent entre mes sourcils! Stress! Je consulte mon médecin traitant et 3 dermatologues! Aucune explication!

Puis apparition des insomnies. Au début réveils nocturnes toutes les nuits entre 2h et 3h , mais je me rendors. Puis, avec les mois, réveil aux mêmes heures mais impossible de me rendormir. Je suis infirmière anesthésiste ; je peux vous certifier qu’en étant dans l’obligation de me lever à 5h30, les nuits sont courtes et la fatigue devient vite ingérable ! Plusieurs épisodes d’arrêt de travail s’en suivent allant d’1 à 4 semaines.

 

Je passe une série d’examens car douleur à l’estomac, ventre gonflé en permanence, oppression thoracique, nuque douloureuse, vertiges, tachycardie et frissons intenses plusieurs fois dans la journée et la nuit! A nouveau bilan sanguin puis échographie cardiaque et ECG et même scanner thoraco-abdominal : RAS.

 

Ma libido s’est effondrée au fils des années !! Heureusement que mon mari m’aime et qu’il est compréhensif!

Je décide d’aller voir un allergologue fin 2016 car suis toujours aussi mal. À nouveau bilan avec recherches d’anticorps pouvant révéler une allergie ou pathologie. Des tests cutanés sont faits révélant une forte allergie au Nickel! Et là, révélation ! Je pense immédiatement à mes implants et en parle à l’allergologue! Elle m’envoie consulter dans le service de médecine interne pour rechercher une éventuelle maladie auto immune! Et me conseille de prendre contact avec le gynécologue qui m’a posée ces implants. Le bilan révèle une valeur limite supérieure des anticorps Antinucléaires ! Pour le moment, pas d’inquiétude mais à surveiller car il semblerait que cela corresponde à une réaction de mon corps par rapport à une situation qui le dérange !

 

Aujourd’hui je n’ai plus du tout de sourcils! Ma fille m’a dit : «on dirait que tu as fait la chimio maman!»!! Dur! Je me suis donc fait tatouer les sourcils mais même au travail certains se sont demandés si c’était effectivement suite à une chimio ce tatouage! Comme si cela ne me suffisait pas de me regarder tous les jours dans la glace en me demandant ce qu’il m’arrive!

 

J’ai pris rdv l’année dernière avec le gynécologue qui m’a posée ces fameux implants!

J’en suis ressortie aussi dépitée qu’en y entrant! Une autre dame était avec moi en salle d’attente, également par rapport à la pose d’Essure.

 

Il a été très détaché par rapport à toute mon énumération de problèmes et à chaque question, toujours la même réponse :«je ne sais pas!» cela m’a laissée vraiment dubitative ! J’attendais des informations quant aux effets indésirables avérés de cette méthode! Car il y en a, j’avais lu des témoignages . C’est vers lui que ma gynécologue m’a adressée pour la pose car « c’est le spécialiste »! m’a-t-elle dit. Et un Professeur! Il m’a juste dit qu’il pouvait me les enlever si je le souhaitais et que c’était une hystérectomie avec salpingectomie car le retrait était très délicat! A aucun moment lors de notre 1 er rdv pour décider de la pose des implants il ne m’a parlait de Nickel ni même m’a demandée si j’avais une allergie quelconque ! Je n’ai pas pu me décider à accepter l’ablation des implants par ce Professeur! Aucune empathie ni effort de compréhension de sa part, même s’il a reconnu en enlever beaucoup.

Ce n’est pas pour rien si cette technique n’est plus utilisée dans certains pays, notamment au Brésil ; et suspendue depuis peu en France.

 

 

J’ai pris contact avec un autre gynécologue pour la semaine prochaine. J’espère qu’elle sera plus aux faits de la situation et pourra enfin me libérer de cet enfer. »

Témoignage de S.B.

(janvier 2018)

 

Suite à des effets secondaires des stérilets (aggravation de migraines sous stérilet Miren# ; fausse couche sur stérilet, hyperménorrhée, carence martiale et dysmorphie cellulaire au frottis  avec stérilet au Cuivre), ainsi que l’impossibilité d’utiliser des contraceptifs oraux oestroprogestatifs  à cause d’antécédents de migraines, et après 4 enfants et quasi la quarantaine, ma gynécologue Dr X me conseille cette méthode de contraception  définitive miracle qui est la pose d’Essure. Ni elle ni Dr B ne me propose la ligature des trompes.

 

A J-4 mois, consultation Dr Y, médecin chirurgien gynécologue, dans une clinique

 

Après recherches sur internet, je vérifie l’absence d’allergie au Nickel chez mon allergologue (Patch-tests ) : tests négatifs.

 

Les recherches effectuées sur internet fin 2014 relatant différentes études scientifiques en particulier études comparant taux de survie post pose d’Essure et ligature des trompes, les informations données par les médecins, prospectus Essure et même par le Vidal étaient en faveur de la pose d’Essure : absence d’effets secondaires relatés, mis à part les défauts de pose, en l’absence d’allergie au Nickel.

 

J1,  pose des Essure par Dr Y

 

Immédiatement après la pose d’Essure, douleurs localisées aux trompes à type de piqûre, peu intenses, permanentes puis au bout de quelques semaines intermittentes.

 

Quelques mois après, hyperménorrhée apparaissant à chaque cycle, ainsi qu’une apparition d’une colopathie fonctionnelle : constipation,  malgré un régime alimentaire riche en fibres et une pratique sportive,  ou alternance diarrhée-constipation, ballonnement. Prise de Forlax.

 

Un an après la pose, baisse de la ferritine malgré une prise quotidienne de fer pendant plus d’un an auparavant

Un an après la pose, bronchite aigue intense pour la première fois, nécessitant prise d’antibiotiques et ventoline (ventoline, pour la première fois de ma vie). Par la suite épisodes de toux sèche ou grasse plus fréquents qu’avant la pose des Essure.

 

Environ un an après la pose d’Essure, apparition d’insomnies constantes très invalidantes à réveils précoces sans autre cause retrouvée, constantes, donc existant même en vacances, malgré une bonne hygiène de vie  (pratique de sport en l’absence de douleurs pelviennes, de yoga, aucune prise d’alcool, de tabac ni de caféine, alimentation équilibrée).

 

En même temps (probable conséquence des insomnies), augmentation de la fréquence de crises de migraine à plusieurs fois par semaine, augmentation de l’intensité et de la fréquence d’acouphènes préexistants.

Toujours un an après, apparition d’une pollakiurie constante avec très souvent légères brûlures urinaires cédant sous une prise quotidienne de Cranberry, apparition de sensations de brouillard visuel, d’un prurit cédant sous antihistaminiques, ainsi que perte importante et quotidienne de cheveux.

 

1 an 6 mois après la pose, apparition de douleurs dorsales et lombaires, améliorées après séances de kiné

2 ans après, apparition de douleurs articulaires des genoux, intermittentes, non mécaniques ainsi que de douleurs musculaires des membres inférieurs. Paresthésies des membres inférieurs.  Radio des genoux normale.

Amélioration des symptômes sous régime sans gluten et sans lait.

 

Toujours 2 ans après, exacerbation des douleurs vaginales et pelviennes.  Echographie pelvienne, montrant un petit polype de 5 mm dans la partie moyenne de la cavité uterine, n’existant pas à la dernière échographie.

 

Information dans les médias grâce à Resist de possibles effets secondaires liés aux Essure, information confirmée par d’autres sites américains anglophones, effets secondaires ressemblant fortement aux miens…Adhésion à Resist

 RDV avec Dr Y qui fait la relation entre mes symptômes et la pose des Essure, et qui me propose une date d’opération fin Avril, hystérectomie totale et salpingectomie. Date que finalement j’annule, préférant une hystérectomie subtotale c’est-à-dire ablation de l’utérus mais pas du col de l’utérus  (pour éviter une cicatrice vaginale).

 

Toujours 2 ans après, apparition d’une endométrite et salpingite.


Prélèvement vaginal montrant un streptocoque B relativement sensible aux antibiotiques, amélioration des symptômes sous antibiotiques puis traitement antibiotique d’une récidive de cystite.

Amélioration de la cystite et des douleurs pelviennes, mais persistance de la gêne vaginale.

 

2 ans 2 mois après : visualisation sur l’échographie d’un nodule d’apparence bénigne sur le sein droit, n’existant pas antérieurement.

 

Puis  RDV avec Dr Z, chirurgien gynécologue au CHU. Proposition d’une hystérectomie subtotale (en gardant le col), à l’aide d’un sac permettant une morcellation de l’uterus tout en enlevant la totalité des Essure

Puis  récidive de cystite, cédant sous antibiotiques.

 

2 ans 4 mois après,  récidive de salpingite et endométrite, mêmes symptômes que la dernière fois, non fébrile, douleur pelvienne avec en plus métrorragies et cystite.

Amélioration des symptômes sous antibiotiques et disparition de la métrorragie en 15 jours.

 

2 ans 6 mois après, échographie pelvienne en fin de cycle visualisant l’hyperplasie de l’endomètre.

 

2 ans 6 mois après, hystérectomie sub totale et salpingectomie pour retrait d’Essure par Dr Z au CHU. Hospitalisation durant 2 jours. Traitement par Innohep pendant 10 jours. Arrêt de travail pendant 1 mois.

Immédiatement après l’opération, disparition des douleurs musculaires et articulaires, des paresthésies, du prurit, de la pollakiurie, des épisodes de brûlure urinaire, ainsi que des épisodes de brouillard visuel.

 

Amélioration progressive de l’insomnie, et donc de l’humeur et de la fatigue, et amélioration de la constipation et de la perte de cheveux.

 

Aucun épisode d’infection vaginale ni de cystite suite à l’opération, aucun épisode de toux.

 

A noter de légers spottings à la place des règles ce qui n’est pas gênant et qui permettent de bien suivre mes cycles, qui s’expliquent par la persistance de cellules de muqueuse utérine autour du col.

 

2 mois après l’opération, ASP (Abdomen sans préparation) visualisant l’absence de corps étranger (la totalité des Essure a bien été retirée)

 

Déclaration d’effets indésirables à l’ansm.

 

4 mois après l’opération, cicatrice sus-pubienne fibreuse limite chéloïde de 1 cm sur 0.5 cm encore gênante (démangeaisons aggravées lors de port d’une ceinture), traitée par C******.

 

4 mois après l’opération, disparition de tous les symptômes liés a l’Essure, y compris les insomnies, et diminution des symptômes préexistants avant pose d’Essure (migraines, acouphènes, allergies).

 

Persistance de douleurs postopératoires légères et intermittentes au niveau du col ne nécessitant pas d’antalgiques

Visite post-op : je suis informée de l’existence à l’anapath de l’utérus d’une endométrite ainsi  que d’une adenomyose

A  noter une baisse de qualité des rapports sexuels en comparaison à avant la pose d’Essure, orgasme moins « profond », s’expliquant physiologiquement par l’absence de contractions utérines qui ont habituellement lieu durant l’orgasme…Mais qui va se soucier d’une baisse de qualité de l’orgasme féminin ? Il faut déjà m’estimer heureuse d’avoir subi une seule opération, d’en être ressortie en assez bon état, d’avoir pu garder mon col et d’avoir évité une cicatrice vaginale,  d’avoir eu affaire à des médecins compréhensifs et de ne plus avoir de douleurs…

 

D’autres femmes souffrent en silence d’opérations ratées, de cicatrice vaginale douloureuse rendant les rapports quasi impossibles, et un père de famille et ses enfants au moins en France se sont retrouvés veuf et orphelins du jour au lendemain suite à une opération de retrait d’Essure de leur épouse/mère…

 

Je suis en colère contre les labos qui n’effectuent pas assez de tests avant la vente des dispositifs médicaux, qui prennent des décisions en fonction des profits effectués, et qui influencent fortement les médecins en France en les formant Cela me rend triste.

 

En l’absence de protocole de retrait et de formation des gynécologues sur le retrait des Essure, il semble recommandé actuellement d’effectuer une hystérectomie pour le retrait, mais rien n’explique les recommandations de retraits de col, à part le risque de cancer, la prévention du cancer du col étant généralisée par les frottis tous les 3 ans. 

 

Heureusement il existe aussi beaucoup de médecins proches des patientes, qui se remettent en question, qui acceptent de prendre des risques pour soulager les patientes de leurs maux en effectuant des retraits d’Essure sans protocole existant, et heureusement il existe…la solidarité Resist.

 

Des personnes ne recherchant pas le profit, créant du lien social, informant la population des effets secondaires des Essure, donnant généreusement de leur temps pour soulager les femmes victimes d’Essure, à l’écoute de toutes nos souffrances.

 

J’ai sans hésitation renouvelé mon adhésion 2018.

 

A notre tour d’informer et d’aider maintenant de futures opérées…

 

LISTE DES SYMPTÔMES POUVANT ETRE LIES A L ESSURE :

douleurs, hyperménorrhée  avec visualisation d’une hyperplasie de l’endomètre à l’échographie, colopathie fonctionnelle , baisse de la ferritine, bronchites aigues, épisodes de toux sèche ou grasse, insomnies, augmentation de la fréquence de crises de migraine, , augmentation de l’intensité et de la fréquence d’acouphènes préexistants, pollakiurie, brûlures urinaires,  brouillard visuel,  prurit , perte importante et quotidienne de cheveux, douleurs dorsales et lombairesdouleurs articulaires, douleurs musculaires des membres inférieurs, paresthésies, sensibilité au gluten et au lait, polype utérin ?, nodule d’apparence bénigne sur le sein droit ? ,endométrites et salpingites dont une avec métrorragies, cystites.

Témoignage de Marie-Laurence

(mars 2018) 

 

Ma vie a basculé, il y a 9 ans maintenant. Mon état physique s’était dégradé au fil du temps, sans crier gare. Chaque jour je perdais un peu plus la force de me battre contre un mal sans nom.

 

Petit à petit, mon corps souffrait de différents maux qui finirent par m’anéantir.

 

Aussi loin que je me souvienne, cela avait commencé par des vertiges, des maux de tête, une tension qui augmente, une vision qui  baisse, des lombalgies à répétition, des démangeaisons sur l’ensemble du corps, des douleurs articulaires de plus en plus fréquentes, des difficultés à me concentrer, à trouver mes mots, des pertes de mémoire… 

 

Petit retour en arrière, voici mon histoire :

En 2008, après 3 mois de réflexion et sur conseil de mon gynécologue, je décide d’opter pour cette nouvelle stérilisation définitive, moins invasive : les implants Essure :  sous anesthésie générale, la pose de ressorts dans les trompes de Fallope.

 

Très rapidement s’installent mes premiers symptômes : des règles hémorragiques, des maux de tête épouvantables et des nuits agitées.

 

Ma tension grimpe. Des nausées, des vertiges, des pertes d’équilibre surviennent à n’importe quel instant. Les douleurs abdominales et mon bas du dos me font atrocement souffrir. La dépression m’attend au tournant. Je n’étais plus que l’ombre de moi-même. Le début de mon enfer… et j’enchaîne toutes ces consultations chez les spécialistes : rhumatologue, cardiologue, ostéopathe, phlébologue, dentiste, acupuncteur, médecine coréenne, chinoise, chirurgien du rachis. Et toujours aucune explication !

 

Chaque nuit je vis un calvaire à essayer de trouver une position confortable, qui à la fin, j’ai  fini par le comprendre, n’existait pas ! Je vais encore à mes cours de danse, mais je me retrouve alitée le reste de la journée. Impossible de travailler, je perds mon emploi !

 

D’après les docteurs tous mes maux viennent de mon dos.

 

Malgré les infiltrations de corticoïde, les massages, les séances de kinésithérapie, d’ostéopathie, les douleurs persistent.

 

En 2015, un neurochirurgien me diagnostique  une discopathie dégénérative et décide de me poser une prothèse discale.  L’opération réussit parfaitement mais les douleurs sont toujours présentes.

 

Je passe alors une coloscopie qui s’avère normale.

 

Je consulte  ensuite le gynécologue, rien d’anormal… les implants sont toujours en place.

 

Aurais-je une endométriose ?

 

De retour chez moi,  je commence mes recherches sur le net et sur les Essure et tombe sur R.E.S.I.S.T.

 

Une bombe explose ! Je comprends enfin ! Il faut m’enlever ces implants ! Et j’adhère aussitôt.

 

Et là, ma vie prit un tournant que je ne regretterai jamais !

Grâce aux conseils de Marielle KLEIN et des Sisters, je me fais opérer le 26 mai 2017. Bien que j’y perde mes trompes et mon utérus malade dont l'endométriose se propageait jusque dans le péritoine, ce jour de l’ascension signa enfin ma délivrance. Les témoignages de toutes ces femmes qui sont devenues des Sisters et pour certaines des amies sont identiques au mien. Un corps en souffrance, prisonnier d’une chape de plomb, tel est notre ressenti. 

 

Ma convalescence fut libératrice de beaucoup de mes maux. Plus de fatigue écrasante. Ma tension est revenue à la normale. Plus de brûlures en bas du dos. Plus de pertes de mémoire. Plus de démangeaisons. Plus de vertiges non plus. Le commencement d’une nouvelle vie. C’est juste miraculeux !

 

Merci Bayer d’avoir volé ma vie pendant 9 ans ! 

 

Aujourd’hui je me dois d’alerter !  Au moindre symptôme, si vous êtes concernée, n’hésitez pas à contacter R.E.S.I.S.T. Nous sommes là pour vous aider : https://www.resist-france.org

Témoignage de Cécile

(septembre 2017)

 

Je m’appelle Cécile et j’ai 39 ans. Je vis en couple et maman de deux enfants.

 

J’ai bénéficié de la pose des implants Essure le 02/02/2012.

 

Très rapidement j’ai commencé à déclarer des problèmes de santé. C'est-à-dire : 4 jours après la pose, soit le 06/01/2012, j’ai consulté aux urgences pour migraines, puis de nouveau le 11/01/2012 toujours pour des migraines violentes.

Ensuite j’ai été hospitalisée à deux reprises :

ü  le 12/01/2012 pendant 24 h pour migraines avec aura (6 jours après la pose),

ü  le 19/01/2012 pendant une semaine en neurologie pour migraines avec hémiparésie de la face et de tout l’hémicorps droit. Au bout de 48 h, disparition de l’hémiparésie de la face et du haut du corps mais présence de paresthésie au membre inférieur droit en ressentant : fourmillements, sensation de chaud et/ou froid intense, douleurs au pli de l’aine, mobilisation difficile, boiterie, douleurs musculaires et articulaires, fatigue intense.

En même temps, je déclare bien d’autres symptômes : règles hémorragiques, ventre gonflé, essoufflements, écoulement nasal toute l’année, douleurs dorsales, pression dans les mâchoires, faiblesse musculaire, problèmes de concentration, de mémoire, transit perturbé.

 

Lors de mon hospitalisation, les investigations n’aboutissant pas (scanners, IRM, bilans sanguins…), très vite l’équipe médicale me demande si j’ai des difficultés professionnelles ou familiales, et vu que je suis très fatiguée, ils évoquent un burn out. Bref, une consultation douleur est organisée pendant ce séjour, et le médecin douleur que je rencontre m’examine à peine, et m’explique que ma problématique médicale est d’ordre PSYCHOLOGIQUE. Cette consultation a duré en tout et pour tout 5 minutes ! Très honnêtement je n’ai pas du tout apprécié, je lui ai expliqué que tout allait bien dans ma vie familiale et professionnelle et je lui ai demandé de sortir de cette chambre. Je n’en revenais pas ! 5 minutes de consultation et vous êtes PSY !

 

La colère me prend : je ne suis pas entendue dans ma douleur, sur mon état physique ! Et ce qui m’a profondément blessé pendant cette hospitalisation, c’est que j’étais aide-soignante dans cet hôpital et que je travaillais dans les différents services de médecine dont celui-ci. Comment peut-on porter un jugement sur l’état de santé d’une personne, qu’y physiquement est en souffrance et diminuée ? Quelle honte : le corps médical n’a pas d’étiologie donc vous êtes PSY ! Ce n’est pas cela que l’on nous apprend sur les bancs de l’école, on nous apprend l’empathie.

 

Je sors d’hospitalisation avec un traitement neuroleptique fortement dosé, qui effectivement, agit sur mes douleurs neurologiques.

Avec mon médecin traitant, nous demandons une consultation avec un neurologue dans un CHU. Je refuse toute prise en charge sur mon lieu de travail !

 

Il est important de préciser qu’à cette période, mes enfants ont 6 et demi pour mon fils et 18 mois pour ma fille. A la maison, j’ai beaucoup de mal à tenir debout, je boite, quand mon conjoint rentre tard du travail, c’est mon fils qui douche sa petite sœur car cela m’est impossible de le faire. Je suis assise par terre dans la salle de bain, je le guide pour la toilette de sa petite sœur. Ce n’est pas la place d’un enfant de 6 ans d’assumer ce rôle là.

 

Un point très important à mentionner également, mon conjoint me soutient, il est très présent et je ne suis pas seule.

 

Je me pose des tas de questions, pourquoi mon corps ne va plus ? Et finalement s’ils avaient raison ? C’est peut-être dans ma tête…

 

Je décide de consulter un psychologue pour ne passer à côté de rien. J’effectue plusieurs séances.

En parallèle, j’ai enfin ma première consultation en mars avec un neurologue dans un CHU.

Je précise que le psychologue commence à me faire prendre conscience que je vais bien dans ma tête.

Lors de cette première consultation avec le neurologue, qui a duré quand même entre 45 minutes à une heure, ce médecin a épluché tous les clichés d’imagerie, bilans sanguins que je lui ai apportés, a EXAMINÉ mon corps et a constaté une boiterie mais surtout a découvert une perte des réflexes rotuliens à droite.

Je pleure, les nerfs relâchent… cette femme médecin me confirme qu’il y a réellement un problème physique. L’étiquette PSY me quitte ! Ça y est enfin je suis entendue dans ma douleur.

 

Cinq années d’écoulées comprenant des consultations tous les 6 mois au CHU avec un traitement  de neuroleptiques, d’anti migraineux, une hospitalisation au centre douleur ; toujours au CHU ; où a été mis en place une neurostimulation transcutanée (TENS) positionnée le long de ma jambe. Cette technique a un effet antalgique, déclenchant de l’adrénaline pour soulager et du coup cela évite des médicaments supplémentaires. Le port du TENS quotidien était d’environ 12 h par jour en ne devant  pas dépasser 16 h.

 

J’ai eu un arrêt d’un an. Une nouvelle organisation familiale s’est faite autour de moi. J’ai bénéficié d’un reclassement professionnel. Je suis maintenant secrétaire médicale.

 

Fin 2016, mon conjoint regarde un reportage télévisé. Au travers des témoignages, il a l’impression d’entendre mon vécu, bref de me reconnaître. Il découvre qu’il y a des effets indésirables importants aux implants Essure et que leur composition est au nickel. Nous n’en n’avions pas connaissance. La liste des effets indésirables est longue, différente selon les patientes et déclare entre autre des migraines et des douleurs neuropathiques.

 

J’ai donc rencontré mon gynécologue en janvier dernier n’ayant toujours pas d’étiologie à mes problèmes de santé, où je lui ai posé la question y-a-t-il un rapport entre les implants Essure et ma santé ? À savoir qu’en mai 2016, j’ai été opérée d’un fibrome utérin. Sa réponse : il est impossible que vous soyez allergique, vous l’auriez su très rapidement et le fibrome n’a aucun rapport, les migraines, les saignements hémorragiques, le ventre gonflé sont parce que vous êtes une femme proche des 40 ans !

Au vu de mon insistance, mon gynécologue m’a fait faire des tests allergiques au cobalt et au nickel par un dermatologue, qui ont été posés en mars dernier. L’examen clinique révèle une positivité à deux croix pour le cobalt et le nickel.

 

Grande découverte, je suis allergique ! Aucune information sur la composante au nickel et aucun test allergique n’a été effectué avant la pose des implants Essure.

 

À la suite de ces résultats, pour en effectuer l’ablation, il m’a fallu respecter une procédure, c'est-à-dire, consulter un gynécologue expert référencé par le Collège National des Gynécologues et Obstétriciens de France, liste créée par rapport aux cas d’effets secondaires.

J’ai donc consulté un gynécologue à 140 km de mon domicile.

 

À la suite de cette consultation, a été organisée une intervention chirurgicale, qui a eu lieu le mercredi 10 mai 2017 en indication : ablation de dipositifs Essure par salpingectomie bilatérale sous cœlioscopie + hystéroscopie.

À J8 de la date d’intervention, j’ai fait un choc septique et j’ai mis plus de 3 semaines à m’en remettre…

 

Quelques jours après l’ablation des Essure, je détecte des signes positifs. Je ressens une disparition rapide des différents symptômes en parallèle au sevrage de mon traitement.

Je n’ose pas y croire, disparition complète de toute la symptomatologie : je n’ai plus la tête dans un étau, ni de douleurs neuropathiques dans ma jambe, ni d’essoufflement, le ventre dégonfle, les règles sont normales… j’ai tellement peur que tout revienne que j’en parle du bout des lèvres !

 

À ce jour, je n’ai plus de traitement neuroleptique depuis fin juin et anti migraineux depuis fin juillet. Il n’existe plus de symptômes. Mon corps s’est réveillé. C’est une renaissance !

Une anecdote qui m’a touchée, j’ai fait du vélo avec ma fille tout une après-midi et elle m’a dit : « c’était trop génial de faire du vélo avec toi Maman ! ». Effectivement c’était la première fois que nous partagions ce moment ensemble et pourtant c’est une chose simple de la vie ! Je ne vais plus au lit à 21 heures et donc je partage la soirée avec mon conjoint. Je pourrais en citer plein d’autres détails !

 

Début juillet, j’ai revu le chirurgien pour la consultation postopératoire qui a été satisfaisante.

 

Voici mon histoire, je vous remercie du temps que vous aurez accordé à sa lecture.

Cécile

Domitille B.

Je m’appelle Domitille, j’ai 38 ans et je vis dans le Nord.

 

Maman de 2 adorables loulous et certaine de ne plus en désirer (tout comme mon mari), je réfléchis à un mode de contraception radical qui me protégera d’une grossesse accidentelle ! Comme je sais que toute méthode contraceptive comporte des failles, je me dis que je devrais passer directement à la stérilisation !

Le temps passe et cette idée de stérilisation ne me quitte plus ; je commence à me renseigner de ci de là, je recherche la méthode la moins infaillible, la moins douloureuse, la plus rapide… Je cherche et .. JE TROUVE !

 

Là, sur mon écran, je lis la description de la méthode «i-dé-ale» correspondant en tous points à ce que je recherche ! Bon il y a bien ce délai de 4 mois qui m’embête un peu car je suis ultra décidée alors je n’ai pas envie d’attendre encore 4 mois avant la pose de ces implants !! Mais bon, la loi est la loi, j’attendrai…

Témoignage de Vanessa L. (Rhône)

(octobre 2017)

 

Bonjour à toutes et à tous d'abord merci à Marielle pour avoir fait cette association et nous permettre ainsi d'apporter nos témoignages et nous aider à nous sentir moins seules dans cette épreuve .

 

32 ans 3 enfants 2 filles 1 garçon tout était parfait et je ne voulais pas d'autres enfants; le système Essure m'a été présenté comme pratique efficace indolore et le fait de ne pas à avoir d'arrêt maladie était pratique car étant moi-même à mon compte il m'était impossible de m'arrêter plusieurs jours.

 

Après les 4 mois de réflexion l'intervention a été fixée en octobre 2016 sous anesthésie générale tout s'est bien passé j'ai repris le travail au bout de 3 jours sans complication particulière .

tout allait très bien; en décembre 2016 comme des centaines de personnes j'ai vu et entendu le combat de Marielle Klein au sujet des implants Essure.

 

Une semaine après cette émission mon chirurgien m'envoie un courrier me présentant des symptômes et des effets indésirables liés aux implants ;j'en parle à mon mari et je me dis pas pourquoi ça tomberait sur moi etc etc; les mois passent... 6 mois après la pose j'ai commencé à ressentir des maux de tête malgré la prise de 6 grammes de paracétamol par jour rien n'y faisait et puis j'ai commencé à avoir des malaises et à ne plus pouvoir tenir sur mes jambes j'ai consulté le médecin traitant qui m'ont fait faire un IRM ,des analyses de sang dont tous les examens s'avèrent parfaits et  révèlent que j'étais en parfaite santé . En conclusion je suis au bord du burn-out je fais une dépression car je suis fatiguée, je travaille et j'ai 3 enfants.

 

Je leur ai expliqué qui étant donné que je suis une superwoman et qu'il est impossible pour moi de faire une dépression je savais très bien que mon état de santé et il y a quelque chose d'effet je et ne pouvait pas être un facteur psychique ;

après avoir consulté d'autres médecins traitants pour un total de 5 différents, deux d'entre eux m'ont dit que cela pouvait être lié à mes implants Essure à savoir que les premiers médecins que j'ai consulté mon assuré que mon état de santé n'était pas en lien avec les implants; enfin j'etais écoutée et me sentais moins folle;

Juin 2017,  j'ai donc écris un courrier à mon chirurgien lui expliquant tous mes symptômes :maux de tête, malaise, mal aux articulations ,grosse tension dans la nuque ,perte de cheveux, bref ....et de là il m'a rencontré une semaine après et m'a dit qu'il avait déjà opéré plusieurs de ses patientes pour enlever le dispositif Essure .

 

Une consultation neurologique à confirmer que il n'y avait rien de neuro et m'a donné un traitement pour mes maux de tête .

 

Ablation des trompes prévu le 7 septembre 2017. 

 

Aujourd'hui le 3 octobre 2017 j'ai fait mon opération il y a de cela 3 semaines salpingectomie bilatérale et il s'avère qu'après le contrôle de l'écho il reste encore un morceau d'Essure dans mon utérus je dois me refaire opérer le 16 octobre prochain avec encore un mois d'arrêt maladie pour ceux qui comprennent étant donné que je suis à mon compte je n'ai rien nous devons vivre avec le salaire de mon mari ; voilà donc à 32 ans je me retrouve avec deux opérations en l'espace d'un mois et demi je ne peux pas m'occuper de mes enfants je suis un vrai légume ne peux à peine me lever pour aller travailler bref encore merci pour vous Marielle et bon courage à vous toutes qui passent par là parce que finalement il n'y a que les femmes qui vivent ça qui peuvent comprendre ce qu'on vit ; et pour celles qui veulent ce dispositif et ben passez votre chemin.

Témoignage de Sophie I.

(août 2017)

 

Je m’appelle Sophie, j’ai tout juste 47 ans, 5 magnifiques enfants de 25 ans à 6 ans.

Il y a 6 ans, le 13 août 2011, j’ai mis au monde mon 5e et dernier enfant, cet accouchement à failli faire parti des dernières meilleures choses de ma vie, Benjamin c’est retourné lors de l’accouchement donc anesthésie générale pour me faire une césarienne en urgence, 1 jours après 40 de fièvre, et ceci pendant 1 semaine, j’ai eu une batterie d’examen, les médecins disaient à mon mari de m’amener les enfants pour peut être me dire un dernier au revoir…bref opération en urgence une semaine après, pour je ne sais pas quoi car mon dossier c’est bizarrement perdu !!! Avec tout ce que j’ai pu endurer durant ces 15 jours d’hospitalisations je suis devenu phobique des hôpitaux….

 

Du coup après 2 bons mois de convalescence, ou j’ai souffert, je me suis dit stop c’est un signe !!!!

Alors je me décide, en juin 2012 peut être,  à en parler à mon gynécologue, dans ce fameux hôpital qui a failli me tuer, j’avais peur, peur de repasser sur la table, peur de laisser mes enfants, peur….elle m’a proposé 2 solutions, soit me ligaturer les trompes à l’ancienne méthode avec les fils, mais d’après elle c’est plus long à ce remettre, c’est plus intrusif, c’est moins bien….et la méthode essure qui est sensationnelle et innovante avec tous ses avantages et pas d’inconvénients !!!!

 

Le seul examen à passer : le test chez un allergologue pour une éventuelle allergie, donc rendez vous pris, je passe ce fameux test, et résultat infime allergie, il  préconise de ne pas  poser  d’essure, il n’y a pas grand-chose mais tout de même…un peu dépité je suis retourner chez mon gynécologue, c’est pas grave elle me ligaturera les trompes avec l’autre méthode, cela sera peut être plus long pour me remettre mais bon…..Et elle, mais je peux vous mettre cette essure, il n’y a pas de problème, je l’ai mis à d’autres femmes comme vous et aucun effet n’est apparus, vous n’avez pas grand-chose sur ce test qui pourrais provoquer quoique ce soit !!!!!

 

Opération en octobre 2012 par un autre gynécologue car la mienne n’était pas là, avec ma peur au ventre d’y rester, mais je me réveille, elle vient me voir et le verdict tombe, on a eu du mal, un est bien mit l’autre à voir, il faudra peut être recommencer… je n’ai jamais pu faire le test de contrôle, j’avais cette peur au ventre qui me disait que tout allait recommencer….Depuis une immense fatigue s’est installée, des insomnies et bouffées de chaleur, la libido a disparu, des douleurs dans les articulations des doigts (peut être de l’arthrose au dire de mon médecin) une douleur pelvienne, à l’aine, au ventre comme des contractions, des pertes hémorragique, des règles toutes les semaines ou absence de règles durant 6 à 8 mois,  mais aussi une immense douleur coté bas ventre gauche ou droit si je prend une mauvaise position, mais tout cela je le mettais sur le compte de la pré ménopause, l’age que je prenais, au dire de mon généraliste, mais pas d’examen effectué pour l’avérer…J’ai vécu comme cela jusqu’en janvier 2016 !!! 

  • Le 18 janvier 2016 arrêt 2 jours pour une diarrhée importante, examen de selle fait mais négatif donc examen de sang, pas bonne mais on sait pas trop ce que j’ai !!!!
  • Le 12 avril  2016 arrêt 2 jours, un œil gonflé on ne sait pas pourquoi et une baisse de la vue impressionnante que je ressentait depuis quelques semaines.
  • Le  22 juin 2016 arrêt 2 jours pour une sorte d’infection urinaire sans germe dans les urines mais sang, examen de sang pas bonne mais on ne sait pas ce que j’ai !!!!
  • Le 10 août 2016 échographie abdomino- pelvienne pour douleur et impression de masse péri-ombilical, absence d’anomalie en faveur d’une pathologie intestinale probablement plutôt fonctionnelle, on ne sait pas ce que j’ai !!!
  • Le 29 septembre 2016 arrêt de 3 jours pour grande fatigue, examen sang le 26 septembre 2016  pour la maladie du baisé et lyme négatif, on ne sait pas ce que j’ai !!! 

Mon grand chef me convoque dans son bureau, alors Sophie, qu’est ce qui vous arrive, ou est ma leader chip, ou est l’employé qui fait du chiffre, qui s’investit… et moi je le regarde, et je ne sait pas ce que j’ai, je vois bien que je ne vais pas bien, que je regresse, que je suis fatigué, j’ai des flash dans les yeux, j’ai mal a la tete souvent, bouffée de chaleur,  la vue qui baisse, que je suis obligé de mon concentré ne serait ce que pour réfléchir, agir, pour ne pas oublié ce que je dois faire, et cela à tout moment, tous les jours… 

  • Le 17 octobre 2016 échographie thyroïdienne, gène au niveau de la gorge, douleur jusque dans la mâchoire, impression de masse,  bilan normal, on ne sait pas ce que j’ai !!!
  • Le 21 novembre 2016  arrêt 5 jours pour accident du travail, doigt pris dans machine, je commence à avoir des pertes de mémoires importantes et suis obligé de réfléchir pour travailler, ce jour là je me suis emmêlé les pinceaux !!!! 

Le 14 décembre je suis allée au boulot, j’adore ce travail, et j’adore travailler. A un moment je monte sur mon grand escabeau pour alimenter ma machine et tout d’un coup un vertige me prend, je me rattrape in extremis pour ne pas tomber, cela m’a pris 2 ou 3 fois, bon on va dire c’est la fatigue…

 

Le 15 décembre je me lève, vers 4 heures du matin pour aller bossé, tout d’un coup un vertige me prend, je m’assoie vite, mes yeux vont de gauche à droite très vite et incontrôlable, ça va pas du tout là, tout le monde dort, je prend sur moi et essaie d’aller m’allonger, je dois avoir de la fièvre.. Je m’allonge par terre et rampe jusqu’à la salle de bain pour prendre ma température, et ce thermomètre qui me dit que tout va bien… Je me dit que stop trop d’arrêt, donc je me prépare en tanguant, en m’accrochant, non je ne réveillerais personne, j’irai au travail, je sens que ça va pas bien du tout, mais je persiste.

 

J’arrive à grimper dans la voiture, inconsciente de ce que je fais, je roule, il fait nuit, la voiture roule à 30km/h, je m’arrête dès que je croise une voiture, dès qu’une me suis, j’arrive au boulot, et attend un peu, j’ai failli me tuer et peut être tuer…et je me rend compte tout d’un coup de mon erreur, de ma bêtise, mais je veux pas être en arrêt… Ca passe un peu, je vais me changer, en essayant de marcher normalement, on dirait une alcoolique, les filles me disent que je suis pâle, c’est rien j’ai mal dormi que je leur répond, et je me met en poste… je vomi, je vomi, je vomi, mais je dit rien jusqu'à ma pause à 9h, j’appel mon mari, lui explique, il prend rdv chez le médecin, je quitte mon boulot, tout va bien pour rentrer que je dis, mais non ça va pas, j’ai mis 1h pour rentrer au lieu de 15mn…

Je suis allé chez le médecin, ça doit être la fatigue voir peut être les vertiges vestibulaire, je veux pas d’arrêt, ça ira, le week-end me fera du bien !!!

Lundi boulot, ça va pas trop mais bon….. Toujours l’impression d’être alcoolisé

 

Mardi 20 décembre 2016, paralysie coté gauche du visage, le médecin m’envoie aux urgences de Nantes,  suspicion de dissection vertébral je suis en arrêt !!!!!

  • Vertiges rotatoires
  • Nausées
  • Impression d’aphasie
  • Hypoesthésie péribuccale
  • Myalgies des 2 mollets
  • Douleur type décharge électrique bras droit
  • Instabilité à la marche favorisée à la fermeture des yeux
  • Scanner réalisé, RAS, veulent IRM possibilité de pautre interne
  • Le samedi 24 décembre 2016 : Perte totale de la voix, vertige, fièvre, le cœur qui s’emballe
  • Le mardi 27 décembre 2016 Séance de kiné pour vertige rotatoire à l’hôpital, Kiné m’emmène  aux urgences
  • Toux sèche,fièvre 38.2,dysphonie,douleur à la palpation du sillon rétro auriculaire. RAS peut être grippe !!!!
  • Le jeudi 29 décembre médecin, prise de sang pas bonne, on ne sait pas ce que j’ai !!!!!
  • Le lundi  2 janvier ORL pour la douleur au dessus de l’oreille droite comme des coups de marteau incessant, attente de passage IRM hypothèse zona
  • Le vendredi 6 janvier 2017 médecin, je tousse énormément à ne plus pouvoir m’arrêter
  • Le samedi 7 janvier 2017 radio poumons suspicion pneumopathie
  • Syndrome bronchique, ce n’est pas grave
  • le vendredi 13 janvier 2017
  • Examen de sang, pas bonne donc  radio pulmonaire, RAS, on ne sait pas ce que j’ai !!!!!! du coup le medecin m’envoie aux urgence de la Roche sur Yon, elle ne sait plus quoi faire, les prises de sang sont mauvaises mais elle ne sait pas ce que j’ai !!!!!!
  • Persistance de toux grasse, sensation d’étouffement, palpitation
  • Radio des poumons RAS, on ne sait pas ce que j’ai !!!!
  • Le jeudi 19 janvier 2017 médecin, j’en peux plus et je dors plus, elle me donne des somnifères 

Début février 2017 reprise du travail pendant une semaine et demi  avec mes vertiges et douleurs, médecin du travail met en inaptitude temporaire temps que IRM pas passée !!!!

  • Le mercredi 8 mars médecin plus prise de sang pas bonne, on ne sait pas ce que j’ai !!!!!!
  • Le jeudi 9 mars radio thorax pour douleur basi thoracique gauche avec dyspnée
    RAS, tout va bien !!!!!! Enfin de ce qu’ils disent…..
  • Le mardi 21 mars 2017 IRM, tout va très bien !!!........
  • Rendez vous chez l’orl suite IRM, bah vous n’avez rien du tout, je ne sais pas d’où viennent ces douleurs au dessus de l’oreille…..maintenant je me met à parler bizarrement, j’utilise des mots qui n’ont rien a voir dans le contexte, j’oublie de plus en plus ce que je dois faire, je dois me concentrer pour ne pas oublier…. 

Le mardi 28 mars je suis allé à la médecine du travail pour la reprise du travail, toujours avec mes vertiges, bouffées de chaleur, palpitations, mal aux articulations,…., mes douleurs physique et moral, car je n’en pouvais plus de ne pas être comprise, d’avoir mal sans avoir d’explications, pourtant il y avait les prises de sang pour le prouver, et bien voici le conseil de l’infirmière qui m’a fait reprendre :

Ecoutez madame, il faut quand même prendre sur vous-même et arrêter tout ces blabla, c’est dans votre tête que cela se passe, il faudrait peut être vous faire suivre, mettez y du votre aussi !!!! Elle m’a mise en reprise mais a un poste ou je n’étais pas seule, avec visite chez elle 1 mois après.

 

J’en pleurais de rage, j’avais mal, par moment, tout le temps, quelques fois… donc j’ai mit toutes mes douleurs dans ma poche, j’ai repris le travail avec plaisir toutefois car j’en avais marre d’être chez moi, mais vertige, douleurs, fatigue, insomnie..tout était là quand même…

 

Le 6 juillet 2017 j’ai démissionné de mon travail, je n’arrivais plus à réfléchir, a travailler correctement, je me lassais, j’ai fait une liste de tous mes maux, et moi-même je n’en reviens pas, en l’espace d’un an mon état de santé c’est dégradé sans que l’on sache ce que j’ai, je ne suis pas retourné chez le médecin, je vis avec en me taisant, j’ai vu le reportage à la télé sur essure, et là ça à fait tilt, j’ai peut être la solution à mes maux, j’ai peut être la liberté au bout, je suis fatigué nerveusement aussi, tout le monde en pâtit à la maison, en 6 mois j’ai pris 7kg mais je ne sais pas comment, j’ai l’impression d’être à 5 mois de grossesse, moi ancienne obèse qui me suis battue pour perdre plus de 50kg je reprend du poids, actuellement mon moral va pas bien, je tiens pour mes enfants et mon mari qui est a fond derrière moi, mais je ne sais pas par ou commencer et surtout il faut que je réfléchisse sans cesse pour penser, alors il faut que je commence le combat, mais par ou commencer... 

Témoignage de Valérie

46 ans

(août 2017)

 

En mai 2013, j'ai bénéficié de la pose des implants ESSURE pour une contraception définitive.

 

j'ai eu deux enfants qui ont 25 et 21 ans et en 2008 on m'a provoqué une fausse couche, car l'embryon était mort à 4 semaines.

 

Ne souhaitant plus prendre de moyens de contraception, que j'ai toujours eu du mal à supporter (stérilets et pilules), je demande à mon médecin gynécologue de me ligaturer les trompes.

 

Ce dernier refuse. J'avais alors 38 ans et me conseille d'attendre après la quarantaine, même si je ne souhaitais plus d'enfants. Je l'écoute et me voilà repartie avec 5 années de pilule et autant de désagréments.....(prise de poids, poitrine très douloureuse, maux de ventre....)

 

En 2013, je renouvelle ma demande et cette fois-ci, ma demande est acceptée.

 

Et là, on me propose LA NOUVELLE METHODE, la pose des implants ESSURE qui m'est présentée comme une technique nouvelle, sans chirurgie, donc beaucoup moins contraignante pour les patientes, moins invasive que la ligature traditionnelle des trompes. Pas d'anesthésie, pas de cicatrices, pas de séjour à l'hopital.

Mon gynécologue m'envoie donc vers un de ses collègues obstétriciens et en mai 2013, on m'implante donc ces ressorts. Je sors l'après midi même, je vais travailler le lendemain.

 

Tout va très bien.

 

Les ennuis commencent 5 à 6 mois après.

Je ressens des ballonnements de plus en plus régulièrement, jusqu'à être pliées en deux. Mon ventre est constamment gonflé. je ne peux plus mettre de vêtements qui me serrent le ventre, sans quoi cela provoque des ballonnements instantanément.

 

Mon transit est très perturbé, passant par des périodes de constipation deplus en plus fréquentes.

Les symptômes apparaissent et disparaissent de façon tout à fait brutale. Et puis, je souffre de douleurs lombaires, de plus en plus violentes et fréquentes.

 

C'est très perturbant dans ma vie quotidienne. Je ne peux pas faire de sport quand je le souhaite, il suffit que des maux de ventre se déclarent pour m'empêcher de faire ce que je souhaite, la seule solution pour moi de moins souffrir étant de me coucher. Quand cela m'arrivait au travail, j'étais pliée en deux, ne pouvant bouger de mon bureau, n'ayant qu'une hâte rentrer à la maison.

 

Cela a commencé donc en octobre 2013. EN 2014, j'en parle à mon médecin généraliste qui me prescrit un traitement contre les ballonnements, sans succès. En 2015, je vais consulter un gastro entérologue. Je lui dis quand même que ces maux ont commencé quelques mois après la pose d'implants ESSURE, lui expliquant de quoi il s'agit. Pour lui rien à voir. N'ayant dans ma famille aucun membre ayant eu des problèmes intestinaux graves, ce médecin me dit que mes maux sont vraisemblablement liés au stress, et me conseille aussi de changer mon alimentation, supprimer tout ce qui fermente et peut donc provoquer des ballonnements. Pas de traitement particulier...

Je suis ces conseils, rien n'y fait, toujours les mêmes problèmes.

 

J'en parle à mon médecin gynécologue, appuyant sur le fait que je ne souffre de ces problèmes que depuis la pose des Essure. C'était en 2015-2016. on me répond que cela n'a rien à voir, que mes soucis sont vraisemblablement liés à une pré ménopause, que les problèmes intestinaux sont fréquents à mon âge. (45 ans). Joyeuse perspective pour les années à venir. J'étais démoralisée...

 

Mon dos me fait aussi souffrir de plus en plus, je consulte une kinésithérapeute après avoir passé une radiographie du rachis lombaire. Radio normale. elle ne peut me soulager que par massage mais me confirme qu'elle a plusieurs patientes dans mon cas et me conseille de voir ma gynécologue pour demander le retrait des Essure.

 

Fin 2016, j'entends à la télévision le témoignage d'une femme qui avait des problèmes de santé bien plus graves que les miens et qui s'est fait retirer les ressorts ESSURE. Pour la première fois, j'entends parler de l'association RESIST et donc de la plainte déposée contre le laboratoire BAYER. Je lis les témoignages et là je suis effarée de voir à quel point les médecins peuvent mépriser des patientes qui se plaignent de maux réels et que le chemin soit si difficile pour obtenir le retrait d'implants qu'aucune d'entre nous n'a demandé. Car il faut le rappeler toutes les femmes ont demandé une ligature des trompes. Nous n'avons d'autre choix que de croire les médecins quand ils nous disent nous faire bénéficier d'une méthode beaucoup plus innovante.

 

Je décide alors d'aller plus loin dans mes démarches. Je retourne voir mon médecin gynécologue en janvier 2017, qui mettant quand même en doute mes soupçons, donc mes symptômes et me disant que peu de femmes se plaignent de cette méthode, me demande de prendre l'avis d'un autre gastro-entérologue. Ensuite seulement si rien n'est décelé au niveau intestinal, mon médecin gynécologue me recommande d'aller voir le médecin obstétricien qui m'a posé les essures pour un retrait .

 

Je consulte un autre gastroentérologue qui me prescrit une coloscopie pour éliminer une maladie ou problème intestinal. Je précise que ce médecin gastroentérologue est le seul auprès de qui j'ai trouvé crédit. quand je l'ai consulté, il m'a dit avoir reçu la même semaine 2 ou 3 patientes qui se plaignaient de problèmes identiques aux miens après la pose d'essure. Je passe donc une coloscopie en mars 2017. Tout est parfait, pas de souci.

 

Je prends donc RDV début avril 2017 avec l'obstétricien, forte de mes résultats négatifs au niveau intestinal et muni du courrier de ma gynéco lui demandant d'envisager une salpingectomie si rien n'était trouvé donc au niveau intestinal. Et alors, là, je tombe de haut. Il est très ennuyé, hésitant, fuyant,  me disant que mes problèmes ne viennent pas de là, que les ressorts sont très compliqués à enlever et qu'il doit réfléchir et m'informant qu'il n'en a jamais enlevé. Je n'en crois pas mes oreilles... Je repars sans réponse de sa part et il me demande d'attendre sa réponse fin avril début mai. J'attends toujours.

 

En mai 2017, je prends RDV en clinique avec un autre médecin obstétricien. Là encore, j'explique mon "cas", il est très suspicieux, je lui parle de la plainte déposée par les femmes non satisfaites de cette méthode, il me répond que la majorité des femmes en sont contentes et qu'on entend que les mécontentes... Enfin, il m'explique que les médecins gynécologues sont très réservés sur le retrait des ressorts, car le risque est qu'ils ne puissent pas les enlever entièrement. C'est très déstabilisant pour la patiente que je suis, car j'ai l'impression qu'on ne me croit pas et je ne rencontre que mépris et suspicionS face à ces professionnels.

 

J'insiste pour qu'il me les enlève, lui précisant que je finirai bien par trouver un médecin qui accepte, ce qu'il fait en émettant toutes les réserves possibles.

 

Je suis opérée en juillet 2017. En salle de réveil, une radio de contrôle confirme que l'ablation des trompes a permis d'enlever les ressorts dans leur intégralité.

 

Je me remets très bien de l'opération. 

 

Je viens de revoir ce médecin un mois après l'intervention pour une visite de controle. Il est à nouveau très suspicieux, sourire en coin quand je lui dis que je n'ai plus de problèmes intestinaux depuis l'opération. Certes il m'a opéré et cela s'est avéré positif car je n'ai plus les implants, mais cela me laisse un goût amer car pendant 4 années, j'ai été confrontée à des médecins qui mettaient ma parole en doute, j'ai eu l'impression d'être folle, je me suis dit à plusieurs reprises que j'en faisais trop. Je ne suis pas d'un naturel à me plaindre, je suis très résistante au mal mais à un moment donné les patients connaissent leur corps et savent ce qui ne va pas. L'écoute est importante et cela n'a pas été le cas des différents médecins que j'ai pu voir. Seul la kiné qui m'a suivi quelques mois et le second gastro-entérologue qui m'a prescrit la coloscopie ont été des médecins à l'écoute de leur patient.

Témoignage de Sandrine C.

(juillet 2017)

 

Je suis Sandrine C, 45 ans, infirmière, maman de 3 enfants. Après la naissance de ma petite dernière en 2008, je souhaitais une contraception non hormonale, fiable. Souffrant de problèmes de sciatiques récurrents, l'utilisation d'un stérilet était contre indiqué du fait de mon usage d'anti-inflammatoires. Je souffre aussi d'endométriose depuis l'âge de 16 ans et j'ai été opérée 3 fois. 

 

Mon gynécologue me propose alors les implants ESSURE et je trouve cette méthode tout à fait adaptée. Je me fais opérer en 2009, sous anesthésie générale. Les suites opératoires sont normales et je reprends le cours de ma vie. Puis au bout de quelques mois, environ 6 mois, je ressens des douleurs pelviennes assez importantes. Je suis quelqu'un d'assez résistante à la douleur ( au dire des médecins et de mon entourage) et je n'y prête pas attention.

Puis au bout d'un an, une fatigue s'installe et les douleurs se diffusent au niveau des articulations. Je prends contact avec mon rhumatologue qui me fait faire des tas d'examens ( IRM, scanner, radios). Il ne trouve pas l'étiologie de ces douleurs et me prescrit des traitements anti-inflammatoires ( d'abord des AINS puis des corticoïdes puisque le douleurs perdurent).

 

Je "traine" ces douleurs pendant de nombreuses années, leur intensité devenant telle que je me retrouve plusieurs fois sous morphine pour pouvoir continuer à mener une vie normale, assurer mon travail et ma famille. Maintes fois, mon rhumatologue me fait des infiltrations pour tenter de me calmer sans savoir vraiment à quoi sont dues ces inflammations répétées. Et cette fatigue qui n'en finit pas!!!

Pour finir, je passe en ALD l'année dernière pour fibromyalgie.

 

Puis j'entends parler des contestations liées aux implants Essure et je prends rdv avec mon gynécologue ( je le voyais juste une fois par an et je ne lui avais jamais parlé de mes douleurs car je ne voyais pas le rapport avec mes implants). De plus, depuis 2 ans, je faisais des hémorragies de plus en plus importantes et j’étais à la limite de l'anémie. (mais je pensais que c’était la pré ménopause).

 

Bien entendu il nie que tout ce qui m'arrive soit lié aux implants mais vu que mes hémorragies sont de plus en plus importantes, il me fait une échographie et là m'annonce de but en blanc que j'ai de très gros fibromes dans l'utérus, une trompe gauche complètement atrophiée, de l'endométriose partout et qu'il faut me faire une hystérectomie totale avec annexectomie.( le gynéco m'explique que je peux conserver mes ovaires encore 2 ans mais que l'endométriose reviendra et qu'il faudra de toute façon les enlever d'ici 2 ans; donc je ne veux pas repasser au bloc dans 2 ans!!)

 

Je suis bouleversée car, même si je n'envisageais pas d'avoir d'autre enfant, car je vis ça comme l'atteinte même de ce qui fait de moi une femme. J'ai été opéré en avril 2017 et les conséquences sont catastrophiques: je suis affectée psychologiquement et à la limite de la dépression, ma vie sexuelle est réduite à néant car, lors de l'opération, le gynécologue m'a lésée au niveau des petites lèvres ce qui fait que chaque rapport sexuel est synonyme de douleurs atroces rendant la pénétration impossible, et je ne parle pas des bouffées de chaleur, prise de poids, altération de l'état cutané...

 

Je sens vieille, abîmée, et moi qui suis d'un naturel dynamique ( limite hyperactive) et enjouée, je passe mon temps à pleurer pour rien!!

 

Je poursuis tant bien que mal en étant l'impression de n'être plus moi même. Le seul point positif est que les douleurs ont bien régressées. Je sais que mon mal être est lié à ma ménopause, à l'absence d'hormones mais je sais aussi que j'ai souffert de nombreuses années, que ces implants m'ont conduit à cette opération et à ses conséquences, abîmant tout mon système génital et altérant mon psychisme. Et je vous épargne le mépris des médecins qui ne croient pas à vos douleurs, à votre fatigue!!

Témoignage de Stéphanie C.

(juin 2017)

 

Je m’appelle Stéphanie, j’ai 32 ans, je suis moi aussi une Victime d’ Essure, et je veux (RE) vivre.

 

J’ai eu un parcours gynécologique difficile, je suis maman de 4 enfants mais j’ai eu 19 grossesses.

Les kystes ovariens dès l’âge de 13 ans et les fausses couches ont fait partit de mon parcours de femme, mais aussi de mère.

 

Jai tout testé, pilules à dosages divers,  Implan#n, Stérilet en cuivre, stérilet hormonal, rien ne me vas, ou bien je tombe quand même enceinte. J’ai fait plusieurs demandes de ligature des trompes, mais toutes refusées de par mon jeune âge.

 

En aout 2014, je tombe de nouveau  enceinte. Un passage aux urgences suite à des douleurs dans le ventre nous alerte d’une GEU. Je serais traité par meth#trexate.  Je « supplie » encore le personnel hospitalier de prendre en considération mes soucis dut à toutes ces grossesses et problèmes de méthodes de contraception. Je suis enfin entendu par un gynécologue libéral de l’hôpital qui accepte de me recevoir pour parler de la stérilisation. Je prends donc rdv avec lui pour la fin de l’année.

 

Décembre 2014 : Je rencontre enfin mon futur chirurgien, je lui relate mon parcours gynécologique difficile, il m’écoute avec attention et admet que ma situation n’ est plus possible qu’ a chaque nouvelle grossesse , et donc GEU et fausse couche, je suis en danger.

 Il me parle de la fameuse méthode ESSURE, pour lui sans danger, sans aucun effet secondaire, et adapté à mon jeune âge puisque moins abrasive.  Je luis donne mon accord, tellement heureuse d’être enfin comprise. La date d intervention est fixée au 17 avril 2015, veille de mes 30 ans, après les 4 mois de réflexion obligatoire.

 

17 avril 2015 : Je rentre à hôpital pour mon intervention,  tellement heureuse d’être bientôt enfin tranquille. Je vois mon gynéco avant de rentrer au bloc et lui exprime ma joie et lui renouvelle mes remerciements, lui disant qu’il me fait un beau cadeau d’anniversaire. L’opération se passe sous AG, tout va bien. Je rentre chez moi sans aucune douleur.

Une semaine après l’intervention les ennuies commencent…

Une forte fatigue se fait ressentir, je mets ça sur le dos de l anesthésie. Les jours passent, la fatigue est de plus en plus oppressante, j’ai également des troubles de la mémoire.  Et surtout une transpiration excessive. Mes règles sont bizarres, un coup inexistante, un coup hémorragique. Je me demande si je ne deviens pas ménopausée.  Mon humeur fluctue.

 

3 mois après la pose : Je parle de tous ces désagréments au chirurgien lors du contrôle post-op. Il me dit que c est impossible que je sois entrain de ménopausée que je suis bien trop jeune. Et que mes symptômes il ne sait pas ce que c’est. Que mes Essures sont bien en place donc pas d’inquiétude.

Au revoir madame, ça fera 48€

 

Les semaines, les mois passent

Mon dos me fait souffrir, j’ai mal en haut des fesses, je ne tiens plus assise très longtemps. Mes poignets et chevilles se bloquent, craquent. Mon corps est lourd. Mon bassin se déboite à convenance. Je souffre même allongé ne pouvant me tourner sur le coté sans prendre appuie. Je souffre rien qu’en appuyant sur la pédale d embrayage.  Je n’ai plus de libido non plus, mais à coté de mes douleurs articulaires franchement je m’en fiche.  Mon visage devient fatigué, triste, usé, Jai des poches sous les yeux.  D’ ailleurs mes yeux me font mal, je souffre de sécheresse oculaire, ma tension oculaire est monté à 38. On me suspect un glaucome précoce.  Je souffre également de trouble urinaire, impossible de me retenir d’aller au toilette toutes les 30min de jour comme de nuit.

Je tombe en dépression.  J’ai plus envie de vivre. Je me bats contre moi-même. Je prends 25kg.

Mon comportement change, je deviens agressive, renfermée. Je prends tout à mal. Je m’isole. Le médecin me donne des antidépresseur et des stabilisateurs d’humeur, parce que je suis certainement bipolaire maintenant….

Je décide de voir un ostéopathe kiné qui me fait passer des radios, et me détecte 3 maladies osseuses qui habituellement se déclare souvent chez la femme âgée de plus de 65 ans, le sacrum et le coccyx de fêlés également… Mon kiné me dit qu’en 30 ans de carrière il n’a jamais vu une femme de mon âge autant « cassée ».

 

Décembre 2016 : Jentends à la télé et sur les réseaux sociaux parlé de l’association RESIST et de toutes ces femmes qui souffrent des même symptomes que moi. Je en ais la chair de poule en vous écrivant, je fais enfin le lien avec ESSURES, ce poison….

 

Février 2017 : je revois le chirurgien qui me les as posés et lui demande le retrais. Je luis parle de l’association, de toutes ces femmes dans le même cas. Il me prend pour une folle, me dit que je devrais reprendre mon traitement contre la dépression, que je devrai perdre du poids car je suis trop grosse et que peut être que j’irais mieux. Il me balance que je regrette d’être stérile et qu’il est sur que je reveux un autre enfant. J’étais malheureuse, en colère.

Une victime de la même ville que moi présente sur la page facebook de l’association me donne le nom de son chirurgien, que je contact immédiatement. Il me donne rdv pour début avril.

 

AVRIL 2017 : Rencontre avec le chirurgien qui m’a sauvé la vie. 

Je lui parle de tous mes symptômes,  il accepte de m’opérer pour me les retirer. L’opération est fixée au 2 mai.

 

2 mai 2017 :   le jour où Jai repris gout à la vie.

L’opération s'est bien passé, j ai subi une salpingectomie bilatérale.  Le chirurgien m’a dit que tout s étais bien passé, qu’il avait retiré essures et les trompes sans aucun problèmes.

Je me suis remise de l’intervention par célio en une semaine.  Mais toujours angoissée à l’idée qu’il pourrait rester un morceau. Je passe donc une radio ASP le 7 juin 2017. Plus rien il n’y a plus rien !!  Je remercie infiniment mon chirurgien que je vois juste après.

 

Je ne suis plus fatiguée, j'ai déjà repris le sport,  je n'ai plus aucune douleur musculaire ni articulaire, ni signe de dépression et de trouble urinaire. J’ai adhérer à l’association pour continuer de soutenir notre cause, nous victimes d’Essure et incomprises.

Témoignage de Virginie B.

(juin 2017)

 

Plus de 8 ans avec Essure…

 

Après 3 enfants (mon petit dernier avait moins d’1an) et l’expulsion d’un stérilet alors que je ne supportais pas la pilule, et ayant des règles hémorragiques, ma gynécologue m’a envoyée voir un chirurgien afin de procéder à une ligature des trompes en même temps qu’une opération de l’utérus en raison de polypes. C’était en janvier 2009. Il m’a alors été proposé de mettre en place des implants ESSURE qui m’ont été présentés comme une méthode miraculeuse permettant de ligaturer les trompes sans chirurgie lourde puisque par les voies naturelles. La méthode classique n’a jamais été évoquée. Aucune information ne m’a été donnée sur d’éventuels effets secondaires indésirables et sur le fait qu’aucun retour en arrière n’était possible et comme j’étais décidée à ne plus avoir d’enfants (j’avais 38 ans et 3 enfants), l’opération a eu lieu le 19 mars 2009.

 

Je me rappelle avoir eu ensuite des règles de plus en plus hémorragiques avec des caillots de sang énormes et une fatigue perpétuelle, un sentiment d’angoisse permanent et des douleurs à l’estomac (côté gauche) ce qui m’a conduite à consulter en 2010. J’ai alors été traitée avec des anxiolytiques pendant 1 mois. Puis j’ai de nouveau été opérée en 2011 pour des polypes à l’utérus. Quant à la fatigue, lors de la pose, mon fils avait 1 an et ne dormait pas bien. J’ai alors pensé qu’elle venait du manque de sommeil. Mais elle a perduré, pourtant lui dort très bien depuis, devenant plus forte d’année en année et pourtant, rien ne l’expliquait, si ce n’est mes douleurs qui m’empêchaient de dormir la nuit. Même après 3 semaines de vacances à ne rien faire, je restais épuisée… Cela m’a conduite dans un premier temps à abandonner mon métier, botaniste, qui nécessitait de marcher des journées entières. En 2010, je n’en étais déjà plus capable alors que je faisais cela depuis des années et que c’était ma passion… J’ai dû embaucher quelqu’un pour le faire à ma place… et je n’ai jamais pu recommencer… un pan de ma vie, ce pour quoi j’avais fait mes études, s’effondrait…

 

Fin 2011, j’ai fait un urticaire géant alors que je n’avais jamais été allergique à quoi que ce soit. Mon médecin m’a alors mise sous traitement d’antihistaminique, pensant que j’avais trop mangé de poisson. De ce jour là, j’ai toujours eu des démangeaisons sur l’ensemble du corps et comme j’avais vu que des antihistaminiques étaient délivrés sans ordonnance, j’ai pris pour habitude de toujours en avoir dans mon portefeuille car cela survenait n’importe où, n’importe quand sans aucune relation possible avec ce que j’avais mangé ou quoique ce soit d’autre… En 2015, je suis allée voir une dermatologue à ce sujet et elle en a conclu que je devais avoir la peau trop sèche et m’a prescrit de l’huile de lavage. J’ai suivi ses conseils mais cela ne changeait rien alors j’ai continué à prendre des antihistaminiques quand les démangeaisons, n’étaient plus supportables et cela, plusieurs fois par semaines.

 

J’avais également une forte douleur à l’estomac qui m’empêchait, entre autres, de dormir sur le côté gauche tellement cela me faisait mal et je digérais très mal, avec des ballonnements intenses et perpétuels. J’avais signalé à mon médecin à plusieurs reprises et dès 2010, que l’intensité de la douleur variait avec mon cycle (insupportable à la période d’ovulation, la semaine avant mes règles et pendant mes règles, autant dire 3 semaines sur 4 !). Les traitements qu’on me donnait ou que j’achetais en pharmacie me calmaient un peu mais dès leur arrêt, la douleur était de retour. En 2012, suite à une échographie, il a été décidé de me retirer la vésicule car elle contenait quelques calculs sans que toutefois les voies biliaires ne soient bouchées. J’ai donc été opérée, on m’a enlevé la vésicule...

 

Ma douleur n’a cependant pas disparu, ma digestion ne s’est pas améliorée, par contre, sans vésicule je suis devenue très intolérante à la codéine ce qui m’a valu une nuit aux urgences de Narbonne (suite à la prise de Pr#ntalgine donnée par le pharmacien car je souffrais aussi de lombalgie insupportable qui m’empêchait de profiter de mes vacances) puis d’une nuit à vomir, plié en 2 par terre car incapable de me lever, avec de très forte douleurs au ventre (estomac) après la prise d’un sirop pour la toux. Ce ne sont pas là des effets directs mais bien indirects….Ma médecin m’a confirmé mon intolérance à la codéine et m’a même dit qu’elle était très forte pour réagir autant à une cuillère de sirop pour la toux vu le dosage…

 

Dès la pose, j’ai également eu des douleurs lombaires, d’abord sournoises puis très vite devenues une brûlure permanente dans le bas du dos (j’ai une scoliose mais jamais je n’avais eu de telles douleurs). Je prenais alors régulièrement des anti-douleurs (d#liprane, adv#l… tout ce qui se vend en pharmacie sans ordonnance). Comme je travaille assise face à un ordinateur, je pensais que cela venait de là (n’entend-on pas régulièrement que le mal de dos est la maladie du siècle ?). Mais en 2015, cela est devenu insoutenable, je n’étais plus bien ni assise, ni couchée, ni debout. Je souffrais le martyr… J’en ai alors vraiment parlé à mon médecin à qui je disais souvent que j’étais fatiguée, que j’avais mal au dos, mais sans avoir vraiment consulté pour cela car je ne suis pas du genre à aller consulter tous les jours et à m’écouter. C’était souvent au détour d’une visite médicale pour mes enfants et comme je travaille à mon compte et beaucoup assise, je suppose qu’elle pensait que cela venait de là, d’autant qu’elle ne savait pas que j’avais ces implants puisque je suis allée chez ce médecin après la pose, et que lui avais seulement dit que j’avais eu une « ligature des trompes »… après une radio du rachis lombaire, il a été décidé que je fasse des séances de Kiné. Ce que j’ai fait pendant des mois (30 séances)… Sans aucun changement au niveau de cette brûlure, ma kiné ne comprenant pas pourquoi rien ne me soulageait (massages, exercices, …)… Désespérée, j’ai alors continué à prendre des anti-douleurs…. Et à ne pas dormir tellement j’avais mal la nuit.

 

Fin 2016, épuisée, à bout de force suite à une période de travail intense, je suis retournée voir mon médecin qui a diagnostiqué un burn-out et m’as mis de nouveau sous anxiolytiques.

Avec le sentiment de n’être plus que l’ombre de moi-même, je passais mon temps à dire à mon mari « il y a quelque chose qui ne va pas dans mon corps », « je ne vais pas bien », « j’ai l’impression de m’éteindre à petit feu », « pourquoi on me dit toujours que je n’ai rien » ???Chaque journée était devenue une épreuve, je ne marchais plus un quart d’heure d’heure sans plus pouvoir mettre un pied devant l’autre car vidée d’énergie.

 

La dernière fois que je suis allée faire des courses, j’ai dû appeler mon mari pour qu’il me tienne éveillée afin de ne pas tomber (je m’accrochais à sa voix pour me concentrer), à chaque déplacement professionnel impliquant de prendre la route, je demandais à mon mari ou une de mes salariées de m’accompagner, prétextant que cela serait mieux qu’on soit 2, mais au fond de moi, en sachant que je n’étais tout juste plus capable de conduire seule sans me concentrer sur la voix de quelqu’un pour rester éveillée… Combien de fois ai-je eu peur de me tuer et tuer mes enfants sur la route. J’avais juste l’impression de conduire en « mode automatique »…

 

Depuis la pose des Essures, j’ai aussi toujours eu une libido retombée à zero pointé et des douleurs pelviennes et encore plus lors des rapports. Au début, cela restait supportable mais au fil du temps, les douleurs se sont accentuées et les dernières années, je finissais en pleurs à chaque rapport et je souffrais pendant des jours et des jours après.

 

J’en ai parlé à ma gynécologue ainsi que de ma fatigue et des douleurs variant au fil des cycles menstruels. Sans me faire aucune analyse, elle a jugé que c’était la pré-ménopause et pour mes douleurs, m’a dit en rigolant « vous avez l’utérus rétroversé : vous devez déguster ! ». Après avoir payé, j’ai éclaté en sanglot devant tant de mépris de la douleur, de MA douleur et de mon mal-être. J’ai pris quelques mois le traitement qu’elle m’a donné. Si les premiers mois, j’ai voulu croire à une légère amélioration, je me suis très vite rendue compte que cela ne changeait finalement rien… Je ne sais pas si je suis pré-ménopausée ou pas, mais ce que je sais, c’est que mes douleurs et ma fatigue ne venaient pas de ça.

 

Mais ma vie de couple, elle, en pâtissait sérieusement car comment faire l’amour avec celui que vous aimez quand vous n’en avez pas envie et que vous savez que vous allez souffrir de tout votre être pendant des jours après. Alors pendant des années, je me suis forcée, oui forcée pour ne pas perdre celui que j’aime quand je sentais qu’il n’en pouvait plus, espaçant de plus en plus ces moments d’intimité jusqu’à ce qu’ils deviennent exceptionnellement rares. Pendant des années, je me suis torturée l’esprit en me demandant pourquoi je n’étais pas normale et que je n’en avais pas envie alors que j’aime mon mari de tout mon cœur et mon être… Pendant des années, j’ai entendu qu’il fallait que je fasse des efforts…. Et intérieurement, j’hurlais ma détresse. Je ne demandais que ça, moi, une vie normale. Je ne le pouvais pas, tout simplement…. J’avais trop mal, et tout juste plus la force….

 

Les mois, les années ont donc passé dans la souffrance, la fatigue perpétuelle, le moral au plus bas et de plus en plus bas chaque jour qui passait…. Je n’avais plus goût à rien, plus envie de rien…

 

Le seul endroit où finalement je me sentais encore quelqu’un de bien, c’était le travail car quand je me concentrais sur mes dossiers (ou tentais de me concentrer car même cela à la fin devenait impossible), j’oubliais un peu mon mal être et mes douleurs.  

 

J’ai fini, je l’avoue par avoir des idées noires. Je voulais juste que tout s’arrête, ne plus souffrir… mais j’ai un mari, des enfants et une famille qui m’aiment et je ne pouvais pas faire ça. Je ne suis pas du genre à me plaindre, je n’ai jamais arrêté de travailler (je me suis même noyée dans le travail pour oublier…).

J’avais aussi constamment des vertiges, je me sentais en perpétuel état d'ébriété, la tête comme dans un étau qui serre chaque jour plus fort, le cerveau toujours dans la brume.

Je perdais la mémoire, les mots ne venaient plus, même les plus banals, j’oubliais tout, et j’avais de plus en plus de mal à suivre une conversation. Cela devenait très problématique dans ma vie de tous les jours mais aussi dans mon travail car étant chef d’entreprise, je dois superviser l’ensemble des dossiers et je trouvais cela de plus en plus insurmontable. Assurer des réunions était devenus pour moi un calvaire.

Je ressentais aussi des douleurs articulaires de plus en plus fréquentes (l’ensemble de mes articulations craquaient) et j’avais mal dans l’ensemble de mon corps. Il y a des jours où je ne crois pas qu’1 cm² de mon corps ne m’ait pas fait mal. J’avais comme une inflammation généralisée, alors, je prenais des anti-douleurs, qui petit à petit, agissaient de moins en moins…

 

Puis un jour, le 9 décembre 2016, j’ai entendu un reportage sur les Essure, les effets indésirables que d’autres femmes ont ressenti et là, tout s’est éclairé « c’était ça». J’avais enfin compris  alors que jamais, en 8 ans, je n’avais fait le lien. Merci infiniment à Marielle Klein sans qui je serais toujours dans l’incompréhension totale. Mais en décembre, j’étais en « burn out » alors je n’ai pas réagi... Ce n’est qu’en février 2017 qu’enfin, j’ai cherché, que j’ai trouvé l’association RESIST, que j’y ai adhéré et découvert avec stupéfaction que je n’étais pas seule mais que nous étions des centaines, des milliers à ressentir ces douleurs, cette fatigue… Les témoignages de toutes ces femmes qui sont devenues des Sisters et pour certaines des amies, étaient identiques au mien, nous utilisions toutes les mêmes mots pour qualifier nos maux et notamment cette notion de chape de plomb qui nous étreignait toutes…

 

Quand j’ai reçu la liste des effets secondaires attribués à Essure, j’ai alors découvert que d’autres symptômes pouvaient aussi venir de là. Je portais depuis 1996 des lentilles de contact. Après les Essure, j’ai commencé à ne plus supporter les lentilles classiques et dû prendre des lentilles contenant des nouveaux matériaux veillant à l'hydratation des yeux car les miens étaient devenus trop secs, puis je ne les ai plus supportées du tout. Je suis revenue aux lunettes mais les derniers mois, ma vue a considérablement changé et je ne les supporte plus non plus. Mais je dois attendre car des anesthésies générales peuvent encore la modifier et je n’ai plus d’argent à dépenser pour rien, ces implants m’ayant coûté des fortunes en médicaments, médecines parallèles (que n’ai-je pas essayé pour tenter d’aller mieux ????). Alors, j’attends

 

Je suis donc retournée voir mon médecin qui m’a écoutée et a admis que pour savoir si cela venait des Essure, le seul moyen était de les enlever. J’ai eu la chance de trouver rapidement un chirurgien qui a accepté de procéder à l’intervention notamment après qu’il ait déclenché en direct la douleur en m’auscultant (j’ai hurlé !). Une hystérectomie totale conservatrice et une salpingectomie ont donc été réalisées le 20 mars. Mon chirurgien m’a alors assuré que tout avait été enlevé en bloc, que les Essures étaient intacts à l’intérieur des trompes comme je le lui avais demandé et suite à ce qu’il m’ait dit de lui-même lors de notre première entrevue « c’est une opération délicate et il ne faut surtout pas casser et tirer les implants ».

 

Ce que je peux dire aujourd’hui pour témoigner c’est que je me suis endormie ce 20 mars percluse de douleurs et écrasée de fatigue, je me suis réveillée sans. Mes dernières paroles en salle d’opération, alors que j’étais en pleurs, ont été « je vous en supplie, ne les cassez pas ».

 

Pendant plus d’un mois, ma convalescence s’est déroulée à merveille, ma fatigue écrasante a disparu, mes douleurs à l’estomac, ma brûlure intense en bas du dos, qui ne me quittaient plus depuis des années ont disparu et c’était juste  miraculeux. J’avais juste l’impression de revivre enfin, de me retrouver. Il me restait bien un point que je ressentais à gauche (ventre et dos) mais je pensais que c’était la cicatrisation…

Je n’ai plus eu non plus de démangeaison pendant 1 mois, puis quelques unes revenues au bout de 5 semaines, plus de vertige non plus, j’ai retrouvé mon énergie, je redormais mieux et je n’avais plus aucune idée noire. En procédant au retrait des Essure on m’avait tout juste rendu « ma vie ». Dommage que pour ça, il ait fallu que je doive me faire opérer et qu’on m’enlève en bloc l’utérus, le col de l’utérus et les trompes… 

 

Et pourtant, au fond de moi, je n’arrivais pas à être totalement sereine. J’ai donc demandé à ma généraliste le 24 avril, une ordonnance pour faire une radio ASP car je ressentais intérieurement que pour pouvoir définitivement tourner la page de ce cauchemar, j’avais besoin de voir qu’il ne restait rien. Elle ne voulait pas au début, prétextant que le chirurgien avait bien écrit qu’il ne restait rien… mais face à ma détresse et mon traumatisme, elle a accepté.

 

Rendez-vous pris pour le 27 avril… 

 

J’ai eu ma visite post-opératoire le 25 avril et tout était parfait, cicatrisation totale. Je lui ai raconté mon bonheur au chirurgien en le remerciant chaleureusement. Je ne lui ai bien évidemment pas parlé de la radio pour ne pas le vexer. Il doute encore des effets des Essure mais m’a dit qu’il me croyait « parce que j’avais l’air d’avoir la tête sur les épaules ».

 

Le soir même, j’ai repris ma vie intime avec mon mari et redécouvert que je le désirais de nouveau et que les sensations étaient revenues. J’ai alors éclaté en sanglot, face à la découverte que je n’étais pas folle, mais que c’était bien ces implants qui nous avaient privés de notre bonheur ces 8 dernières années… Ces sanglots je les ai eus pendant plus d’1 mois à chaque fois, et je commence seulement à ne plus pleurer…

 

Le 27, je suis donc allée passée cette radio, seule. J’étais sereine et pourtant angoissée. Difficile à expliquer. Quand la radiologue m’a demandé de venir dans son bureau, j’ai alors compris… et me suis effondrée. Il m’en restait un fragment de 9 mm. « C’est quoi 9 mm me répondrez-vous ? et moi je vous répondrais « la suite de mon cauchemar », 9mm, 4 cm pour moi, c’était idem. Je ne voulais plus aucune trace de ces saletés, il m’en restait….

 

Après avoir pleuré à chaudes larmes dans le labo, je suis rentrée, seule… J’avais appelé mon mari puis une amie rencontrée via RESIST. J’avais juste besoin d’être comprise et je la remercie chaudement de m’avoir écoutée… J’ai pleuré tout l’après-midi, j’ai essayé désespérément de joindre mon médecin, absent, puis en fin d’après-midi, j’ai envoyé un long message de désespoir au chirurgien. Je voulais juste savoir pourquoi ??? Sans colère, sans haine, juste Pourquoi ? J’ai hurlé de rage toute la nuit… Le cycle des nuits blanches était relancé…

 

Il m’a gentiment rappelé le lendemain matin, ayant compris mon désespoir et donné rendez-vous le 15 mai pour envisager la suite. Mon combat n’était donc pas terminé…

Alors que j’étais redevenue moi-même avant cette annonce, mes angoisses m’ont de nouveau assaillie. Ce point gauche que je sentais et croyais être la cicatrisation, j’étais certaine que c’était lui : ce fragment, que je sentais… Ces démangeaisons moins intenses qui sont revenues avant même que je sache, c’était encore lui…. Et en sachant qu’il en restait, mon cerveau s’est reconnecté à la douleur… Je n’avais plus mal comme avant certes, mais je ressentais « le fantôme de mes douleurs »… et surtout, surtout, mon cerveau tournait en boucle car je ne comprenais pas ce qui avait pu arriver, je me demandais en permanence où il est ce morceau, si ma descente aux enfers allait recommencer…

 

Alors, j’ai repris mon bâton de pélerin et j’ai voulu avancer car ce fragment, à la radio, on ne pouvait que me dire qu’il était là, mais où ??? je suis retournée voir mon médecin qui a alors été « désolée » de constater que même si le chirurgien avait écrit que tout avait été enlevé, et bien ce n’était pas vrai… je pense qu’il en était certainement convaincu mais le fait est… elle m’a alors prescrit une échographie que j’ai faite 2 jours plus tard…

 

Mais l’écho, ce n’était pas assez précis alors, le lendemain, je suis partie passer un scanner et enfin, il a été localisé : entre mon ovaire et mon artère ! J’ai envoyé tout cela à mon chirurgien pensant que cela nous ferait avancer…

Quelques jours avant le 15 mai, il m’a envoyé un message le soir me disant « il faut savoir que ce fragment peut se déplacer s’il est libre »… c’était bien ce que je craignais…

Je l’ai donc vu le 15 mai et je me suis prouvée ce jour-là que j’étais de nouveau capable de conduire 2 heures aller, 2 heures retour, sans avoir besoin de quelqu’un pour me seconder (c’était déjà une nouvelle victoire).

Mais j’étais très angoissée, qu’allait-il m’annoncer ???… Et bien que ce morceau métallique (la partie distale de l’implant) pouvait en effet se balader dans mon corps car on ne pouvait être sûrs qu’il se soit accroché à quelque chose… Il m’a demandé si j’étais sure que je voulais qu’il aille le chercher…Quelle question !!!! Cela me paraissait évident, et je le lui ai dit, en parlant de mon traumatisme, ce à quoi il m’a répondu « j’avais cru comprendre, je ne le discute même pas »….

 

Je devais donc être réopérée le 31 mai, sous cœlioscopie, après être de nouveau passée au scanner juste avant l’intervention pour le localiser, ce satané fragment. Mais il ne me l’a pas assuré à 100%, estimant qu’il y avait 20% de risque qu’il ne le trouve pas me disant « je ne vais quand même pas vous découper en morceau pour le trouver… ». C’est honnête de sa part mais finalement, j’aurais ce coup-ci préféré ne pas savoir, car les 15 jours suivants n’ont été que lutte contre moi-même pour ne pas couler de nouveau. Non pas de douleur ce coup-ci, car la douleur était gérable à côté de ce que j’ai traversé et le sentir me rassurait presque (car si je le sentais, c’est qu’il était toujours au même endroit !) mais de douleur psychologique car je ne pouvais même pas imaginer, moi qui ai une trouille bleue des opérations (et j’en suis à la 5ème depuis la pose de ces implants !) me réveiller et que l’on m’annonce que ce n’était pas fini, qu’il en restait encore….

 

Le 31 mai, me voilà donc repartie à la clinique à 2 heures de chez moi. A 13 h, je passais ce scanner qui le localisait précisément, puis à 14h30 on est venu me chercher. C’était l’heure… j’ai attendu longtemps dans le couloir devant le bloc et le chirurgien est venu me voir et m’a rassurée car il savait précisément où se trouvait mon fragment. Il m’a dit que cela devrait bien se passer… Je suis donc rentrée au bloc, on m’a endormie alors que j’étais encore en pleurs… Puis je me suis réveillée en salle de réveil avec une envie de vomir comme jamais… Je demandais à chacun s’il l’avait trouvé… Et on me répondait systématiquement « le chirurgien va venir vous voir ». Une angoisse terrible m’étreignait de nouveau malgré les anesthésiants… A 19 heures, on m’a enfin fait remonter dans ma chambre où mon mari et ma grande fille m’attendaient…

Puis le chirurgien est arrivé et nous a dit « je ne l’ai pas trouvé…, par contre je vous ai enlevé l’ovaire gauche car il présentait un foyer d’endométriose et j’ai trouvé un bout de plastique qui ressemble au guide de pose des essures ! ». Mon monde s’est effondré, je me suis effondrée… non seulement j’avais toujours ce fragment, mais en plus je découvrais avec stupéfaction qu’avec l’implant, le chirurgien qui me les a posés m’a fait cadeau de l’emballage avec !!!!! Le chirurgien avait l’air sincèrement désolé et désemparé et m’a raconté tout le mal qu’il s’était donné pour me sortir de là… mais je n’entendais plus rien… sauf que le lendemain, il me faisait repasser une radio ASP pour comprendre où il avait pu partir…

 

J’ai presque viré mon mari et ma fille. Je voulais juste être seule. Je ne pouvais plus parler, je voulais juste souffrir seule,… je ne peux même pas raconter la nuit que j’ai passée…

Le lendemain, on est venu me chercher à midi. J’ai passé cette radio mais sans rien en espérer, je ne voulais juste plus être déçue. Et Miracle, il avait disparu !!!!! je ne peux même pas raconter les émotions qui m’ont traversé la tête. Je n’y croyais pas, c’était si merveilleux, trop merveilleux pour être vrai. Mais c’est vrai !!!! mon calvaire est fini !!!!

 

En 24 h, je crois pouvoir dire que j’ai ressenti et vécu toutes les émotions possibles, du plus affreux au plus gai…

 

J’en ressors plus forte moralement mais très éprouvée à la fois physiquement et psychologiquement et je ressens aujourd’hui le besoin de me faire suivre pour évacuer le traumatisme. On n’a pas le droit de faire vivre cet enfer à quelqu’un, on n’a pas le droit de laisser un emballage dans le ventre que quelqu’un, on n’a pas le droit de ne pas écouter les souffrances d’un patient !!!!

 

Car ce que je sais aujourd’hui, c’est que ces implants m’ont volé plus de 8 ans de ma vie, que si je n’avais pas eu autant d’amour autour de moi, j’aurai pu commettre l’irréparable et que je souhaite alerter tout le monde, pour que plus aucune femme ne se fasse avoir, comme je l’ai été, comme nous avons été des milliers à l’avoir été.

 

Il y a d’autres méthodes pour se faire ligaturer les trompes, ce n’est pas une intervention vitale, alors par mon témoignage et ceux des autres femmes, trop nombreuses, qui sont dans mon cas, je souhaite une prise de conscience réelle du danger qu’ils génèrent.

Vous les femmes, si on vous les propose, refusez !!! Appliquez vous-même le principe de précaution car les accepter, c’est jouer à la roulette russe et si vous avez la mauvaise balle, c’est la descente aux enfers assurée.

Témoignage de Nathalie

43 ans

(juin 2017)

 

J'ai deux filles de 8 et 12 ans. 

Il y a 4 ans lors d'un rdv chez mon  gynécologue je lui explique mes soucis avec la pilule que je ne supportais plus et le stérilet miren# qui me provoquait des saignements quotidiens depuis 7 mois. Le médecin me propose alors une stérilisation définitive ce à quoi je ne m'attendais pas aussi tôt. J'avais alors 39 ans et je pensais qu'on me proposerait cette solution bien plus tard.

 

Mon gynécologue me propose la pose de ressorts essure en m'expliquant le principe, qui me paraît simple et rassurant. Simple, car la pose se fait par les voies naturelles et rassurant car c est une légère anesthésie et puis on est hospitalisé le matin on ressort l'après-midi ça m arrange bien. 

Ma décision est très vite prise car c'est pour moi une solution à mes problèmes de contraception qui durent depuis longtemps. Décision prise trop vite avec le recul. Aucune question ne m a été posée quant à des allergies éventuelles lors de mes rdv avec mon médecin.

 

L'opération est en effet quasi indolore et je reprends le travail le lendemain.

Mes problèmes de santé commencent plus de six mois après la pose des ressorts.

Je commence à avoir des brûlures dans les pieds, des douleurs dans les mains, les coudes puis les genoux et enfin dans le cou et le dos. Ce sont des douleurs diffuses qui changent d endroit régulièrement et qui deviennent invalidantes.

 

À cela s'ajoute une fatigue anormale m obligeant à faire des siestes dans la journée et m'oblige à modifier mon quotidien. J'ai aussi des saignements quotidiens plus ou moins importants qui en avril 2016 se transforment en hémorragies. Mon gynécologue met tout cela sur le compte de mon endométriose et me prescrit une injection de decapept#l qui permet de stopper les hémorragies et provoque une ménopause artificielle avec tous les effets secondaires qu'on connaît.

 

J'insiste sur le fait que mon endométriose connue depuis l'âge de 20 ans ne m a jamais posé de problèmes jusqu'à la pose des ressorts. J'ai également expliqué tous ces symptômes à mon médecin traitant complètement fermé à mes maux.

J'ai voulu faire des examens pour vérifier que ce ne soit pas une maladie comme la fibromyalgie dont les symptômes sont similaires. Elle a refusé. J ai changé de médecin traitant depuis.

Heureusement j'ai pu compter sur mon ostéopathe qui a soulagé quelques une de mes douleurs.

Ce n'est qu'en décembre 2016 que j ai fait la relation entre tous les soucis de santé et les essures . Je souffrais beaucoup et je n'avais plus le moral.

 

Il fallait que je trouve une explication à tout cela car ma vie au quotidien devenait compliquée.

J'ai eu comme un déclic et à la place de chercher endométriose sur internet j'ai cherché : essures effets secondaires.

Et là je suis tombée sur le site de Resist et les témoignages ont été la réponse à toutes mes questions.

J'ai donc pris rdv avec mon gynécologue. Je lui ai fait la liste de tous mes problèmes de santé depuis la pose des essures. Il a été à l écoute et m'a dit : je vous crois on va les enlever.

 

Ce fut un vrai soulagement d être enfin entendu. Quelques semaines après je l'ai revu pour organiser l opération une ablation des trompes (salpingectomie) et donc le retrait des ressorts par cœlioscopie.

J'ai insisté sur le fait qu'il ne devait pas couper ou tirer les essures comme le stipulait votre association.

 

Pour info, j'ai été hospitalisée 3 jours, arrêtée 2 semaines car forcée de reprendre et les effets de la coelio ont complètement disparu au bout d un mois. Ce n'est pas comme le laissent croire les gynécologues une banale intervention. Il faut s'y préparer, les suites d'une coelio sont douloureuses et les fils en interne tirent longtemps.

Je rentre dans les détails pour ce qui est de la suite et de la disparition des effets secondaires des essures.

 

Je n'ai pas eu de saignements durant 3 jours après l'opération. Mais j'ai eu une semaine de saignements ensuite et les sages femmes m'ont dit que c'était certainement des règles. Les saignements ont cessé une semaine ensuite et ont malheureusement repris.

Ils se sont arrêtés au bout d un mois après l opération.

Quel soulagement! Les douleurs musculaires se sont également arrêtées et je ne suis plus fatiguée.

 

J ai repris un rythme normal et une vie normale 5 semaines après le retrait des essures. Je suis contente que mes démarches et mon opération me donne raison car je n ai pas été vraiment entendue. 

 

Aujourd'hui je parle de mon expérience autour de moi afin que chaque femme se renseigne en détail avant de faire poser des essures. Et je sais qu'en se documentant elles vont hésiter et j'espère qu'elles choisiront une autre méthode de contraception définitive.

Témoignage de Nathalie

41 ans

(mai 2017)

 

Bonjour,

 

Tout d'abord je souhaiterais vous remercier d’avoir créé cette association afin de permettre aux victimes d’Essure de s’exprimer. J’ai 41 ans, je suis mariée, j’ai un enfant et je pense moi aussi faire partie des victimes d’Essure, c’est pourquoi je voulais apporter mon témoignage afin d'informer toutes les femmes qui souhaiteraient utiliser cette méthode de stérilisation tubaire.

On ne décide pas du jour au lendemain de faire une stérilisation, c'est après un long chemin souvent semé d'embûches que finalement on se rend compte que l'on n'a pas d'autre solution. Voici donc mon histoire ou plutôt devrais-je dire mon parcours de combattante!

 

1) LE DÉBUT DES ENNUIS AVEC LA CONTRACEPTION:

J’ai commencé à prendre un contraceptif oral à l’âge de 19 ans (Trinordiol),tout allait bien jusqu’à mes 32 ans et là soudainement mon corps ne le supportait plus (spottings, mastodynies, migraines…).

On me conseille donc de passer au stérilet afin d’avoir une contraception sans hormones. La pose a lieu en Avril 2008 mais cela se passe mal car mon utérus expulse le stérilet, il faut donc re-prévoir un rendez-vous le mois suivant. Deuxième pose, le stérilet est placé mais c’est hyper douloureux, dans les heures qui suivent je manque de m’évanouir et j’ai des douleurs abdominales épouvantables. Comme on m’a appris qu’une femme doit souffrir et que les douleurs sont normales, je continue mes activités pendant une semaine avant de recontacter le gynécologue qui a effectué la pose. Lors de l’examen, elle se rend compte que le stérilet a migré et qu’il faut que j’aille immédiatement aux urgences! C’est la panique, je ne comprends pas et je me retrouve aux urgences gynécologiques où l’on effectue de nouveaux examens et radios. Le verdict tombe: le stérilet a perforé l’utérus et se trouve dans l’abdomen, il faut l’enlever de suite sinon il risquerait de perforer un autre organe! Je suis effarée, je ne savais pas qu’une chose pareille était possible, et comment on l’enlève? Par coelioscopie madame! Le lendemain soir on m’opère en « urgence » et je passe ensuite une semaine à l’hôpital puis 3 semaines de convalescence. Je vais mettre des mois voire des années à me remettre de cet épisode fâcheux car à partir de ce moment là j’ai des douleurs abdominales et gynécologiques qui vont apparaîtrent.

 

2) ET APRÈS LE STÉRILET?

On me prescrit de nouveaux contraceptifs oraux, je les fais tous mais plus aucun ne me convient, toujours des spottings ou des mastodynies insupportables, mais aussi des migraines, de l’acné, une prise de poids et un moral affaiblit. De temps en temps, j’arrête d'en prendre car je sens que mon corps n’en peux plus de ces hormones, mais ça n’est pas très confortable pour la vie de couple.

 

3) LA DÉCOUVERTE D'ESSURE

A l'évidence il me faut une contraception sans hormones, je revoie donc mon gynécologue qui me parle d’Essure. J'ai 38 ans et ne souhaite plus de grossesse donc le côté irréversible de ce système de stérilisation ne me dérange pas, et la facilité de pose et de récupération post-intervention me semble juste géniale! Après quelques recherches sur le net, tous les témoignages donnent le feu vert à part quelques rares exceptions (on est en 2014), j'opte donc pour Essure. Je prends rendez-vous auprès du gynécologue dans la clinique conseillée qui finit de me rassurer concernant cette méthode, on parle du nickel, il me demande si je suis allergique, je ne sais pas, il me demande si je porte des bijoux fantaisies, je réponds oui, ok donc pas de problème pas d'allergies. Ayant été un peu refroidie par l'épisode "stérilet", je demande une intervention sous anesthésie générale, ce qui ne pose pas de souci.

 

4) L'INTERVENTION

Après 3 mois de réflexion (délai légal) l'intervention a lieu le 20/10/2014, au réveil le médecin me dit que tout s'est bien passé et que les implants sont bien positionnés. Je rentre chez moi le soir même encore sous l'effet de l'anesthésie, mais a priori tout va bien. Les jours suivants j'ai des saignements assez importants et des douleurs abdominales. 3 mois plus tard j'effectue l’hystérographie afin de vérifier que la stérilisation est bien effective, je croise les doigts dans quelques minutes mon parcours du combattant pour la contraception sera enfin terminé! L'examen est douloureux, même très douloureux, le radiologue ne comprend pas le liquide passe dans une trompe, il me dit qu'il n'a jamais vu cela avant l'implant de droite a migré! Je suis effondrée, le sort s'acharne.

Le radiologue me dit qu'il faut que je reprenne rendez-vous avec mon gynécologue.

Le lendemain accompagnée de mon mari je suis dans son cabinet où il me propose de refaire une intervention pour placer un nouvel implant à droite. Motivée à l'idée d'en finir avec cette galère de contraception, j'accepte et une nouvelle intervention est planifiée 2 jours plus tard le 02/02/2015 sous anesthésie générale.

 

5) LA DEUXIÈME INTERVENTION

Au réveil je me sens beaucoup moins bien que la première fois, j'ai plus de douleurs abdominales, le médecin passe me voir, verdict: tentative du nouveau cathétérisme impossible. Je suis abasourdie, me voilà avec une seule trompe ligaturée avec impossibilité de faire la seconde sauf par cœlioscopie. Je n'en peux plus, je dis au médecin que je ne veux plus d'autres interventions, que je vais rester comme cela. Après 2 interventions Essure, je suis donc toujours fertile.

 

6) ET APRÈS?

Les mois passent... je suis épuisée, je me dis que les 2 anesthésies générales en 3 mois y sont probablement pour quelque chose. Puis je commence à ressentir des douleurs au niveau des trompes comme des brûlures qui irradient, les mastodynies reviennent, des douleurs rectales apparaissent (comme des décharges électriques qui remontent le long de la colonne vertébrale). Je consulte mon gynécologue habituel qui me dit que mon corps doit probablement avoir besoin d'hormones pour être équilibré et qu'il faudrait que je reprenne un traitement hormonal pour soulager ces douleurs. De plus ce traitement hormonal servirait aussi de contraceptif, ce qui me paraît être une solution intéressante car rappelons-le malgré la pose d'implants Essure, je ne suis toujours pas stérilisée. Cependant j'avoue que reprendre un traitement hormonal après avoir fait tout cela me semble complètement incohérent! N'ayant jamais eu ces douleurs auparavant, je demande à mon gynecologue si Essure n'en serait pas la cause mais elle me dit qu'à priori non pas de lien possible.

On me met donc sous Luteran à partir de Juin 2015, nouvelles habitudes, nouvelle vie, laissons la chance au produit! Octobre 2015, je ne vais pas bien du tout moralement, je pense que c'est Luteran, je l'arrête.

Les douleurs sont toujours là accompagnées de quelques nouveautés dont une mycose qui durera 2 mois (jamais eu auparavant). Je revois souvent mon gynecologue, on soigne le problème, puis toujours les douleurs, puis une cystite abominable...

Il paraît que c'est l'âge, et oui j'ai 40 ans maintenant, le corps commence à se détraquer, on me parle de pré-ménopause! Tout cela me déprime, je me sens vieille, cassée de l'intérieur, ça me brise et fragilise ma féminité qui disparaît petit à petit, je ne me sens plus femme. J'ai des sautes d'humeur importantes, je suis toujours fatiguée, dès le réveil je n'aspire qu'à une chose être le soir pour me coucher. Moi qui était hyper dynamique, je ne me reconnais plus, je n'ai plus envie de me faire belle, je suis souvent triste et déprimée. J'ai un traitement homéopathique pour soulager tous ces symptômes. Je me pose toujours des questions par rapport à Essure mais à chaque fois que j'en parle à un médecin on me dit qu'il ne peut pas y avoir de lien.

Un soir mon mari voit un reportage sur l'endométriose, aussitôt en écoutant ces femmes il croit me reconnaitre dans leur discours. J'en parle donc à mon gynecologue qui me dit que je n'ai pas les symptômes de l'endometriose.

Bref, elle me represcrit un nouveau traitement hormonal, ça sera le dernier. En septembre 2016, j'ai un kyste ovarien probablement obtenu grâce au contraceptif, j'ai des saignements tous les jours et des mastodynies insupportables. Mon corps dit stop aux hormones, j'arrête et n'en veux définitivement plus.

 

7) LES COMPLICATIONS

Novembre 2016, une violente douleurs en bas du dos me paralyse pendant plusieurs jours, là je pense très fort à Essure. C'est mon osteo qui soulagera cette douleur qui selon lui viendrait de la trompe. Je me remets doucement toujours la crainte que cette décharge revienne.

Décembre 2016, mon mari entend parler de Marielle Klein et de son combat contre Essure et le laboratoire Bayer. Je découvre les articles de presse, le site RESIST et là tout devient clair mais je suis atterrée, ça gâchera mon Noël 2016. Je panique, j'angoisse, je ne dors plus et à chaque douleur je fais le lien. J'envoie un courrier à mon gynecologue pour l'informer et là j'apprends que pour l'instant Il n'y a pas de contre-indication pour la mise en place d'implants Essure. Je ne pense plus qu'à cela, je suis complètement perturbée, comment peux-t-on jouer comme cela avec la santé des femmes??? Je décide finalement de me détacher car cela m'obsède et je n'arrive plus à profiter de la vie, et je me soigne grâce aux médecines douces, yoga et méditation.

 

8) LA RÉVOLTE

Les mois passent, je vis avec mes douleurs plus ou moins bien, je suis toujours fatiguée et déprimée et avec des sautes d'humeur de plus en plus importantes. J'ai des idées noires, et j'ai du mal à me réjouir des petits bonheurs quotidiens. La douleur en bas du dos est toujours là, prête à ressurgir, et pour que je ne l'oublie pas elle réapparaît sur certains cycles. J'ai également des douleurs articulaires, au réveil j'ai besoin d'un bon stretching avant de me lever. Je précise que malgré mes douleurs je suis restée active, sportive et je mange très sainement, je devrais donc être dans une excellente forme ce qui n'est absolument pas le cas.

La semaine dernière j'ai découvert qu'un comité d'experts indépendants a jugé qu'il n'était pas nécessaire de restreindre l'utilisation d'Essure car les effets indésirables ne sont pas assez invalidants. Chers expert(es), prenez la place d'une victime d'Essure et dites-nous ensuite si ces douleurs sont supportables!!!  Pour information, voici la liste des douleurs et maux que je supporte au quotidien:

- douleurs lombaires

- douleurs au niveau de la trompe droite

- douleurs abdominales lorsque je marche (vibrations qui remontent dans le ventre)

- fréquence urinaire

- contractions

- douleurs pendant et/ou après les rapports sexuels

- fatigue

- sautes d'humeur

- dépression

 

Je le répète car ça me met hors de moi, comment peut-on se moquer ainsi des femmes et de leur santé?

En ce qui me concerne, l'un des implants ayant migré il serait fort probable qu'une hystérectomie soit inévitable si je souhaitais les retirer. Personnellement je ne veux plus d'intervention et il est hors de question que l'on m'enlève mon utérus pour un produit déficient. Malheureusement si un jour les douleurs devenaient trop invalidantes., je pense que je n'aurai pas le choix.

J'ai décidé de sortir du silence pour informer les femmes concernant Essure, surtout ne choisissez pas cette méthode où vous le regretterez à VIE!

 

Je vous remercie d'avoir lu mon témoignage et j'espère qu'il pourra apporter un peu de lumière sur cette méthode qui n'est qu'une torture physique et psychologique pour les femmes. 

 

Mesdames et messieurs les fabricants je ne vous dit pas merci car vous avez pourri ma vie.

Témoignage de Sophie B.

46 ans

(mai 2017)

 

Bonjour,

 

j'ai décidé de témoigner parce que ce sont ces témoignages qui m'ont permis d'identifier ce que j'avais... à mon tour de contribuer ! :) - même si, en comparaison de l'enfer vécu par beaucoup, je n'ai fait qu'un petit tour de purgatoire....

 

La méthode ESSURE, dont ma gynéco m'a parlé en 2011, m'a paru idéale : mes trompes abîmées m'ont obligée à faire des FIV pour mes deux derniers enfants, mais une contraception était indispensable pour éviter une grossesse extra-utérine.

L'intervention rapide, en ambulatoire, pour un résultat fiable et définitif, m'a paru répondre exactement à mon besoin. J'ai donc été implantée en juin 2011, et rien ne s'est passé, enfin rien que j'aie relié à ESSURE : mes règles sont devenues un cauchemar - hyper abondantes, durant 10 jours et revenant toutes les trois semaines... mais j'ai attribué ça à une pré-ménopause précoce, et ma gynéco m'a donné un médicament permettant de limiter les quantités de sang perdu.

 

J'ai aussi commencé à perdre mes cheveux, ce que j'ai attribué à la fatigue (trois enfants, tout ça.... vous connaissez).

C'est en janvier 2017 que les choses ont commencé à se gâter. J'étais fatiguée, de plus en plus : je dormais deux-trois heures le vendredi après-midi (mon jour de 4/5e), le samedi, le dimanche... et j'étais toujours aussi fatiguée. Et puis j'ai commencé à avoir des sortes de vertiges : une drôle de sensation de vide total, d'épuisement.... et mes jambes qui ne répondaient plus, qui ne marchaient plus bien.

J'ai consulté mon médecin, persuadée que c'était une carence en potassium, comme j'en avais déjà vécu une il y a quelques années. Cependant, mes analyses de sang étaient parfaites. Je continuais à prendre mon RER pour aller travailler, mais ces crises se reproduisaient, jusqu'au jour où à l'issue d'une crise qui avait duré plus longtemps, et qui m'avait empêchée de me lever pendant une demi-heure, je suis descendue à la médecine du travail. L'infirmier, constatant que j'avais une tension très élevée, m'a renvoyée chez mon médecin, qui m'a arrêtée : RER et vertiges sont globalement incompatibles, et par ailleurs, mes jambes répondaient de moins en moins bien, je marchais difficilement, à petits pas, comme si j'avais eu 85 ans et non 46. 

 

Et on a commencé à chercher. 

 

Un cardiologue bien sous tous rapports, apprenant que j'étais sous anti-dépresseurs, m'a "rassurée" : "à votre place, je ne serais pas trop inquiet... " - en me précisant qu'on ne pouvait qu'envisager la spasmophilie. Qui n'existe pas, par ailleurs, mais bon, c'est un détail, n'est-ce pas : j'imagine qu'il y a 150 ans le même m'aurait diagnostiquée hystérique ! :(

Mon généraliste, lui m'a prise au sérieux, mais il était très ennuyé, les symptômes ne correspondant pas à une maladie connue. Il a demandé à ses confrères, tout aussi perplexes, et m'a dit de prendre rendez-vous chez un neurologue. C'est à ce moment là que je suis tombée sur un article sur ESSURE et RESIST dans Causette.

 

Je me suis ruée sur le site de l'association, et la lecture des témoignages de E sisters m'a fait bondir : c'était pareil que moi ! Mon médecin a approuvé, et m'a envoyé chez ma gynéco, qui m'a prise en urgence quand j'ai précisé que c'était pour des symptômes ESSURE, et m'a présentée au chirurgien également en urgence. Bon, après, il y a eu toute la batterie des tests et examens supplémentaires pour vérifier que ce n'était pas une myopathie susceptible d'être aggravée par une anesthésie... mais mon hystérectomie est planifiée à la semaine prochaine. :)

 

Même si mon parcours est infiniment plus court et moins douloureux que ceux de la plupart des patientes ESSURE qui ont témoigné sur le site, j'ai hâte de retrouver ma vie : la fatigue permanente, l'impossibilité de se déplacer, l'atteinte à la concentration (je me suis tout de même trompée dans le dosage de l'insuline que je devais injecter à mon fils diabétique....), les heures passées à ne rien faire que dormir ou rester allongée en attendant que les vertiges cessent... tout ceci me pèse ! (et si mes cheveux repoussent, alors là je serai vraiment contente !!!!)

 

Merci encore à Marielle et à l'association pour le travail que vous faites : très honnêtement, ces implants ne devraient plus être commercialisés...

Témoignage de Séverine

42 ans

(mai 2017)

 

J'ai porté le implants du 26 janvier 2016 au 11 avril 2017.

 

Je m'appelle Séverine, j'ai 42 ans. Je suis mariée et maman de deux demoiselles nées par césarienne en décembre 2002 et juillet 2005.

 

Comblée par mes deux filles, à 40 ans et après un parcours gynécologique quelque peu chaotique (intolérance aux pilules contraceptives, stérilet hormonal "rejeté" par mon corps car j'ai un utérus trop collé à la paroi abdominale suite aux deux césariennes vécues), nous ne souhaitions plus avec mon mari avoir d'autres enfants. Nous échangeons avec notre médecin de famille concernant la stérilisation définitive. Ce praticien connait mon parcours et les difficultés  rencontrées pour trouver une contraception adaptée.  Mon médecin évoque la ligature des trompes "traditionnelle"  et me dirige vers un confrère gynécologue qui exerce au sein de l'hôpital privé proche de mon domicile.

 

Septembre 2016 : première consultation avec le gynécologue. Notre décision de ne plus avoir d'enfants est murement réfléchie. Je demande donc au professionnel les modalités relatives à la  ligature de trompes. Ce dernier me présente deux techniques : la ligature des trompes par cœlioscopie qui peut nécessiter une courte hospitalisation avec une chirurgie dite non invasive et la ligature des trompes sans chirurgie : la méthode des implants ESSURE dont la pose présente l'intérêt de s'effectuer par les voies naturelles en ambulatoire.

Le gynécologue me laisse la plaquette d'information des implants ESSURE et me propose une consultation un mois plus tard le temps que nous réfléchissions à la méthode choisie.

 

Octobre 2016 : deuxième consultation avec le gynécologue. Nous lui faisons part de notre décision. La méthode ESSURE m’apparaît plus rapide et moins lourde en terme d'intervention. La plaquette évoque quelques effets secondaires rares  mais je n'y prête pas d'attention particulière. Confiante face à ce dispositif médical, je n'engage aucune recherche sur le net et je confirme au gynécologue le choix de faire pratiquer la stérilisation avec les implants ESSURE. De surcroit, le médecin me dit que mes césariennes ont crée des adhérences dans l'abdomen et que la cœlioscopie ne serait pas forcément évidente à pratiquer.

Je signe donc le consentement pour l'intervention en respectant le délai de réflexion . Rendez vous pris pour  janvier 2016. Je serais enfin "tranquille" sans contraceptif chimique, mécanique ou hormonal.

 

La pose des implants s'est effectuée le 26 janvier 2016  sans difficultés particulières. Le gynécologue l'a pratiquée sous courte anesthésie générale. Le soir, je suis chez moi, sans douleurs si saignements.

Les premiers mois, les cycles reviennent spontanément. Ils sont certes intenses mais le gynécologue me précise que cela se régulera avec le temps. Des douleurs pelviennes apparaissent. La radio de contrôle après les trois mois de pose confirme que les implants sont bien en place. L'échographie complète cet examen et souligne que les ovaires présentent de nombreux kystes fonctionnels. Le gynécologue précise que cela peut expliquer les douleurs pelviennes et me délivre un traitement hormonal pour réguler l'apparition des kystes.

 

Jusqu'en novembre 2016 : quelques signes apparaissent au fil du temps :

  • maux de tête (allez avec du paracétamol ca va passer !)
  • grande fatigue (je mets cela sur le compte du rythme du travail et de la formation professionnelle que j'ai engagé)
  • crise d'eczéma, (j’en ai toujours un peu fait, mais là mes jambes en sont couvertes)
  • épisodes d'insomnies (on va dire que je réfléchis trop la nuit :))
  • règles douloureuses et hémorragiques qui m'épuisent
  • perte de l'acuité visuelle (vision de près, je me dis que je vieillis ! )

 

Décembre  2016 : consultation chez le gynécologue :

Je lui parle de mes symptômes. Il m'explique le le corps doit se réadapter aux cycles qui arrivent spontanément d'autant plus qu'auparavant je portais le stérilet hormonal avec le quel je n'avais pas de cycles apparents.

Le traitement hormonal s'avère efficace car l'échographie montre que les kystes ovariens se sont résorbés.

Je repars confiante.

 

De janvier 2017 à  mi- mars 2017,  je vis une véritable descente aux enfers ! Les symptômes s'accentuent et des troubles nouveaux apparaissent :

  • Fatigue persistante et constante
  • Moral en berne
  • douleurs articulaires hanche et genou gauche ( la hanche se "bloque" quand je marche et le genou "vrille" quand je plie la jambe" ! )
  • baisse de la libido, car rapports douloureux, plus aucune intimité, mon corps est comme "éteint"
Tout s'accélère au fil des semaines, le 26 mars 2017, je consulte mon médecin traitant car je présente les symptômes et troubles suivants :
  • fatigue intense, état fébrile et courbatures constantes
  • maux de tête très intenses  (au point d'avaler 4 grammes de paracétamol par jour !!)
  • contractions que je caractérise de "travail", j'ai l'impression que je vais accoucher tant la douleur est immense !
  • je ne peux plus marcher car les contactions irradient le bas du dos et m'empêchent de tenir debout
  • insomnies du fait des douleurs
  • augmentation de la pression artérielle (moi qui n'y suis pas sujette)

Je suis invalidée et clairement handicapée au quotidien !

 

Mon médecin traitant est catégorique : " vous faites une grave inflammation, votre corps rejette massivement les implants, il faut qu'on vous les retire au plus vite ! "

 

Pas de chance, mon gynéco est en congé jusqu'au 6 avril. Le médecin ne veut pas que je sois vue en urgence pour extraire les implants. Il me donne donc un traitement anti inflammatoire et un antalgique fort (tram#dol) pour me permettre d'attendre cette consultation. Il m'arrête car évidemment je suis en incapacité d'aller travailler. Mon médecin m'informe qu'il commence à y avoir des retours négatifs des implants...

Durant ces 15 jours, je dois rester alitée. Les médicaments me soulagent mais dès que l'effet s'estompe les douleurs reviennent avec une vive intensité ! Je me connecte sur le net et là je commence à découvrir les "dégâts d'ESSURE". Je tombe sur le site de l'association RESIST France et la lecture des témoignages me fait froid dans le dos et je réalise ce que je suis en train de vivre ! Je veux que l'on me retire ces implants qui polluent mon corps!

 

Le 6 avril 2017 : consultation chez le gynécologue : j'explique les symptômes et l'état dans lequel je suis. Je fais tout le lien avec mes symptômes antérieurs. L'analyse de sang prescrite par mon médecin traitant démontre que je n'ai aucune trace d'infection mais une réaction inflammatoire évidente.

Le gynécologue déclare : "en effet, vous devez faire une réaction aux implants...il peut y ivour certains effets secondaires, la plaquette d'informations vous le précisait ! " Je lui explique que ma vie n'est que source de souffrances et d'isolement car je ne peux plus partager le quotidien avec mon mari et mes filles.

Il m'explique que son emploi du temps opératoire est très chargé et me propose une intervention le 9 mai 2017 !!! Soit dans un mois !

 

Mon mari et moi nous montrons suffisamment réactifs et clairs dans notre discours pour que le gynécologue réalise ce que je suis en train de vivre.

 

Ce dernier s'engage alors à me proposer une date d'intervention dans de courts délais. Il me prévient que l'opération risque d'être lourde car suite aux adhérences que je présente, il ne pourra pas intervenir par cœlioscopie et de surcroit, il doit pouvoir accéder aux trompes pour extraire l'implant sans le casser. Il ne cache pas qu'il devra peut être faire l'ablation de l'utérus en fonction de l'implantation du dispositif ESSURE. Quoiqu'il en soit, il devra rouvrir la cicatrice de césarienne.  Je lui donne mon consentement tant que je suis soulagée !

 

11 avril 2017 : l'intervention a duré deux heures sous anesthésie générale. Le gynécologue a pratiqué (non sans mal, il a écrit "OUF ! " sur le compte rendu opératoire une fois qu'il a réussi à extraire les implants) . J'ai subi sous laparotomie (ouverture de cicatrice de 25 cm !!) une salpingectomie bilatérale (ablation des trompes) et retrait total des implants (j'ai des photos...beurk). Fort heureusement, l'utérus a été préservé.

Depuis, je suis  en convalescence pour 6- 8 semaines car la cicatrisation est longue et lente. Je suis soulagée physiquement !   Par contre moralement il faut que je me "reconstruise". Je réalise ce que je viens de traverser et je vis un sentiment de culpabilité (pourquoi ai-je fais confiance à ce dispositif ??)

J'ai porté les implants ESSURE 16 mois ....mon corps a été abimé, mon médecin généraliste parle même "d'empoisonnement aux métaux" ( ce sont ces mots ! )

 

J'ai adhéré à l'association RESIST et je réalise que je ne suis pas la seule femme victime d'ESSURE.  A 3 semaines de l'intervention les symptômes suivants ont disparus :

  • je n'ai plus de maux de tête
  • je n'ai plus de douleurs articulaires
  • je n'ai aucune douleur pelvienne
  • retour d'un cycle abondant mais pas hémorragiques ni douloureux
  • j'ai arrêté tout traitement antalgique ou anti spasmodique

Ce témoignage est long et détaillé mais il me parait capital de faire part de mon expérience et de laisser trace de mon parcours. Je veux simplement retrouver une vie ordinaire, dynamique et heureuse comme j'étais avant ESSURE. Fort heureusement, je suis entourée et très soutenue...

 

Merci à l'association ESSURE de nous permettre de témoigner et d'échanger.

Témoignage de Cécile P. (52 ans)

(avril 2017)

 

En janvier 2017, quand j’entends le témoignage de Marielle Klein à l’émission de France 5 sur les implants Essure j’écoute d’un air distant. Pourtant 8 jours après j’entends à nouveau un reportage concernant ces implants à la radio. 

De là je vais voir sur internet le replay de l’émission de France 5 et je découvre le site RESIST et je lis : et enfin, je comprends tout, je fais le lien entre mes maux et les implants.

Je me suis posée beaucoup de questions sur mon état : cette fatigue chronique, ces tendinites à répétition, ces raideurs musculaires, ces douleurs cervicales, ces vertiges et cette sensation d’ébriété (symptômes quotidiens réguliers).

 

Pourtant à l’automne 2016, plusieurs événements m’ont interrogés : d’abord un de mes enfants qui me  demande si je ne suis pas dépressive à dormir tout le temps, je lui réponds textuellement : « non ma tête va bien mais mon corps ne va pas ! », ensuite la rencontre avec d’autres femmes  qui ont une pêche extraordinaire alors qu’elles sont plus âgées que moi et puis mes sœurs à qui j’ai demandé leurs symptômes de ménopause et qui sont minimes à côté des miens ! Étrange quand même d’autant qu’une de mes sœurs a une activité physique professionnelle plus importante que moi !  

Mon corps était celui d’une personne de 90 ans ! Je sais de quoi je parle j’ai accueilli mon beau-père âgé de 89 ans pendant 6 mois chez moi et j’étais dans le même état que lui ! Je vieillis mal, me dis-je ! 

Bref je sentais que mon état s’aggravait : j’en étais arriver à me dire que je mourrais à petit feu et que je ne vivrais pas jusqu’à 90 ans !

 

Quand je suis allée sur le site de RESIST, plus je lisais les témoignages des autres femmes et plus je comprenais tous les maux que j’ai eus mais que je mettais sur l’âge, sur le vieillissement, sur la ménopause. Je me retrouvais complètement dans toutes ces autres femmes. Je comprenais enfin ce qu’il m’arrivait : je mettais des mots sur mes maux ! 

 

Voici mon histoire :

 

En avril 2007, le 18 précisément (pourtant un chiffre qui me porte chance), je me fait posé les implants Essure avec tous les avantages que cela suppose, bref me voilà enfin tranquille, pas de pilule à prendre tous les jours, pas de stérilet qui me donne des règles hémorragiques.

Je ne me rappelle plus si le gynéco m’a demandé si j’étais allergique mais si c’est le cas qu’est-ce que j’en savais ! Je n’ai pas fait de tests pour le savoir !

 

Et là commence les effets méconnus des ces implants  :

- des règles hémorragiques qui duraient pendant 8 à 10 jours, qui m’épuisaient pour lesquelles j’angoissais quand je devais m’absenter, il fallait prévoir les protections en conséquence et la nuit n’en parlons pas se lever plusieurs fois  ; je parle au passé puisque depuis mars 2016, je n’ai plus rien donc ménopausée ;

- les tendinites et épicondylites au bras gauche qui m’empêchent de porter, qui sont douloureuses (pour preuve mon bras gauche est enflé) 

- cette fatigue chronique qui me « permettait » de dormir partout et n’importe où (comme les enfants)

- la vue qui baisse : 1ère paire je crois fin 2007 et puis changement régulièrement tous les 2 ans jusqu’en 2014 où j’ai fait une allergie à une monture de lunettes, bizarre je n’en ai jamais fait.

L’opticien me demande de faire des test d’allergie pour justifier du changement de ma monture, ce que je fais illico et je suis allergique au plastiques des lunettes (acétate) bon il ne me reste plus qu’à trouver des montures non allergisantes c’est-à-dire en titane et le choix est limité tant pis sinon je ne voie rien. Et oui ! Ma vue a tellement baissé depuis 2010 que je suis obligée de porter en permanence des lunettes (pourtant je ne suis pas sur l’ordinateur en permanence)

- les migraines à m’enfermer dans le noir alors que jamais je n’ai eu de migraines ;

- des  douleurs musculaires et articulaires associées à des raideurs : lever les bras pour me laver le cheveux est un calvaire (j’ai les cheveux très courts !)

- les problèmes d’élocution qui me gênait quand je devais prendre la parole ;

- les envies fréquentes d’uriner (pas facile à gérer quand on doit faire des longs trajets en voiture, il faut anticiper) ;

- mon hypersensibilité émotionnelle : d’ailleurs, je m’isole et essaie de comprendre par moi-même,  ce sont les hormones qui me jouent des tours, cela va passer, je mets tout à plat en ce qui concerne ma vie seule et avec des amies qui elles ont vécues des choses pires que moi, on partage, on s’écoute et je  m’aperçois que bah non rien de particulier si ce n’est éventuellement la ménopause vers la cinquantaine …

- le lichen plan associé à une crise d’hémorroïdes qui m’a, au 15 août 2016, obligée à aller aux urgences ;

- Les diarrhées alors que je j’étais plutôt du genre constipée 

- Des sueurs nocturnes qui m’empêchaient de dormir que j’ai mises sur le dos de la ménopause (à partir de 2014 jusqu’à fin 2016)

- cette sensation de gonflement de la gorge depuis l’automne 2016 avec le nez pris en continu : j’ai cru à une angine et puis non ça durait  (d’où cette sensation d’aggravation) ;

- la perte de cheveux 

- la découverte d’un adénome au sein (tiens comme c’est bizarre dans ma famille aucun cancer du sein, bon bah je serais  la première) 

 

Pendant toutes ces années je suis allée voir un chiropracteur qui m’a aidé à supporter ces douleurs et qui m’évitaient de prendre des anti-inflammatoires (les tendinites comme les raideurs musculaires) et aussi mon médecin traitant à qui j’ai expliqué mes douleurs cervicales, les lombalgies. J’ai passé des radios, fait des analyses de sang qui ne révélaient rien de particulier et il m’a prescrit des anti-inflammatoires que je ne voulais pas prendre.

 

J’avais adapté mes activités physiques en fonction de mon état de fatigue : si je devais faire un gros effort physique, je savais que je devrais me reposer les jours suivants. 

 

Je ne sortais plus, je ne pouvais pas : trop fatiguée ! Ou alors, je devais boire des litres de café pour pouvoir tenir le coup ;  ce qui ne m’empêchait pas de dormir ce qui étonnait mon entourage.

 

Je ne faisais plus de sport : trop fatiguée.

 

Je limitais la conduite en voiture : trop dangereux (j’ai eu 2 accidents de voiture sans gravité dus à cette sensation d’étourdissement pendant la conduite !) 

 

Pourtant j’ai tenu le coup : je suis exploitante agricole, nous avions eu plusieurs élevages d’animaux jusqu’en 2002 ce qui nous a demandé beaucoup d’efforts physiques et aujourd’hui bah je croyais que je le payais : c’est (je le supposais) de l’arthrose ! Pourtant les radios ne soulignaient pas une arthrose importante au point d’être invalidante mais j’écoutais mon médecin traitant.

 

Je n’énumère pas tous les autres symptômes mais je les ai tous eu : tout me revient en pleine figure et là j’ai compris en effet pourquoi mon corps n’allait pas ! Pendant 10 ans j’ai vu mon corps faiblir, j’ai modifié mes comportements puisque je pensais que c’était dû à lA vieillesse.

 

Donc suite au reportage de Marielle, je prends donc rendez-vous avec plusieurs gynécologues donc un qui me dit c’est la thyroïde (mais je n’y crois pas, je sais d’où ça vient). 

Je vais en voir un autre accompagnée de ma fille aînée qui appuie mes dires, celui-ci est déjà informé des effets de ces implants, il me propose l’hystérectomie totale avec conservation des ovaires sous coelioscopie (sachant les antécédents de cancer de l’utérus de ma mère, je ne veux pas prendre de risques supplémentaires) que j’accepte mais il me précise que cela n’est pas certain que mes symptômes vont disparaître. Ok je prends le risque mais je sais qu’au fond de moi c’est ça ! 

 

Un peu maso, je vais voir mon médecin traitant à qui j’explique les implants, les effets secondaires catastrophiques : il me traite avec mépris et affirme que c’est psychologique.

Je m’effondre en larmes devant lui : je le hais et je suis trop faible pour me battre. Ce n’est pas grave,  après ma convalescence, je retournerais le voir et je lui balancerais en pleine figure son incompétence à juger les femmes à partir d’idées préconçues.

 

Entre temps, je décide de faire les tests ASTRALAB concernant les composants des implants : Je suis allergique au nickel, au chrome et à l’étain.

Bref, après quelques questionnements auprès de Marielle sur la méthode du chirurgien que j’ai choisi, je dois me faire opérer le 23 février 2017.

 

Je suis sereine à l’entrée à la clinique. Pas besoin de cachet la veille, ni le matin. Je sais, c’est tout ! On m’endort j’entends encore la musique de Barry White.

 

Puis je me réveille : comme je respire bien : pas de nez pris, pas de sensation de gorge enflée  c’est fou, cela m’a surprise tout de suite cette respiration sans gène.

 

Mon réveil se passe bien : je retourne dans ma chambre mais là les douleurs des gaz sont difficiles mais je tiens le coup je sais que ça va passer : j’ai lu les témoignages des filles qui se sont faites opérées, c’est normal !

 

Je regarde tout de suite mon bras gauche : je le trouve désenflé. C’est trop bien mais je reste prudente ce n’est pas possible, ce n’est pas aussi rapide quand même ! 

 

Puis  retour à la maison, je suis bien je vais pouvoir dormir puisqu’il faut se reposer : ce n’est pas anodin comme opération chirurgicale mais je n’arrive pas à dormir ou plutôt je n’arrive plus à dormir (la journée), c’est fou ! La fatigue écrasante n’est plus là ! Mais je me repose.

 

Aujourd’hui, nous sommes le 1er avril 2017 et ce n’est pas un poisson d’avril : je vais mieux

Je suis à plus d’un mois après l’opération et voici ce que je constate :

 

Je ne perds plus mes cheveux (je le vois dans le lavabo de la salle de bains, plus rien)

Je n’ai plus de douleurs cervicales ni de tendinites 

Ma gorge n’est plus enflée je respire sans avoir le nez pris

Je n’ai plus la diarrhée

Ma vision semble allez mieux (je dois retourner chez l’ophtalmo)

Je n’ai plus de démangeaisons (lichen plan)

J’ai quelques bouffées de chaleur mais supportables à côté des suées et /ou sueurs nocturnes qui me réveillaient

 

Je sais qu’il y aura des hauts et des bas, que certaines douleurs se réveilleront, il y a forcément des conséquences de la présence de ces implants dans mon organisme pendant 10 ans mais je sais également que je revis , je me sens plus forte .

Je récupère mes dossiers médicaux et je m’aperçois que de nombreux maux sont apparus depuis 2007 sans faire le lien et dont je ne me souvenais plus.

 

Chaque jour il me revient à l’esprit des souvenirs de mon état pendant des situations simples dont une particulièrement : je n’arrivais plus à apprécier une soirée d’été sur un banc au soleil ! 

 

C’est pourquoi je remercie Marielle et toute son équipe qui se sont battus parce que je sais que cela a été dur pour eux de faire réagir les médias, les médecins (enfin pas tous) et qu’il reste encore beaucoup à faire. 

Témoignage de Coralie F.
(mars 2017)

 

Après avoir eu deux enfants, je me suis fait poser des Essures le 27 mai 2014.

Au début, pas de souci particulier, sauf des règles irrégulières.

 

Petit à petit, mes règles sont devenues hémorragiques (jours et nuits), duraient parfois 15 jours à intervalles de 15 jours ! J’ai eu également des kystes très douloureux (à ne pas pouvoir marcher et m’asseoir était devenu difficile). J’ai consulté mon gynécologue à plusieurs reprises qui m’a prescrit à chaque fois des traitements pour régulariser mes problèmes, mais ils revenaient constamment.

 

A partir de février/mars 2015, j’ai commencé à ressentir des douleurs insupportables aux cervicales accompagnées d’acouphènes et de sensation de tête dans un étau (comme des migraines qui commencent mais qui ne se déclenchent pas) et également des douleurs dans les oreilles. Mon médecin traitant m’a donc prescrit une radio rachis cervicales, un IRM encéphalique, un bilan sanguin, un examen détectant les oreillons : aucune explication significative.

 

Pour me soulager, mon médecin m’a prescrit également des séances de kinésithérapie. Je suis donc suivie depuis juin 2015 par une kinésithérapeute qui essaie de me soulager mais également de trouver les causes de mes douleurs (ce qui fait aujourd’hui 46 séances !).

Elle me propose de consulter un dentiste spécialisé dans la position de la mâchoire ; il me pose des cales derrière les canines, mais rien n’y fait.

 

Je me tourne en parallèle, vers une autre médecine : je consulte (presque une fois par mois) une acupunctrice (médecine non prise en charge par ma mutuelle) pour me soulager (aiguilles + plusieurs traitements onéreux à base de plantes).

Je vais également voir suite aux conseils de ma kinésithérapeute, un ostéopathe (j’ai eu 7 séances) : pas d’amélioration.

 

Pensant que mes soucis sur mon lieu de travail pourraient être soulagés avec un meilleur siège, je fais une demande auprès de la Direction, qui m’oriente vers la médecine du travail qui me prescrit un fauteuil ergonomique.

Ma kinésithérapeute m’oriente vers une orthoptiste qui pourrait peut-être trouver une faiblesse au niveau de mes yeux ; je fais une dizaine de séances sans résultat positif pour mon cou. D’ailleurs, depuis mes soucis, je ne supporte plus mes lentilles que je porte depuis environ 25 ans (sécheresse œil droit).

 

Apparaissent ensuite des douleurs entre le coccyx et le sacrum (ma kinésithérapeute pense à l’inflammation du nerf Pudendal), certaines positions assises et couchées ne sont plus possibles.  

J’ai également de plus en plus de douleurs dans le dos, dans les hanches et dans l’aine : à certains moments je ne peux plus marcher (je dois m’arrêter) et j’ai de plus en plus de difficulté à me lever après une position assise ou couchée. J’ai également de plus en plus les jambes lourdes.

Mon médecin traitant me prescrit en août 2016, une radio du bassin et du rachis lombaire, puis en septembre un IRM des lombaires : rien qui n’explique mes soucis physiques !

 

Progressivement, j’ai d’autres symptômes qui viennent se greffer : le ventre gonflé, des ballonnements, les jambes lourdes, j’ai l’impression que je perds la mémoire parfois, je suis toujours fatiguée (au travail, à la maison,…), la nuit j’ai parfois des palpitations.

Depuis septembre, je n’ai plus de règles et j’ai des bouffées de chaleur insupportables (jours et nuits), mon gynécologue me prescrit un bilan sanguin : je suis en ménopause et je n’ai que 45 ans !!

 

Depuis quasi 3 ans, je me bats avec le corps médical pour trouver les causes de mes douleurs qui s’accentuent de jours en jours… rien… je deviens irritable, désagréable, fatiguée et déprimée !!!

Il y quelques semaines, par hasard, une de mes connaissances entend à la radio que les Essures sont mises en cause suite à des témoignages de femmes qui connaissent des soucis de santé. Je fais immédiatement le rapprochement : mes maux sont certainement liés aux Essures !

 

Je consulte rapidement mon gynécologue, qui m’écoute, me pose des questions et prend note de mes soucis ; sans me confirmer que tout est lié, il me propose de retirer les Essures. Il m’informe aussi qu’il n’en pose plus depuis quelques mois et qu’il en a déjà retiré chez quelques femmes. J’accepte sans hésitation le retrait de mes Essures.

L’intervention a eu lieu le 14 février 2017 sous anesthésie générale par célioscopie. Les Essures sont retirées et l’ablation de mes trompes est réalisée ! Aujourd’hui, je me remets doucement de mon intervention (j’ai bien évidemment des douleurs dans le ventre), je suis en arrêt de travail pour 3 semaines.

 

Ce que je peux d’ores et déjà dire aujourd’hui, c’est que depuis le retrait des Essures, je n’ai plus du tout (du tout) de douleurs aux cervicales !!!

A suivre… 

Témoignage d'Anne-Sophie S.
(novembre 2016)

 

J’écris ce témoignage de la salle d’attente du service de Neurologie de la Salpêtrière où j’ai été hospitalisée plusieurs semaines en juillet 2014, sale souvenir, j’aurais aimé ne pas avoir à y revenir. Il faut dire que ma vie a méchamment déparée cet été-là.

 

Chronologie :

 

- Septembre 2012 : consultation avec ma gynéco à laquelle je dis vouloir me faire poser des ESSURE, une amie m’en ayant parlé comme d’une opération facile et sans anesthésie. J’ai 48 ans mais la ménopause n’arrive toujours pas, je ne supporte plus aucune contraception et j’ai un passé lourd de complications lors des grossesses et fausses couches, problèmes d’hyper tensions, pré-éclampsie, j’ai juste failli mourir deux fois et fait deux fausses-couches à cause de ça. Après une période seule, j’ai rencontré un homme formidable et j’ai besoin de me sentir en sécurité sur les risques de grossesse. En fait, je suis tellement amoureuse que j’adorerais avoir un enfant avec lui mais que ce serait beaucoup trop dangereux pour moi (et trop tard dans nos vies). Pour des raisons de santé, lui ne pourrait pas avoir une anesthésie pour que ce soit lui qui soit stérilisé donc… Dernière justification, une de mes tantes a accouché à 50 ans. Pourquoi je ressens le besoin de me justifier ainsi sur ma demande de stérilisation à un âge avancé ? Parce que j’ai été beaucoup attaquée sur ce choix comme si j’étais responsable d’avoir choisi une opération à risque. Non je n’ai pas choisi de courir un risque particulier (toujours cette balance bénéfices-risques avancée par les médecins sur la défensive), une amie m’a conseillé une pose d’ESSURE comme étant un moyen facile, simple et très efficace sans aucun effet secondaire et sans anesthésie générale. La consultation avec ma gynéco se passe sans aucune mise en garde sur des risques particuliers. Je prends rendez-vous avec le chirurgien.

 

- 7 décembre 2012 – rendez-vous avec le chirurgien, aucune mise en garde particulière. Je lui pose des questions sur les risques – il ne mentionne que des risques classiques liées à l’anesthésie générale ou des risques immédiats de mauvais positionnement donc des douleurs possibles dans les jours qui suivent, dans ce cas je devrais revenir immédiatement. Je m’étonne, pourquoi une anesthésie générale alors que mon amie a eu sa pose sans même une anesthésie locale ? Il parle de sécurité si je me souviens bien, de confort, je me demande aujourd’hui si le confort n’est pas pour lui – plus simple de gérer quelqu’un d’inconscient ? Enveloppe pour l’anesthésiste ? Aucune information sur un risque lié à une allergie au nickel or j’ai réagi par de l’eczéma à des bijoux en toc donc j’ai déjà identifié ce risque. Aucune information sur un risque éventuel en cas de maladie auto-immune or j’ai enterré mon meilleur ami d’une sclérose en plaque quelques années auparavant. Je n’aurais jamais fait cette opération avec une seule de ces deux mises en garde.

 

- 14 décembre 2012 – pose des ESSURE sous anesthésie générale ! soit deux mois et demi (et ça a bien été souligné par ma gynéco) après la demande auprès de ma gynéco au cours de laquelle je n’ai reçu aucune information particulière en dehors du fait que c’était totalement anodin et moins de 15 jours après la consultation avec le chirurgien qui m’a dit qu’il fallait normalement attendre trois mois mais que après tout, j’avais bien réfléchi ( ???). Au principe d’une stérilisation oui bien sûr, une réflexion sur les risques encourus, en aucune façon puisque je n’avais pas eu les éléments qui m’auraient permis d’avoir cette réflexion.

 

2013

  • Très rapidement après la pose : hémorragies effroyables comme je n’en ai jamais connu et qui durent 15 jours par mois– je mets ça sur le compte de la préménopause (enfin !) et je ne m’inquiète pas. La fatigue commence à s’installer, j’ai de grands moments dans la journée ou je me mets à bailler sans pouvoir me contrôler. J’ai très souvent envie d’une sieste. 
  • J’ai déjà un passé d’allergies respiratoires (signalé à ma gynéco, au chirurgien et à l’anesthésiste puisque j’ai fait un choc à de la morphine lors d’une anesthésie générale 10 ans avant). En 2013 mes allergies s’aggravent, asthme au point que je ne peux plus garder mon chat. Je suis sous double traitement antihistaminique plus ventoline en permanence. Je n’ai jamais été allergique aux poils de chat mais là, ça devient intenable. Après le départ de mon chat (très grande tristesse) mon asthme se calme.
  • Par contre de plus en plus d’allergies alimentaires. Je mange un plat industriel (le dernier de ma vie !) et je fais un choc allergique. Les pompiers me récupèrent tombée devant la porte de mon immeuble, direction les urgences.
  • De temps en temps des vertiges démarrent auquel je ne fais pas attention.

 

2014

 

  • Une grande fatigue s’installe, je m’excuse auprès des gens que je reçois en consultations (hypnothérapeute), je baille régulièrement. Vers le printemps, je ne peux plus m’empêcher de me coucher, dès que je le peux entre deux rendez-vous. Je commence à identifier que j’ai une fatigue vraiment anormale contre laquelle les vitamines ne peuvent rien et je me dis que je devrais consulter. Mais je suis en libérale et je n’ai pas de temps à perdre avec des petits bobos.
  •  Dans le courant de l’hiver, démarrent des problèmes neurologiques que je n’identifie pas. Je me mets à marcher « comme un culbuto » de temps en temps, c’est bizarre mais ce n’est pas pour autant que je vais regarder mon nombril, je continue comme avant.

 

Mois de mai 2014, des vertiges de plus en plus fréquents. Je pense à des problèmes d’oreilles internes. J’attends. Quand je reçois les gens, discrètement je me tiens au mur ou à un bureau pour ne rien montrer.

 

Juin 2014. De plus en plus difficile de cacher que je ne tiens plus debout. J’hésite même à sortir, je consulte un ORL, traitement de Tanganil contre les vertiges qui du coup s’aggravent au point qu’un jour je tombe dans la rue. Je suis à 100 mètres de chez moi et je suis obligé d’arrêter une voiture pour me ramener. Cette fois mon médecin me met sous perfusion de Tanganil. Là, ça empire tellement qu’elle m’envoie aux urgences au bout de trois jours.

 

Début Juillet 2014 : une semaine à l’hôpital. J’arrive un jour de canicule et il me faut trois couvertures pour commencer à arrêter de trembler de froid ! Tout le monde est très gentil, on me regarde bizarrement en ne sachant pas s’il faut me prendre au sérieux ou pas. Une infirmière débarque un jour dans la chambre en me demandant si j’ai vu le psychiatre. Je suis étonnée tout en lui disant que je n’ai aucun tabou avec ça, s’ils pensent que c’est psy, je veux bien le voir moi, leur psychiatre. Tout ce que je veux c’est reprendre ma vie ! Examens, IRM. Un soir, plus aucun vertige, je galope dans les couloirs, toute heureuse, deux heures après je recommence à m’agripper aux murs tellement ça tourne. Quand je parle de vertiges, ce n’est pas la tête qui tourne un peu, c’est être sur un grand-huit 24 heures sur 24, c’est vomir tellement ça donne la nausée, c’est être réveillée en pleine nuit tellement ça tourne même en rêve ! Fin de la semaine, une neurologue de la Salpêtrière débarque avec mon dossier IRM et m’annonce que je n’ai rien. Rien ? Elle est gentille la dame, mais je ne peux pas tenir debout, je ne peux pas marcher trois mètres sans me tenir à un mur. Puis elle regarde de nouveau mon IRM et dit que finalement, j’ai une petite plaque au cerveau donc j’ai une sclérose en plaque dans le meilleur des cas. Comme c’est le weekend du 14 juillet, je rentre chez moi trois jours avant d’être hospitalisé 2 ou 3 semaines à la salpé.

 

Fin juillet 2014, plein d’examens, de médecins sceptiques qui me regardent de temps en temps comme si je délirais. J’ai maintenant des fourmis dans les jambes et le bras gauche, des troubles de la vision et des oreilles qui partent et qui reviennent, une fatigue qui fait que je ne me lève pas du lit et toujours impossible de marcher plus de dix mètres. Ils me ratent 3 fois de suite la ponction lombaire (youpee vive l’autohypnose contre la douleur) et me donne un traitement en perfusion de corticoïdes. Quand je sors, un jeune neurologue me dit avec un grand sourire « dans trois jours vous travaillez ! ». Moi je me demande comment je vais réussir à gérer ma vie dans un tel état, sans argent qui rentre et sans tenir debout. Je parle de fauteuil roulant mais il me répond que « non, sinon vous ne marcherez plus du tout », ben… comment dire… je n’ai pas vraiment l’impression d’arriver à marcher là !

 

Depuis l’automne 2014, je n’ai pas pu retravailler, j’ai été mise en invalidité rapidement et aux minimas sociaux. Mon état n’a répondu à aucun traitement de la sclérose en plaque. Les symptômes vont et viennent avec une stabilisation très moyenne. Douleurs énormes et qui reviennent sans cesse dans la nuque. Pour la marche j’ai tenu le coup huit mois avec une canne en marchant sur des petites distances, en longeant les murs, en appelant à l’aide régulièrement dans la rue ou dans des magasins (il faut bien continuer à manger et mon ami habite loin). Je suis tombée plusieurs fois et j’ai fini par prendre un fauteuil roulant électrique en juillet 2015, ça m’a permis de retrouver de l’autonomie.

 

Juin 2016 : Une amie me parle des complications liées à ESSURE, jamais entendu parler, je commence des recherches. Ah bon, je ne suis pas la seule ? Je découvre alors à quel point le combat n’est pas fini. Il faut déjà trouver un médecin qui accepte d’envisager cette hypothèse et il faut en plus qu’il soit accessible en fauteuil roulant. J’en rencontre 5 avant d’être entendue ! Ma gynéco est d’abord atterrée puis devient agressive, après tout c’est moi qui aies demandé à être opérée ! Ok, il me faut une nouvelle gynéco aussi. Depuis elle n’a jamais pris de nouvelles d’ailleurs alors qu’elle me suit depuis plus de quinze ans !

 

Novembre 2016 : longue recherche d’un allergologue, nouvelles péripéties, puis enfin diagnostic « vous êtes allergique au nickel », je le savais, il n’y avait qu’à me le demander. Radio qui montre que les ESSURE sont toujours dans les trompes, l’échographie ne montre rien. Maintenant recherche d’un chirurgien qui accepte de m’enlever les trompes et uniquement les trompes de préférence… encore un combat qui n’est pas encore gagné, même si je suis maintenant soutenue par un super généraliste et un super neurologue qui vient de me faire une déclaration d’accident à l’ANSM et un courrier pour un chirurgien pour demander qu’on m’enlève les implants rapidement. Je ne sais pas quand ça pourra se faire, ni si mon état pourra s’améliorer mais s’il ne s’aggrave pas, ça sera déjà une victoire.

Témoignage de Florence M.

(octobre 2016)

 

 Voici mon histoire avec les implants ESSURE. J’ai 3 enfants que j’ai eu par voie basse.

J’ai 47 ans et je suis assistante maternelle à domicile.

 

Suite aux conseils d’une amie qui avait été transplantée, je décide de me faire poser les implants ESSURE à l’hôpital le 28/10/2011. La chirurgienne en profite pour me retirer un polype bénin accouché par le col. Anesthésie générale.

Dès les premiers jours, je ressens que mon ventre tiraille, gonfle et une douleur au côté droit surtout au moment des règles. Mes règles sont toujours aussi douloureuses, longues (8 jours) et abondantes surtout les 3 premiers jours mais ça, j’ai l’habitude depuis ma puberté et mes grossesses n’ont fait qu’accentuer ce phénomène.

 

En juillet 2012, je commence à avoir des saignements un peu avant la date des règles et aussi au moment de l’ovulation, en plein milieu du cycle. Ces saignements s’accentuent de mois en mois jusqu’à ce qu’elles ne s’arrêtent plus. En décembre 2012, au bout de 3 semaines de saignements, je manque de tomber inconsciente et me rends, grâce aux pompiers, aux urgences de l’hôpital le plus proche de chez moi.

 

Le gynécologue me met sous Exac#l (pour épaissir le sang et ralentir l’hémorragie) et me dit de consulter ma gynécologue rapidement. Celle-ci me prescrit du Luten#l (progestatif) à prendre partiellement dans le mois mais je finis par le prendre en continu pour arrêter les saignements qui m’occasionnent des douleurs profondes. Malgré cela, mes rapports sexuels sont toujours douloureux et ma libido baisse en flèche d’autant que ce médicament pris à 20 h le soir me donne la sensation d’être endormie jusqu’à 11 h le lendemain matin. Je mange pour compenser cette fatigue et prends quelques kilos.

Entre temps, j’ai passé des tests hormonaux pour voir si je ne suis pas en pré-ménopause. Et non ! Je passe une écho2D, pas de fibrome ni polype apparent. Mais épanchement dans le cul de sac de Douglas ( écho passée très vite après l’hémorragie ).

Comme ma gynéco m’a dit que la seule solution si je ne veux plus de Luten#l c’est l’hystérectomie (ablation de l’utérus), je me renseigne et découvre sur internet que j’ai peut-être de l’Adénomyose (cellules d’endomètre qui saignent pendant les règles dans la paroi de l’utérus ). Je rencontre en parallèle 2 chirurgiens gynécologues. Je suis pressée, je veux me faire opérée rapidement car professionnellement je cherche à quitter mon employeur pour devenir assistante maternelle indépendante.

 

La première chirurgienne me prescrit une IRM de mon appareil génital et oui, j’ai bien de l’endométriose et en prime, un kyste à l’ovaire droit de quelques centimètres (d’où ma douleur à l’ovaire droit). Ce kyste est fonctionnel apparemment et devrait partir.

Le deuxième gynécologue accepte de m’opérer rapidement. Je ne souhaite pas une hystérectomie car j’ai peur du prolapsus vu mes antécédents et mon métier.

 

L’endométrectomie (ablation de l’endomètre) a lieu le 30/04/2016. J’ai des suites d’opérations très difficiles : contractions utérines hyper douloureuses de jour comme de nuit, saignements hémorragiques pendant 2 semaines et saignements encore importants 2 semaines supplémentaires. Je ne prends que du d#liprane, du T#rdyferon  et de l’Ex#cyl (jusquà 8 comprimés à la fin pour stopper cette hémorragie). J’ai arrêté le Luten#l le jour de l’opération, je n’aurais peut-être pas dû.

 

Au bout de 2 mois je commence mon activité en tant qu’indépendante par la garde d’un enfant, puis 2 le mois d’après, puis 3 le mois encore d’après. L’année suivante, en septembre 2015, je garde 4 enfants et là, je commence à stresser beaucoup, trop.

Je commence à manger trop pour compenser. Mes douleurs de dos apparaissent de plus en plus régulièrement et pas seulement pendant les règles (j’ai toujours eu des douleurs dans le dos comme des aiguilles au moment des règles ). Je mets ces douleurs sur le compte du poids des enfants et du stress sans compter tous les travaux ménagers.

 

En mai 2016, je commence à avoir des maux de ventre également. Ventre hyper gonflé (je mets ça sur le compte de la prise de poids et de la prise alimentaire parfois un peu plus importante que la normale liée au stress et à la fatigue chronique), j’ai des douleurs musculaires un peu partout dans les membres. Je n’arrive plus à me détendre vraiment. Je dois faire des siestes en début d’après-midi pour tenir toute la journée, si je pouvais me coucher à 21 h, je le ferais et d’ailleurs, je le fais de temps en temps, épuisée. Heureusement, j’ai retrouvé le cycle de ma jeunesse à savoir des règles tous les 35 jours et ne suis donc pas anémiée. De toute façon, en prévention, je prends un peu de Tardyféron les 3 premiers jours du cycle.

 

En septembre 2015, je passe une journée allongée (heureusement c’est un samedi) : vertiges rotatoires. Je vais voir mon généraliste qui me demande d’aller voir un médecin ORL. Cette sensation est revenue plusieurs fois mais pas de manière aussi forte à d’autres moments.

Je travaille beaucoup, je rate les RDV 2 fois…

En septembre 2016, j’ai deux crises de douleurs aux reins des samedis et  mon ventre irradie. Je dois rester allongée en position fœtale. J’ai des problèmes de constipation soulagés après une selle.

Cette fois, comme j’ai moins d’enfants à garder, je décide de prendre RDV avec un gastro-entérologue. Il m’examine et me prescrit une coloscopie. Il me prescrit une écho2D pour un débrouillage de tous les organes du ventre. RAS sauf un kyste sur l’ovaire droit. Je prends du Spagulax qui m’aide à aller à la selle sans souffrir. Je précise que j’ai toujours eu des problèmes de constipation avant les règles mais là, ça devient chronique c'est-à-dire tous les jours du mois.

Entre temps, je tombe sur la pétition du groupe Facebook Alerte Essure qui demande à la ministre de la Santé de faire des études sur les effets des implants ESSURE car aux Etats-Unis et bien d’autres pays Européens, un scandale sanitaire éclate. Une des administratrice de ce groupe Marielle Klein est elle-même victime de ce dispositif et veut par là-même alerter les autorités sanitaires françaises des dangers de ce dispositif sur l’organisme des femmes porteuses d’ESSURE.

 

Je commence à faire le rapprochement de tous mes problèmes avec mes propres implants. Les différents interlocuteurs m’ont TOUS dit que les ESSURE ne pouvaient pas être responsables de mes problèmes.

Après mûre réflexion, je prends rendez-vous avec la chirurgienne gynécologue pour me faire enlever mes implants. Pour l’instant, elle m’a prescrit une écho3D pour confirmer le diagnostic : endométriose, kyste (6,2 cm fonctionnel), et écartement de mon dispositif ESSURE anormalement distal ce qui veut dire que mes implants sont trop enfoncés dans les trompes.

 

Prochain rendez-vous avec cette chirurgienne bientôt afin de la convaincre de me les retirer par célioscopie. Elle l’a déjà fait auprès d’une des femmes adhérente à RESIST le nouveau Réseau d’entraide de femmes victimes d’ESSURE. J’ai lu de nombreux témoignages de femmes qui ont été libérées de ces douleurs (ventrales et dorsales, musculaires et fatigue chronique) suite au retrait de ce dispositif qui contient des métaux lourds (Titane et Nickel et perturbateurs endocriniens PET) et maintient artificiellement une inflammation créant des fibroses.

Je vais également demander à mon généraliste de m’orienter vers un allergologue afin de vérifier si je ne suis pas allergique à l’un des composants d’ESSURE.

 

J’aimerais également pousser mes recherches vers une exploration de mon bassin à la recherche d’endométriose qui peut également être un terrain favorisant douleurs gastriques et dorsales. J’espère être libérée de toutes ces souffrances bientôt.

 

Voici un résumé de tous les problèmes médicaux dont j’ai souffert ou bien je souffre encore chroniquement ou occasionnellement :

  • fatigue chronique
  • vertige, sensation d’ébriété (occasionnellement)
  • Règles hémorragiques (3 semaines et peut-être plus si je n’étais pas allée aux urgences…)
  • Saignements entre les règles (avant l’endométrectomie )
  • Hémorragie post-endométrectomie ( 4 semaines )
  • Polype dans la paroi de l’utérus (avant l’endométrectomie )
  • Adénomyose
  • Envie fréquente d’uriner
  • Kystes fonctionnels récurrents
  • Ventre gonflé
  • Aggravation des symptômes en syndrome prémenstruel et pendant les règles
  • Prise de poids
  • Douleurs dans les reins
  • Douleurs dorsales/lombaires 
  • Douleurs musculaires généralisées par période (jambes, bras )
  • Migraine pendant les règles (je n’avais jamais eu de migraines pendant les règles avant ESSURE )
  • Pertes de mémoire
  • Douleurs ventrales : ballonnements, gaz, jusqu’à douleur irradiante ( 2 crises ),  colon douloureux car constipation soulagée par selle

 Déclencheurs aggravants : stress

Témoignage d'Alexandra M. (France)

Alors voilà moi je suis Alexandra 32 ans 6 enfants, ma décision d'une contraception définitive fut prise dès le début de ma dernière grossesse dès le début la gynécologue obstétricienne m'a parlé d'essure® qu'elle faisait que comme sa quasiment maintenant que c'était le top, opérationnel direct après, pas d'anesthésie, la technique de rêve pour moi qui suis maman d'une famille nombreuse... BB 6 née le 7/09/15  rendez post-partum en novembre pour lui rendre mes papiers signé pour essure® sauf que la je lui dis je croix que je veux plu cette méthode, je lui dis que je suis allergique au bijoux fantaisie derrière de montre donc au nickel, elle me dit pas grave ça n'a rien à voir ça pose pas problème .... Fait dans les mêmes composants que les stents cardiaques... et puis pour finir vous croyez qu'on fait faire des tests allergiques avant de sauver des vies en mettant des stents ?! Donc bon elle me dit jamais eu de problème avec essure® jusqu'à maintenant j'y ai malheureusement cru ... pose d'essure® le 12/01/16 début du cauchemar dès le lendemain état fébrile grosse sinusite chaud froid mal partout 15 jours de grosse toux nez qui coule etc...

Puis toutes les nuits réveillée par des quintes de toux avec expectoration et poumon qui siffle je m'étouffe... Douleurs pelviennes bas du dos  douleurs thoraciques etc... Le 1er/03 test allergique nickel posé qui s'avère positif ++  allergologue me met sous ventoline car les quintes de toux me font faire des crises d asthme .., j en ai jamais fait de ma vie merci ESSURE® il adresse un courrier à la gynéco affaire à suivre...

Témoignage de Magali (France)

 

Bonjour,
Ne supportant plus la pilule, j'ai décidé de me faire ligaturer les trompes à 41 ans. On me propose la méthode Essure® malgré mon allergie au Nickel (diagnostiquée en 2011 ainsi que le Chrome et le Cobalt).

Je suis très réticente mais je me laisse convaincre par le gynécologue qui me dit que ce n'est pas une contre indication à la pose des implants.
La plus grosse erreur de ma vie.
Suite à la pose le 02/10/2015:
- saignements pendant 1 mois et demi

- depuis début décembre, rhinites à répétition et sinusites
- en Janvier, douleurs abdominales très intenses pendant 2 semaines
- début Février, démangeaisons sur tout le corps
- depuis mi Février, des plaques rouges apparaissent et disparaissent sur mon ventre ainsi que sur mon visage. Concernant le visage, c'est très handicapant socialement. Je n'ose plus sortir et affronter le regard des gens.
- règles qui durent 2 semaines
- douleurs rénales.

Malgré tous mes symptômes, le gynécologue qui m'a posé les implants ne veut rien savoir.

Même le courrier d'un allergologue lui recommandant le retrait n'a eu aucun effet. Il n'a même pas voulu lire la lettre.

Par chance j'ai trouvé un autre gynécologue qui a écouté mes souffrances et qui a accepté de m'opérer.
Si tout va bien, ça sera une salpingectomie bilatérale, sinon une hystérectomie. A voir le jour de l'intervention.
Ce qui devait être une "simple ligature des trompes" va peut-être se terminer par une hystérectomie!

Malgré mes peurs, j'attends le jour de l'intervention avec hâte. En espérant que tout se passera bien et que je n'aurai pas de séquelles.
Je suis partagée par la colère, la tristesse, et je m'en veux beaucoup d'avoir fait confiance à ce médecin.

En résumé, si allergie au Nickel = pas d'Essure® !!!

Témoignage de Marielle K.

 

Je m’appelle Marielle,  j’ai 38 ans, je suis mariée et j’ai 5 enfants. Après ma dernière grossesse, j’ai décidé d’opter pour la ligature des trompes, afin de ne plus être contrainte de prendre la pilule. Ma gynécologue en qui j’ai toute confiance aujourd’hui encore, me conseille la nouvelle méthode Essure® ! Sans anesthésie, en 10 minutes, je valide. 

 

Je prends rendez-vous chez le Docteur R. qui valide mon souhait, et me donne le rendez-vous pour l’intervention ! M’a-t-il demandé si j’étais allergique au nickel ? NON et moi je n’ai pas pensé à lui en demandé plus, car j’ai foncé sans réfléchir… 

 

Je me suis faite implanter le 10 octobre 2011, je suis arrivée vers 13h, le gynécologue m’avait prescrit un suppositoire de Voltar#ne 100 mg à prendre avant l’intervention, je suis passée vers 14h et ressortie vers 15h… J’avais des fortes douleurs de règles qui se sont calmées en fin de soirée. 

 

Puis me voilà ravie, et conseille même à une amie d’opter pour Essure® ! 

 

Il m’arrive dans les mois qui suivent d’avoir un cycle de règles TRÈS hémorragiques, j’appelle ma gynéco qui me demande si j’ai pris des anti-inflammatoires récemment, oui car quelques semaines auparavant, mon petit orteil est passé trop près de mon pied de lit. Donc on met ça sur les médicaments qui fluidifient le sang… [...]

(Téléchargez le récit complet ici)

Témoignage de C.H.

(octobre 2016)

 

Je tiens par le présent courrier à vous formuler mon retour d’expérience suite à la pose du système Essure le 17 juin 2014 et à son retrait le 17 août 2016.

Durant cette période, ma santé s’est profondément détériorée et je constate depuis le retrait du système une amélioration nette et progressive.

 

En 2013 puis 2014, ayant rencontré de nombreuses difficultés avec des systèmes de contraception, je demande une stérilisation définitive. Mère de 2 enfants nés en 1996 puis 2002, je ne souhaite plus avoir d’autre enfant, réflexion aboutie et partagée avec mon époux depuis plusieurs années. Par ailleurs j’ai subi un IVG en Avril 2007, en période d’arrêt conseillé de pilule contraceptive et en raison du non-fonctionnement de la pilule du lendemain. Sujette à une hypercholestérolémie, il est nécessaire que j’évite la pilule contraceptive, néanmoins prise pendant plusieurs années. Ce système me crée des sautes d’humeur et une prise de poids donc ma gynécologue me conseille le stérilet. Dispositif posé une première fois après la première grossesse en 1996 mais retiré au bout de 6 mois en raison de pertes hémorragiques, il m’est à nouveau posé un stérilet en 2007 que je garde plusieurs années (changement tous les 4 ans) mais je fais une infection et un rejet en 2012 (expulsion spontanée de l’utérus et retrait en urgence).

 

Après ces multiples expériences difficiles, je demande une stérilisation définitive. Il m’est conseillé par deux gynécologues en 2012 et 2013 (changement de praticien en raison de changement professionnel) la méthode Essure dite sans effets secondaires. Je ne suis pourtant pas contre une méthode classique et je ne vois pas d’avantage particulier au système Essure, en dehors des conseils qui me sont donnés. Je constate également une valorisation de ce système par le Ministère de la Santé.

 

Cette méthode nécessite une réflexion de 6 mois et une rencontre préalable avec le chirurgien. Je suis ces différentes étapes, sans qu’aucun test sanguin ou allergène ne me soit prescrit.

Je ne me souviens pas qu’il m’ait été décrit la composition physique du système, basé entre autres sur une diffusion de nickel dans les trompes. Je lis cependant consciencieusement toutes documentations fournies et ne suis pas alertée par des limitations ou prédispositions à prendre en compte. Je prends ma décision me semble-t-il en connaissance de cause.

 

Le système m’est posé le 17 juin 2014. La pose se déroule bien par une intervention légère (pose par voies naturelles, suivi par caméra) et je sors de l’hôpital sous 3 heures après un léger malaise vagal. Je ressens dans les heures qui suivent une forte douleur au niveau de l’utérus, particulièrement à gauche mais cette douleur s’apparente à une douleur menstruelle importante, telles que celles auxquelles je suis sujette habituellement. Le lendemain matin, la douleur est très atténuée.

 

Tout se passe donc au départ très bien et je reviendrai satisfaite au RDV de suivi 3 mois plus tard.

Je constate de premiers symptômes à partir du mois de novembre 2014. Je ressens de violentes contractions utérines lors des rapports qui bien-sûr gênent la libido. Ma gynécologue me prescrit une échographie qui ne décèle rien. Les douleurs s’estompent. La baisse de libido est par contre constante.

En mars 2015, je demande à mon généraliste un bilan complet en raison d’une fatigue chronique nouvelle. De nature très énergique, je me « traîne » depuis plusieurs mois et de plus en plus. Ce bilan montre une hypothyroïdie, nouvelle également et pour laquelle je n’ai aucun antécédent familial. Je démarre donc après les analyses complémentaires nécessaires un traitement pour réguler la TSH.

 

En octobre 2015, je souffre de fortes douleurs à la poitrine et d’essoufflement. Mon endocrinologue me fait rencontrer rapidement un cardiologue qui constate des palpitations et une légère fuite de valve.

Parallèlement, je fais face à des tendinites de plus en plus nombreuses. A la cheville droite en premier lieu puis quelques mois plus tard à la cuisse gauche.

 

De plus, je souffre de douleurs en bas ventre de plus en plus nombreuses et fortes depuis janvier 2016. En février, ces douleurs deviennent constantes et localisées. Je passe une échographie puis un scanner. Rien n’est identifiable mais il est conseillé un suivi gynécologique du dispositif Essure qui semble être la source des problèmes.

Je vis également des chutes de tension régulières (habituellement, tension régulière autour de 12/8). Ma tension s’établit depuis début 2016 autour de 10/6.

 

J’ai de fréquents maux de tête à partir de Mai 2016 alors que je n’ai jamais été sujette aux migraines.

En résumé, la liste des problèmes identifiés est dans l’ordre chronologique d’apparition :

 
• Contractions utérines lors des rapports
• Baisse de libido
• Hypothyroïdie
• Palpitations / Tachycardie
• Tendinites chroniques
• Douleurs abdominales
• Chutes de tension
• Migraines
• Infections urinaires chroniques et difficultés nouvelles à se retenir

 

J’ai toujours eu une santé bonne voire très bonne. Je n’ai pas d’antécédents pour ces différents problèmes. Sur conseil de mon médecin généraliste, je rencontre en Juin 2016 le gynécologue m’ayant posé le dispositif Essure et lui explique l’ensemble de mes symptômes. Il accepte de prévoir une coelioscopie afin de retirer le système mais me fait part de ses doutes sur le lien de cause à effets…

Cependant, depuis le retrait des Essure le 17 août 2016, la majorité des symptômes a disparu:

 

  • Plus de migraines
  • Plus de chutes de tension
  • Amélioration très importante des tendinites : disparition de la tendinite au niveau de la cuisse, forte                  amélioration au niveau de la cheville
  • Baisse importante des palpitations
  • Réduction importante des douleurs abdominales
  • Amélioration importante de la libido
  • Evolution notable de l’hypothyroïdie : la déstabilisation est importante depuis le retrait des Essure avec une                 forte amélioration puis une détérioration (effet « Yo-Yo » difficile à stabiliser et particulièrement à vivre)

 

Je tiens donc à témoigner de ces difficultés majeures afin de demander le retrait du marché du dispositif Essure qui est un produit dangereux. Il est connu que la thyroïde est un organe très sensible aux métaux lourds et cet impact n’a pas été pris en compte. Je n’ai aucune formation médicale mais ayant pris connaissance des informations sur ce système, je suis profondément en colère car les dysfonctionnements sont très nombreux dans ce scandale :

  • Les intolérances au nickel n’ont pas été testées
  • La préconisation du système dit sans effets secondaires n’a en aucun cas mis en œuvre le principe de précaution nécessaire et l’argumentaire visant à limiter l’anesthésie a d’autres conséquences majeures
  • Le fonctionnement du dispositif permet difficilement de faire un lien avec tous les autres symptômes de médecine générale et il est très complexe de faire comprendre au corps médical les incidences, à moins de le faire soi-même

 

Le laboratoire Bayer commercialisant ce dispositif mais également les instances de validation médicale et les prescripteurs comme les chirurgiens poseurs du dispositif doivent immédiatement se questionner sur leur responsabilité dans la diffusion d’un système dangereux.