PORTEUSES D'ESSURE® - Témoignages

FAQ Essure®



Si, vous aussi, vous souhaitez témoigner de votre expérience avec Essure®,
contactez-nous par courriel à correspondance.resist@gmail.com


Sandrine adresse un courrier au Ministre de la Santé

(mai 2022)

 

Bonjour Monsieur Le Ministre,

 

Je me permets de vous écrire afin de vous faire part d’une situation qui me pose question.

 

En janvier 2016, je me suis fait implanter un dispositif de contraception "Essure".

 

L’année dernière j’ai fait des recherches sur internet pour en savoir un peu plus sur ceux-ci car depuis 5/6 ans je ne me reconnais plus. Cela pourrait donner à sourire mais quoiqu’il en soit depuis cette période je suis de plus en plus fatiguée, énervée et ayant des troubles du langage et de la concentration et bien d’autres soucis.

 

Suite à ses recherches je découvre que ce dispositif de contraception a été sorti du marché et interdit de commercialisation en 2018. Un décret a même été publié pour réglementer l’explantation de ce dispositif. Une fiche d’information aux patientes a même été éditée.

 

Porteuse de ce dispositif, je déplore que nous n’ayons pas été informées directement. Mon médecin traitant n’était même pas informé que j’en étais porteuse !

 

À la lecture des effets indésirables, j’ai pu ENFIN mettre des MOTS SUR MES MAUX.

 

Loin de moi d’incriminer ce dispositif sans un minimum de vérification. J’ai donc décidé d’en parler à mon médecin. Sa réponse m’a laissé pantoise ! En gros, vous êtes régulièrement fatiguée, c’est dans ma tête ! En gros je suis folle.

 

Direction ma gynécologue ! Et de 2 ! La solution proposée : Ablation totale de l’utérus !

 

Je suis restée sans voix, outrée ! Je demande juste une radio de mon utérus afin de vérifier qu’ils sont toujours au même endroit et je demandais aussi un test cutanée d’allergie aux métaux.

 

Je ne comprends pas la manière dont nous sommes traitées. Juste un "morceau de bidoche" trop vieille et juste à jeter à la poubelle ! Je suis indignée !

 

Voilà je tenais à vous signaler ce fait. Si vous avez pris la décision de l’arrêt de commercialisation de ce dispositif, c’est que vous avez considéré qu’il existait, peut-être des causes à effets ! Je vous en remercie par ailleurs.

 

Mais malheureusement je considère que la façon dont nous sommes traitées n’est pas digne de notre société civilisée. La France a tout de même un système de santé avant-gardiste et de qualité. Mais malheureusement la bienveillance à l’égard de la Femme et de son corps, n’est pas encore un sujet d’équité.

 

Vous remerciant de l’attention que vous porterez à mon courrier, je vous prie d’agréer Monsieur Le Ministre, mes salutations distinguées.

 

Cordialement

Mme Sandrine X

Témoignage de Nadine
(mai 2022)
  
Je souhaite faire un témoignage de mon expérience, avant pendant et après explantation de mes ESSURES. J'ai, en effet été implantée en 2015,après la naissance de mon 4eme. Selon ma gynéco, les ESSURES c'était mieux, plus pratique, que la ligature des trompes. Je ne me suis pas posée la moindre question à ce sujet.
 
J'ai à partir de là eu diverses pathologies, d'ordre ORL, neurologique, articulaire, fatigue, essoufflement, photosensibilité, souvent fatiguée etc... A chaque fois des examens étaient effectués, et jamais rien n'était diagnostiqué. J'ai toujours entendu dire " Madame, vous êtes dépressive, surmenée, ou en pré ménopause". Mon médecin traitant, n'a JAMAIS fait le moindre lien de cause à effet. Pourtant il me suis depuis 2009. Des discours décourageants. C'est vrai, je ne pensais pas qu'à partir de 43 ans j'étais déjà, vieille.
  
C'est en janvier 2021 que je me tourne vers un médecin du sport, ne pouvant plus pratiquer de manière raisonnable course à pied, vélo et équitation (je suis par ailleurs monitrice EQUI handi, et porter des personnes invalides est devenu un calvaire). Ce médecin me fait faire des batteries d'examens sanguins, densitométrie, radio du bassin etc... Puis il me dit " mais Madame, vous avez des ESSURES, qu'allez vous faire ? "
  
J'apprenais donc que peut-être ces ESSURES étaient à l'origine de quelques uns de mes maux. Dès lors, j'ai contacté le chirurgien qui me les avait posé, puis d'autres gynécos... on m'a toujours répondu " on peut les enlever, c'est votre choix, peut être ça ira mieux, peut être pas ". Jamais la moindre bienveillance ni réelle écoute. Enfin, j'ai pris mon courage à deux mains, et, avec mon mari, nous avons consulté ma gynéco. Elle était étonnée que nous n'ayons pas reçu un courrier soit disant envoyé à toutes les porteuses d'ESSURES avertissant que des symptômes liés peuvent apparaître et, qu'il était conseillé d'en parler à un médecin. Mon discours, je le vois est chaotique, un peu comme mon parcours, nos parcours à nous toutes. 
  
Bref, un RDV a été pris à l'HFME, avec un Professeur qui, lui, nous a entendu, écouté, conseillé. Cela a été une première libération. Puis le 28 mars 2022, explantation par cœlioscopie, retrait trompes utérus et col. Bon certes j'ai eu le droit à une complication, plaie à la vessie et donc 2e intervention sous anesthésie générale encore le 31 mars 2022. Dur. Mais bon. Dès le retour à la maison, je me suis sentie mieux. Il est probablement trop tôt pour s'en réjouir, et pourtant, à priori déjà pas de sensibilité au soleil, pas de douleurs sous les pieds au levé, pas de problème d'élocution. Coïncidence ou pas, je me sens libérée d'un bout de fardeau. En espérant que le mal ayant été fait ne continue pas de s'étendre, voir qu'il se résorbe petit à petit. L'avenir nous le dira.
  
Je suis heureuse de les avoir enlevé, et, ne regrette pas mon choix. Merci de m'avoir lu. Cela fait du bien de s'adresser à des femmes qui ,malheureusement, savent de quoi je parle.
  
PS : il faut savoir aussi que mon mari a dû prendre des jours de congés pour que je puisse aller aux différentes consultations et pour m'y accompagner car les transports ne sont pas pris en charge ! même pour le retrait de la sonde. Moi, je n'ai pas pu travailler à plusieurs reprises, vertiges etc... Pendant ma semaine à l’hôpital la gestion de la vie de famille de la maison a été exténuante. Donc " merci BAYER " de nous avoir volé notre santé, notre temps et notre budget !

Témoignage de Virginie (Aude)
(janvier 2021)

 

Le 15 janvier 2021, ça fait un an...

 

Une ablation de l'utérus et des trompes m'a enfin débarrassée de ces maudits implants Essure qui m'ont volé 3 ans de ma vie !

A 39 ans, j'étais à la recherche d'une contraception sans hormone. J'avais opté pour une ligature des trompes... Quelques jours avant mon rendez-vous avec ma gynéco, j'ai entendu parlé des implants Essure. J'ai donc posé des questions à ce sujet, cette contraception m'a semblé idéale, plus d'hormones, pas de chirurgie... Restait à régler le problème de l'allergie au nickel : ma gynéco me conseille de faire le test « du bouton de jean » : porter un jean à même la peau et contrôler qu'aucune rougeur n’apparaît à l'endroit où la peau est en contact avec le bouton... Verdict pour moi, aucune rougeur, j'opte donc pour cette solution.

 

Le rendez-vous est pris, ma gynéco me posera les Essure sous anesthésie générale en ambulatoire en novembre 2014.

 

Je suis juste ravie de ma nouvelle contraception, j'en parle à toutes mes amies et présente cela comme La contraception idéale.

 

En janvier 2015, j'ai une tension élevée, je fais un bilan cardio mais rien...

 

En janvier 2016, j'ai d'importantes douleurs dans la nuque et l'épaule. Je passe une radio et un arthroscanner, mais rien…

 

En juin 2017, je ressens de multiples douleurs au niveau du ventre (constipation, cystites …), je passe une échographie, une endoscopie et une coloscopie, mais rien de spéciale, le gastroentérologue commence à me parler de syndrome du côlon irritable...

 

Les douleurs et l'inconfort digestif s'installent de manière chronique : digestion lente et douloureuse, ventre très gonflé, impression d'avoir une pierre dans le bas ventre, constipation, crises hémorroïdaires et même thrombose.

 

Je ne peux plus boire d'alcool, au-delà de 2 verres je vomis pendant des heures, j'ai des vertiges, des migraines atroces, je ne tiens pas sur mes jambes...

 

Quelquefois les douleurs digestives sont si fortes que je suis obligée de rester coucher, les douleurs envahissent la cage thoracique et irradient dans le bras gauche...

 

En 2018, je cherche une alimentation qui irrite le moins possible mon colon, je pers 6 kg en 2 ans...

 

Les « crises » s'accélèrent, elles surviennent toujours de manière aléatoires mais sont de plus en plus rapprochées. Les infections urinaires et autres réjouissances gynécologiques ne me quittent plus, je suis épuisée le matin dès le réveil. J'ai toujours froid (pieds et mains gelées), je suis prise de crise de tremblements.

 

Des saignements entre mes règles apparaissent de façon totalement anarchique, des saignements surviennent pendant les rapports... « Rien de grave madame, sûrement la pré ménopause... »

 

Des douleurs articulaires s'installent également (hanches, genoux, doigts), des douleurs lombaires me réveillent le nuit. Je dors de plus en plus mais ne récupère plus.

 

Quand je vais consulter pour mes cystites je fais part de tous mes autres symptômes et surtout de cette abominable fatigue mais je ne suis pas entendue, je repars avec un énième antibiotique mais le médecin ne se penche jamais sur mon état général.

 

Tous ces symptômes sont de plus en plus handicapants au quotidien. Je suis enseignante, ma fatigue hors norme et nuit à mon travail, j'appréhende la moindre journée de travail et ne parlons pas des sorties scolaires !!!

 

Ma vie privée s'en ressent également, l'idée de réserver la moindre sortie au resto, un week-end, des vacances, m'angoisse car j'ai toujours peur qu'une crise survienne. Mon état général est difficile à comprendre pour mon entourage, je perds totalement ma joie de vivre, je m’éteins un peu plus chaque jour...

 

Je commence à avoir peur, j'ai peut-être quelque chose de grave... Je décide de changer de médecin traitant pour tout reprendre à zéro. Je vois entre temps une sage-femme qui m'écoute, je suis désespérée, j'ai pris rendez-vous avec une gynéco mais il me faut attendre 6 mois, je ne tiendrai pas, je n'en peux plus... Je lui dis cette phrase : « j'ai l'impression d’être empoisonnée... ». Consulter une personne à l'écoute m'a fait du bien et me redonne un peu de force...

 

Je cherche sur internet, je tape tous mes symptômes dans Google (et il y en a beaucoup!!!!) et je tombe sur le site de l'association RESIST, tout s'éclaire, mes maux viennent des implants Essure.

 

J'en parle à mon nouveau médecin traitant qui ne connaît pas ce type d'implants mais qui prend le temps de s'y intéresser.

 

Je suis enfin en arrêt de travail !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

 

Au bout du rouleau et dans un état d'angoisse permanent, je passe 4 jours en médecine interne pour faire un bilan complet, mais comme d'habitude, rien !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!...

 

J'ai envie de hurler, je ne supporte plus d'entendre des médecins me dire que je n'ai rien, pire que je suis peut-être déprimée et que je devrais consulter un psychologue....

Je décide de me faire explanter, je suis désormais convaincue que mes maux viennent de là...

 

J'arrive avec mon très très épais dossier médical qui dit qu'après tous les examens médicaux subis je n'ai rien...

 

Ma gynéco m'entend, elle est d'accord avec ma décision, me comprend mais me dit que l'intervention ne servira peut-être à rien...

Rendez-vous avec la chirurgienne qui doit m'opérer, je viens pour discuter d'une salpingectomie et elle me parle hystérectomie... Je suis un peu sonnée, je demande à réfléchir...

 

L'association RESIST me met en contact avec des femmes ayant subi l'opération. Je ne suis plus seule !!!!!!

 

Je me reconnais mot pour mot dans les parcours du combattant de ces femmes...

 

Plus d'hésitation, j'accepte l’hystérectomie et la salpingectomie bilatérale.

 

J'insiste pour avoir une radio ASP avant l'intervention jusqu'à mon arrivée au bloc... J'attends de voir le visage de la chirurgienne qui doit m'opérer, mais je n'aurais pas cette chance car l'anesthésiste trop pressé m'endormira sans me prévenir avant...

 

1ère nuit sans trop de douleurs je m'attendais à pire... Le matin la douleur se réveille...On me met debout, une aide-soignante me demande si j'ai besoin d'aide pour prendre une douche, je dis oui mais sa collègue moins délicate répond qu'il s'agit « juste d 'une hystérectomie » et que je pourrais sonner en cas de problème...

 

Je suis sensée faire 1H30 de route de montagne pour repartir chez moi mais on me fait comprendre que je peux rentrer sans problème... Heureusement pour moi mes parents habitent à 10 minutes de l’hôpital, je vais pouvoir rester chez eux quelques jours... Jamais je n'aurais supporté 1H30 de route, c'est juste du délire !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

 

Malgré les douleurs post-opératoires, je sais que je vais déjà mieux !!!!!!!!!!!!!!!!

J'ai l'impression d'avoir les yeux grands ouverts sans fatigue, je n'ai plus mal sous le pied...

 

Un an après l’explantation, je peux parler du jour de cette intervention comme d'une renaissance ! Je n'étais donc pas folle !

 

Et oui, j'étais bien empoisonnée par les implants Essure du laboratoire BAYER !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! Elle a bon dos la dépression, elle a bon dos la préménopause, il a bon dos le syndrome du côlon irritable !!!!

 

Les symptômes ressentis par les porteuses d'Essure sont tellement multiples et variés, comment faire pour établir un diagnostic ?

 

Écoutez les patientes !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

 

Avant d'aller mal, une patiente va bien, elle sent, elle sait si son état s'altère. Nous ne sommes pas folles, nous sommes VICTIMES ! Ces implants nous bousillent le corps et la vie !!!!

  

Aujourd'hui, même si ma vie est redevenue normale, j'ai encore des journées difficiles, avec des symptômes qui reviennent, de la fatigue mais les crises s'espacent.

 

Je ne remercierai jamais assez l'association RESIST et toutes ces magnifiques bénévoles !

 

Je ne remercierai jamais assez tous mes proches de m'avoir supportée alors que j'ai vécu comme un fantôme pendant trois ans ! 

Mon souhait pour 2021 ? Que toutes les femmes porteuses soient contactées et alertées, qu'on informe les médecins traitants de ce scandale afin qu'ils puissent venir en aide à leurs patientes et les ECOUTER...

 

Si vous avez pris le temps de me lire jusqu'au bout, merci de partager ...

Témoignage de Virginie (Bouches-du-Rhône)
55 ans. Implantée en décembre 2005 et explantée en janvier 2017 

(janvier 2021)

  

Voici de mes nouvelles 10 ans sous Essure et 4 ans après retrait...

  

Sous Essure, les problèmes sont allés crescendo. Les premières années, j'ai eu pleins de soucis que je n'avais jamais eu auparavant mais gérables malgré tout : malaises, vertiges, allergies en tout genre, nerf d’Arnold, tennis elbow, grosse entorse à la cheville qui s’est transformée en algodystrophie, 2 hernies discales aux cervicales...etc. 

Par contre, au bout de la septième année, mes soucis ont pris de l'ampleur car je n’avais plus une vie normale.

 

J’avais des douleurs articulaires et musculaires insupportables qui étaient devenues handicapantes puisqu'elles ne m’ont pas permis de continuer la randonnée que je pratiquais depuis plusieurs années, le ski et l'aquagym. Une fatigue ingérable m'obligeait à m’allonger plusieurs fois par jour, j'avais des allergies de plus en plus envahissantes, des otites séreuses avec perte d'audition, une capsulite à l'épaule droite, des sinusites impossibles à enrayer, une perte inquiétante de cheveux, un gros problème pour m'alimenter avec selles noires tous les matins au lever à jeun, et surtout, des démangeaisons anales très désagréables !

 

Ce sont d'ailleurs ces dernières qui m'ont permises de faire la relation avec Essure, surtout lorsque j’ai vu sur internet que ces implants étaient à base de nickel alors que je suis allergique, et qu'il était justement préconisé de ne pas en mettre aux personnes comme moi.

 

Je suis donc retournée voir le gynécologue qui m'avait placé les Essure 7 ans auparavant à 130 km de chez moi (car j’avais déménagé entre temps). Ce Monsieur a été dans la compassion mais obtus dès qu'on parlait de son produit Essure. Me disant que cela ne pouvait pas venir de là et que je faisais forcément un candida albican avec les symptômes que je décrivais. 

 

Mais il m’a vu tellement dépitée ce jour-là, qu’il m’a proposé d’enlever les Essure si je le souhaitais car il savait faire (formé aux Pays Bas) et qu'il n'était pas là pour m'obliger à les garder. Par contre, lorsqu’il m’a informé que les Essure ne sont pas prévus pour être enlevés et qu'il fallait faire une hystérectomie, j’ai pris peur et j'ai préféré m'en tenir à son premier discours. J'ai aussi pensé à ce moment-là à mon entourage qui ne comprendrait sans doute pas que j'aille à l'encontre du diagnostic d'un spécialiste, préférant à la place une opération lourde avec hospitalisation loin de la maison. 

 

Mes analyses au candida Albican se sont révélées négatives. Je me suis alors beaucoup documentée pour essayer de comprendre par moi-même ce qu'il m'arrivait. Et c'est le livre du Docteur Michel Lallement qui m'a sauvé : "Les Clés de l'alimentation santé" car j'ai suivi tous ses bons conseils... 

 

Pour mes intolérances alimentaires, j’ai fait un test pendant une semaine en enlevant le lait et le gluten de mon alimentation pour me rendre compte que ça allait mieux. N’étant pas capable de continuer au-delà car trop contraignant pour moi, je me suis tournée vers un laboratoire spécialisé à Metz pour faire des analyses de sang pour repérer mes intolérances, me permettant ainsi d’exclure de mon alimentation tous les produits incriminés. Et petit à petit, j’ai réussi à refaire ma flore intestinale (sur plusieurs mois) à l'aide de pré et probiotiques et de Glutamine (acide aminé que prennent les sportifs contre la porosité intestinale). J'ai revu mon alimentation et je me suis tournée vers des produits non transformés et de préférence frais et bio (panier AMAP). 

 

Je me suis aussi “attaquée” aux métaux lourds et cochonneries en tout genre. J'ai entrepris un gros chantier chez mon dentiste pour enlever tous les métaux en bouche. J'avais 17 amalgames au mercure, 1 amalgame blanc à base de bisphénol A et des couronnes à base de Nickel/chrome. No comment ! 

 

J’ai fait la dépose de tous les amalgames au mercure suivant un protocole très précis pour éviter de m’intoxiquer un peu plus. Et j'ai tout remplacé par de la céramique. Le chantier a duré 3 ans, cela et m'a coûté une blinde ! Mais je n'ai jamais regretté ce choix car il m'a permis de commencer à voir le bout du tunnel. Et au passage, j'ai informé ma dentiste qui utilise depuis ce protocole.

 

Pour mes douleurs articulaires et musculaires, je suis allée consulter un rhumatologue sur les conseils de mon médecin cette fois. Il m'a fait faire une scintigraphie osseuse et il en est ressorti une piste inattendue : Un foyer infectieux au niveau de la mâchoire supérieure alors que mon dentiste n’avait rien vu sur ses radios classiques ! J'ai donc fini chez un Edodontiste qui a réussi à me rattraper 2 dents que j'allais perdre. 

 

Et mes 1ères analyses de sang ont révélé un facteur rhumatoïde bien positif fin 2012, que j'ai toujours depuis. 

 

Et puis est arrivé le 9 décembre 2016... Comme tous les matins, me voilà sur internet en train de lire les infos et j’ai vu la photo de Marielle KLEIN et le combat qu'elle menait contre les Essure. 

 

GROS TILT dans ma tête !!!! J'ai sauté sur mon téléphone et j'ai pris un premier RDV avec un chirurgien près de chez moi pour enlever ces poisons. Pour moi, cela ne faisait aucun doute, les Essure était la source de tous mes problèmes. Mais je me suis vite heurtée à un discours d'un autre siècle que je préfère taire au risque d'être grossière. J'ai donc très vite rappelé le gynécologue qui m'avait placé les Essure, qui a tout de suite été "OK" pour me les enlever puisque nous avions déjà eu la discussion quelques années auparavant. 

 

J’ai subi une salpingectomie bilatérale + hystérectomie subtotale sous coelio mais par ouverture laparotomie (sur mon ancienne césarienne). Les suites opératoires ont été très bonnes. Le travail a été fait proprement. Les ressorts ont été sortis entier sans les sortir des trompes de Fallope qui ont été sorties elles-mêmes entières. 

Sous Essure, j’ai été traité pendant un an au Plaquenil pour un Gougeront Sjorgen (que je n'avais finalement pas). 

 

Mon rhumato m’a ensuite parlé d’Arthrite Rhumatoïde car il était certain qu’elle allait pointer le bout de son nez. Et sept ans plus tard, juste avant de partir à la retraite, il m'a avoué que j’étais un mystère pour lui car rien ne se déclarait franchement et qu’il ne savait pas ce que j’avais ! Entre temps, j'avais quand même enlevé les métaux en bouche et les Essure. Et si au début il ne l'entendait pas, à force de discussion, il a fini par admettre qu'il y avait sans doute un lien. Surtout lorsqu'il a trouvé une autre patiente "mystère" comme moi dans sa patientèle qui avait Essure. Il l'a donc informée. 

 

J’ai aussi consulté un pneumologue à plusieurs reprises car j’avais des problèmes de souffle. J’ai consulté aussi un gastro-entérologue pour des problèmes de transit énormes et de reflux, les échographies revenaient RAS, j’ai aussi fait des échographies de la thyroïde durant toutes ces années et toujours RAS et je ne compte plus le nombre de scanner, IRM et radios pour mon squelette. 

 

Mon rhumato m'a envoyé en dernier recours chez deux grands spécialistes au CHU de Marseille. D'abord chez "The" spécialiste en médecine interne (Le docteur House de Marseille m'a t'il dit) qui m'a simplement dit après avoir écouté mon parcours : "je ne sais pas ce que vous attendez de moi car vous vous êtes soignée toute seule" ?!... J'ai cru à une mauvaise plaisanterie, mais mon mari qui m'accompagnait m'a remise sur les rails. Et après analyses, la conclusion reçue par courrier a été : "Vous n'avez pas de maladie auto-immune à ce jour".

 

Puis chez une grande spécialiste en rhumatologie qui m'a ouvertement dit qu'avoir gardé Essure aussi longtemps n'a pas joué en ma faveur et m'a suggéré de continuer le sport pour éviter de "manger" des anti-inflammatoires ou anti-douleurs car j'ai toujours refusé de le faire pour éviter de retomber dans les problèmes intestinaux.

 

J'ai été déclarée travailleur handicapé (à cause de mes problèmes de concentration et de douleurs) et j'ai fait le "choix" d'arrêter de travailler pour me soigner et profiter du reste de ma vie pour pouvoir m'occuper de ma famille.

 

Aujourd'hui cela fait 4 ans que j'ai enlevé ces poisons d'Essure et je peux affirmer que j'ai évolué dans le bon sens. Seuls mes problèmes rhumato persistent car j'ai basculé dans le problème auto-immun irréversible (facteur rhumatoïde positif), mais j'ai décidé de vivre sereinement et accepter mes douleurs pour les dompter. Et cela marche assez bien car le moral est un bon moteur.

 

Des séquelles j’en ai c’est sûr en ayant gardé ces poisons pendant 10 ans, c’est pour cela que je conseille aux filles indécises pour enlever ces poisons de ne pas attendre le gros bug !

 

Je tiens à préciser que sans RESIST, les informations et le soutien dont j'ai pu disposer, je n'aurais jamais pu aller aussi vite dans mes démarches. J'ai adhéré en décembre 2016 dès que j'ai vu l'alerte de Marielle Klein.

 

Et 4 ans après je suis toujours dans cette association formidable qui aide les victimes des Essure au quotidien sans relâche. La nouvelle équipe d'Émilie est tout aussi impliquée. Bravo !

 

Bon courage à toutes.

Témoignage de Clara (Rhône)

(septembre 2020)

 

Après 2 grossesses loin d’être épanouissantes comme le clame la plupart des femmes, deux accouchements difficiles, une fausse couche, des contraceptifs hormonaux qui ne me convenaient pas, je demande à ma gynécologue une ligature des trompes mais elle refuse. « 35 ans c’est trop jeune ! Vous pourriez avoir un autre désir de grossesse en cas de changement de situation familiale. On ne sait jamais… un autre conjoint, un décès d’enfant ». Bref un discours choquant à mes yeux, m’empêchant de disposer de mon corps comme je l’entendais.

 

Je me suis tournée vers une autre gynécologue recommandée par le Planning familial. C’est le début des galères ! Cette gynécologue a certes accepté ma demande de stérilisation définitive mais m’a orientée vers les implants Essure®, « technique rapide, moins invasive que la ligature des trompes et rétablissement plus rapide ». J’ai donc fait confiance et accepté la pose en juin 2016. Je l’ignorais à ce moment-là mais il y avait déjà beaucoup de controverses et beaucoup de femmes venaient se faire retirer ces implants. La gynécologue n’a donc pas respecté mon choix au départ et a pratiqué sur moi une technique remise en question.

 

Mon état de santé s’est dégradé au fil des mois et des années. Je consultais de plus en plus souvent mon médecin traitant alors que je ne la voyais qu’une fois par an auparavant pour me délivrer des certificats d’aptitude pour le sport. Une grosse fatigue s’est d’abord installés puis des douleurs articulaires, enflement du genou qui apparaissaient pendant plusieurs mois, s’arrêtaient quelques temps et reprenaient. Se sont manifestées ensuite les douleurs musculaires, dorsales, thoraciques, pelviennes, les douleurs cervicales accompagnées de maux de tête et de fourmillements le long des bras jusqu’aux doigts. J’ai fini par relier mes problèmes de santé à ces implants Essure®. Mon médecin traitant était sceptique mais me suivait dans mes demandes de bilans sanguins, scanners et IRM qui ne décelaient aucune pathologie.  Aucun traitement médicamenteux ne me soulageait, pas même la kinésithérapie. Les troubles du sommeil m’ont menée vers une dépression. Mon médecin traitant les expliquait par mes problèmes familiaux et professionnels. Je n’y croyais pas connaissant mon tempérament de combattante. La dernière année fut la pire de toutes, je ne ressentais plus que douleurs et fatigue au quotidien. Plus aucune énergie au point de renoncer au sport. Je me sentais dans le corps d’une personne âgée. Enfin des troubles d’élocution et de la vue ainsi que des pertes de mémoire à court terme sont arrivés. Toutes ces souffrances m’handicapaient mais je dirais que c’était la dimension psychologique qui était la plus difficile à supporter, faire comprendre à mes proches dépassés dans quel état je me trouvais, convaincre le corps médical qu’il y avait un réel problème.

 

Je suis retournée voir la gynécologue qui m’avait posé les implants. Elle nie le lien cause effet malgré les publications scientifiques qui incriminent la rupture de la soudure à l'étain des Essure® provoquant une diffusion des métaux lourds et causant de graves troubles au niveau du corps. J'ai dû insister pour qu'elle me les retire. Elle m'a dit connaître le protocole d'explantation, mais c'était faux ! En procédant à la salpingectomie en janvier 2020, la radio post-opératoire a montré qu’elle a cassé les implants. Mon état empirait… C’est en faisant des recherches que je suis tombée sur l’association RESIST à laquelle j’ai adhéré. Emilie, la présidente ainsi que les différentes adhérentes que j’ai pu contacter m’ont été d’une aide précieuse pour discuter, être épaulée et trouver un autre gynécologue. 

 

J’ai donc consulté un gynécologue qui n’a jamais consenti à poser des implants pressentant que leur structure pouvait causer à terme des problèmes de santé. Mais il a pratiqué, sur la région lyonnaise, le plus d’explantations en une seule opération ou de rattrapage d’explantations ratées comme dans mon cas. Il participe également aux travaux de recherche pour incriminer les Essure®. Enfin un médecin compétent et à l’écoute ! L’échographie a montré une adénomyose et le scanner abdomino-pelvien qu’il m’a prescrit a révélé des fragments d’implants au niveau de l’utérus et au niveau de ma rate. Etant donné le risque non négligeable de perforation de celle-ci, j’ai eu recours à une opération à 4 mains d’urgence en Avril 2020, en plein confinement : hystérectomie conservatrice par laparotomie et chirurgie viscérale par coelioscopie.  L’intervention au niveau de la rate étant risquée, le chirurgien viscéral a dû laisser en place un fragment microscopique, ce qui me vaudra un suivi régulier par scanner. Mon séjour à l’hôpital a duré 5 jours mais j’y suis rapidement retournée pour traiter une infection par 2 germes au niveau de la cicatrice. Cela a été très éprouvant et douloureux. J’ai eu un lourd traitement antibiotique pendant 15 jours.

 

Aujourd’hui, il me reste encore un peu de fatigue et de douleurs liées à la cicatrisation. Mais je revis complétement ! Plus aucun autre symptôme à l’heure actuelle. Je profite de ma convalescence pour constituer mon dossier médical et porter cette scandaleuse affaire en justice moi aussi. 

Témoignage d'Édith

(mai 2020) 

 

En 2012, mon gynécologue me propose une stérilisation. Je recherche sur internet toutes les méthodes existantes. Je découvre Essure qui évite une intervention chirurgicale. Je revois mon gynécologue et lui en parle. Il m'envoie auprès d'une de ses consœurs qui pose cet implant. 

 

Plusieurs mois plus tard, début 2013, je me retrouve à l'hôpital pour la pose en question.

Tout se passe bien, aucune douleur lors de l'intervention, ni immédiatement après. 

 

Peu après, j'ai ressenti une gêne dans le bas ventre, puis rapidement, je commence à ressentir des douleurs musculaires, fatigue importante, entre autre.

 

Et les effets secondaires multiples débarquent, tels que spasmes, crampes bas ventre, crampes mollets tout en buvant pourtant beaucoup d'eau quotidiennement, régulièrement mal au foie et estomac, malgré alimentation équilibrée, froid en permanence avec frissons, douleurs importantes 24h/24 musculaires et articulaires (fibromyalgie paraît-il), céphalées quasi quotidiennes, fourmillements permanents dans les extrémités, mains qui tremblent par moments, syndrome de Raynaud, tremblements du visage, des lèvres, occasionnellement, fatigue chronique avec peu de récupération la nuit, perte importante de mémoire avec impression de perdre la tête, difficulté de concentration, libido zéro, douleurs pendant les relations sexuelles, mobilité quotidienne difficile, marcher comme une vieille, douleurs plante des pieds, troubles du transit, vertiges fréquents, prise de poids, tressautements quotidien du cœur, sensation d'étouffement, palpitations fréquentes, sans angoisses pour autant, ménopausée 2 ans après la pose, très jeune donc (d'après mon gynécologue, c'est possible, mais assez rare), nausées, sensations de brûlures dans les muscles en plus des douleurs, décharges électriques vives et soudaines dans les muscles du bas ventre, acouphènes,

 

Et tant d'autres.

 

Tous ces symptômes sont probablement une coïncidence, pour certains, mais pour la plupart, ils ressemblent à tous ceux des femmes ayant fait retirer leurs implants, car je n'avais aucun d'eux avant la pose d'Essure, à part les céphalées qui ont augmentées après l'opération. 

 

Début 2014, l'homéopathe/acupuncteur pense que je souffre de fibromyalgie. Je ne parle pas d'Essure, je ne pense pas une seule seconde que cet implant peut générer de telles souffrances, et pourquoi surtout puisqu'on le prescrit simplement et sans effets secondaires soit disant. On ne parle pas encore à la télé des problèmes liés à Essure. Je n'en veux pas aux professionnels, les gynécologues qui ne produisent pas l'implant et qui ne font que le poser. Le manque d’information par Bayer est mis en évidence. 

 

Les années passent et tout ce qui soulage la pathologie, bien que trop peu, ne fonctionne pas pour moi. 

 

On me prescrit des anti dépresseurs comme pour tous les fibromyalgiques car rien d'autre n'existe pour soulager la maladie. Ça ne fonctionne pas, malgré la diversité de prescriptions afin de savoir lequel me fera enfin effet. Par contre, les effets secondaires fonctionnent très bien ! Je ne prends plus rien désormais. 

 

Mes analyses de sang sont toujours parfaites, côté psy, après consultation demandée par le centre anti douleurs, on me dit que je suis équilibrée et que j'ai une approche de la maladie, de la douleur avec sagesse, sans colère ni angoisse. 

 

Je reste positive, je ne suis jamais dépressive, même s’il m’arrive de flancher parfois tant je souffre. Malgré tout je vois toujours le verre à moitié plein, je vais de l'avant, je recherche toujours la solution car il y en a forcément toujours une à quelque situation que ce soit, je suis membre d'une association de fibromyalgie où j'apprends énormément de choses et sur la maladie et sur de potentiels améliorations. Rien ne fonctionne sur moi, sur d'autres oui, sur moi, jamais rien, en gardant espoir malgré tout. A force de recherches, la solution arrivera forcément. 

 

Je vais voir des kiné pour la fibromyalgie. Si ça me soulage sur le moment, ça n'agit pas dans le temps.

 

Mes maux amplifient d'années en années et il m'arrive de vouloir arrêter de vivre non pas pour ne plus continuer mon chemin, mais juste pour ne plus souffrir. Toutes les personnes qui souffrent ont ce type de discours. Je le constate à travers les réunions fibromyalgie.

 

 

 

Depuis 2018, j'entends que le procédé Essure provoque de terribles douleurs à de nombreuses femmes après l'implantation des implants. Et quand je lis les témoignages, je me retrouve à tout point de vue. 

 

Je suis persuadée que ces implants sont à la source de mes douleurs et ma difficulté de vivre ma vie au quotidien même si je ne montre rien, ne dis rien.

 

Toutefois, ne rien montrer ne veut pas dire vivre au mieux une vie simple comme tout le monde, un simple quotidien, dormir sereinement sans se retourner toute la nuit, se lever d'un coup et bien, sans avoir mal partout et être rouillée et épuisée, me laver comme tout le monde sans dire aïe, manger sans se demander si tout va passer, malgré la maigre quantité, sans envie, avec le foie ou l'estomac qui ne veut rien, se vider un peu plus tard, aller travailler et ne rien montrer à ses collègues, au boss, au public, faire ses courses, voire les reporter à un autre jour, aider les amis alors que moi-même je souffre sans rien montrer... et j'en passe. 

 

Je souhaite tenter le retrait de ces implants et espérer ne plus souffrir. Si je souffre réellement de fibromyalgie, je ne le saurai qu'après le retrait. Je reste persuadée que la fibromyalgie n'a rien à voir dans mes maux, ou peu, car ils ont commencé après la pose d'Essure et sont trop nombreux. Je doute que ce soit une coïncidence. Certains maux resteront peut-être, mais la majorité disparaîtra ou sera atténuée.

 

J'en parle donc à mon gynécologue qui est certain que les implants n'ont pas de rapport avec les douleurs. Je vais devoir chercher par moi même quelqu'un qui accepte de m'opérer.

 

En début 2019, je décide d'écrire à la gynécologue qui m'a posé les implants afin de solliciter son aide en me disant que je n'ai rien à perdre Je lui raconte mes maux, en précisant bien à cette dame que je ne l'assimile nullement à mes problèmes. Elle n'y est pour rien. Elle aussi a cru à la méthode. Ma lettre est courtoise et c'est plus un appel au secours qu'une simple demande,

 

Quelques jours à peine après avoir envoyé ma lettre, j'ai reçu un retour de courrier de sa part me précisant qu'elle ne sait pas enlever les implants, et que ma demande sera confiée à l'un de ses confrères chirurgien gynécologue. Je la remercie grandement par une réponse postale. Nos échanges sont amicaux et d'un grand réconfort. 

 

Peu après, je reçois le courrier du dit confrère afin de prendre rendez-vous avec lui. La bataille est en partie gagnée. Pas de soucis de crédibilité comme beaucoup trop de femmes vivent lors de la recherche de praticiens qui enfin croiront à leur supplice, tel un parcours du combattant. 

 

Mon rendez-vous a lieu au début de l'été 2019. Au même moment j'adhère à l'association R.E.S.I.S.T.

 

Nous vérifions l'emplacement de mes implants par une échographie 3D. L'un d'eux se trouve à l'entrée de l'utérus et le gynécologue me précise qu'il ne sait pas s'il pourra pratiquer uniquement la salpingectomie du fait de l'implant mal placé. L'hystérectomie sera peut-être nécessaire. Il me programme la première opération dans l'immédiat. L'autre opération aura lieu si uniquement l'implant reste en partie à l'entrée de l'utérus. J'ai entièrement confiance en ce gynécologue très humain et à l'écoute.

 

Rendez-vous est pris mi-octobre afin de m'opérer. 

Je revis car un praticien m'a cru et accepte de m'opérer sans discuter. 

 

Étant impatiente et heureuse de savoir qu'enfin je vais être débarrassée des implants, je ne prends aucun relaxant avant l'opération. Je me sens sereine et confiante.

 

Arrive le jour de l'opération. J'arrive la veille au soir. Obligation de se laver entièrement, même les cheveux, avec un savon doux acheté en pharmacie. J'ai droit à une soupe et un petit fromage blanc. Ma nuit est sereine. Le lendemain, on me rase entièrement  le pubis et je vais me laver au savon doux, pas les cheveux comme la veille. Je suis à jeûn. 

 

Je suis opérée en fin de matinée par cœlioscopie. Je remonte dans ma chambre en début d'après-midi. Je me sens bien, très fatiguée bien sur. Je dors un peu dans l'après midi, mais peu. Je lis beaucoup. 

 

Je reçois régulièrement la visite des infirmières afin de prendre ma tension et ce, jusqu'à ce que je quitte l'hôpital. Je suis raccordée à une sonde urinaire qui sera enlevée peu avant mon départ.

 

Le soir on m'apporte une soupe et du fromage blanc, mais je peine à manger, la nausée me prend après quelques cuillères de soupe. Trop tôt pour moi de manger. 

 

Le lendemain matin, le chirurgien gynécologue vient me voir afin de me montrer les images suite à l'opération. La salpingectomie a été suffisante. L'implant qui était à l'entrée de l'utérus est bien entier, nullement cassé et sur la prochaine radio de l'utérus, il n'y aura plus aucune trace d'implant. Je suis libérée de toute autre opération.

 

Je garde le lit à cause de ma sonde urinaire et il m'est interdit de marcher seule. Ma nuit se passe bien malgré la prise régulière de ma tension.

 

On m'enlève la sonde urinaire en fin de matinée et on me fait lever en présence d'une infirmière. La tête me tourne, c'est normal. Je vais me laver.

 

On m'apporte à manger. Le plateau repas est plus conséquent que les précédents. Je mange de tout. 

Avant de partir, une infirmière de fait une piqûre d'anti coagulants. Cette prescription se répétera durant 10 jours à domicile avec une infirmière. 

 

Je rentre chez moi l'après midi. Je me sens fébrile et très fatiguée.

Durant ces presque 2 jours à l'hôpital, le personnel a été très à l'écoute et d'une grande gentillesse, très professionnel.

J'ai apprécié et très bien vécu ce séjour. Je suis désormais libérée de ces implants avec 4 petites cicatrices sur l'abdomen. 

 

Mon arrêt maladie a été de 2 semaines avec une semaine supplémentaire car j'ai contracté une bronchite au cours de ma convalescence. La toux permanente a empêché la cicatrisation interne de se réaliser correctement.

 

Pour une telle opération, on reste fragile et fatigué pendant environ 4 mois. 

 

Mes douleurs ne sont pas moindres pendant 4 mois fatigue. Il me faut d'abord me remettre de l'opération. Au moment de me sentir mieux, moins fatiguée, je commence à ressentir les effets du retrait des implants.

 

Mes douleurs s'atténuent peu à peu. Je pense que je serai toujours fibromyalgique, mais je peux revivre presque comme avant sans toutes ces infâmes douleurs puissantes. De plus, j'ai démarré un protocole Allyane. 

 

Nos implants nous enterrent petit à petit comme dans une prison. Nous vivons un confinement intérieur, en permanence. Nous sommes prisonnières de notre corps et nous devons pour autant faire comme si de rien n'était afin de vivre normalement ou du moins, en apparence, avec de fortes charges mentales en plus de celle infligée par ce poison en nous.

 

Le retrait de ces implants est réellement libérateur physiquement, car il est question de mutilation, mais l'esprit est libéré plus encore.

 

Mon corps a appris à se sentir moins contraint, les douleurs ne se sont pas évanouies, mais sont bien moindres. Et cette différence est importante pour vivre normalement

 

Si on veut voir les choses positivement, ces implants m'ont rendu plus forte, pas seulement face à ce qu'ils m'ont infligé, mais par rapport à tout ce qui m'est arrivé ensuite dans la vie. Pour moi, il y a du positif dans toute situation, à condition qu'elle ait un aboutissement. Nous nous serions toutes passées de l'impact de ce que nous pensions nous libérer, ce que la formule a de plus néfaste et a libéré au creux de notre corps. Nous avons vécu avec, nous nous sommes battues pour se les faire retirer, et je ne me plains pas j'ai eu de la chance, je n'ai pas eu beaucoup à me battre, aujourd'hui, nous sommes encore plus fortes. Dans la vie, plus nous rencontrons de problèmes, plus la résilience s'impose. 

 

Même si j'avoue ne pas avoir ressenti le besoin de solliciter l'association R.E.S.I.S.T., je tiens à remercier toute l'équipe qui au fur et à mesure de mon parcours, m'a écrit afin de prendre de mes nouvelles.

 

Merci Émilie pour nos échanges encore aujourd'hui.

Témoignage d'Emmanuelle 

(avril 2020) 

 

Après 5 fausses couches et 2 enfants à 40 ans la décision était prise de ne plus avoir d'enfants. Je demande donc à mon gynéco une ligature des trompes, il me répond qu'une méthode beaucoup plus simple existe "les essures".....après 4 mois de réflexions en 2016, je me lance avec une anesthésie générale à ma grande surprise.

  

Deux mois plus tard les premiers effets se font sentir, palpitations cardiaques, fatigue, énervement.....au fil des mois des énormes douleurs au niveau de chaque côtés des hanches avec une douleur pouvant atteindre 9/10 qui m'empêche de dormir la nuit, mon médecin traitant disant que c'était nerveux me traite sous anxiolytiques, 3 mois plus tard il me fait faire un IRM pour détecter une spondylarthrite ankylosante, qui révèle rien....les douleurs s'accentuent, je ne supporte plus personne, je deviens agressive car aucun soutien de qui que ce soit (amies, mari,tout le monde me prend pour une folle), je sens mon corps qui ne supporte plus et je n'ai plus envie de vieillir dans ces conditions et pense à mettre fin à ces souffrances. 

 

Puis un jour, un cousin m'apprend que sa femme se fait retirer ses essures, il me décrit ces symptômes comparables aux miens... Je commence à me poser des questions donc j'appelle RESIST et là tout s'éclaircit mais aussi m'anéantit de savoir que j'avais raison. 

 

Je prend RDV chez mon médecin traitant (une de ses patientes avait les effets secondaires que moi) mais il ne me prend pas au sérieux, il téléphone devant moi à un confrère gynéco pour me prouver que je fabule ; sauf que cette personne lui dit que les essures sont un énorme souci et qu'elle refuse de me voir, que je dois retourner voir le gynéco qui me les avait posé, (ne sachant pas que j'écoutais cette personne explique que dans la plupart des cas la salpingectomie ne suffit pas, il faut une hystérectomie et qu'une de ses patientes était rester sur la table d'opération !!!) je m’effondre puis il m'envoie me faire retirer d'urgence ces essures.

 

Premier RDV chez mon Gynéco qui me fait la leçon de morale que c'est parce que j'écoute trop les informations et que si ça m'amuse de me faire opérer !!!! RDV pris 15 jours plus tard.

 

J'arrive sur la table d'opération dans un état d'anxiété terrible que j'ai envie de vomir, ce qui a agacé l’anesthésiste qui m'a injecté le produit pour être tranquille, au réveil le gynéco m'annonce qu'il me garde j'ai perdu trop de sang....en remontant dans ma chambre j'ai fais de la tachycardie, j'ai cru mourir... puis le lendemain visite du gynéco me disant que ça été mais qu'un morceau est rester dans l'utérus (je me décompose)...il me dit de ne pas s’inquiéter ce n'est pas pathogène.....je rentre ,la tachycardie repart de plus belle jusqu'à ce que je sois mis sous Beta bloquants. 

 

Trois mois plus tard de grosses douleurs type appendicite me prends, je fais 2 jours d'urgence et on me demande de me faire retirer le reste des essures, le gynéco ne me réponds pas à plusieurs reprises.... J'arrive à avoir un RDV avec un autre gynéco qui par chance à bien voulu s'occuper de moi, j'ai eu une hystérectomie, le morceau laissé était en train de sortir de l'utérus. Depuis ce jour, plus de 2 ans, je me soigne pour le coeur, plus aucune douleurs, je peine à remonter la pente que ce soit psychologiquement que physiquement mais j'y arrive et je vais y arriver encore plus !!!! 

 

Juste un mot à toutes les femmes qui vivent des douleurs, des symptômes qu'elles ne connaissent pas, croyez en la connaissance de votre corps, mon mari ne me croyait pas jusqu'à ce qu'il ait la preuve, mes amies me disaient que j'étais hypocondriaque... 

 

Croyez en vous et que en vous !!!! car vous seule peut savoir ce dont vous avez besoin .

 

Merci de votre écoute et bon courage à toutes.