Essure® dans les médias en 2020

France 3 Auvergne Rhône Alpes

Extrait de l'article du 3 février 2020

De l'étain relâché dans le corps de patientes par les implants Essure : la confirmation d'un laboratoire lyonnais

 

De nouvelles analyses menées par le laboratoire lyonnais Minapath ont livré d'inquiétantes informations sur les implants Essure. Elles auraient montré que le dispositif de contraception définitive relâchait de l'étain dans l'organisme des patientes implantées. 

Le Dauphiné

Extrait de l'article du 3 février 2020

Implants contraceptifs Essure : le relargage de l’étain dans le corps est confirmé

 

Le laboratoire lyonnais Minapath a procédé à des analyses de tissus utérins de 25 patientes. Elles montrent un relargage de ce métal dans plus de 90 % des cas et confirment la corrosion de ce dispositif de contraception définitive. Explications et conséquences.

 

La petite équipe de médecins [...] poursuit ses investigations pour comprendre pourquoi des femmes implantées avec le dispositif de contraception définitive Essure souffrent de maux inexpliqués (asthénie, troubles musculo-squelettiques, de la mémoire, etc.). Et les résultats des analyses réalisées par le laboratoire Minapath suscitent de nouvelles inquiétudes.

 

Une étude montrait déjà la corrosion

 

À ce jour, ce laboratoire d’analyses minéralogiques, créé par le pneumologue Michel Vincent, a analysé les implants Essure et les tissus utérins de 25 patientes qui ont été explantées. Dans plus de 90 % des cas, de l’étain a été trouvé dans les tissus. Cela confirme l’hypothèse née avec la première analyse réalisée au printemps 2019 de la corrosion au niveau de la soudure de l’implant, là où la présence d’étain est la plus importante, comme l’avait découvert le chercheur de l’ENS Vincent Balter (CNRS).

 

Mais, en fait, cette corrosion avait été mise en évidence dès 2004, dans une étude menée par le fabricant (Conceptus à l’époque), deux ans après que le dispositif a reçu son AMM (Autorisation de mise sur le marché). « On voit qu’entre trois et six mois, la soudure se corrode beaucoup et qu’elle relâche de l’étain. Quand on lit ça, c’est invraisemblable. En fait, le dispositif se corrode tout le temps », s’exclame le Dr Vincent, co-auteur avec d’autres scientifiques, d’un article sur les dix premières patientes, qui vient d’être soumis à l’ European Journal of Obstetrics and Gynecology. [...]

Elles sont « plus de 90 % » à souffrir d’adénomyose (affection du muscle de l’utérus) et certaines ont des tissus nécrosés autour de l’implant. Malgré le relargage, l’AMM n’a pas été remise en question et, en 2013, la Haute autorité de santé (HAS) a même décidé de recommander la méthode Essure en première intention pour la stérilisation, devant la ligature des trompes. Tandis qu’en 2017, le comité d’évaluation mis en place par l’Agence du médicament estimait que la petitesse de l’implant (45,5 mg) et l’absence de friction rendaient « très peu probable un relargage massif des métaux qui le constituent ».Aujourd’hui, l’interrogation porte sur la quantité de métal présente dans le corps des patientes. « Ce qui est sûr, c’est qu’on trouve de l’étain dans les parois et les cornes utérines mais il peut aussi partir dans la circulation sanguine », explique Michel Vincent. Chez une patiente, de l’étain et de l’acier ont été retrouvés dans un nodule situé entre le rectum et le vagin.

 

Un risque de composé toxique ?

 

Pour l’instant, les analyses sanguines réalisées par le laboratoire Biomnis n’ont pas été probantes. Il va falloir faire appel à un laboratoire disposant d’outils plus sensibles pour repérer ces nanoparticules et surtout identifier leur nature. Car si l’étain en lui-même n’est pas très dangereux, il peut aussi se transformer en organo-étain, un composé toxique que l’on retrouve dans certains insecticides [...]

 

Généthique

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Actu.fr

Extrait de l'article du 18 février 2020

 

Douleurs intenses, hémorragies… la dangerosité d’un implant contraceptif de Bayer confirmée.

 

Une étude vient de démontrer que les implants Essure, commercialisés par le laboratoire Bayer, contiennent de l'étain qui se répand dans le corps. 191 000 femmes sont concernées.

 

Les victimes des implants Essure commencent à entrevoir la fin de leur calvaire. Ou au moins, la reconnaissance de celui-ci. Une récente étude, menée par le laboratoire lyonnais Minapath, a mis en évidence, dans neuf cas sur dix, la présence d’étain dans le corps des femmes ayant reçu un implant contraceptif Essure.

Ce métal, issu de la détérioration des soudures de l’implant, peut se transformer en composés très toxiques, les organoétains, et provoquer de graves complications.

 

191 000 femmes concernées.

 

Les implants Essure, proposés par le laboratoire Bayer dès 2001, étaient présentés comme une alternative à la ligature des trompes permettant une contraception définitive sans intervention chirurgicale.

 

Mais après ces implantations, de nombreuses patientes ont été victimes de symptômes invalidants comme des douleurs abdominales épouvantables, des allergies cutanées, des hémorragies, des céphalées, des douleurs musculaires intenses et d’autres troubles neurologiques. Pendant des années, aucun lien n’a été fait entre ces symptômes et Essure.

 

En France, 191 000 femmes auraient eu recours à ce dispositif. 

 

« Je fais des tendinites à répétition et j’ai des périodes de fatigue inexpliquées »

 

A 40 ans, Christelle, une habitante de Crécy-la-Chapelle (Seine-et-Marne) s’en est fait poser un, sur les conseils de sa gynécologue, en 2013.

 

« Très rapidement les symptômes invalidants sont apparus, douleurs intenses, maigreur extrême, perte de cheveux, problèmes de vision… et en 2017 on décide de me retirer la thyroïde, cause supposée de mes problèmes. Depuis, malgré un traitement à vie pour compenser la perte de la thyroïde, ma santé continue de se dégrader. »

 

"Moi qui étais une adepte de la randonnée, j’ai du mal à marcher, je fais des tendinites à répétition et j’ai des périodes de fatigue intense inexpliquées…"

 

Ablation totale du dispositif

 

C’est la lanceuse d’alerte Marielle Klein, elle-même victime d’Essure, qui a réussi en 2016 à interpeller les pouvoirs publics et à faire interdire ces implants en France en août 2017. Elle a créé l’association Resist (Réseau d’Entraide, Soutien et Informations sur la Stérilisation Tubaire) pour aider les victimes.

 

Les résultats publiés par le laboratoire Minapath confirment ce que toutes ces femmes savaient déjà : les implants Essure ne sont pas sûrs. Pourtant ce produit avait reçu une autorisation de mise sur le marché au niveau européen en 2001.

 

Depuis l’interdiction et au vu du nombre croissant de victimes déclarées, un protocole d’explantation a été établi par le ministère de la Santé afin que les chirurgiens soient en mesure de procéder à l’ablation totale du dispositif de contraception, seul moyen de faire cesser les effets secondaires.

 

Par ailleurs Resist a déposé une action de groupe en mars 2018 afin de démontrer la défectuosité du produit et le défaut d’information de la part de Bayer. Cette procédure, si elle aboutit, permettra à toutes les victimes d’agir en justice collectivement.

 

« Bayer a détruit la vie de beaucoup de femmes »

 

Christelle raconte comme elle a réussi à s’en sortir : « Par chance, mon mari a vu une émission à la télé sur ces implants et j’ai pris contact avec l’association qui m’a fourni toutes les informations disponibles et, surtout, m’a permis de rentrer en relation avec des adhérentes victimes d’Essure à côté de chez moi.

 

J’ai bon espoir d’être guérie, mais je continuerai l’association pour que mon témoignage puisse aider d’autres femmes. Bayer a détruit la vie de beaucoup de femmes.

Sciencedirect.com

Publication du 31 mai 2020

 

 

 

 

 

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Le retrait des micro-inserts intra-tubaires améliore considérablement les symptômes gynécologiques et extra-gynécologiques au fil du temps.

Aucune différence dans la résolution des symptômes extragynécologiques entre la salpingectomie avec cornuectomie et l'hystérectomie vaginale.

Il est important d'avertir les patients que certains symptômes extra-gynécologiques peuvent persister après le retrait d'Essure®.

Ces résultats incitent à accéder aux demandes de retrait d'Essure® chez les patients symptomatiques.

Abstrait

introduction

Les inserts Essure® ont été utilisés comme méthode de stérilisation définitive de 2001 à 2017. Ils ont été utilisés pour plus de 750 000 procédures. Des événements indésirables gynécologiques ou extra gynécologiques ont été rapportés par des patients.

L'objectif de l'étude est d'évaluer la résolution des symptômes attribués aux micro-inserts Essure® après ablation chirurgicale.

Méthodes

Étude rétrospective monocentrique. Les patients ayant subi une ablation chirurgicale de micro-inserts Essure® entre janvier 2017 et avril 2019 ont été inclus. L'ablation a été réalisée par salpingectomie bilatérale avec cornuectomie par laparoscopie ou hystérectomie vaginale. Les symptômes ont été signalés en préopératoire, 4 à 8 semaines après l'arrêt (évaluation précoce) et 6 à 24 mois après l'arrêt (évaluation ultérieure).

Résultats

Quatre-vingt-dix patients ont subi une ablation chirurgicale de micro-inserts Essure®. Cinquante-deux hystérectomies vaginales et trente-cinq salpingectomies laparoscopiques ont été réalisées. Les principaux symptômes rapportés sont les douleurs pelviennes (70%), la fatigue (66,7%) et les règles abondantes (53,3%). Un mois après la chirurgie, 46,7% des patients ont une amélioration majeure des symptômes et 51,1% une résolution partielle. Le taux d'amélioration majeure n'est pas significativement différent entre la salpingectomie laparoscopique et l'hystérectomie vaginale (51,5% contre 42,3%) (p = 0,23). A 24 mois, les résultats s'améliorent avec une amélioration majeure de 83,3%.

 

Conclusion

L'ablation chirurgicale peut être efficace pour traiter la plupart des femmes présentant des symptômes attribués à l'appareil. L'hystérectomie vaginale et la salpingectomie laparoscopique avec cornuectomie semblent avoir un taux équivalent pour la résolution des symptômes extra-gynécologiques.

 

Le Dauphiné

Article du 19 juillet 2020

 

 

Marielle Manfredi a toujours été une femme active. Mère de trois enfants, cadre chez un opérateur téléphonique, elle a longtemps tout mené de front, sans problème. Pourtant, depuis quelques années, Marielle a changé. Son corps de super woman est devenu un champ de douleurs. Des symptômes qu’elle attribue aux implants contraceptifs Essure, que sa gynécologue lui a posés en 2014.

 

« JE PENSAIS QUE JE DEVENAIS FOLLE »

 

« J’ai eu mon troisième enfant en 2011, explique-t-elle, en s’installant à table, dans le jardin de sa maison à Heyrieux. L’accouchement a été difficile et le médecin m’a déconseillé de retomber enceinte. Ça tombait bien, je ne le souhaitais pas non plus. J’ai essayé différents contraceptifs mais rien ne me convenait. Ma gynécologue m’a alors proposé le dispositif Essure. C’était très simple à poser, des petits ressorts dans les trompes (lire ci-après). C’était moins lourd qu’une ligature. J’ai accepté et les implants ont été posés en 2014. Je les ai complètement oubliés ensuite. Mais au bout de six mois, j’ai commencé à ressentir des douleurs articulaires. »

 

« Je me sentais comme dans le corps d’une mamie de 90 ans. J’ai passé des radios, des IRM. Ça ne donnait rien. Mes mains se bloquaient d’un coup parfois. J’avais des vertiges, des gros soucis d’estomac aussi. J’étais exténuée, je ne pouvais plus suivre mes gamins. Et les médecins me disaient “vous êtes fatiguée madame, vous avez trois enfants, c’est normal. Et vous êtes en pré-ménopause aussi. Attention, vous êtes proche du burn-out.” Et moi je pensais “c’est dans ma tête, je deviens folle”. Au fil des ans, j’ai eu des pertes de mémoire. Moi qui gérais tous les rendez-vous des enfants, j’ai commencé à en oublier beaucoup. Au travail aussi, j’ai oublié des choses. Là, j’ai eu vraiment peur. J’ai encore passé une IRM. Ça n’a rien donné. »

 

Marielle a donc vécu six ans avec tous ces troubles. Un jour de février 2020, elle est tombée sur un reportage à la télévision, qui parlait des implants Essure. « Ça a été la douche froide. Des femmes expliquaient leurs symptômes depuis la pose de ces implants. C’était exactement tout ce que j’avais. Exactement. J’ai trouvé une association sur Internet, qui m’a donné des renseignements supplémentaires. J’ai pris rendez-vous avec un chirurgien lyonnais habitué à explanter ces contraceptifs. Il m’a auscultée. Et je me suis sentie enfin comprise. Il m’a dit “non madame, ça n’est pas dans votre tête”. On a fait une IRM, mes implants avaient bougé dans les trompes, provoquant des saignements intenses lors de mes règles. Et j’avais développé une adénomyose en plus. Il a fallu enlever l’utérus et les trompes, en plus des implants. J’ai été opérée le 12 mai dernier. »

 

FIN DE COMMERCIALISATION EN 2017

 

Depuis, Marielle se remet doucement. Elle n’en a pas fini avec les douleurs. « Je n’en ai plus dans les jambes, mais mes bras me font encore très mal. Et je suis très fatiguée. J’ai un traitement d’oméga 3 pour essayer de stimuler ma mémoire. Le chirurgien m’a dit qu’il faudrait du temps. Je suis tellement en colère contre le corps médical. Les implants Essure ne sont plus commercialisés depuis 2017 en France, de plus en plus de femmes révèlent de lourds problèmes liés à ces implants depuis 2015 et personne, dans le corps médical, ne m’a jamais expliqué ça. Personne n’a pris au sérieux mes symptômes. Il a fallu un reportage à la télévision pour que je découvre que ces implants m’empoisonnaient. Si je témoigne aujourd’hui, c’est pour les autres femmes. Celles qui souffrent peut-être comme moi, pendant des années, sans savoir d’où vient le problème. »

 

Pour Bayer, aucun lien prouvé entre les implants et les symptômes décrits

 

Les implants Essure ont été commercialisés par Bayer jusqu’en 2017.

 

Interrogé, le laboratoire est formel : « À ce jour, aucune étude scientifique ne permet d’établir un lien de causalité direct et certain entre le dispositif médical Essure et les symptômes rapportés par certaines patientes. La décision d’arrêt de commercialisation n’est pas liée à un problème de sécurité ou de qualité d’Essure. Les autorités de santé se sont intéressées en détail à la sécurité d’Essure et ont toutes conclu à la balance bénéfice risque favorable du dispositif médical. La décision d’arrêt de commercialisation d’Essure a été prise par Bayer pour des raisons commerciales, liées notamment à un environnement défavorable à sa prescription, qui s’était installé et avait conduit à une baisse continue de la demande en France. »

 

Les implants Essure, qu’est-ce que c’est ?

 

Les implants Essure ont été fabriqués par le laboratoire Bayer et permettent une contraception définitive. Ce sont en fait des petits ressorts métalliques associés à des fils de polyéthylène, que l’on introduit dans les trompes de Fallope, en passant par les voies naturelles (vagin et col de l’utérus).

 

Cette méthode ne nécessite pas d’incision, contrairement à la ligature des trompes et a donc présenté un avantage certain aux yeux des médecins quand le laboratoire a commencé à les commercialiser en France en 2002.

 

Une fois installés, une réaction naturelle se produit autour de ces implants : une fibrose, qui va boucher complètement les trompes, toute fécondation devenant impossible.

 

L’implant contient du nickel. L’allergie au nickel est une contre-indication à la pose des implants, mentionnée par Bayer dans la notice du kit de pose.

 

Une action en justice en cours

 

L’association nationale Resist (Réseau d’entraide, soutien et d’informations sur la stérilisation tubaire) a été lancée par une femme, Marielle Klein, en 2016, qui voulait alerter l’opinion publique contre les implants Essure et les nombreux effets indésirables qu’elle estimait liés à ces implants. Fatigue, troubles articulaires, aphasie, douleurs gastriques, troubles cognitifs, la liste des symptômes décrits est très longue. Beaucoup de femmes se sont retrouvées dans ces symptômes et aujourd’hui, l’association compte 3 260 adhérentes.

 

« L’association a tout de suite été crédible »

 

« L’association a tout de suite été crédible auprès des pouvoirs publics, explique Émilie Gillier, l’actuelle présidente. Et notre action a vite porté ses fruits. En août 2017, l’ANSM France (agence nationale de sécurité du médicament) a envoyé la consigne de stopper les poses d’Essure et de renvoyer les stocks. En septembre 2017, Bayer a stoppé la commercialisation des implants en France. »

 

Aujourd’hui, l’association poursuit son combat. D’une part en alertant les femmes qui ont aujourd’hui encore ces implants et peuvent ressentir des effets indésirables. Mais aussi sur le terrain judiciaire.

 

« Nous avons engagé une action en justice contre Bayer le 8 mars 2018, précise la présidente. Pour l’instant, l’affaire n’a pas été rejetée, c’est donc porteur d’espoir. Une étude américaine est en cours. Elle a été mise en œuvre par Bayer. Des résultats intermédiaires viennent d’être publiés et montrent que les patientes avec implants Essure ont plus de douleurs abdominales ou pelviennes et plus de saignements importants que les autres. C’est déjà un premier pas pour nous. La difficulté, c’est que les symptômes ressentis par les femmes sont très variés. Ça va de tendinites aux troubles neurologiques et autres douleurs abdominales. Et il y a énormément de femmes aussi qui vont très bien. C’est pour cela que ça a été très difficile pour les médecins de comprendre ce qui se passait. »

 

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RUE 89 - Bordeaux

Extrait de l'article du 7 août 2020

Les « belles années gâchées » d’une Bordelaise avec la contraception Essure

Madeleine Bova habite Bordeaux. Elle a été porteuse des implants contraceptifs Essure du laboratoire Bayer durant huit ans. Comme des centaines d'autres femmes, elle a souffert de divers troubles neurologiques, musculaires et articulaires. Son témoignage est le troisième de notre série : "Scandales sanitaires".

LONGWY ET SON PAYS - 22 août 2020